Aframomum corrorima (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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répartition in Africa (sauvage et cultivé)
1, partie de rhizome avec fleurs et fruits; 2, feuille; 3, calice; 4, anthère; 5, fruit sec; 6, graine sèche Redessiné et adapté par M.M. Spitteler
port de la plante
rhizome avec fleur et feuilles
fleur, fruits et feuills
base de la plante avec fleurs et fruits
fruits rouges et verts

Aframomum corrorima (A.Braun) P.C.M.Jansen


Protologue: Spices, condiments and med. pl. Ethiopia (Agric. Res. Rep. 906, Belmontia 12) : 10 (1981).
Famille: Zingiberaceae

Synonymes

  • Amomum corrorima Braun (1848),
  • Amomum korarima J.Pereira (1850),
  • Aframomum korarima (J.Pereira) K.Schum. ex Engl. (1908),
  • Aframomum usambarense Lock (1976).

Noms vernaculaires

  • Korarima, cardamome d’Ethiopie, poivre d’Ethiopie (Fr).
  • Korarima, Ethiopian cardamom, false cardamom (En).

Origine et répartition géographique

Aframomum corrorima est très répandu dans l’ouest de l’Ethiopie (provinces de Kefa, Sidamo, Illubabor et Wollega), au Soudan (sud-ouest, Plateau d’Aloma), en Ouganda (ouest) et en Tanzanie (monts Usambara). En Ethiopie, cette plante est aussi parfois cultivée en dehors de son aire naturelle (autour du lac Tana et Gelemso) et elle est cultivée en Erythrée.

Usages

L’utilisation de la korarima est seulement connue en Ethiopie et en Erythrée. Les graines (généralement séchées, quelquefois fraîches) sont utilisées pour donner du goût à toutes sortes de sauces, et sont alors moulues et généralement mélangées à d’autres épices. Elles peuvent également, plus rarement, servir pour parfumer le café, le thé, le pain et le beurre. En Ethiopie, les graines sont utilisées en médecine comme tonique, carminatif et stimulant digestif. La chair arilloïde entourant la graine est comestible. Des cordons de fruits sont quelquefois utilisés comme ornement, ou comme chapelet (par les Arabes). Dans le passé, les fruits ont été utilisés comme monnaie en Ethiopie.

Production et commerce international

Malgré l’absence de statistiques, la quantité de fruits de korarima (les graines sont vendues par fruit) en vente en Ethiopie est considérable. La korarima est présente sur tous les marchés et est vendue à un prix élevé par rapport à d’autres épices. Une partie de la korarima est exportée d’Ethiopie vers des marchés au Soudan, en Egypte, en péninsule Arabique, en Iran et en Inde. L’exportation vers l’Europe et les Etats-Unis est peu importante, surtout parce que le produit est souvent de qualité médiocre.

Propriétés

La graine de korarima a un goût doux, sucré et elle est moins poivrée ou piquante que les graines d’Aframomum melegueta K.Schum. (maniguette). Les graines contiennent une huile essentielle avec une odeur typique quelquefois appelée “cardamome-muscade”. Après distillation des fruits broyés séchés, on peut obtenir 3–3,5% d’une huile jaune clair volatile possédant une odeur cinéolique nette, dans laquelle les principaux composés suivants ont été observés (tous des monoterpènes, en quantité approximative): 1,8-cinéol 32–35%, limonène 7–14%, β-pinène 4–7%, sabinène 7–9%, terpinène-4-ol 3–5%, géraniol 5%, P-cymène 4%, α-pinène, α-terpinéol et γ-terpinène 3% chacun. Des sesquiterpènes ont été identifiés dans une autre analyse; les monoterpènes dominaient la totalité à environ 75% dont le 1,8-cinéol (38%) et le terpinyl acétate (11%), et 17% de sesquiterpènes dont le nérolidol (11–14%), β-caryophyllène (2%) et l’oxyde de caryophyllène (1%).

Description

  • Plante herbacée aromatique pérenne, à rhizome; tiges feuillées de 1–2 m de haut; rhizome subcylindrique, jusqu’à 1 cm de diamètre, fortement ramifié, rouge brun, couvert d’écailles fines subovales jusqu’à 6 cm × 4 cm, possédant de fines racines fibreuses brun clair; tige sans branches, formée principalement par les gaines des feuilles, subcylindrique, jusqu’à 1 cm de diamètre mais épaissie à sa base jusqu’à 3 cm de diamètre.
  • Feuilles alternes, distiques, simples; gaines se recouvrant l’une l’autre, jaune vert, à nervures proéminentes et scarieuses, à bords ciliés; ligule fortement bilobée, fine, ciliée, lobes aigus, jusqu’à 3 cm de long; pétiole de 4–10 mm de long, fortement sillonné au-dessus; limbe elliptique à oblong, de 10–30 cm × 2,5–6 cm, obtus de façon oblique à la base, cuspidé à l’apex, à bord entier, vert foncé brillant au-dessus, vert plus pâle et souvent un peu rougeâtre au-dessous, nervures latérales fines, disposées de façon pennée mais parallèles, faisant un angle très aigu avec la nervure principale, 4–9 par 5 mm au-dessus, 12–16 par 5 mm au-dessous.
  • Inflorescence: tête à tige courte émergeant du rhizome près de la base de la tige feuillée, quelquefois située au bout d’un bras de rhizome, comportant 5 fleurs; pédoncule jusqu’à 7 cm de long, couvert d’écailles subovales brun violacé imbriquées de 2,5 cm × 1,5 cm; tête couverte de bractées ovales à carrées brun violacé imbriquées, jusqu’à 4,5 cm de diamètre; chaque fleur entourée d’une bractée scarieuse, suboblongue jusqu’à 6 cm × 2 cm, bidentée, ciliée.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes; calice spathiforme, jusqu’à 4,5 cm × 1 cm; corolle tubulaire, trilobée à l’apex, blanche à légèrement violette, tube jusqu’à 4,5 cm de long, fortement laineux dans les 2 cm supérieurs, lobes latéraux ovales à oblongs, jusqu’à 4 cm × 2 cm, lobe dorsal jusqu’à 4 cm × 3 cm, labelle aux contours obovaux, avec une griffe charnue en demi-tube jusqu’à 3 cm × 1,5 cm et un lobe subovale à orbiculaire jusqu’à 3 cm × 3,5 cm, fin, légèrement émarginé, avec une gorge jaune à l’intérieur; étamine fertile 1, filet charnu, légèrement arrondi, de 6 mm × 5 mm, connectif charnu, à l’apex portant deux cornes latérales de 4 mm de long, thèques 2, étroitement ellipsoïdes, d’environ 11 mm × 1 mm; ovaire infère, 3-loculaire, style fin, cylindrique, jusqu’à 5 cm de long, stigmate en entonnoir, de 2 mm de large, cilié, le haut de l’ovaire possédant 2 (parfois davantage) excroissances charnues lobées (probablement des nectaires), enlaçant partiellement le style.
  • Fruit: baie indéhiscente, subconique jusqu’à 6 cm × 3,5 cm, munie de 3 sillons mais quelquefois plus, vert brillant lorsqu’immature, virant au rouge vif à maturité, avec 3 loges contenant chacune 45–65 graines.
  • Graines aux contours subsphériques mais généralement un peu angulaires, de 2–5 mm de diamètre, tégument finement strié, brun brillant, hile circulaire, blanchâtre, arille fin, légèrement charnu, couvrant entièrement la graine.

Autres données botaniques

Le genre Aframomum comprend environ 50 espèces et est très répandu dans les régions humides de l’Afrique tropicale. Il est proche d’Amomum qui provient des régions tropicales d’Asie et était jadis inclus dans ce genre. Les différences entre les 2 genres ne sont pas constantes et il est possible qu’ils soient à nouveau réunis à l’avenir.

Aframomum zambesiacum (Baker) K.Schum. occupe les mêmes habitats que Aframomum corrorima. Les graines de la première espèce ne sont cependant pas utilisées, et en Ethiopie on l’appelle “korarima des singes”. Deux différences majeures par rapport à la vraie korarima résident dans le fait que ses feuilles dégagent moins de parfum lorsqu’on les écrase et que ses inflorescences ont entre 25–50 fleurs (jusqu’à 5 seulement pour la korarima).

Croissance et développement

En Ethiopie, la korarima fleurit entre janvier et septembre. Les fruits atteignent leur maturité environ 2–3 mois après la floraison. Dans la province de Kefa en Ethiopie, la principale période de floraison se situe en juin–juillet, et la fructification en septembre–octobre. Les fleurs ne sont probablement ouvertes qu’une journée seulement. La position du stigmate à l’intérieur de la fleur, au-dessous ou contre la base des thèques des anthères, indique qu’il y aurait auto-pollinisation, mais ceci n’a été ni observé ni prouvé expérimentalement. La présence de grands nectaires à l’extrémité de l’ovaire rend la visite d’insectes probable. Chez beaucoup d’autres espèces d’Aframomum, le stigmate est situé en haut des thèques de l’anthère et une pollinisation croisée par les insectes est de règle malgré le fait que les plantes puissent également s’auto-polliniser. Les animaux tels que les singes mangent l’arille autour des graines et contribuent certainement à une dispersion naturelle des graines.

Ecologie

La korarima pousse naturellement à (1350–)1700–2000 m d’altitude dans des sites légèrement ombragés, plus ou moins ouverts de la forêt pluviale d’altitude. La précipitation annuelle varie de 1300 mm à plus de 2000 mm; il n’y a pas de saison sèche distincte mais en général la majeure partie des précipitations se situe entre juin et août (50–60%). La température annuelle moyenne est de 20ºC. En Ethiopie, la korarima pousse pratiquement dans les mêmes habitats que les espèces sauvages de café (Coffea).

Multiplication et plantation

La korarima peut être propagée par graine mais la plantation de morceaux de rhizome est probablement plus aisée et plus rapide.

Gestion

Aucune information n’est disponible sur les modes de culture de la korarima. Sa culture est probablement similaire à celle d’Aframomum melegueta K.Schum. (maniguette) d’Afrique de l’Ouest. Les graines de cette dernière espèce sont semées pendant la saison des pluies à l’ombre d’autres cultures et transplantées lors de la saison des pluies suivante pour un écartement plus homogène. La production de fruits débute 3 ans après le semis et peut continuer les 4 années suivantes. Il est possible que les humains influencent la population sauvage de korarima en la protégeant d’une certaine façon, et participent à sa plus grande dissémination en la plantant.

Maladies et ravageurs

On ne connaît aucune maladie ou ravageur important pour la korarima. La rouille Puccinia aframomi a été observée sur des feuilles de korarima en Ethiopie.

Récolte

Les fruits sont pour la plupart récoltés dans la nature. Le meilleur moment pour la récolte des graines est celui où les fruits sont rouges et mûrs.

Rendement

Le rendement peut représenter jusqu’à 500 kg de fruits secs par ha (sans engrais).

Traitement après récolte

Les fruits doivent être séchés avec précaution. En Ethiopie, on les perce en général près de l’extrémité, on les enfile sur une corde pour les suspendre et les faire sécher au soleil. Si les fruits ne sont pas séchés convenablement, ou s’ils sont mélangés avec des fruits immatures, le produit final sera de mauvaise qualité.

Ressources génétiques

On ne connaît pas de collections de ressources génétiques ou de programmes de sélection de la korarima. La collecte et la conservation, in situ et ex situ, sont recommandées à cause de la dégradation rapide des forêts de montagnes.

Perspectives

Aframomum corrorima maintiendra probablement un rôle assez important car ses graines parfumées continueront à être attrayantes. Cependant, on ne s’attend pas à une culture à grande échelle pour ses graines. Même si elle n’est pas en danger d’extinction directement, la korarima, comme toutes les espèces d’Aframomum, mérite de faire partie des collections de ressources génétiques.

Références principales

  • Baser, K.H.C. & Kürkçüoglu, M., 2001. The essential oils of Aframomum corrorima (Braun) Jansen and A. angustifolium K.Schum. from Africa. Journal of Essential Oil Research 13: 208–209.
  • Jansen, P.C.M., 1981. Spices, condiments and medicinal plants in Ethiopia, their taxonomy and agricultural significance. Agricultural Research Reports 906. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 327 pp.
  • Lock, J.M., 1976. Notes of some East African species of Aframomum (Zingiberaceae). Kew Bulletin 31: 263–271.
  • Lock, J.M., 1985. Zingiberaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 40 pp.
  • Molla, B.A., Asfaw, N. & Lwande, W., 1994. Chemical constituents of the essential oil of Aframomum corrorima from Ethiopia. Sinet, an Ethiopian Journal of Science 17: 145–148.
  • Poulsen, A.D. & Lock, J.M., 1997. New species and new records of Zingiberaceae and Costaceae from tropical East Africa. Kew Bulletin 52: 601–616.

Autres références

  • Biftu, T., 1981. Essential oil composition of Aframomum korarima (seeds). Journal of Chromatography 211: 280–283.
  • Demissew Sebsebe, 1993. A description of some essential oil bearing plants in Ethiopia and their indigenous uses. Journal of Essential Oil Research 5: 465–479.

Sources de l'illustration

  • Jansen, P.C.M., 1981. Spices, condiments and medicinal plants in Ethiopia, their taxonomy and agricultural significance. Agricultural Research Reports 906. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 327 pp.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Jansen, P.C.M., 2002. Aframomum corrorima (Braun) P.C.M.Jansen. In: Oyen, L.P.A. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 20 février 2019.


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