Acacia kamerunensis (PROTA)

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Acacia kamerunensis Gand.


Protologue: Bull. Soc. Bot. France 60: 459 (1913).
Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)

Synonymes

  • Acacia pennata sensu auct. p.p.

Origine et répartition géographique

Acacia kamerunensis est présent de la Sierra Leone jusqu’au Soudan et en Ouganda.

Usages

La tige donne une fibre résistante couramment utilisée pour des cordages et des équipements de pêche. Au Ghana, on fait des nattes avec les fibres pour sécher les fèves de cacao. Les enfants l’utilisent pour faire des fouets à toupies. Les lianes servent à lier, souvent par 2 ou plus, vrillées pour en augmenter la résistance. On utilise la partie interne de la tige comme brosse à dents et les racines comme bâtonnets à mâcher. Dans le sud du Ghana, les racines sont parmi les 3 bâtonnets à mâcher les plus vendus et les plus appréciés. Les fibres sont relativement tendres et l’utilisation des racines d’Acacia kamerunensis comme bâtonnets à mâcher est particulièrement appréciée par les enfants et les personnes âgées. Les gousses contiennent du tanin et sont utilisées au Ghana pour tanner le cuir. Le bétail broute les feuilles.

En médecine traditionnelle au Ghana, les feuilles séchées sont broyées, cuites à l’eau et absorbées comme boisson pour soigner la rougeole. Les feuilles séchées réduites en poudre sont utilisées comme emplâtre pour les blessures. On réduit en poudre l’écorce de racine ou les racines entières que l’on dissout dans du vin de palme, et un bouchon de laine est trempé dans le liquide et inséré dans une dent cariée pour soulager la douleur. Le jus des feuilles s’applique comme liniment pour traiter les maladies de la peau et les affections parasitaires. La décoction de feuilles est utilisée comme bain ou se boit pour réduire la fièvre. La racine cuite avec de la farine se prend comme aphrodisiaque. Au Nigeria, on recommande à une personne tendue et nerveuse de faire bouillir les feuilles et de boire le liquide tous les matins. Au Cameroun, les feuilles sont utilisées pour soigner les ulcères gastriques et soulager les douleurs de la hanche. Au Ghana, les rameaux feuillés sont utilisés comme poison pour la pêche, et en Côte d’Ivoire les feuilles sont utilisées dans ce but.

Propriétés

La fraction butanolique des extraits de feuilles a montré in vivo une activité analgésique et anti-inflammatoire chez des souris et des rats, qui peut être due à la présence de divers flavonoïdes (l’isovitexine et des pyranosides de la quercétine, de l’apigénine et de l’isorhamnétine).

Description

Liane ou arbuste grimpant atteignant plus de 5 m de haut ; écorce rugueuse, à bandes longitudinales avec des aiguillons arqués vers le bas, grise, jeunes tiges jaune-brun, à poils courts et doux à presque glabre. Feuilles alternes, composées bipennées, à 10–30 paires de pennes ; stipules non spinescentes, atteignant 5 mm × 1 mm, tombant rapidement ; pétiole de 1,5–3,5 cm de long, muni d’une glande à proximité de la base ; rachis de 3–13 cm de long, muni de glandes à la base des quelques paires du haut seulement ; folioles en 28–80 paires par penne, linéaires, d’environ 7 mm × 2 mm, nervure médiane excentrée à la base, apex obtus ou subaigu, glabre ou presque. Inflorescence : panicule constituée de capitules globuleux de 4–8 mm de diamètre, à pédoncule de 3–15 mm de long, avec une paire de petites bractées à la base. Fleurs bisexuées, 4–6-mères, blanc jaunâtre ; calice jusqu’à 2,5 mm de long, sans glande, glabre ou courtement pubescent ; corolle de 2–3 mm de long, lobes d’environ 0,5 mm de long ; étamines nombreuses, libres, atteignant 5 mm de long ; ovaire supère, style d’environ 4 mm de long. Fruit : gousse oblongue, aplatie, coriace, de 8–14 cm × 1,5–3 cm, droite, à bords entiers, de 1–1,5 mm d’épaisseur, brune ou brun pâle, déhiscente. Graines à contour elliptique, aplaties, de 4,5 mm × 1,5–2,5 mm, brun foncé.

Autres données botaniques

Acacia est un grand genre pantropical, comprenant plus de 1300 espèces ; la plupart sont présentes en Australie (plus de 900), plus de 200 en Amérique, et environ 130 en Afrique. Acacia kamerunensis est une des 13 espèces environ appartenant au complexe Acacia pennata. Ces espèces ont des caractéristiques primitives comme un port buissonnant ou grimpant et elles ne forment pas de nodules. A la différence d’autres éléments du sous-genre Aculeiferum, les inflorescences de ce groupe sont globuleuses plutôt que spiciformes. Le nom Acacia pennata (L.) Willd. a servi pour l’ensemble des 13 membres du genre qui sont buissonnants et grimpants et présents en Afrique, alors que l’on considère que ce nom s’applique seulement à une espèce limitée à l’Asie du Sud-Est. En particulier dans la littérature ethnobotanique d’Afrique tropicale, il est souvent impossible de lier les usages d’ “Acacia pennata” au bon nom d’espèce.

Croissance et développement

La combinaison de la circumnutation et des épines permet à Acacia kamerunensis de grimper et de s’accrocher aux arbres.

Ecologie

Acacia kamerunensis est une espèce de la forêt pluviale et de la forêt secondaire de basses terres. En Ouganda, il est présent jusqu’à 1450 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Le poids de 1000 graines est d’environ 58 g, mais aucune donnée n’a été publiée sur la multiplication d’Acacia kamerunensis.

Gestion

Lors de la régénération de la forêt, Acacia kamerunensis réduit l’établissement et la croissance d’espèces d’arbres de bois d’œuvre de valeur tels que Khaya anthotheca Heckel et Nauclea diderrichii (De Wild. & T.Durand) Merr. Des mesures doivent donc être prises pour lutter contre les lianes et favoriser la croissance des arbres.

Ressources génétiques

Les bâtonnets à mâcher les plus appréciés et les plus vendus en Afrique de l’Ouest sont obtenus à partir de Garcinia afzelii Engl. et d’autres espèces du genre. La forte demande en bâtonnets à mâcher de Garcinia afzelii menace l’offre et entraîne une augmentation des prix. Cette situation génère également une hausse de la demande pour des bâtonnets à mâcher d’Acacia kamerunensis, et les peuplements naturels d’Acacia kamerunensis peuvent finalement être menacés.

Perspectives

Développer des protocoles de récolte durable d’Acacia kamerunensis garantirait que son commerce rentable de bâtonnets à mâcher perdure. L’analyse phytochimique de matériel d’espèces clairement identifiées du groupe Acacia pennata permettrait de mieux comprendre leurs usages médicinaux.

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Sources de l'illustration

  • Ross, J.H., 1979. A conspectus of the African Acacia species. Memoirs of the Botanical Survey of South Africa No 44. 155 pp.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2011. Acacia kamerunensis Gand. [Internet] Fiche de PROTA4U. Brink, M. & Achigan-Dako, E.G. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 11 février 2019.


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