Abuta sandwithiana (Pharmacopées en Guyane)

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Abuta grandifolia
Pharmacopées traditionnelles en Guyane, 2004
Anomospermum chloranthum


Abuta sandwithiana. Feulles et fruits
Abuta sandwithiana



Abuta sandwithiana Krukoff et Barneby

Nom vernaculaire

  • Créole : —
  • Wayãpi : yanɨ ɨpo.
  • Palikur : —

Écologie, morphologie

Liane de taille moyenne fréquente en forêt primaire dans la région du haut Oyapock [1].

Collections de référence

Grenand 471,861, 1350 ; Jacquemin 2322 ; Prévost et Grenand 928.

Emplois

Chez les Wayãpi, l’écorce et la tige grattées et préparées en décoction sont l’analgésique dentaire préféré à tout autre. La décoction très amère est appliquée en bain de bouche mais ne doit pas être avalée en raison de sa toxicité [2].

Étymologie

  • Wayãpi : de yanɨ, « arbre carapa, Carapa spp. (Méliacées) » et ɨpo, « liane », en raison de sa grande amertume, comparable à celle de cet arbre.

Chimie et pharmacologie

L’étude chimique des racines révèle des teneurs en alcaloïdes assez élevées : 0,43 % d’alcaloïdes tertiaires non phénoliques ; 0,11 % d’alcaloïdes tertiaires phénoliques et 2 % d’ammoniums quaternaires. Sept bases tertiaires ont été isolées, toutes des protoberbérines et deux d’entre elles ont été identifiées, la tétrahydropalmatine et la xylopine.

Trois bases quaternaires ont été isolées, dont la palmatine (alcaloïde majoritaire de cette plante) et le dérivé quaternaire de la xylopine.

L’étude pharmacologique réalisée confirme l’efficacité en médecine traditionnelle. Il est à remarquer que l’ensemble des alcaloïdes de A. sandwithiana, des tétrahydroprotoberbérines, ne sont pas particulièrement connus pour des propriétés analgésiques et que c’est donc la première fois qu’une telle activité pour ce type d’alcaloïdes est mise en évidence.

Tests chimiques en fin d’ouvrage.

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  1. Cette espèce collectée pour la première fois il y a trente ans par la mission américano-brésilienne Irwin-Froes dans le bassin de l'Oyapock a été trouvée depuis en diverses régions d'Amazonie. Son bois jaune vif permet de la distinguer très aisément des autres Ménispermacées de la région.
  2. Les Tenharim du Rio Madeira utilisent l'écorce macérée et les Waimiri-Atroari les tiges écrasées pour soigner les blessures ; les Karitiana du Rondonia, quant à eux, l'utilisent comme contraceptif (DI STASI et al., 1994 ; MILLIKEN et al., 1992).