Aloe flexilifolia (PROTA)
Introduction |
Aloe flexilifolia Christian
- Protologue: Journ. S. African Bot. 8(2) : 167 (1942).
- Famille: Asphodelaceae
Origine et répartition géographique
Aloe flexilifolia est endémique des monts Usambara du nord-est de la Tanzanie.
Usages
Les Shambaas de Tanzanie appliquent le jus des racines et des feuilles écrasées d’Aloe flexilifolia pour réduire les enflures des testicules et du scrotum.
Propriétés
Les composants propres aux Aloe sont des composés phénoliques, qui comprennent la chromone, l’anthraquinone ou les dérivés de l’anthrone. Riche en aloïne, l’exsudat d’Aloe flexilifolia est connu pour être une substance caustique. L’aloïne, qui est le principe actif, a des vertus purgatives. Les autres composés qui présentent un intérêt pour leur activité médicinale chez cette espèce d’Aloe comme pour d’autres espèces sont les polysaccharides contenus dans le gel que renferme le cœur des feuilles, et les lectines que l’on trouve dans plusieurs parties de la plante.
Description
Arbuste pérenne succulent ; tige trapue, érigée et atteignant 1 m de haut, ou mince, retombante et atteignant 2 m de long, très ramifiée à partir de la base et formant de grosses touffes. Feuilles pendantes, groupées lâchement au bout des branches ; stipules absentes ; pétiole absent ; limbe étroitement lancéolé, atteignant 50 cm × 7 cm, apex longuement acuminé, bord dur et résistant, garni de dents pointues brun pâle de 1–2 mm de long, espacées de 1–2 cm, limbe d’un vert bleuté pâle et parsemé de quelques taches blanches à l’état jeune ; exsudat brunissant au séchage. Inflorescence constituée de grappes érigées, cylindriques, de 10–15(–30) cm × 8 cm, densément fleuries ; pédoncule horizontal à incurvé vers le bas, de 50–65 cm de long, à 6–8 ramifications, les plus basses parfois subdivisées ; bractées ovales-lancéolées, de 5–6 mm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 3-mères ; pédicelle de 12–18 mm de long ; périanthe tubuleux, atteignant 3,5 cm de long × environ 8 mm, lobes 6, de 10–12 mm de long, rouge vif ou rouge brunâtre, parfois jaunes ; étamines 6, exsertes ; ovaire supère, 3-loculaire, style filiforme, stigmate capité, exsert. Fruit inconnu.
Autres données botaniques
Le genre Aloe comprend environ 450 espèces en Afrique et en Arabie, près de 315 se trouvant sur le continent africain, une centaine endémiques de Madagascar ou des îles de l’océan Indien (dont l’ancien genre Lomatophyllum) et une cinquantaine en Arabie. Aloe flexilifolia appartient à un groupe d’espèces aux tiges retombantes, étalées ou pendantes. Plusieurs autres espèces de ce groupe en Afrique de l’Est ont des usages médicinaux.
Aloe carolineae
Le jus de feuilles d’Aloe carolineae L.E.Newton est utilisé au Kenya pour soigner les problèmes oculaires.
Aloe pulcherrima
Aloe pulcherrima M.G.Gilbert & Sebsebe, endémique de l’Ethiopie centrale et qui s’emploie en médecine, s’est raréfié dans la nature en raison des cueillettes dont il fait l’objet, mais on le cultive de plus en plus dans les jardins.
Aloe scabrifolia
D’après la CITES, Aloe scabrifolia L.E.Newton & Lavranos, originaire du Kenya, est menacé parce qu’il a été surexploité pour ses vertus médicinales et l’extraction d’exsudat ; l’exsudat des feuilles, de couleur brune, contient beaucoup d’aloïne A.
Aloe wilsonii
Les Sos, population de l’Ouganda, emploient l’exsudat d’Aloe wilsonii Reynolds, originaire du nord-ouest du Kenya et du nord-est de l’Ouganda, en usage externe pour soigner les infections oculaires, les maux de tête et les douleurs du corps ; la plante entière se prend en infusion comme émétique ; on applique les racines et les feuilles pilées sur les dents douloureuses. L’exsudat des feuilles, de couleur jaune, vire au brun en séchant.
Ecologie
Aloe flexilifolia est présent sur les pentes rocailleuses et les parois de falaises à 1000–1250 m d’altitude.
Gestion
Aloe flexilifolia peut facilement être multiplié par rejets et boutures de tige.
Ressources génétiques
La récolte dans la nature à des fins ornementales et médicinales et la destruction de son milieu représentent des menaces très importantes pour de nombreuses espèces d’Aloe. A l’exception d’Aloe vera (L.) Burm.f., toutes les espèces d’Aloe figurent sur la liste de la CITES. Le statut d’Aloe flexilifolia y est “indéterminé”. Toutefois, étant donné sa diffusion limitée et le déclin général qui affecte en Tanzanie les peuplements d’espèces d’Aloe utilisées en médecine, il serait probablement plus approprié de le ranger dans la catégorie “vulnérable”.
Perspectives
Les recherches sur la composition chimique des espèces d’Aloe et leurs affinités sont bien engagées. Toutefois, les aspects ethnobotaniques d’espèces peu importantes comme Aloe flexilifolia souffrent d’un manque de données. Par sa teneur élevée en aloïne, Aloe flexilifolia présente le potentiel d’une plante cultivable. S’il était produit à l’échelle commerciale, la pression sur les populations sauvages d’Aloe serait moindre, mais il est nécessaire d’approfondir les recherches pour identifier les espèces les mieux adaptées à une domestication et déterminer ce dont elles ont besoin pour être cultivées.
Références principales
- Carter, S., 1994. Aloaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 60 pp.
- CITES, 2003. Review of significant trade: East African Aloes. [Internet] http://www.cites.org/ eng/com/ PC/14/E-PC14-09-02-02-A4.pdf. May 2004.
- Morgan, W.T.W., 1981. Ethnobotany of the Turkana: use of plants by a pastoral people and their livestock in Kenya. Economic Botany 35(1): 96–130.
- Newton, L.E., 2001. Aloe In: Eggli, U. (Editor). Illustrated handbook of succulent plants: Monocotyledons. Springer-Verlag, Berlin, Germany. pp. 103–186.
- Reynolds, T., 1996. Chemotaxonomy of Aloe turkanensis and Aloe scabrifolia from Kenya. Biochemical Systematics and Ecology 24(4): 347–352.
Autres références
- Demissew Sebsebe & Gilbert, M.G., 1997. Aloaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 6. Hydrocharitaceae to Arecaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 117–135.
- Groom, Q.J. & Reynolds, T., 1987. Barbaloin in Aloe species. Planta Medica 53: 345–348.
- Heine, B. & König, C., 1988. Plant concepts and plant use; an ethnobotanical survey of the semi-arid and arid lands of East Africa. Part 2. Plants of the So (Uganda). Cologne Development Studies 7. Breitenbach, Saarbrücken, Germany. 140 pp.
- Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
- Newton, L.E. & Lavranos, J.J., 1990. Two new aloes from Kenya, with notes on the identity of Aloe turkanensis. Cactus and Succulent Journal 62(5): 215–221.
- Reynolds, T., 1997. Comparative chromatographic patterns of leaf exudate components from Aloe Section Pachydendron Haw. Botanical Journal of the Linnean Society 125(1): 45–70.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Bosch, C.H., 2006. Aloe flexilifolia Christian. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 décembre 2024.
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