Allanblackia parviflora (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Allanblackia parviflora A.Chev.




Protologue: Veg. Ut. Afr. Trop. Franc. 5: 163 (1909).
Famille: Clusiaceae (Guttiferae)
Nombre de chromosomes: 2n = 56

Synonymes

Noms vernaculaires

Ouotéra (Fr). Vegetable tallow tree (En).

Origine et répartition géographique

Allanblackia parviflora se rencontre dans la zone forestière depuis la Guinée et la Sierra Leone jusqu’au Ghana.

Usages

Les graines d’Allanblackia parviflora fournissent une matière grasse solide qui est employée pour la cuisine. Depuis peu, l’industrie alimentaire internationale s’intéresse à cette matière grasse comme composant solide naturel des margarines et produits analogues. Les graines sont employées comme appât dans les pièges pour petit gibier. Au Ghana, le latex de l’écorce est employé comme poix. Le bois, appelé “lacewood” au Liberia, est employé localement, par ex. en construction d’habitations pour les cloisons, les portes et les cadres de fenêtres. Au Ghana, les petits arbres sont employés pour faire des poteaux, des étais de mine et des piles de pont. Les arbres sont souvent maintenus en place lors des défrichements en vue de la plantation de cacaoyers. En raison de leur cime relativement peu développée, ils sont appréciés comme arbres d’ombrage. Les petits rameaux sont employés comme bâtons à mâcher ou cure-dents. L’écorce pilée est frottée sur le corps pour soulager la douleur. En Côte d’Ivoire, on emploie une décoction de pulpe de fruits pour soulager l’éléphantiasis du scrotum.

Production et commerce international

Une filière commerciale internationale pour les graines d’Allanblackia spp., dont celles d’Allanblackia parviflora, se met en place actuellement. On estime que le Ghana a produit en 2006 environ 50 t d’huile d’allanblackia.

Propriétés

Les graines sèches contiennent par 100 g environ : eau 6 g, énergie 2700 kJ (648 kcal), protéines 4 g, lipides 64 g, glucides 24 g, fibres 3 g, Ca 122 mg, P 169 mg. La composition en acides gras de la matière grasse est approximativement la suivante : acide stéarique 45–58% et acide oléique 40–51%. D’autres acides gras sont présents à l’état de traces. Sa composition et son point de fusion élevé (35°C) font de cette matière grasse une matière première de valeur, qui peut être employée sans transformation pour améliorer la consistance des margarines, des substituts du beurre de cacao et produits similaires.

Le bois d’Allanblackia parviflora est beige rosé. Le fil est assez droit, le grain moyen à grossier. Le bois est peu lustré.

La densité est de 660–900 kg/m3 à 12% de degré d’humidité. Les taux de retrait durant le séchage sont moyennement élevés : de l’état vert à anhydre de 4,1% dans le sens radial et 10,1% dans le sens tangentiel. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 103–140 N/mm2, le module d’élasticité de 6900–15 800 N/mm2, la compression axiale de 43–53 N/mm2, le cisaillement de 12–20 N/mm, la dureté Janka de flanc de 9050 N, et la dureté Janka en bout de 9500 N. Le bois est facile à travailler, et prend un fini lisse.

Falsifications et succédanés

Les matières grasses extraites des graines d’Allanblackia floribunda Oliv. et d’Allanblackia stuhlmannii (Engl.) Engl. ont une composition très similaire à celles d’Allanblackia parviflora.

Description

Arbre de moyenne grandeur, sempervirent, dioïque, atteignant 25(–33) m de haut ; fût rectiligne, cylindrique, jusqu’à 80 cm de diamètre, dépourvu de contreforts ; surface de l’écorce brun jaunâtre ou brun rougeâtre, avec de petites écailles irrégulières, écorce interne brun rouge avec parfois des bandes jaune pâle, exsudant une sève incolore ou jaunâtre pâle ; cime étroite, à branches courtes horizontales. Feuilles opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1–1,5 cm de long, sillonné sur le dessus ; limbe elliptique à étroitement obovale, de 12–25 cm × 5–9 cm, base cunéiforme, apex acuminé, finement coriace, glabre, brillant sur le dessus, pennatinervé à nombreuses nervures latérales. Inflorescence : grappe ou panicule terminale à ramifications fortement réduites, ou fleurs solitaires ou par paires à l’aisselle des feuilles. Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères, rosées à rougeâtres ou blanches, odorantes ; pédicelle de 1–3 cm de long ; sépales ovales ou obovales, inégaux, de 6–18 mm × 4–15 mm, glabres ; pétales obovales, d’environ 20 mm de long, glabres ; fleurs mâles à nombreuses étamines réparties en 5 faisceaux à l’opposé des pétales, obtriangulaires, d’environ 18 mm de long, anthères disposées sur la face interne des faisceaux, disque étoilé à glandes lisses ou légèrement pliées ; fleurs femelles à ovaire supère, incomplètement 5-loculaire, stigmate sessile. Fruit : grosse baie ellipsoïde de 10–50 cm × environ 15 cm, à 5 côtes longitudinales, à verrues brunes, renfermant 40–100 graines. Graines ovoïdes, d’environ 3 cm × 2 cm × 1,5 cm, entourées d’un arille rosé. Plantule à germination hypogée ; épicotyle de 4–5 cm de long.

Autres données botaniques

Le genre Allanblackia comprend une dizaine d’espèces, et est restreint à l’Afrique tropicale. Allanblackia parviflora est parfois considéré comme synonyme d’Allanblackia floribunda Oliv. Cependant, leurs aires de répartition sont disjointes, la dernière se rencontrant depuis le Bénin et le Nigeria jusqu’à l’est de la R.D. du Congo. Les deux espèces sont très semblables, mais Allanblackia floribunda peut être distinguée par les glandes pliées du disque des fleurs mâles et un pédicelle plus long.

Croissance et développement

En Sierra Leone, les arbres fleurissent en avril–juin, et les fruits sont mûrs en janvier–février. En Côte d’Ivoire, la floraison s’étend de décembre à septembre avec un maximum en mars, et on trouve des fruits mûrs presque toute l’année. Les branches sont fragiles, et sont souvent cassées par les vents forts.

Ecologie

Allanblackia parviflora est surtout abondant dans la zone de forêt humide sempervirente, notamment sur les pentes et en dehors des zones perturbées. Il est moins commun dans la forêt semi-décidue. Il est commun sur les sols acides fortement lessivés, avec un pH de 3,8–4,1.

Multiplication et plantation

La régénération naturelle est affectée par la prédation et la collecte des graines. La multiplication par graines est difficile du fait que la germination est extrêmement lente et peut prendre 24–30 mois. On cherche à mettre au point des méthodes de multiplication par boutures et par greffe.

Gestion

Un inventaire de la forêt humide sempervirente de Mabi en Côte d’Ivoire a recensé 150 arbres par km2 dans les classes de diamètre supérieur à 10 cm ; dans la forêt perhumide de Yaya, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire, on a recensé 600 arbres par km2. Dans la forêt sempervirente du Ghana, on estime à 200 arbres par km2 la densité d’arbres de 30–80 cm de diamètre de fût. Le nombre total d’arbres de cette classe en Côte d’Ivoire a été estimé à plus de 1 million (soit 8 arbres par ha) ; au Liberia ce nombre a été estimé à 4 millions.

On s’efforce actuellement de domestiquer cette espèce, mais jusqu’à présent toutes les graines sont récoltées dans des peuplements naturels ou sur des arbres laissés sur pied dans des terrains cultivés.

Dans les forêts de production, Allanblackia parviflora est considéré comme un adventice indésirable, et est parfois éradiqué.

Récolte

Le degré de maturité des fruits ne peut pas être estimé sur l’arbre, aussi attend-on que les fruits mûrs tombent sur le sol, où on les ramasse. Les fruits et les graines sont mangés par de nombreux animaux sauvages, et les pertes sont importantes à moins de récolter les fruits mûrs à fréquents intervalles. La saison de récolte coïncide avec de la demande de main-d’œuvre dans les champs, ou avec la saison de récolte d’autres produits de la forêt. Pour des groupes d’arbres isolés, la saison de fructification est plus courte, et des études préliminaires indiquent que la récolte de fruits sur des peuplements sauvages peut être économique. Une filière de récolte, expédition et transformation en vue de l’exportation de la matière grasse se met actuellement en place au Ghana.

Traitement après récolte

Les fruits sont entreposés sous une couverture de feuilles pour permettre à la pulpe de se désagréger. Pour extraire les graines, on écrase les fruits entre les mains et on frotte les graines pour les nettoyer. Pour extraire la matière grasse, les graines sont séchées et pilées, puis la masse obtenue est additionnée d’eau et bouillie jusqu’à ce que la matière grasse se sépare et flotte à la surface, où on l’écope. On utilise maintenant également des presses à vis et hydrauliques plus modernes.

Ressources génétiques

Allanblackia parviflora est répandu, et bien que les superficies de forêt pluviale s’amenuisent il n’est pas considéré comme vulnérable.

Sélection

La sélection d’arbres à haut rendement en vue de la récolte de graines et de la multiplication végétative a débuté récemment.

Perspectives

La demande de matière grasse d’Allanblackia spp. a des chances de rester forte. Si les efforts de domestication sont couronnés de succès, Allanblackia parviflora ou l’une des espèces voisines à gros fruits pourrait devenir une spéculation prometteuse dans la zone de forêt pluviale d’Afrique. La récolte de graines de peuplements naturels est possible, mais sa viabilité économique est médiocre, à l’exception peut-être des zones où Allanblackia parviflora est le plus commun.

Références principales

  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome deuxième. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 341 pp.
  • Busson, F., 1965. Plantes alimentaires de l’ouest Africain: étude botanique, biologique et chimique. Leconte, Marseille, France. 568 pp.
  • de Koning, J., 1983. La forêt de Banco. Part 2: La Flore. Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 83–1. Wageningen, Netherlands. 921 pp.
  • Irvine, F.R., 1961. Woody plants of Ghana, with special reference to their uses. Oxford University Press, London, United Kingdom. 868 pp.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Savill, P.S. & Fox, J.E.D., 1967. Trees of Sierra Leone. Forest Department, Freetown, Sierra Leone. 316 pp.
  • van Rompaey, R., 2003. Distribution and ecology of Allanblackia spp. (Clusiaceae) in African rain forests. [Internet] Report to Unilever Research Laboratories, Vlaardingen. http://www.iucn.nl/ nederlands/leden/partners/werkgroepen/bossen/documenten/ 061004%20Distibution%20and%20ecology%20of%20Allanblackia%20spp%20(Clusiaceae)%20in%20African%20rain%20forests.pdf. November 2006.
  • World Agroforestry Centre, undated. Agroforestree Database. [Internet] World Agroforestry Centre (ICRAF), Nairobi, Kenya. http://www.worldagroforestry.org/ Sites/TreeDBS/ aft.asp. January 2007.

Autres références

  • Bamps, P., 1969. Notes sur les Guttiferae d’Afrique tropicale 4: Revision du genre Allanblackia Oliv. Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 39: 345–372.
  • de la Mensbruge, G., 1966. La germination et les plantules des essences arborées de la forêt dense humide de la Côte d’Ivoire. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 389 pp.
  • Ofori, D.A., Peprah, T., Siaw, D. & Cobbinah, J.R., 2006. Domestication of Allanblackia in Ghana. Paper presented at the Workshop on extending cacao for biodiversity conservation, held at FORIG, Kumasi, Ghana, 14th–18th August 2006.

Sources de l'illustration

  • Busson, F., 1965. Plantes alimentaires de l’ouest Africain: étude botanique, biologique et chimique. Leconte, Marseille, France. 568 pp.
  • de la Mensbruge, G., 1966. La germination et les plantules des essences arborées de la forêt dense humide de la Côte d’Ivoire. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 389 pp.

Auteur(s)

  • C. Orwa

World Agroforestry Centre (ICRAF), United Nations Avenue, Gigiri, P.O. Box 30677-00100 GPO, Nairobi, Kenya

  • L.P.A. Oyen

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 8 février 2019.


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