Additions et corrections du tome 8 (Rolland, Flore populaire)

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Betonica
Eugène Rolland, Flore populaire, 1896-1914
Préface du tome 9



[Tome VIII, 209]

ADDITIONS ET CORRECTIONS

Sous ce titre j'ajoute ou des corrections reçues trop tard des correspondants, ou des notes retrouvées dans les papiers de Rolland, ou quelques notes suggérées à moi-même un peu tardivement. - H. G.


LA MORELLE


p. 102, je retrouve la note ci-dessous dans les papiers de Rolland, mais sans nom de correspondant :

  • maûwriêle ou nwore rachène, à Wiers-lez-Tournai.
  • picherèle, à Gros-Fays (province de Namur), sert à faire des pliés pour la tenderie aux grives.
  • abon n'est connu que par Duvivier, Dict. wallon manuscrit cité par Gggg (Grandgagnage), Dict. II, 495, et par le Dict. de Forir. Les baies portent le nom de peûs d'macrale.


LA POMME DE TERRE


p. 110-111, je suis étonné que Bolland n'ait pas mentionné la croyance populaire (à Paris du moins), qu'avoir une pomme de terre dans sa poche porte bonheur. Dans un article du Temps (6 juin 1909), sur la mort du millionnaire Chauchard, je découpe ceci :

« M. Chauchard, qui avait le génie commercial, avait aussi ses petites manies. Voici l'une d'elles : il portait constamment dans ses poches un marron d'Inde et deux pommes de terre. - Suivant une superstition populaire, en effet, le marron d'Inde préserve des maladies, et les pommes de terre sont des fétiches qui conjurent la mauvaise fortune. »

Ces croyances ne sont pas particulières à Paris ; car, dans le catalogue du Musée de Folklore d'Anvers, je trouve sous le n° 2259 : « Marron d'Inde, contre les rhumatismes. » Avant de traiter cela de superstition, il faudrait expérimenter si le marron d'Inde n'a pas une valeur ionique, pour employer un terme de la médecine nouvelle. La médication peut être inactive, au


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moins dans certains cas ; et laquelle ne l'est point ? Mais l'esculine (ou mieux æsculine), principe actif retiré du marron d'Inde, est considérée comme fébrifuge, antinévralgique et antiarthritique. - H. G.

Je retrouve la citation ci-dessous dans les notes de Rolland : la prohibition de la pomme de terre comme impure s'explique par la nouveauté du légume et le misonéisme de l'ignorance :

Le clergé russe, imbu de ses vieilles idées rétrogrades, anathématisa les pommes de terre à leur apparition sur le sol de la Russie ; il prétendit que c'était une nourriture impure, bonne pour les pourceaux et les Allemands qui les apportaient de leur pays. Enfin, en pleine chaire, il a été dit, dans les églises du rite grec, que c'était un péché de manger des pommes de terre. Voilà la raison pour laquelle les paysans se privent encore de cet aliment dans plusieurs provinces de l'empire, Lestrelin, Les Paysans russes, 1861, p. 137.


L'AUBERGINE


p. 113, Estimi aco coumo un vietdaze — je prise cela comme une aubergine.

Te dounarai un vietdaze = tu n'auras rien.

Un vietdaze ! réponse fréquente à une question indiscrète ou agaçante, surtout à des questions faites par des enfants.

Vietdaze ! devient interjection pour exprimer la surprise, l'admiration même, mais surtout l'admiration plaisante ou narquoise, etc, Toulousain, Montalbanais, etc. - A. Perbosc.


LA MANDRAGORE


p. 123, dans les Mémoires de Baber, traduction Pavet de Courteille, Paris, 1871, t. I, p . 9, nous lisons : « On prétend que la mandragore vient dans les montagnes de Kâçân, dans le Fergana. On l'appelle iabrouh-es-sanam. »

Nous ignorons comment on explique cette identification. - H. G.


LA CYMBALAIRE


p. 134, èy'ra, f., Bourg-Saint-Maurice (Savoie), Rec. pers.

  • gambara, f., Cervant (Haute-Savoie), Rec. pers. Je suis absolument sûr de la forme et du sens.


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LA DIGITALE


p. 138-139, ajouter les noms suivants :

  • breton : brulu, Finistère, Crouan ; et Henri.

Et voici une note de feu Sauvé :

[Burlu, Brulu, Beskennou-ann-Itroun Varia = Dés de Notre-Dame Marie.]

Il suffit d'une fleur de digitale dans une maison pour faire aigrir le lait. On ne manquerait pas de tirer les oreilles à un enfant qui s'aviserait de l'oublier.- Voyez mes Lavarou koz, n° 74.

  • irlandais : lussmore, mearecan, meregan na mna sioh (ou na mban sîdhe), sihan, sihane sleivhe.


LA GRATIOLE

p. 140, j'ajoute les noms suivants, d'après des notes de Rolland retrouvées :

  • carlet, solietta, grassietta, grassiola, grassiousa, grassiousina, grazie Dei, erba spurga, piémontais, Colla.
  • stanca-cavallo, stanca-roncino (1), tosstiarca, dial. italien.
  • graciosa, portug.
  • milostiva, f., avramésa, avramésca, roumain.
  • isopi fiane, irlandais.
  • konim trudz, polonais.
  • inny ujtöfü, tsikorgòfü, magyar.


LA VÉRONIQUE


p. 141-142, noms irlandais : seamar cre, luss cre, clairtha, luss mide. - Rolland cite ce dernier nom d'après Keogh ; mais je vois que le dictionnaire d'O'Reilly le donne comme nom d'une autre plante. - H. G. (2).

Une femme ou fille portant le nom de Véronique ne doit jamais toucher à cette plante, Naintré (Vienne), Rec. pers.

Symbolise la félicité. G. Macé, Mes lundis en prison, 1889, p. 103.


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(1) Ainsi appelée parce qu'elle affaiblit le cheval qui en a mangé.

(2) Je remarque à ce propos que je donne les noms irlandais (et autres celtiques) d'après les notes de Rolland, prises dans des livres (le plus souvent prêtés par moi) qu'il avait lus : mais je le fais sans critiquer ou commenter ces noms pour mon propre compte. Ici je suis éditeur et non collaborateur. - H. G.


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VÉRONIQUE BECCABUNGA


p. 143-144, bôcage, m., nom des herboristes de Saint-Georges-des-Groseillers (Orne), rec. p.

  • bègardël', f., Roisel (Somme), r. p.
  • noms irlandais : biolar muire, bilur muire, agaidh na habna.


LE BOUILLON BLANC


p. 149, lire er (au lieu d'er) dans le nom breton, et ajouter :

(Le sens est « langes de l'enfant Jésus » ; on peut voir sur ce mot mes Notes d'étymologie bretonne, p. 30, n° 19, § 2, E. E.).

  • inammen, bret., Nomenclator ; inam, D. Le Pelletier ; inam-gwenn, inamen-wenn, Le Gonidec (E. E.).
  • gore, gore-venn, bret., P. Grégoire ; goré, gorré, Le Gon. (E. E.).


LA CRÊTE DE COQ


p. 158, ajouter cascabèl (= grelot), Tarn-et-Garonne, c. p. M. A. Perbore.

  • alectorophoros, grec de Pline, identification sûre.
  • arcolila, armica, arimka (1), creparia, fuga demonis, loliastrum, lat. du m. â., Rostaf.

« La cocrète, dénommée en Bresse tartaya ou grillet ».

  • tartarea, tartareja, tartrè, erba luin, dial. piémontais, Colla.
  • brusarol, italien de Vérone.
  • bodach na claiginn, gaél. écoss.
  • claigeann, gaél. irland.
  • klaffer, klâper, klappar, glitsch, rodel, läus-kraut, leuss-kraut, göld, dial. all.
  • kakastaréj (= crête de coq), magyar.


LE MÉLAMPYRE


p. 162, noms roumains : codroiu, scrab, ciormoiag, grapaperitsa, grîu prepelit selor, grîu negru.


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(1) Peut-être arunka : je lis mal la note de Rolland. - H. G.


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L'EUPHRAISE


p. 166, aux noms bretons, ajouter : lousaonenn ar sclæricq (= herbe de la petite éclaire) ; butum-névez (= tabac nouveau), bret., P. Grég. (E. E.).


LA GERMANDRÉE


p. 168, ligne 15, lire : critosogus.

p. 170, Toponomastique. - La Calamandrie, localité de la Loire-Inférieure, Quilg.


TEUCRIUM MONTANUM


p. 171, ligne 1, lire : polium (au lieu de polum).


LE MARUM


p. 172, thym des îles d'Hyères, Bastien, 1809.


LE PETIT PIN


p. 175, sur les noms : ne me obliz mie, fleur de Marion, français du XVIe siècle, cités d'après M. Camus, ce dernier remarque:

« Le second de ces noms est celui de la veronica teucrium, et le premier celui de la veronica chamædrys ».


LA SCLARÉE


p. 188, aouredal, bret., P. Grégoire. Il dit que quelques-uns appliquent, à tort, ce nom au seneçon ; D. Le Pelletier ne donne que ce dernier sens, et Le Gonidec l'appuie de considérations étymologiques de valeurs inégales. Il est probable que aour-e-tal est l'équivalent du franç. or-vault, qu'on a ensuite transformé en aour-e-dal, « son front (est) de l'or », formation plus conforme aux habitudes de la langue [E. E.].


LE ROMARIN


p. 191, roumarin, bret., P. Grég. [E. E.!.

  • gribil dour, bret., Du Rusquec, Dict. franç.-bret., 1886. Cette expression manque à son diction. bret.-franç. (1895), qui n'a que gremill, saxifrage [E. E.].


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LA LAVANDE EN ÉPI

p. 196, spligum, lat. du m. â. - san Gioan, Nice, Colla.

p. 190, lavand, lavénd, levant, bret., Ernault, Gloss. moy. bret., 354 [E. E.].


LAMIUM


p. 201, il eût été bon d'ajouter que plusieurs de ces noms s'expliquent parce qu'à la campagne les enfants en sucent la fleur très mielleuse.


GALEOPSIS


p. 204, à la note de M. J. Feller, nous ajoutons la note suivante de M. J. Camus :

« Ne vaudrait-il pas mieux donner en français pour le Galeopsis tetrahit, etc., le nom d’ortie royale ou de chanvre bâtard au lieu de grande scrofulaire ? »

C'est aux botanistes à régler cette question dans un Congrès, ce nous semble. - H. G.


LA BÉTOINE


p. 207, ligne 7, sur la forme broutonnica, M. Ernault remarque :

L'italien a aussi, à côté de bettonica, brettonica ; peut-être, dit, Kœrting3 10125, par l'influence de bretto stérile. Holder cite de Dioscoride : βριττανικὴ πόα et du Ps.-Antonii Musæ libellus de betonica : Betonicam sive Britannicam [E. E.].

Ibid. Aux termes bretons, M. Ernault ajoute :

  • betonicq, bentónic, bentóni, betoin, bret., Ernault ; Gloss. moy.-bret., 61.[ E. E.] ; arventóni, erventóni, egotiana, bret., Nomenclator de 1633, p. 80 [E. E.].