Additions et corrections du tome 9 (Rolland, Flore populaire)

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Mercurialis
Eugène Rolland, Flore populaire, 1896-1914
Avis au lecteur du tome 10



[Tome IX, 257]

Les textes qui suivent sont reproduits ici tels que publiés. Pour assurer l'intégrité des notices correspondantes, ils sont également dupliqués à la fin des notices de ces espèces.


ADDITIONS ET CORRECTIONS


PHLOMIS, p. 3.

Les Grecs désignoient par le mot Phlomos qui vient du verbe phlegô, brûler, une plante dont la moëlle servoit de mèche à leurs lampes : ce nom a été transporté par les Modernes à un genre nombreux de la Didynamie-gymnospermie, famille des Labiées. De toutes les espèces herbacées une seule est cultivée, c'est le Phlomis tubéreux, Phlomis tuberosa Lin. Plante de pleine terre, originaire de Sibérie... Bon Jardinier pour 1811.

  • estepa blenera, catalan.
  • sarviuni, sicilien.


LE MARRUBE, p. 5.
  • marroubiou, m., marrouviou, m. Corse, c. p. M. Ed. Edmont. P. 7, I. 9, lire : ponpon.


L'HERBE AU CHAT, p. 8.
  • nepita, f., nebida, f., Corse, c. p. M. Ed. Edmont.


LIERRE TERRESTRE, p. 9.

Le Glêchôn des Grecs était notre Mentha Pulegium L. Boerhaave, s'emparant de ce mot, en a composé le nom de Glechoma qu'il a appliqué au Lierre terrestre, Hedera terrestris des anciens botanistes. Il est clair que le mot de Glechoma est mal construit, et qu'il aurait fallu dire Glechona, ou mieux encore Glechonion, expression qui dérive de Glêchôn, comme Mêconion de Mêcôn (Pavot), Botryon de Botrys, Rhynchion de Rhynchos, Thamnion de Thamnos, etc. Je propose donc de dire dorénavant Glechonion hederaceum. Sprengel s'est servi du nom de Glechon pour désigner un genre de Labiées


[258]

de l'Amérique méridionale ; Saint-Lager, Réforme de la nomenclature botanique, 1880, p. 4.

  • izar, breton, Le G.


LA MÉLISSE, p. 13.
  • abelhano, s. f., Melisse ou citronnelle. — abelho, parce que les abeilles tirent le meilleur miel de cette plante, dont elles sont friandes. — Azaïs.


LE CALAMENT, p. 16.
  • calmante, f., anc. fr., Hist. litt. de la Fr., t. XXX, p. 348.
  • nepita, f., nebida, f., Corse, c. p. M. Ed. Edmont.


LA SARRIETTE, p. 17.

M. Feller fait cette critique à propos des formes wallonnes de la p. 18 :

Je ne reconnais pas, dans les formes qui précèdent sariyète, des formes wallonnes ; c'est pourquoi il faut : ou bien rejeter ce SARIYÈTE wall. à la fin de l'énumération, ou bien supprimer simplement wall. (Ces sortes d'énumérations en salade ne valent pas grand chose. Je regrette que Rolland ait introduit ce procédé simplificateur.)


CLINOPODIUM VULGARE, p. l7.
  • grand basilic, Buisson, 1779.
  • barico fer, Apt. Col.
  • do mèdchotté, Ban de la Roche, Oberlin.


ORIGANUM CRETICUM, p. 20.
  • origanell, breton, P. Grégoire [E.E.].
  • aourigan « origan », confondu avec marjol « marjoline », breton de Saint-Pol-de-Léon, Milin ms. [E. E.].


ORIGANUM, p. 20 et suiv.
  • Origan, dictame. Sur les vertus fabuleuses attrib. par les anciens au dict. voyez W. Hertz, Sage vom Giftmaedchen dans Abhandl. d. k. bayer. Akad. d. Wiss., Cl. I. XX, tome I, p. 105.


LA MARJOLAINE, p. 22.
  • basilic des prés, rioleau, riolet, M.-et-L., Verrier.
  • arroser la marjolaine = boire un bon coup. Val d'Aoste, r. p.


[259]

Symbolique. — maggiorana = maggiore amore di dì in dì. Lang. Symb. Morato, 1556. — Symboliquement = soyons heureux puisque Vénus nous protège, Félix Frank, Danse des fous, 1885, p. 116.

  • marjol, « marjoline », breton de Saint-Pol-de-Léon, confondu avec aourigan, « origan » Milin, ms. [E.E.].


LE THYM, p. 26
  • turcantyn, bret., P. Grég., turkantin, m., Troude, etc. [E.E.].
  • theym, tyn, breton, P. Grégoire, timm, tîn, m., Le Gonidec, tin, m., L'A.. etc. [E.E.].
  • munudik-bràz (= grand serpolet), munudk-liors (= serpolet de jardin), Le Gonidec. [E.E.].

P. 27, I. 3, avant la fin, M. Ernault préfère la graphie régulière c'houez vad. P. 28, I. 9, dans l'Onomastique, lire : Les Férigoulets.


LE SERPOLET, p. 29

Le serpolet s'appelle en flam. et en holl. Onze-Lieve-Vrouw-bedstroo, nom qu'on trouve déjà dans Die Ortis sanitatis of Grooten Herbarius de 1514, et qui se retrouve aussi en Allemagne. La légende pop. en Flandre raconte que sainte Anne couchait sa fille Marie sur un lit de serpolet. Encore aujourd'hui les enfants du Pays d'Alost disent, en apercevant cette herbe : « Notre-Dame a couché là-dessus. » (A. de C.).

  • pussai, Savoie, Colla.
  • polion, à Aoste, Colla.
  • rue du Serporat, à Bordeaux.
  • Serpolh, nom propre, Auvergne, en 1303. Revue de la Hte-Auvergne, p. 216.
  • Serpoul, fam. de la Lozère.
  • Farigoule, fam. de la Haute-Loire.


LA MENTHE, p. 36

P. 39, escoutez pas la mento, etc., minte, f., signifie aussi mensonge. Cette histoire a l'air de jouer sur les mots minte et salvia (quæ salvat). — J. Feller.

  • Menthe, nom de famille.


[260]

LA MENTHE SAUVAGE, p. 45
  • méntastrou, m., méntrastou, m., mintastrou, m., mintrastou, m., Corse, c. p. M. Ed. Edmont.


LA LYSIMACHE, p. 55

Il y a deux sortes de Lysimachia : l'une à tige grêle, couchée, comprenant la L. nummularia Linnei et la L. nemorum L., l'autre à tige robuste, dressée, haute de 0,60 à 1 m., comprenant la L. vulgaris L. et la L. thyrsiflora L., plus certaines variétés de la L. vulgaris [1]. Il faut interpréter ce qui est dit ici du genre comme ne s'appliquant qu'aux espèces à tige dressée. J. F.

  • tchèsse-bosse, f., wallon, Lobet [J. F.].
  • wèrnèye d'êwe, f., wall., Lobet [J. F.].
  • såvadje matrône, f., djène matrône, f., par opposition à la matrône, qui désigne la julienne de Mahon et les phlox ; wallon de Pepinster, J. Feller.
  • yèbe qui towe lès bèrbis, wall., Lobet [J. F].
  • bê solo, m., Verviers, Lejeune, Lobet ; Liège, Forir ; Beaufays, Flore, p. 61 [J. F].
  • yèbe du tos les mås (herbe contre tous les maux) wallon, Lobet.
  • fleûr du vièrju-marèye (f. de la vierge : on en sème à la procession). wall., de Soizon. — J. F.
  • mouron, m., wall., à Charneux-Jalhay ; djène coucou, m., wall., à Harzé-Aywailles, milfeuil, m., et traînârd, m , wall. à Clermont-Thimister ; såvadje mus’, m. (musc sauvage, non à cause de l'odeur, mais à cause de la couleur des fleurs et de l'aspect frêle de la plante), wall., à Mortroux (pays de Herve), J. Feller.

____________________

  1. Le Verviétois Lobet note dans son Dictionn. wallon que la Lysimachia vulgaris sert [c'est-à-dire servait] à teindre la laine en jaune.


LE MOURON, p. 57
  • gleyz, gley, breton, P. Grégoire (Ernault, Glossaire moy. bret., 262) ; gluéh, breton vannetais (E. E.).
  • au lieu de Cleden-cups, lire Cleden Cap-Sizun.


LE PAIN DE POURCEAU, p. 61
  • pam'pourtchinou, m., fýor di coucou, m., Corse, c. p. M. Ed. Edmont.


[261]

LA PRIMEVÈRE, p. 63
  • pigle, anc. franç. Romania, 1908, p. 312. Ce n'est pas la bugle, citée auparavant.
  • pigula, Mowat : l'identification est incertaine et a besoin d'être confirmée.
  • carcàyou, m., Somme.

« Etendons-nous sur la brasse, à c't'heure », proclama l'un d'eux, avant de somnoler. D'autres marchaient, infatigables, ou chantaient.
Un gars entonna : « Doux moments que je passai — près de ma chère Lisette. — Doux plaisir que je goûtai — quand je la trouvai seulette. »
Un camarade répondit par cette cantilène : « Allons cueillir du porion pour les garçons — de la violette pour les fillettes — des pommeroles pour les p'tites folles — du coucou pour tous les fous. » Normand, — Sans autre référence à la découpure imprimée.

Note de M. Feller :

Le nom de fleur de coucou est commun à nombre de plantes, mais il est toujours donné à des plantes qui fleurissent au printemps. L'esprit a créé un rapport entre la fleur et le premier chant du coucou. Le rapport entre la plante et le cocu me paraît postérieur, suggéré par le nom, de même que les croyances afférentes sont inventées pour expliquer le nom ou suggérées également par le nom.


LA GRANDE PRIMEVÈRE, p. 77

Dans les noms bretons, M. Ernault corrige pokodo nanv en pokodo 'n anv, et baraàman en bara 'g àman.

Toponomastique. — Hameau de la Plumardière ou Primaudière, commune de Montchauvet, Calvados.

Rolland a écrit un article « Les formulettes de la Primevère » dans Mélusine, t. X, col. 228-230.

Je trouve cette note : « Immédiatement après primula insérer androsaces, voir dans mes fiches », écrivait Rolland ; mais j'ignore en ce moment où se trouvent les fiches sur cette plante. — H. G.


[262]

LA PRIMEVÈRE DES PRÉS, p. 77
  • cléjè d'Olante, m., liégeois. Forir (lisez clédjè d'Hollande, clédjè, clédiè = clé-Dieu, J Feller.


LA GLOBULAIRE TURBITH, p. 79.

Sur le nom soutchié M. Feller remarque : Je pense à souchet. Cependant il est possible que la plante tire son nom du lieu, non sous une forme adjective, ce qui est commun (ex. Paeonia), mais comme substantif : c'est ainsi que le chrysanthemum segetum, appelé fleur de Jalhay dans certains villages au S.-E. de Verviers, est simplement dénommé Jalhay dans d'autres. Mais ce phénomène est rare.


LA LIMOINE, p. 82.

Nous avons, très prés d' Avranches, au Gué-de-l'Epine, une plante que le peuple appelle très bien, pour l'apparence, la lavande de mer : c'est un végétal des sables maritimes, le très rare Statice Dodartii, que l'on a confondu avec l’occidentalis. A cette occasion : constatons la richesse florale de l'Avranchin, qui aux plantes qu'on pourrait appeler terrestres ajoute celles du littoral. Ce statice forme des bouquets charmants et d'un aspect original, se conservant longtemps. — Soc. d'archéol. d'Avranches, 1883, p. 345.


LE GRAND PLANTAIN, p. 84.

Additions de M. Ed. Edmont :

  • herbe chancrière, f., Noyal (Côtes-du-N.).
  • plantatsé, m., Tarn.
  • mélhaoutso, f., Vogüé (Ardèche).
  • pýan'talh, m., Vallées vaudoises.
  • koua dé gari, f., Saint-Maximin (Var).
  • tchin'kui narba, f. (= 5 nerfs), Corse.

Voir d'autres noms du plantain dans Gilliéron et Edmont, Atl. ling., fasc. 22, carte 1027.

« Aucuns portent les racines de plantain penduës au col. pour faire resoudre les escrouëlles. » Matthiolus, Comm. sur Dioscoride, 1655, p. 212 [Ed. Edm.].


[263]

LE PLANTAIN, p. 85.
  • Graeci arnoglosson... Ægyptii asonth, Galli tarbelodathion, Hispani thesarican, Daci simpeax, Punici atiercon vocant. Latini plantaginem latam, iidem plantaginem majorem, iidem septenervam. Apuleius, De Medicam. (Ve s. apr. J.-C.). Edit. Ackermann.

Notes de M. Feller :

  • plantin, m. plantêne, f. plantin-ne, f., pays wallon.
  • plontin, m. pays wallon.
  • plantrin, m. plantrène, f., plantrin-ne, f., pays wallon.
  • cawe du rat, f. pays wallon.

Les renseignements que j'ai sur le plantain consistent tous en remèdes agrémentés souvent de pratiques superstitieuses. Ils m'intéressent comme échantillons de l'esprit et du parler populaires. Mais Eug. Rolland rejette cette partie du folklore ainsi que les formes dialectales.

P. 82. Le pédoncule en fruits s'appelle grains d'oûhê, grains d'oiseau ; on en donne aux oiseaux pour favoriser la mue. Wallonie.

Une de mes notes renvoie à Angelo de Gubernatis, Myth. des plantes, v° arnoglossa.

Un nommé Thonon, de Baneux (com. de Louveignez, prov. de Liège), coupait le plaintain par dessous le pied de la vache, puis jetait le plantain sur une haie. Quand il était desséché, la vache devait être guérie ; ce que je crois sans peine. On peut donc acter, pour simplifier, l'existence de cette pratique en pays wallon.

Il y a un autre texte, n° 18 (celui qui est cité là est le n° 21). Le voici :

« Pour sanglante menoison batez milfuel et plantain et frasiers, tant de l'un comme de l'autre ; si destrempez de vin rouge ou en iaue, et li donez a boire ; si ne sera plus sanglante. »


LE PETIT PLANTAIN, p. 91.
  • lanceola, lanceolata. lat. du m. â.
  • lancelée, anc. fr.
  • lansolada, anc. prov.

A. Thomas, dans la Romania, XXXVIII (1909), p. 55.


[264]

Additions de M. Ed. Edmont :

  • orèy' d'ån’, env. de Beaumont-le-Roger (Eure).
  • langue de bërbi, f., Saint-Christophe-sur-Condé (Eure).
  • citrelle, f., Gorges (Loire-Inf.).
  • filaré, m., Corse.


PLANTAGO ARENARIA (L.), p. 95.
  • œil de chien, m., franç., Cariot.


PLANTAGO CORONOPUS (L.), p. 96.
  • pied de corneille, m., franç., Cariot.


LE FUSAIN, p. 97.
  • fousadjyina, f., Corse, c. p. M. Ed. Edmont.
  • skao-grac'h (= sureau de vieille), breton, Le G.
  • Le Garait, loc. de la Haute Loire.
  • Garet, nom de famille.


LE HOUX, p. 102.

Voir d'autres noms du houx dans Gilliéron et Ed. Edmont, Atlas ling. de la Fr., fasc. 15, carte 701.

« A Noël, dans le pays de Galles, chaque homme conduit sa femme sous un bouquet de houx suspendu au plafond, et lui souhaite une bonne année. » A. de Chesnel. Dict. des Sup., 480. [Ed. Edm.] — [à vérifier. — H. G.]

[En 2020, soit plus d'un siècle après 1912, j'ai pu vérifier. La citation est exacte, et la voici entière : « A Noël, dans le pays de Galles en Angleterre, chaque homme conduit sa femme sous un bouquet de houx suspendu au plafond, et lui souhaite une bonne année. Quelques-uns disent qu'une idée superstitieuse se rattache à cette coutume ; mais les gens malicieux prétendent qu'il n'y faut voir simplement qu'une figure poétique par laquelle le mari donne avis à sa femme que si elle ne se montre pas suffisamment soumise pendant le cours de l'an qui commence, elle doit s'attendre à une correction. » MC.]

« Quand on veut préserver la chair salée, des rats, on met des fueilles de houx à l'entour de la corde, d'où on la pend. Et pource que cest arbre est toujours verdoyant, on prend de ses branches pour faire parade au devant des Eglises, ou sur les autels, que les paysans emportent puis en leurs maisons : estimans par ce moyen se pouvoir garentir des foudres, et chasser toute enchanterie, se fondant sur Pline qui dit, que si l'on plante le houx en une maison ou village, qu'il y sert de contrecharme. Il dit aussi que iettant un baston de houx contre quelque animal que ce soit, et qu'on n'ait eu la force d'en toucher l'animal contre qui on le iettoit : ce nonobstant


[265]

le baston estant a terre, se roulera et s'approchera de l'animal contre qui on l'a ietté : tant est admirable le houx en son naturel. » Matth., Comm. sur Dioscoride, 1655, p. 82 [Ed. Edm.].

Toponomastique : Houchin, les Houches, Houchinel, le Houssel, la Housserie, la Houssoye, loc. et lieux dits du Pas-de-Calais [Ed. Edm.].

  • Arguya, m., Loire.
  • Orgueuilla, m., Allier.
  • Heuzi, Malmédy (Wallonie prussienne).

Les arquebusiers à cheval étaient appelés argoulets, parce que leurs arcs étaient en argoulets. — L'explication est de Chambure, p. 48.

  • housse-queminée = ramoneur, Cambrai, Saint-Pol.
  • Le houx sert d'enseigne aux cabarets en Auvergne.
  • La ville de Gannat en avait autrefois dans ses armes avec cette devise : nul ne s'y frotte si gant n'a.

Héraldique : Voir Renesse, IV, 129-131 et 155-6.

Toponomastique : Le Buisson d'Houille, lieu-dit du Cambrésis, Boniface, 1866.

  • Ouilly-du-Houley, loc. du Calvados.
  • L'Argolet, loc. en Bourgogne ; L'Argolay, Nièvre. Chamb.
  • Hulserolas, Hulsinas, loc. de la Belgique wallonne, en latin du m. â. Grangagnage, Anc. noms de lieu, 1859, p. 37.
  • Hulisbach, Grandg., ibid.

Onomastique : Lagrafel, Larfeuil, Lagrevol, Grifoulet, Griffoul, Griboul, Lagriffail, Griffon, d'Agrève, Orfeuil.

  • Holley, Houzelot, Lahoussère, Houillère, Housseray, Houillon, Dehousse, Houzet, Housset, Hussey, Huzon, Houzelle, Housiaux, Heuze, Houllé, Lahousse, Houssemaine, Houssier, Lehoult, Heu, Heuse, Lehut, lndehoux, Houllieux, Courtehoux, Deshusses, Dehoux, De Olce (fam. des Landes).
  • Cousseau, Coussidiere, Couzard, Lacoux, Cousseaux, Decoux, de la Coussoye, Coussière, Lescouzères. — [Holozet — H. G.]

C'est à tort que Rolland — (comme il l'a reconnu lui-même dans ses notes) — avait rapporté ici (p. 114) des noms comme Oudin.


[266]

Houdin, et autres (comme Oudry). Ces noms viennent, comme Eudes, de l'ancien nom germanique latinisé en Odo, gén. Odonis. — Et plusieurs des noms que Rolland rapporte au houx peuvent venir de l'ancien français (d'origine germanique) heuse « jambière ». — H. G.

Les noms flamands Hulst, van Hulst (d'où en français d'Hulst, Verhulst).

Voir dans Mélusine, t. XI, col. 459 et 489 un conte en patois ariégeois sur le houx, publié d'après les papiers de Rolland.


LE CORNOUILLER, p. 117.

Voir Ducange. s. v. pafustum.

Sur l'origine du nom cornus, voir Mélanges ling. offerts à M. Meillet. 1902, p. 77 et 112.

  • bois de chien, bois sanguin, M.-et-L. Verrier.

Toponomastique : La Cornielle, lieu-dit de la Meuse, Obry, Rép. Arch. de Colombay, 1865.

Onomastique : Cormillot, Cournolet.

Additions de M. J. Feller :
  • kwègnoûli, m., cwagnoûli, wallon, r. p.
  • conyoùli, m., Harzé-Ayvailles, prov. de Liège.
  • cougnoûli, m., Soiron, prov. de Liège.
  • cornèli, m., Chiny, Luxembourg méridional.

Toponomastique : Cornois, Cornoy, Cornais, Cornet, Cornut, m., loc. du Nord de la France et du Hainaut.


LE SANGUIN, p. 124.

Voir d'autres noms du cornouiller sanguin dans Gilliéron et Edmont, Atl.ling. de la France, fasc. 32, carte 1517.

« On dit que si une personne mordue d'un chien enragé tient en sa main une branche de cet arbrisseau, la vapeur ou odeur qui en sort excitent en luy le paroxisme de la rage. » Lemery, Traité des Drogues, 1698, p. 223. [Ed. Edm.].


LE LIERRE, p. 130
  • σουβίτης, gaulois, Dioscoride [Voir Holder, s. v. subites. H. G.].
  • édara, f., édéra, f., ellara, f., illara, f., Corse, c. p. M. Ed. Edmont.


[267]

Voir d'autres noms du lierre dans Gilliéron et Edmont, Atl. ling de la Fr., fasc. 17, carte 768.

Toponomastique : Liéres, Liérettes, loc. du Pas-de-Calais [Ed. Edm.].

« En Normandie, autrefois, pour connaître quel saint il fallait invoquer dans une maladie, on jetait dans l'eau d'une fontaine des feuilles de lierre sur chacune desquelles était tracé le nom d'un saint ; on les retirait aussitôt, et celles que l'eau avait transpercées indiquaient les saints dont on était malade. » A. De Chesnel, Dict. des Sup., 555. [Ed. Edm.].

Notes de M. FELLER :

p. 131 : Il s'agit probablement ici, parfois, du lierre TERRESTRE, glechoma hederacea, qui est une labiée.

  • rampe, f.. à Chiny, Luxembourg belge.

et lire ranpyoûle.

Légende onomastique : Dès les premières années du XIe siècle, on trouva en plein bois une statue de la Vierge. On y éleva une chapelle, consacrée à N.-D. de Liarre (lierre). Autour se groupèrent des cabanes. Aujourd'hui le village s'appelle Liart tout court (Ardennes françaises). Albert Meyrac, Traditions, légendes, etc. de l'Ardenne, p. 325.

Se trouve ci-après v° symbolique.

« Où je m'attache, je meurs ». Proverbe wallon cité en français, mais souvent déformé en « Je m'attache où (peut-être ou) je meurs ». — J. F.


L'AMARANTE, p. 140
  • herbe de pouër, Savoie. [J'ignore quelle variété. — H. G.].


LA BETTE, p. 143
  • asperge de cordonnier, M.-et-L., Verrier.
  • La Bletonède, lieu dit du Var, Ricaud, Arch. civ. du Gard, 1882, t. I, p.95.
  • Blédon, fam. de Loir-et-Cher.


LA BETTERAVE, p. 146

Additions de M. Ed. Edmont :

  • bétrape, f., Isbergues (P.-de-C.)


[268]

  • blédérabouk’, f., Rivesaltes (Pyr.-Or.).
  • býarava, f., Fontan (Alpes-Mar.).
  • houtt’, f., Pamproux (Deux-Sèv.).
  • houtt' rave, f., île d'Oléron (Char.-Inf.).
  • bondance, f., Meillerie (Haute-Sav.).
  • tsolé, m., Courmayeur (Val d'Aoste).

Voir d'autres noms de la betterave dans Gilliéron et Edmont, Atl. ling., fasc. 31, carte 1461.


LE BON HENRI, p. 149
  • sâvadge spinâ, m., wallon.
  • yèbe du tchèpetî, f., (herbe du charpentier), (Lobet), p. c. q. les charpentiers s'en servaient pour panser leurs coupures. Wallon. — J.F.


LA VULVAIRE, p. 150

«Un préjugé, propagé par Gilibert, c'est que les feuilles froissées de cette plante, introduites dans les narines, arrêtent instantanément les spasmes hystériques. » A. de Chesnel, Dict. des Sup., 60 [Ed. Edm.].


L'ANSÉRINE, p. 151
  • ârèpe, f., Rossignol, Luxembourg méridional.
  • sâvadje êripe, f., Wallon. — J. F.
  • blanc-bos, m., poplier, m., Saint-Pol (P.-de-C.), c. p M. Ed. Edmont.
  • poulette, f., env. d'Avranches (Manche), c. p. M. Ed. Edmont.


CHENOPODIUM BOTRYS, p. 154
  • millegraine, f., oake of Jerusalem, oake of paridice (ou herbe), Cotg., 1650.


L'ARROCHE, p. 156
  • âripe, ârèpe, érèpe, f., bone-dame, f., wallon. (âripe est pour arriple et vient de atriplex). — J. Feller.
  • loraige, f., ancien messin, Romania, 1908, p. 305.
  • anoche, f., franç., Alberti, 1770. (Si anoche n'est pas une faute de lecture, cette forme mériterait d'être signalée comme exemple de r > n. — H. G.).


[269]

  • bonnes-dames, f. pl , Saint-Pol (P.-de C.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • crasse-glenne, f., Isbergues (P.-de-C.), c. p. M. Ed. Edmont.


LES ÉPINARDS, p. 160
  • spinatchi, m. pl., spinadji, m. pl., Corse, c. p. M. Ed. Edmont.

[Onomastique, Espinasse, Espinas, de l'Espinasse, quoique L. Larchey explique ces noms comme « terrain couvert de buissons ». — H. G.].


LA PATIENCE, p. 167
  • dauke, anc. franç. Romania,1908, p. 512.
  • porrée de saint Martin, Lémery, Nouv. Rec. des plus beaux secrets, 1737, t. II. p. 274.

La patience est une grande vertu, mais on ne la trouve que dans le jardin des capucins. Suisse romande.


LA PATIENCE DES JARDINS, p. 172
  • épinards perpétuels, m. pl., Saint-Pol (P.-de-C.). c. p. M. Ed. Edmont.


LE SANG DRAGON, p. 173
  • sang de Jesu Christ, Iles Baléares.


L'OSEILLE, p. 173
Additions de M. Ed. Edmont :
  • sanadèlo, f., Tarn-et-Gar.
  • sansabèro, f., saladèro, f., salsarèlo, f., Ariège.
  • binagrèdo, f., Auzat (Ariège).
  • grëjiall’, f., Saint-Braix (Suisse rom.).
  • fòfò, m., Vissoye (Valais).
  • assouilo, f., acitoulo, f., acitoula, f., vall. vaudoises.
  • erba brëchka, f., Châtillon (Val d'Aoste).

Voir d'autres noms de l'oseille dans Gilliéron et Edmont, Atl. ling. de la Fr., fasc. 21, carte 954.

On dit plaisamment pour désigner l'acte par lequel une personne a déplu à une autre : I a pissat per la vineto. (Il (ou elle) a pissé dans son oseille.) Montauban (T.-et-G.), c. p. M. A. Perbosc.


[270]

La semence de l'oseille cueillie par une main virginale assopit, prise en breuvage, l'ardeur des reins, Fusi, Mastigophore, 1609, p. 90.


LA PETITE OSEILLE, p. 178
  • oseillette, f., oseillette de Pâques, f., franç.
  • tite surelle, f., surelle sauvache, f., env. de Saint-Pol (P.-de-C), c. p. M. Ed. Edmont.
  • surelle d'Avignon, f., Ligny-Saint-Flochel (P.-de-C.), c. p. M. Ed. Edmont.

J. Feller remarque pour le wallon : « C'est la grande oseille, rumex obtusifolia, qui porte le nom de surale di vatche. »

Et il faudrait lire, ibid. : surale di bèrbis, et p. 179 : surale di Mam'sèle.


LE SARRASIN, p. 179
  • sabouyart’, m., Vabre (Tarn), c. p. M. Ed. Edmont.
  • fajou, m., Le Mas-d'Azil (Ariège), c. p. M. Ed. Edmont.
  • moron, m., mouriscou, m., Castillon-en-Couserans (Ar.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • mimourette, f., env. de Cazères (Haute-Gar.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • boecaut, m., anc. fr., Romania, 1902, p. 362 ; 1907, p. 258 — boeghete, fr., Lille, 1446, God. — beaucuit, bouquette, boguette, baudine, fr. dialectal, Littré.
  • boucotte, f., boucotte, f., fr.-comt. — boketa, f., vaudois. — bokète, boûkète, Nord, Belg. wall. — botché, m., Tourcoing.
  • bocott’, f., boucott’, f., Haute-Savoie, c. p. M. Ed. Edmont.
  • roghett’, m., Séez (Savoie), c. p. M. Ed. Edmont.
  • granett’, f., vall. vaudoise, c. p. M. Ed. Edmont.
  • trékýa, f., trëkéya, f., terkéyò, f., Ain, c. p. M. Ed. Edmont.
  • malhorco, f., Quillan (Aude), c. p. M. P. Calmet.
  • pabiatt’, m., Labouheyre (Landes), c. p. M. F. Amandin. — Pays d'Albret, Duc.
  • gabatch, m., env. de Foix (Ar.), c. p. M. Sicre.
  • dragée aux chevaux, f., fr., Dodoens. - L'Escluse, 1557, p. 319.
  • grize, f., grèze, f., grije, f., grich’, f., grihhe, f., Vosges, Haute-Saône.

Voir d'autres noms gallo-romans du sarrasin dans Gilliéron et Edmont, Atl. ling., fasc. 26, carte 1192.

  • melica, melega, ital., Oudin, 1681. — sarracino, ital., Ambrosini,


[271]

1666. — formentin, Saluces, Eandi. — fràina, milanais, comasque.
  • alforfon, aljorjon, espagnol d'origine arabe, Colm.
  • buck-weat, angl. — french wheat, Jacks.
  • bukweten (en 1430), bockweit, buckwede, gries, grüt, grütze, anc. all., Pritz.

M. J. Feller remarque sur les formes de la p. 181 : «  boûkète, f., wallon ; du flamand bœkweit, dont le 1er composant bœk = hêtre. »

Les crêpes de farine de sarrasin sont le mets traditionnel de la veillée de Noël en pays wallon.

  • bladi, m., Marsac (Creuse), r. p.
  • carreau, Rennes, Coulabin.

M. Camus dit qu'on a le plus ancien exemple de la mention de polygonum fagopyrum dans le Livre d'heures d'Anne de Bretagne.

Erreur ; il est question de la culture de cette plante en Normandie, en 1460, 43 ans avant le Livre d'heures, comme l'a montré L. Delisle dans son livre sur la condition des classes agricoles. — Joret, dans Rev. crit. 1896, p. 23.

  • sërga, m. à contrôler.

Un bouquet mis extérieurement à la fenêtre d'une jeune fille indique symboliquement qu'elle est rêveuse, qu'elle pense à son amoureux (comme on fait de l'huile à brûler avec le sarrasin, elle peut allumer pour veiller). — Ruffey (près Dijon), rec. pers.

Per Carm entrant, la goutta ei jarrgat nigre, sinne de blad nigre.

A Carême entrant (Carnaval), la goutte au prunellier, signe de blé noir. Pluie de février esquive fange d'août.

Carnavar sens luna, de cent fennas s'en sàuvat mas una.

Turpiter. Quia per hoc tempus comessationis, noctes nebulosæ favent conventibus malis.

  • Bas-Limousin, Champeval.


LA BISTORTE, p. 183

M. Feller corrige ainsi les noms wallons, en ajoutant que fleur de Saint-Antoine est le nom de la persicaire. [1].

____________________

  1. La nomenclature de Lezaack est faite en partie de seconde main, d'après Lobet, Forir, qui eux-mêmes n'étaient pas grands clercs dans la matière.


[272]

  • cassin n'existe pas, Lezaack a sans doute mal entendu ; le mot doit être cossèt (porcelet).
  • cawe du tchèt, f. (queue de chat, la fleur), Bého (province de Luxembourg).
  • mousse, moussète, f., à Champagne et à Outrewarche (Prusse wallonne).


LA PERSICAIRE, p. 191

C'est le cratoegonon des Grecs, selon Saint-Lager.

Pline l'a confondu avec le cratægos, arbre bien connu.

  • plaga dé San-Ro, Gard, Bosc, etc.
  • erbo de Sant-Inoucen. Gard, Fesquet.
  • cuirasse, Oise, Graves.

La térre dou méndrass, gouade-lé couan l'ass ; la térre dou péluho (queue de loup, espèce d'herbe), Da-lé à qui la bo ; Chalosse (Landes), Foix, Poés. pop. land., 1902, p. 45.


LA RENOUÉE, p. 185
  • yèbe ou jèbe à cint nokes, cint-nokes, mèye-nokes, wallon, J. F.

P. 187 : corôye, f. (lanière), wallon, J. F.

P. 188 : tchènète, f. (chaînette, synonyme de herbe à nœuds), Verviers. J. F.

P. 190 : yèbe du pwoérfi (h. de panaris), wallon, Lobet.

Additions de M. Ed. Edmont :

  • pourquinèe, f., Saint-Pol (P.-de-C.).
  • taloche, f., trame, f.. Ligny-Saint-Flochel (P.-de-C.)
  • traînole, f., env. de Vesoul (H.-Saône).
  • trainugo, f., Seiches (Lot-et-G.).
  • trinate, f., Cœuve (Suisse rom.).
  • tirache, f., Courtisols (Marne).
  • tirassa, f., Orpierre (H.-Alpes).
  • tirassado, f., Aups (Var).
  • tirassèta, f., Bobi (Wall. vaud.).
  • tire-goret, m., Saint-Groux (Char.).
  • courdalle, f., Oulx (Val de Suze).
  • ~n'ta, f., Barcelonnette (B.-Alpes).
  • herbes à bêtes rouges, f., env. de Conlie (Sarthe).
  • erbo nuderado, f., Martres-Tolosanes (H.-Gar.).
  • chenillée, f., chën'lhé, f., Noirmoutiers (Vendée).


[273]

  • petite nouée, f., nouée filante, f., Clisson (Loire-Inf.).
  • passä-kami, m., Arles-sur-Tech (Pyr.-Or.).


POLYGONUM CONVOLVULUS, p. 190
M Feller corrige ainsi les formes données :
  • rampioûle, f., Royompré-Polleur (province de Liège).
Additions de M. Ed. Edmont :
  • cope-gorge, m., Ramecourt (P.-de-C.).
  • viélie, f., Magny (Yonne).
  • veillie, f., Port-en-Bessin (Calv.).
  • liane, f., env. de Barneville (Manche).


LA PERSICAIRE, p. 191
Notes de M. Feller :
  • peûve d'êwe (poivre d'eau), wallon, Lobet.
  • yèbe d'êwe, yèbe du fossé (renouée des fossés humides).
  • crouwin d'ansènî, m. (herbe des fumiers), wallon.
  • foyes du Sainz-Èlôy (feuilles de Saint-Eloy). On en met deux feuilles en croix sur le mal Saint-Eloi, sorte d'ulcère, wallon.
  • yèbe du Saint-Antône, d'après un autre nom du même mal, wallon.
  • foyes di Saint-Qwèlin (feuilles de Saint-Quoilin), id.
  • fleûr du Saint-Djèrmain (fleur de Saint-Germain), id
  • sainète, f., wallon, Grandg., ll, 337.

La tache rougeâtre ou brunâtre des feuilles provient de ce que la Vierge a laissé tomber sur cette plante une goutte de sang menstruel. — On dit aussi que c'est produit par une goutte du sang de Jésus (environ de Liège).

Additions de M. Ed. Edmont :
  • pied rouge, m., fer à cheval, m., pélingre, m., franç. pop.
  • herbe ed' rân-n’, f., herbe de crapaud, f., Saint-Pol (P.-de-C.).
  • rénougado, f., Jegun (Gers).
  • rénoutado, f., env. de Cazères (H.-Gar.).
  • rénouzado, f., Florac (Lozère).
  • rénouzada, f , couriada, f., Salignac-sur-Loire (H.-Loire).
  • rouandz, m., Cours (Rhône).
  • rouinz’, f., Ambierle (Loire), Vindecy (Saône-et-L.).
  • ruintt’, m., Beaubery (Saône-et-L.).
  • rouind’, f., Néronde (Loire).


[274]

  • raoujo, m., La Teste-de-Buch (Gironde).
  • ranjo kiou, m., Pessac (Gir.).
  • araoujë ku, m., Luxey (Landes).
  • cousinoku, f., Chalus (H.-Vienne).
  • tsipérétayro, f., Villefranche-de-Belvès (Dord.).
  • pilinche, f., Vesse (Allier).
  • ékilonce, f., Trézelle (Allier).
  • escoururo, f., Villelaure (Vaucluse).
  • ërpara, f., Maïsette (Vall. vaudoises).
  • erba dou mëssé, f. (employée comme vulnéraire pour les meurtrissures). Châtillon d'Aoste (val d'Aoste).
  • lun-ouga bouina, f., Bobi (Vall. vaudoises).
  • erbo dé piouzé, f., env. de Mazamet (Tarn).

A Aumagne (Charente), le jour de la Saint-Jean, ceux qui sont atteints de maladies cutanées doivent, avant le lever du soleil, et à jeun, aller cueillir, encore imprégnée de rosée, l'herbe qu'ils appellent de tous maux (Polygonum persicaria ou amphibium). On en frotte la plaie et le mal disparaît. (Bull. de la Soc. histor. de Saint-Jean-d'Angély, 1865, p. 211.)

Si l'on bassine les chevaux avec une décoction de cette plante, les mouches n'en approcheront pas, même dans les grandes chaleurs, Provence, Avril.

On en frotte les nouvelles ruches pour y attirer les essaims d'abeilles, Vern (Ille-et-Vil.), r. p.


LE LAURIER, p. 196
  • usubium, gaulois. Apulée, De herbis, 28.
  • Laurus nobilis, Laurier. — On se sert, dans quelques cantons des départements du Gard et de l'Hérault, de cet arbre, presque naturalisé dans nos contrées, pour former des taillis à cerceaux, comme on en fait plus communément en châtaignier, lesquels sont désignés par le mot languedocien ceouclieîra ou jourguieîra. Ceux qui sont composés de laurier sont nommés dans quelqnes lieux baguerèdes, du mot languedocien baguié, qui signifie un laurier femelle. Bull. de la Soc. d'Agr. de l'Hérault, 1835, p. 288.

Additions de M. Ed. Edmont :

  • allorou, m., arivolhou, m., Corse.
  • lor, m., Vallées vaudoises.
  • laouribaga, f., Menton (Alp.-Mar.).


[275]

Dans beaucoup de contrées pyrénéennes, les habitants se couvrent de laurier lorsqu'il tonne, afin de se garantir de la foudre.


LE BOIS GENTIL, p. 203
  • laurelle gentille, f., franç. dial.
  • lilas d'hiver, m., mizerionm’, m., Saint-Pol (P.-de-C.), c. p. M. Ed. Edmont.


LA LAURÉOLE, p. 204

Rolland n'a pas donné d'Onomastique pour cette plante. Il me semble pourtant que les noms Loriol, Auriol, Oriol doivent y figurer. — H. G.


LE GAROU, p. 206
  • thymélée à feuilles de lin, f., daphné paniculé, m., franç. dial.


DAPHNE CNEORUM (Linné). — LE DAPHNÉ CAMELÉE
  • thymélée des Alpes, f., franç. dial.


ELEAGNUS ANGUSTIFOLIA (L.), p. 210
  • arbre d'argent, m., arbre de paradis, m., franç. dial.


EUPHORBIA (genre) (Linné). — L'EUPHORBE, p. 220
  • erbo dé sèr’, f., Gramat (Lot), c. p. M. Ed. Edmont.
  • ablhête, f., Ile-d'Elle (Vendée), Guérin.
  • barbasclé, m., Lézignan (Aude), c. p. M. Ed. Edmont.
  • lhitrèzä, f., lhaïtrèzä, f., Pyr.-Or., c. p. M. Ed. Edmont.
  • latificciu, m., lativicciu, m., Corse, c. p. M. Ed. Edmont.


EUPHORBE, p. 228.
  • teufelsmilch, hexenmilch, wolffsmilch, hundsmilch, bullenmelk, eselskraut, krotenkraut, aterkräutel, springkraut, dial. allemands.
  • wartweed, wret-weed, caper-plant, saturday's-pepper, dial. anglais.
  • devil's churnstaff, anglais d'Irlande, Patt.


[276]

EUPHORBIA PEPLUS, p. 229.
  • duyvelsmelck, anc. flam., Dodoens.
  • heksenmelk, tuinwolfsmelk, dial. néerl.


EUPHORBIA HELIOSCOPIA, p. 230.
  • sonnevolghende wolfsmelck, anc. flam., Dod.
  • kroontjeskruid, duivelskool, melkkruid, wrattekruid, wortekruit, dial. néerl., Heukels.


EUPHORBIA LATHYRIS, p. 231.
  • duivelsdrek, mollekruid, rattekruid, schÿtnoten, dial. flam. et holl.
  • springhcruydt, anc. flam., Dodoens.


LE RICIN, p. 233.
  • wonderboom, mollencruydt, anc. flam., Dodoens (A. de C.).


LE BUIS, p. 234.
Additions de M. Ernault :

Sur le mot buxus et son correspondant grec πύξος et leurs familles, voir : E. Boisacq, Mém. Soc. ling. XVII, 58, 59 [E. E.].

  • beus, beux, bret. moyen ; beuz, bret. mod., beuz, bouiz, bret. vannetais. Le P. Grégoire donne comme bret. ancien box, qu'il a dû conclure du gallois bocs, bocys. [E. E.].

Un lieu planté de buis :

  • beusit, moy. bret. ; beuzid, beuzenn, bret. mod., P. Grég. (ce dernier est plutôt « un plant de buis » beûzennek, id., Le Gonidec ; bouizid, bret. vannetais [E. E.] (et beuzeek selon Troude).
  • yac'h evel ar beuz kemeut ezel en deuz, sain comme le buis, chaque membre qu'il a. Proverbe bret., Mélusine, Xl, 362. On peut comparer beuz, beuzicq, grimaud, petit écolier, en termes injurieux, P. Grég., que V. Henry rattachait à beûzel, bouse, « comme qui dirait bousilleux ». Cf. vann. beuzez maladroit, nigaud [E. E.].
Le dimanche du buis :
  • sul ar beuz, breton de Tréguier, Troude [E. E.].
  • boist, anc. fr., Festgabe für Mussafia, 1905, p. 541.


[277]

  • bouch, Albus, Ducomin.
  • bouchè, Argelès (H.-Pyr.), c. p. M. Tarissan.

Toponomastique. — Buxiacum, en 833, Biziac, Ain, Siraud, p. 99.

  • Montbossier.
  • Bossey, Bossy, Jaccard.

Onomastique. — Dubuc, Du Bouch (Gironde), Debouys (Marne), Boussard, Tailbouis, Bouyssès, de Labousaye.

Héraldique : Voir Renesse, IV, 157.

  • bouys = fouet, Jargon, 1628, p. 186.
  • Je crois bien, en plusieurs endroits, avoir laissé passer « buis béni » pour « buis bénit », puisque c'est une fiction de la soi-disant orthographe d'écrire ici un t qui ne se prononce pas. (Pourquoi ? Peut-être sous l'influence du féminin dans le terme si fréquent d' « eau bénite ». Ce serait un fait d'analogie. — H. G.
Additions de M. A. De Cock :
  • bucksboom, palmboom, anc. flam., Dodoens.
  • palm, palmboompje, palmstruik, palmij, bosseboom, dial. flam. et holl.

Le rameau bénit se conserve non seulement dans les chambres à coucher, mais aussi dans les étables et l'écurie. Flandres (A. de C.).

  • Les paysans flamands mêlent des feuilles de buis bénit aux semailles (A. de C.).


LA MERCURIALE, p. 249.
  • chou de chien, Hulsius, 1616.
  • violon-na, Chambéry, Colla.
  • mélimélo, corruption probable de mélilot, Bessin, Joret.
  • herba a tchâ, caquenlit, epenatze sauvadze, Château d'Oex, Suisse, Vicat, 1776.
  • yerba de santa Quiteria, espagnol de Salamanque, Carra, Grenade.
  • bingelkruid, schÿtkruid, dial. flam. (A. de C.).

Onomastique. — Larembergue, nom de fam. du Tarn. — Roberge, Normandie et Roberjol ailleurs.