Acalypha villicaulis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Acalypha villicaulis Hochst.


Protologue: Sched. Schimperi Iter. Abyss., sectio secunda, coll. no.: 737 (1842).
Famille: Euphorbiaceae
Nombre de chromosomes:

Synonymes

  • Acalypha brachiata Krauss (1845),
  • Acalypha petiolaris Hochst. ex C.Krauss (1845),
  • Acalypha senensis Klotzsch (1861),
  • Ricinocarpus petiolaris (Hochst. ex C.Krauss) Kuntze (1891).

Origine et répartition géographique

Acalypha villicaulis est présent du Sénégal jusqu’en Ethiopie, et vers le sud jusqu’à l’Afrique du Sud et au Swaziland.

Usages

Les Tendas, ethnie sénégalaise, mettent les feuilles hachées sur les plaies pour améliorer leur guérison. La vapeur de la décoction de feuilles est inhalée pour traiter la fièvre. La cendre de feuilles dans de l’eau se prend pour traiter l’éléphantiasis. Au Rwanda, les feuilles, les rameaux et les fleurs pilés s’appliquent sur les morsures de serpent. Les parties aériennes fraîches ou séchées sont broyées et on boit la décoction pour traiter les maladies du foie. En Afrique de l’Est et en Afrique australe, l’infusion de feuilles s’applique sur les plaies et les écorchures. En Ouganda, la macération de feuilles se prend pour traiter l’épilepsie. L’infusion de racine est administrée aux enfants qui souffrent de brûlure urinaire. La décoction de racine se prend couramment pour traiter la diarrhée, et également pour traiter la toux ; c’est aussi un aphrodisiaque, et on la prend pour prévenir l’éjaculation précoce. En Afrique australe, la décoction de racine se boit à des fins abortives et contraceptives. La poudre ou la pâte de racine mélangée à de la graisse sert à soigner les démangeaisons. En Namibie, la décoction de racines se prend contre la toux. Les feuilles écrasées et chauffées s’appliquent sur les piqûres de guêpe. Au Zimbabwe, la décoction de racines se prend pour traiter la diarrhée sanglante, l’asthme et la stérilité masculine. Au Sénégal et au Zimbabwe, on baigne les bébés constipés dans l’eau de trempage des racines ; on peut aussi boire cette eau.

Description

Plante herbacée vivace ou petit arbuste, monoïque, atteignant 2 m de haut, à rhizome ligneux ; tiges dressées, ascendantes ou décombantes, poilues. Feuilles disposées en spirale, simples ; stipules subulées-filiformes, de 1,5–4(–6) mm de long, glanduleuses à la base ; pétiole de 1–3(–5) cm de long, poilu, avec 2 glandes à la base ; limbe ovale-lancéolé à lancéolé, de (2–) 5–12,5(–14) × 1–4 cm, base cordée, apex acuminé, bords grossièrement dentés, membraneux, brièvement poilu sur les deux faces, plus poilu le long de la nervure médiane, 7-nervé à la base et à 5–8 paires de nervures latérales. Inflorescence mâle : grappe axillaire, solitaire, atteignant 12 cm de long, à nombreuses fleurs ; inflorescence femelle : épi terminal, solitaire, capité, atteignant 3 cm de long, pédoncule court, bractées transversalement ovales, d’environ 0,5 cm × 1 cm, dentées, garnies de poils glandulaires, élargies dans le fruit. Fleurs unisexuées, pétales absents ; fleurs mâles à pédicelle d’environ 1 mm de long, calice 4-lobé, minuscule, presque glabre, vert jaunâtre, étamines 8, libres, anthères enroulées, jaunes ; fleurs femelles sessiles, sépales 3, ovales-lancéolées, d’environ 1 mm de long, ciliés, ovaire supère d’environ 1 mm de diamètre, 3-lobé à globuleux, 3-loculaire, styles 3, libres, d’environ 1,5 mm de long, frangés, rouges. Fruit : capsule 3-lobée d’environ 4 mm × 5 mm, légèrement poilue, se fendant en 3 méricarpes, chacun 2-valve et contenant 1 graine. Graines ovoïdes-globuleuses, d’environ 2,5 mm × 2 mm, lisses, gris foncé, à caroncule hémisphérique-déprimée.

Autres données botaniques

Le genre Acalypha comprend environ 460 espèces et est présent dans toutes les régions tropicales, subtropicales et tempérées chaudes, sauf en Europe. On en dénombre environ 65 espèces en Afrique tropicale, et 35 environ à Madagascar et sur d’autres îles de l’océan Indien. Plusieurs autres petites espèces vivaces d’Acalypha à fleurs mâles et femelles sur des inflorescences séparées ont des usages médicinaux.

Acalypha ambigua

Au Burundi, la décoction de racines d’Acalypha ambigua Pax, que l’on trouve depuis le Burundi jusqu’en Namibie et au Zimbabwe, se boit ou s’utilise en lavement ou en bain de vapeur pour traiter la démence et la possession. Le bétail le broute couramment.

Acalypha allenii

Acalypha allenii Hutch. est présent dans le sud-est de l’Afrique ; au Zimbabwe, l’infusion de racines écrasées mélangée à de la farine d’os se prend pour traiter les œdèmes. La pâte de racine est utilisée en lavement pour traiter la diarrhée infantile. L’infusion de racine se boit pour ses vertus aphrodisiaques.

Ecologie

Acalypha villicaulis est répandu dans la savane boisée et la savane herbeuse, et également les savanes herbeuses côtières et des berges des lacs, parfois dans les ripisylves et les forêts submontagnardes, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2200 m d’altitude.

Ressources génétiques

Acalypha villicaulis a une vaste aire de répartition et l’espèce est commune. Elle n’est donc pas menacée d’érosion génétique.

Perspectives

Acalypha villicaulis a de nombreux usages médicinaux, surtout en Afrique orientale et australe pour traiter la diarrhée et la toux et, en usage externe, pour traiter les blessures. Mais c’est une espèce dont l’importance ne dépassera pas le cadre local, sauf si les études sur ses composants chimiques et sa pharmacologie donnent des résultats intéressants.

Références principales

  • Gelfand, M., Mavi, S., Drummond, R.B. & Ndemera, B., 1985. The traditional medical practitioner in Zimbabwe: his principles of practice and pharmacopoeia. Mambo Press, Gweru, Zimbabwe. 411 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Radcliffe-Smith, A., 1996. Euphorbiaceae, subfamilies Phyllantoideae, Oldfieldioideae, Acalyphoideae, Crotonoideae and Euphorbioideae, tribe Hippomaneae. In: Pope, G.V. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 4. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 1–337.

Autres références

  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Ramathal, D.C. & Ngassapa, O.D., 2001. Medicinal plants used by Rwandese traditional healers in refugee camps in Tanzania. Pharmaceutical Biology 39(2): 132–137.
  • Stäuble, N., 1986. Etude ethnobotanique des Euphorbiacées d’Afrique de l’Ouest. Journal of Ethnopharmacology 16: 23–103.
  • Tabuti, J.R.S., Lye, K.A. & Dhillion, S.S., 2003. Traditional herbal drugs of Bulamogi, Uganda: plants, use and administration. Journal of Ethnopharmacology 88: 19–44.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2007. Acalypha villicaulis Hochst. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 21 février 2019.


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