Acacia muricata (Rollet, Antilles)

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Acacia macracantha
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Acacia nilotica


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Planche 82 : FABACEAE MIMOSOIDEAE. III. Acacia macracantha. A. Rameau avec fleurs et fruits. B. Fruit. C. Plantules. IV. Acacia muricata. D. Rameau fleuri. E. Fleur. F. Rameau fructifié. G. Plantule (détails). H. Écorce (coupe transversale).
tranche

Acacia muricata (L.) Willd. Sp. Pl. 4 : 1058 (1806).

Basionyme : Mimosa muricata L., Syst. Nat., ed. 10,2 : 1311, 1504 (1759).

Synonymes : Acacia nudiflora Willd. (1806) ; Senegalia muricata (L). Britton et Rose (1928).

Noms vernaculaires : Fr : Tendre à Caillou (Guadeloupe, Martinique) ; Tantacayo (Guadeloupe) ; Amourette (Martinique). A : Spineless Acacia (Puerto Rico) ; Ironwood (Antigua) ; Amarat (Puerto Rico, Virgin Is.). (Amarat, probablement altéré de Amourette). Esp : Tamarindo cimarrón (Puerto Rico).

Description : Arbre inerme, 15 m de haut et plus, le plus souvent en petits diamètres par surexploitation ; atteint 45 cm de diamètre (et même 60-65 cm d’après DUSS). Feuillage très léger. Pied : pattes de 10-20 cm de haut ou pied presque cylindrique. Écorce : épaisseur totale 3-4 mm pour un diamètre de 20 cm. Aspect externe : gris verdâtre, sublisse avec des sillons noirâtres verticaux en chicane, remplis de lenticelles, et sous lesquels aboutissent les rayons élargis. Liège très mince 0,1 mm ; face interne marron brillant. Écorce vivante : face externe orange vergeté de carmin ; section transversale : rayons élargis jaunes à contours peu nets, sur fond ocre ; la partie interne nacrée, 0,5 mm. Aubier : orange clair. Feuilles : alternes, biparipennées, 4-6 paires de pennes ; chacune à 9-14 paires de folioles 10-15 × 3-5 mm, face inférieure vert clair : une grosse glande sur le rachis à chaque insertion de pennes opposées ; jeunes feuilles orange. Fleurs : blanches à blanc jaunâtres ; inflorescence spiciforme, en écouvillon. Fruits : gousse plate, brune, stipitée, déhiscente, 5-15 cm de long, 1-2 cm de large ; 5-6 graines plates. Phénologie : décidu. Fleurs de mars à mai, mais aussi août, septembre, janvier. Fruits surtout avril, mais presque toute l’année. Habitat : forêts et fourrés xérophiles des côtes sèches sous le vent, en terrains rocheux entre 0 et 300 m où l’arbre est très grégaire et forme des peuplements presque purs. Tempérament : xérophile mais un peu héliophile. Plantule : Type I (IV). L’axe porte deux cotylédons vert pâle, assimilateurs et épaissis. Le collet est bien visible. La tige épicotylée porte des feuilles alternes, munies de stipules linéaires (L < 1 mm). La première feuille est unipennée à 7-8 paires de folioles. La seconde est bi-pennée où chaque penne porte 5-6 paires de foliolules. Suivent environ 4 feuilles bi-pennées au nombre de foliolules d’autant plus grand que la feuille est d’un rang plus élevé (6 à 10 paires de foliolules par penne). Les feuilles ultérieures ont 4 pennes puis 6 pennes (10ème feuille émise). Il existe une glande à la face adaxiale du rachis au niveau d’insertion des pennes. Le rachis se termine par un appendice linéaire de l’ordre du millimètre. Bourgeon hypocotyle, épicotyle et jeunes feuilles sont couverts de poils blancs. Dès que le semis atteint 6 ou 7 feuilles, l’axe montre une croissance plagiotrope, les 3 ou 4 bourgeons axillaires basaux commencent à se développer en rameaux feuillés.

Usages : Aubier jaunâtre peu durable. Cœur rougeâtre à l’état frais, devient chocolat à noir, dur ; lourd, très durable. Rarement utilisé aujourd’hui en construction mais très utilisé autrefois ; poteaux, traverses, pièces d’engrenages, moulins à canne à sucre, moyeux, timons, outils de menuiserie, tolets pour bateaux de pêche, charronnage (QUESTEL 1951) ; les rejets de souches sont utilisés pour les nasses (Pointe Noire, Guadeloupe).

Distribution générale : Santo Domingo, Puerto Rico, Virgin Islands, mentionné (peut-être à tort) pour Haïti où A. scleroxyla Tuss. est aussi appelé Tendre à Caillou in BARKER & DARDEAU où il a été récolté par EGGERS ; Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Antigua, Guadeloupe, Les Saintes, Marie-Galante, Dominique, Martinique.

Matériel examiné : At : NICOLSON s.n., s.loc. (P). BT : BARRIER 2381, Batterie Deshaies (GUAD) ; FOURNET 4187, entre Vieux-Fort et Trois Rivières (P) ; BÉNA 567, Deshaies (P) ; BÉNA 671, Pointe Noire bord de mer (P) ; DUSS 412, Houëlmont (P) ; QUENTIN 998, Houëlmont (P) ; QUESTEL 2370, Vieux-Fort (P) ; QUESTEL 4177, Deshaies (P) ; ROLLET 70, 76, 1146, Batterie Deshaies (GUAD) ; ROLLET 351, 1209, Monts Caraïbes, 200 m (GUAD) ; ROLLET 879, 945bis, Pointe Ferry près Deshaies, 20 m (GUAD) ; ROUSTEAU 79, Monts Caraïbes, 200 m (GUAD). GT : STEHLÉ 1988, Le Moule (P). St : RODRIGUEZ 4023, Terre de Bas (P).

Observations : At : Darkwood, 0-50 m ; Sugar Loaf, 300 m ; Willikies, 0-50 m (DAVID & ROLLET). D : cité pour cette île par BRITTON & WILSON (1925) et par HOWARD (1988), mais aucun spécimen connu (JÉRÉMIE). MG : Folle Anse, Capesterre, assez rare (ROLLET). M : Lamentin, Ducos, Diamant, Marin, Trinité (DUSS) ; pied Morne Baguidi, 50 m, Anses d’Arlets, pente SE Morne Aca, pentes inférieures entre le Cap Salomon et l’Anse Dufour (FIARD).

Bibliographie : (*Iconographie). BARKER & DARDEAU 1930 ; BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924,1925 ; DUSS 1897 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HOWARD 1952, 1988 ; LIOGIER 1985 ; LITTLE and al.* 1974 ; PLUMIER* 1755 Pl. Amer ; QUESTEL 1941, 1951.

Anatomie du bois

Acacia muricata : coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)

Acacia farnesiana, Acacia macracantha, Acacia muricata, Acacia nilotica, Acacia tortuosa :

  • Bois parfait brun rouge, souvent avec des veines sombres, bien différencié de l’aubier blanc jaunâtre, très dur, lourd à très lourd (0,80 à 1,10 g/cm3 et jusqu’à 1,25 g/cm3 pour A. muricata), à grain fin, maille très difficilement visible.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 6 à 15 par mm2, difficilement visibles à l’œil nu (diamètre moyen compris entre 110 et 150 μm, mais inférieur à 100 μm chez A. muricata), souvent obstrués par des dépôts brun rouge. Perforations des éléments vasculaires uniques ; ponctuations intervasculaires ornées de 8-9 μm de diamètre en général (de l’ordre de 6 μm chez A. muricata).
  • Parenchyme en lignes terminales et associé aux pores en manchon circulaire ou losangique. Files de cellules composées de 2 à 4 éléments. Cristaux, parfois gros, en chaînes.
  • Rayons 2-4-sériés en général (jusqu’à 7-sériés chez A. macracantha et A. nilotica), au nombre de 4 ou 5 par mm (8 à 9 par mm chez A. muricata et A. tortuosa), de structure homogène. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires.
  • Fibres à ponctuations simples.