A (Ibn al-Baytar)

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Sommaire

Aaloussen

1 Aālusan – Aaloussen – ALYSSUM - Αλυσσον.

C’est un mot grec. Il commence par deux alifs dont le premier porte un hamza et un medda, le second, rien; vient ensuite un lam avec un dhamma, un sīn avec un fatah, puis un noun (1). C’est ce que l’on connaît aujourd’hui, en Syrie, sous le nom d’herbe à la grenouille ḥašīšat al-laǧāt et d’herbe à la tortue ḥašīšat al-salḥufāt — DIOSCORIDES, livre III, 91. C’est un arbuste (2) rude, à tige simple, à feuilles arrondies, ayant à la naissance des feuilles un fruit en forme de bouclier, à deux faces planes, contenant des graines aplaties. Il naît dans les endroits montueux et difficiles. Sa décoction, prise à l’intérieur, calme les frissons qui ne s’accompagnent pas de fièvre : le même effet a lieu si on le tient dans la main ou si on le flaire. Trituré et mélangé avec du miel, puis employé en onctions, il fait disparaître les pustules laiteuses et les éphélides. On dit que, trituré et administré avec les aliments, il guérit les sujets mordus par un chien enragé. On dit que, suspendu dans une habitation, il préserve des maladies les hommes et les animaux qui s’y trouvent. Mis dans un linge de couleur rouge, et attaché au cou des troupeaux, il les guérit de leurs maladies. — GALIEN, VI. On donne à ce médicament le nom d’alysson, parce qu’il est d’une admirable efficacité contre les morsures des chiens enragés. On le donne également seul et avec succès dans le cas de rage confirmée. Cette propriété lui est spécifique et tient à la nature de sa substance. Il a été dit précédemment que les propriétés de cette nature sont perçues par la voie de l’expérience, plutôt que par le raisonnement. Toutefois la connaissance des propriétés de ce médicament nous permet de l’employer dans bien des cas. Il est convenablement dessiccatif et même un peu détersif. C’est pourquoi il purifie les reins et fait disparaître les lentilles de la face. — LE MEME, dans le Traité des Antidotes, d’après Damocrate. Cette plante ressemble au marrube, sinon qu’elle est plus rude et plus épineuse, que sa fleur est d’un rouge pâle. Il faut en faire la récolte au moment du lever de Sirius, la dessécher, la triturer, la tamiser et la conserver. Quand il en est besoin contre la rage, on l’administre à la dose d’une cuillerée dans quatre onces et demie d’eau miellée. — L’AUTEUR. Quelques Espagnols prétendent que le médicament appelé alysson en grec n’est pas autre que celui qui est connu chez eux sous le nom de kara qārat avec un qaf, et leur opinion tient à une similitude d’emploi contre la rage ; mais c’est là une erreur. L’alyssum est le médicament dont j’ai parlé et dont j’ai donné la synonymie : sachez-le bien. Quant au kara, c’est le médicament appelé en grec Stakhis sṭāḫīs dont nous parlerons à la lettre sîn. — EL-GHAFEKY mentionne aussi un médicament qu’il appelle herbe des bêtes cašbat al-sbāc et qui sert pareillement contre la rage : nous en parlerons à la lettre aïn. Il parle d’un autre médicament, qui est une plante très ressemblante à l’aneth sous le rapport de la tige, des feuilles, de l’odeur et de sa croissance dans les terres légères et rocailleuses, ayant une racine longue à l’instar du navet ou de la carotte, une saveur douce, mêlée de beaucoup de chaleur. On prend l’écorce de sa racine, on en exprime le suc et on l’administre aux sujets mordus par un chien enragé, à la dose de deux drachmes dans du lait, ce qui provoque des vomissements salutaires. Quelques personnes veulent qu’on l’administre aux sujets hydrophobes et en danger de mourir. On prend le suc de trois racines fraîches et on l’administre. À défaut de racines fraîches, on en prend de sèches et l’on en prépare un extrait que l’on donne à la dose d’une ou deux drachmes suivant les forces du sujet et l’intensité de la maladie.

(1) Il est assez étrange de voir le mot Alousson transcrit en arabe avec deux alifs. Cela tient sans doute au voisinage des mots berbères qui viennent après lui. Nous trouvons le premier synonyme ainsi écrit ḥašīšat al-naḥāt, mais nous adoptons la leçon al-laǧāt, mot signifiant grenouille, ce qui concorde avec herbe à la tortue. Le n° 1025 ancien fonds donne aussi al-laǧāt ainsi que le 1071. On ne s’est pas accordé sur la détermination de l’alysson. Sprengel fait observer que l’alysson de Dioscorides n’est pas celui de Galien ni celui de Pline. Il cite Dodoneus comme rapportant l’espèce de Dioscorides à la Farsetia clypeata, opinion admise par Fraas dans sa Flore classique, 118. Celle de Galien serait un Marrubium Alysson. L’achbat es-seba’ d’El-Ghafeky ne figure ici que comme antirabique. Nous le verrons au n° 1546, où nous le considérons comme une espèce du genre Daphné. La citation de Damocrate dans les Antidotes de Galien se trouve dans l’édition des Juntes sous le nom d’Antonii Coi.

(2) Le texte ajoute : qui s’emploie pour allumer le feu. Telle est la manière dont le traducteur arabe a rendu le mot Φρυγανιον, n’ayant pas trouvé un terme arabe qui lui correspondît exactement.

Aâthirîlâl

2 Aāṭirīlāl – Aâthirîlâl – PTYCHOTIS VERTICILLATA (1)

C’est un nom berbère qui signifie pied d’oiseau. Il commence par deux alifs, l’un hamzé et l’autre meddé; vient ensuite un thâ sans point et souscrit d’un kesra, puis un ra souscrit aussi d’un kesra, puis un ya souscrit de deux points et quiescent, puis un lam-alif et enfin un lam. Cette plante est connue en Egypte sous le nom de pied de corbeau riǧl al-ġurāb. Quelques-uns l’appellent aussi carotte du diable ǧazar al-šīṭān. C’est une plante qui ressemble à l’aneth sous le rapport de la tige, de l’inflorescence et de la racine, à cela près que l’ombelle de l’aneth donne des fleurs jaunes, et l’autre des fleurs blanches. Aux fleurs succèdent des graines ayant la forme de petites graines de persil, ou même plus grandes. On peut aussi comparer ces graines à celles de la plante connue en Egypte sous le nom d’akhalla āḫallat (Ammi majus de Forskal), sinon qu’elles sont un peu plus longues, chaudes, âcres, légèrement amères, et que, mises dans la bouche, elles mordent la langue. Cette plante est chaude et sèche à la fin du second degré. Sa graine est la partie particulièrement employée en médecine. Son emploi à l’intérieur est très utile contre le mêlas et l’alphos. C’est dans une tribu du Maghreb moyen que l’on découvrit ses propriétés et qu’elle acquit une grande vogue. Cette tribu berbère est celle des Béni bou Ch’aïb des Oudjehân des dépendances de Bougie. On allait chez eux pour faire traiter ces maladies; les gens de la tribu cachaient leur secret avec soin, le transmettaient de père en fils, et ne délivraient le médicament que contre un prix convenu à l’avance. Enfin Dieu permit que des personnes, l’ayant reconnue, la firent connaître à d’autres. Sa réputation se répandit ainsi que la connaissance de ses propriétés merveilleuses. On l’administre de plusieurs manières : les uns la donnent seule à l’intérieur; d’autres la donnent à la dose d’une drachme avec un quart de pyrèthre : on triture le tout et on en prépare un éclegme avec du miel. Le sujet se tient à un soleil chaud, les parties affectées de la lèpre découvertes pendant une heure ou deux, jusqu’à ce qu’il entre en sueur. Alors la nature, par la permission de son Auteur, fait arriver le principe actif à la surface du corps dans les endroits atteints de lèpre, qui se phlyctènent et s’ulcèrent sans que rien de pareil arrive aux endroits sains. Une fois ces phlyctènes rompues, il s’en écoule un liquide blanchâtre tirant sur le jaune; alors on cesse l’administration du remède, et la coloration blanche de la lèpre fait bientôt place à la coloration naturelle de la peau. Les régions fournies de chair qui sont affectées de cette maladie se guérissent plus facilement que celles qui en sont dépourvues. Je l’ai employé plusieurs fois et je me suis applaudi de l’avoir fait. C’est un remède héroïque. J’ai vu son action se traduire diversement : chez quelques-uns elle se manifeste rapidement dès la première ou la seconde prise; chez d’autres, il en faut davantage. Le malade prolonge l’usage du médicament, ainsi que nous venons de le dire, et s’expose au soleil, une, deux ou trois fois, jusqu’à ce que l’action se manifeste. Il est convenable, avant de commencer le traitement, d’administrer un purgatif en rapport avec l’humeur morbide, et cela en été, quand le soleil est chaud. — LE CHERIF. Quant à la graine de la plante appelée aathîrilâl, on en prend une partie et demie, plus une partie tant de dépouille de serpent que de feuilles de rue : on triture le tout, on le laisse dessécher pendant cinq jours, et l’on administre en poudre, à la dose de trois drachmes dans du sirop de raisin, pendant trois jours consécutifs, et le malade guérit. C’est un remède éprouvé contre la lèpre, surtout si le sujet s’expose au soleil jusqu’à sudation. On peut encore triturer cette graine, tamiser, associer à du miel épuré et administrer sous forme d’éclegme, tous les jours, à la dose de deux mithkals avec de l’eau tiède, pendant quinze jours consécutifs. C’est un spécifique sûr contre la lèpre. Cette graine, pulvérisée et insufflée dans le nez, fait avorter. — EZ-ZEHRAOUY. La graine de cette plante, administrée à l’intérieur, est efficace contre les coliques. — L’AUTEUR. Le Chérif prétend que l’Aathîrilâl est une plante du genre de celles que les Grecs appellent Daucus, mais il n’en est rien. La généralité des gens de notre art prétendent aussi que c’est la graine de la plante appelée Elaphoboscon rcā alāīl, ce qui me paraît douteux, attendu que Dioscorides donne à l’élaphoboscon une tige anguleuse, tandis que l’athîrilâl en a une arrondie.

(1) Le mot Aathîrilâl ne parait plus employé, et l’on dit aujourd’hui Trillâl, expression bien connue à Constantine. Le Maroc avait de la graine à l’Exposition de 1867, sous le nom d’Athrilân. Quant à la provenance, la tribu des Bou-Chaïb fait partie des Zouaoua et habite le haut Sébaou, qui porte en cet endroit le nom de Bou-Béhir. On trouve aussi des Béni Oudjehân sur la route de Sétif à Bougie. Plusieurs mss. donnent simplement les B. Oudjehân sans mentionner les Bou-Chaïb. Dietz a hasardé la synonymie de Daucus crinitus. On donne aussi à cette plante le nom de hachîchat el-barass ḥašīšat al-baraṣ « plante à la lèpre, » ainsi que nous le verrons au n° 678.

Aacoutsâr

3 Āākuṯār - Aacoutsâr, BUNIUM BULBOCASTANUM (1).

C’est aussi un nom berbère. Dans ce mot le kaf porte un dhamma, le tha surmonté de trois points un fatha; vient ensuite un alif, puis un ra sans point. — ABOU’L ABBAS EN-NEBATY. Ce médicament est connu dans les parties orientales de la Terre de Passage (Maghreb). Chez les Arabes de Barca, on l’appelle Talghoudha talġūḍat. On le connaît aussi dans le pays de Cairouan, où les habitants des campagnes mangent sa racine après l’avoir fait cuire. La plante, du genre de la carotte, a les feuilles déliées, la tige arrondie et rameuse, de la hauteur d’une coudée, tantôt plus, tantôt moins, portant à son sommet une ombelle pareille à celle de l’aneth, sinon que l’aneth a les fleurs jaunes et l’autre blanches. Les graines ont le volume des petites graines de la plante connue en Espagne sous le nom de bastinedj bastīniǧ, qui n’est autre que l’akholla aḫulla (l’ammi) des Egyptiens; leur odeur est âcre. Cette plante a une racine souterraine, arrondie, du volume d’une noix, quelquefois plus, quelquefois moins, d’une couleur blanche, compacte, se ridant par la dessiccation, couverte d’une écorce noire, d’une saveur douce, rappelant celle de la châtaigne, mêlée à un peu d’âcreté. Elle pousse principalement dans les champs cultivés et sur les montagnes. Chez nous, en Espagne, on la rencontre sur les montagnes de Ronda et dans les environs. On la trouve aussi, mais plus rarement, dans les bois de Carmona, de la province de Séville. — L’AUTEUR. J’ai observé cette plante en Syrie, dans la localité connue sous le nom d’A’lmin el-oulamâ calmīn al-culamā, au milieu des semis de sorgho. Je l’ai trouvée aussi dans une autre localité de Syrie, connue sous le nom de Château d’Afra qaṣar cafrat, non loin de Naoua nawa (2). — LE CHERIF EL-EDRISSY. Les Berbères récoltent cette plante dans les années de disette et font avec sa racine un gâteau qu’ils mangent chaud avec du beurre, de même qu’ils mangent dans le pain cette espèce d’arum connue en Berbérie sous le nom d’Irna. Elle croît dans les lieux habités. Sa racine, ayant le volume d’une noix tout au plus, est couverte de nombreux boutons. Son usage prolongé, soit comme aliment, soit comme médicament, à la dose de deux mithkals, pris à jeun, dans la décoction de tribulus ḥasak rompt les calculs et expulse les vers intestinaux. Prise sous forme de pain, elle procure un bon sommeil. Mangée à même et sans l’intermédiaire d’un corps gras, elle provoque des éruptions à la langue et de l’ardeur à la gorge. On en fait aussi des épithèmes pour les tumeurs pituitaires (œdème) des jambes. On laisse une nuit, la tuméfaction se dissipe, et l’on éprouve un grand soulagement.

(1) Cette plante ne figure pas dans l’ouvrage arabe intitulé le Ma-la-iessâ mālāīsac On la range dans le genre arum. Les traducteurs allemands en ont ignoré la synonymie. Elle est généralement connue en Algérie sous le nom de talr’oudha; cependant on nous a dit que dans l’Aurès le nom d’Ouctsîr ūkṯīr, qui rappelle Aacoutsâr, s’était conservé, et nous l’avons même constaté dans la grande Kabylie. Nous avons rencontré le talr’oudha sur tous les points de l’Algérie, à Mascara, en Kabylie, à Sétif et abondamment dans les environs de Constantine. On l’emploie toujours dans les années de disette, et nous avons eu l’occasion de le voir sur une assez grande échelle, au printemps de 1863. Les trois dernières années avaient été sèches et mauvaises; la misère était grande et les récoltes futures étaient déjà engagées. Par tout le cercle de Constantine nous vîmes récolter le Talr’oudha. Chez les Dambar, non loin de la route de Sétif à Constantine, chaque tente avait sa provision de Talr’oudha étendu au soleil, dépouillé de son écorce et coupé en menus morceaux. Dans la même tournée nous pûmes observer aussi l’emploi de l’arum. Les Kabyles du nord de Constantine s’occupaient tout particulièrement de sa récolte. Le 24 avril, nous promenant dans un jardin de Mila, nous vîmes arriver des montagnards qui marchandèrent, au prix de 2 fr. 50 cent, l’extraction de tous les tubercules d’arum de ce jardin. Une des arches naturelles du ravin de Constantine en nourrit beaucoup, et nous en avons vu faire la récolte. Cet arum se dit à Constantine Kerryoua qrrīwat. La plupart des mss. donnent balcūẓat au lieu de talġūẓat, mais nous considérons cela comme une faute de copiste. Nous verrons un autre synonyme ǧaūz arqam au n° 542.

Nous devons aussi relever plusieurs erreurs des traducteurs allemands, ils ont rendu par Orient, pris absolument, la partie orientale de la Terre de Passage. La terre de passage bar al-cdūat, dit Abou’1-féda, est la partie du continent des ports de laquelle on passait en Espagne pour y faire des incursions, et c’est le Maghreb moyen et le Maghreb extrême. Ainsi l’indication d’Abou’l-Abbâs s’appliquerait à la province de Constantine. Ce nom de Terre de Passage parait ancien. L’Anonyme de Ravenne dit que la Mauritanie Gaditane porte en langue barbare le nom de Abrida: or âbrid, en berbère, signifie chemin. Le cheikh Daoud parle de cette plante sous le nom de Djaouz arkam, et dit qu’elle pousse dans les montagnes de Syrie.

(2) La ville de Naoua est située dans le Djaoulân, à environ douze lieues S. O. de Damas.

Aarr’îs

4 Aarġīs - Aarr’îs ou Arghîs - Berberis (1).

C’est aussi un nom berbère. Le râ est sans point et quiescent; vient ensuite un ghaïn affecté d’un kesra, puis un ya quiescent, puis un sîn. C’est l’écorce de la racine de l’arbre appelé Berbéris barbārīs. Les habitants de l’Egypte lui donnent le nom de Bois du vent cūd al-rīḥ (2). Il est chaud au premier degré et sec au second. — Livre des Expériences. L’extrait que l’on obtient par décoction s’emploie comme le khoulân indien (Lycium). On emploie avec beaucoup de succès sa décoction, en gargarisme, contre les aphtes de toute forme et de toute nature. On le fait aussi macérer dans de l’eau de rose, puis on injecte dans l’œil pour en dessécher l’humidité. Il guérit aussi les traces de l’ophtalmie chronique. Employé avant le développement de l’ophtalmie, il assure la santé de l’œil. On l’emploie aussi avantageusement contre les ulcères sordides des intestins. — EL-GHAFEKY. La racine de berbéris, bouillie avec du vin ou du vinaigre et donnée à l’intérieur, est très avantageuse dans les affections du foie, dont elle ramollit les tumeurs. — L’AUTEUR. Les médecins du Caire emploient le berbéris dans les affections de l’œil en remplacement et à défaut de la chélidoine de Chine ou de celle de la Mekke māmīrān mekkā.

(1) Cette plante ne figure pas dans le Ma-la-iessâ. Nous reviendrons sur le Berbéris à l’article Amberbarîs.

(2) Voir le n° 1607, où notre auteur dit que le nom cūd al-rīḥ appartient à plusieurs végétaux et particulièrement au Berbéris ou arghîs.

Aamilîlis

5 Aamilīlis – Aamilîlis - Rhamnus (1).

Le mîm et les deux lam portent un kesra. C’est un nom berbère. — ABOU’L ABBAS EN-NEBATY. Ce médicament est connu depuis le Maghreb extrême jusqu’en Ifrikiya. Ce que l’on emploie, c’est l’écorce, contre la jaunisse et l’hydropisie : ses vertus en pareil cas sont bien connues. Son fruit est en grappes rouges d’abord, puis noires son volume est celui d’un fruit d’alkékenge de moyenne grosseur. — EL-GHAFEKY. C’est un arbre qui dépasse la taille de l’homme et qui s’étale. Ses feuilles sont à peu près d’elles du myrte vert, et de consistance molle. Sa baie est rouge et a le volume du fruit du lentisque. En mûrissant il devient noir et mou. Le bois est dur, intérieurement d’un jaune blanchâtre, brillant et légèrement rutilant. La partie la plus employée est l’écorce de la racine, dont la décoction est laxative. Il fortifie le foie et la rate, et on l’emploie contre leurs obstructions : on le fait bouillir avec de la viande, et on donne le bouillon contre l’ictère.

(1) Nous tenons notre synonymie de deux sources: M. Hénon, interprète et botaniste éminent, et le dictionnaire de Ventura de Paradis, qui donne Melilez milīliz pour le Rhamnus alaternus. Ce mot serait donc encore en usage dans le Maghreb, car de Melilez à Amliles, il n’y a de différence que l’article berbère. Voir un synonyme safira ṣafīrā au n° 1403.

Aakcheroua

6 Aaqširwā - Aakcheroua - CHLORA ? CENTAUREE (1) ?

LE LIVRE DIT Er-Rihla. C’est un nom berbère. Cette plante est connue dans le Maghreb, à Ceuta. On l’emploie contre les tumeurs, pour les résoudre, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur. Elle était connue des anciens herboristes espagnols sous le nom de petite centaurée qanṭūrīwan aṣġar mais ce n’est pas la centaurée, ni comme forme, ni comme propriétés. Elle croît le long des eaux, sur les bords des fontaines et dans les montagnes. Sa feuille a l’étendue de l’ongle du pouce. Les rameaux sont droits, d’une couleur blanchâtre, ainsi que les feuilles, et rassemblés à leur naissance. Les fleurs, d’un beau jaune, sont à l’extrémité des rameaux, et gaufrées.

(1) Cette plante ne figure pas dans le Ma-la-iessâ. On lit aussi aaqašzūāū et aaqašrūn. Notre lecture est la plus commune. Les traducteurs allemands n’ont pas donné de synonymie. Nous n’avons pas retrouvé ce mot en Algérie, mais nous pensons qu’il s’agit probablement d’une Chlora. Ici notre auteur s’est abstenu de fixer la prononciation du mot. Pour les articles précédents, les traducteurs allemands se sont abstenus également de le faire.

Abhel

7 Ābhal, Ūbhul - Abhel ou Obhol – SABINE - Βραθυ.

Les médecins prétendent généralement que c’est le genévrier carcar mais ils se trompent. — ISHAK IBN AMRAN. La sabine est une espèce de genévrier à gros fruits. C’est un végétal de haute taille, dont la feuille ressemble à celle du tamarisc. Son fruit est rouge et gros, du volume de celui du sidra (petit jujubier) et de la même couleur, lanugineux à l’intérieur et contenant un noyau. Il est rouge et doux au moment de la maturité, et a la saveur du goudron. On le récolte à la vendange. — DIOSCORIDES, I, 104/ I, 76. La sabine a deux espèces. L’une a les feuilles pareilles à celles du cyprès, mais munies de plus grands aiguillons que celles de l’autre espèce; elle est d’une odeur fétide. L’arbre est ramassé et s’étend plus en largeur qu’en hauteur. Il y a des personnes qui emploient ses feuilles en fumigations. L’autre espèce a les feuilles du tamarisc. — GALIEN, VI. Cette plante est fortement dessiccative, en raison de trois qualités qui se révèlent au goût, ainsi qu’il arrive pour l’oxycèdre šarbīn (1). Cependant elle est plus aromatique, mais a moins d’amertume et d’astringence, ce qui prouve qu’elle a plus d’âcreté, et plus de vertu maturative; mais elle est moins apte à consolider les plaies, en raison de sa chaleur et de sa sécheresse. En effet, elle est tellement chaude et sèche, qu’elle en est excitante et inflammatoire. Toutefois, elle est utile contre les ulcères qui s’accompagnent de putréfaction, de même que l’oxycèdre, surtout s’il s’agit de putréfaction d’une nature maligne, rebelle et chronique : ces sortes de putréfactions peuvent supporter l’action intense de ce médicament sans inconvénient. Elle guérit aussi les ulcères atrabilaires et sordides, associée au miel. Elle résout le charbon en raison de ses propriétés atténuantes. Elle provoque aussi les règles plus que tout autre médicament. Elle fait pisser le sang. Elle tue le fœtus vivant et fait avorter du fœtus mort. Elle doit être rangée parmi les substances chaudes et sèches au troisième degré. C’est un des médicaments les plus subtils, aussi le fait-on entrer dans les pommades aromatiques, surtout dans les mélanges préparés avec la gleucine. Elle entre aussi dans les électuaires et autres médicaments internes. Il en est qui en font un succédané du cinnamome à dose double. En effet, administrée à l’intérieur, elle est atténuante et résolutive. — DIOSCORIDES, I, 76. Les feuilles des deux espèces arrêtent l’extension des ulcères malins et calment les abcès chauds. En cataplasme avec du miel, elles font disparaître les taches noires de la peau et les impuretés qui proviennent des tumeurs du corps, ainsi que les eschares charbonneuses. Prise à l’intérieur, la sabine fait pisser le sang et avorter. Elle agit de même comme suppositoire ou en fumigation. Elle entre dans les huiles échauffantes, et surtout dans la gleucine. — Razès. La sabine pulvérisée, mélangée avec du miel et appliquée sur les gencives ulcérées et putrides, les guérit. — AVICENNE. Son fruit est âcre et aromatique. Si on le fait bouillir avec de l’huile de sésame, dans une cuiller en fer, jusqu’à ce que le tout passe au noir, et que l’on en fasse des injections dans l’oreille d’un sourd, on s’en trouvera très bien. — ISHAK IBN AMRAN. Si l’on prend la valeur de dix drachmes de fruit de sabine, qu’on triture, qu’on mette dans un vase avec de la graisse de bœuf en quantité suffisante pour les couvrir, que l’on expose à un feu doux jusqu’à ce que la graisse ait disparu, que l’on ajoute dix drachmes de pénides, puis que l’on administre à jeun, à la dose de deux drachmes dans de l’eau tiède, on soulagera les douleurs du bas-ventre causées par les hémorroïdes. — MASSIH. La sabine relâche le ventre. Elle tue les vers longs et les vers cucurbitaires. — LIVRE DES EXPERIENCES. On applique avec succès, sur les membres engourdis, de la sabine pilée avec des figues sèches. Pour provoquer l’éruption des règles, on la donne à la dose de deux à trois drachmes sous forme d’électuaire, avec du miel. On ne doit pas l’administrer aux femmes d’un tempérament chaud ni à parties étroites. — LE CHERIF. On donne avec succès contre l’asthme une once de fruit de sabine triturée avec une demi once de beurre et partie égale de miel comme éclegme. — ANONYME (Medjhoul) (2). Triturée avec du vinaigre et employée en frictions, elle guérit l’alopécie.

(1) Au commencement du paragraphe de Galien, l’arabe donne l’oxycèdre, alors que le grec parle du cyprès.

(2) Les traducteurs allemands ont pris le mot Medjhoul (inconnu) pour un nom d’auteur. Pour la Gleucine, ou Gleucinon, voyez Dioscorides, 1, 67.( ?)

Ibrîcem

8 Ibrîcem, Cocon de soie (1). AVICENNE, dans son Traité des médicaments cordiaux. C’est un des médicaments j qui réjouissent et fortifient. Il vaut mieux à l’état de crudité qu’autrement. On l’emploie à l’état de décoction avant qu’il ait subi la teinture. Il est chaud et sec au premier degré. Il est incisif, absorbant et dessiccatif. Il a la propriété de dilater le cœur et de le fortifier, aidé en cela par son action atténuante. Il dilate les esprits et, par sa propriété dessiccative, il les condense. Toutefois son action ne s’exerce pas sur une catégorie d’esprits, mais il convient à la substance de tous, même aux esprits cérébraux : cette action fortifiante est bien constatée, puisque, étant employé en collyre, il fortifie la vue. Il est avantageux aussi pour la conservation de l’esprit qui réside dans le foie, parce qu’il engraisse, non pas à la manière des aliments, mais en secondant et dirigeant l’action des esprits animaux. C’est un des médicaments qui n’ont pas besoin de correctif. — LE LIVRE DIT El-Minhadj. Les meilleurs sont ceux qui sont mous et purs. On les emploie après les avoir brûlés, et voici la manière d’y procéder: on les met dans un pot neuf, dont on lute la partie supérieure avec de l’argile que l’on perce de trous, puis on le met sur le feu. Si on le peut, on les emploie divisés au moyen de ciseaux, et ils deviennent plus actifs. Les cendres lavées sont utiles contre les ulcères des yeux, dont elles comblent les dépressions et qu’elles dessèchent sans irriter. La soie portée comme vêtement n’échauffe pas comme le coton, attendu qu’elle est tempérée. — AVICENNE, dans le second livre du Canon, On dit que le port des habits de soie engendre des poux. — IBN SEMDJOUN. Le premier qui a introduit l’usage de ce médicament brûlé dans la confection des remèdes musqués est Massîh ibn el-Hakam. Quant à Mohammed ibn Zakeriya er-Razy, il ne prescrit de le brûler dans aucun de ses livres que nous avons lus. Il engage ceux qui n’ont pas un médecin à leur disposition d’enlever aux cocons de soie une partie de leur activité trop intense en les soumettant à une légère ébullition dans l’eau. On décante cette eau, que l’on ajoute ensuite à la préparation : on triture dans un mortier ou bien sur une pierre destinée à cet usage, au soleil, jusqu’à ce que le liquide ait absorbé la poudre et s’en soit assimilé les propriétés; on fait dessécher, puis on emploie dans l’occasion. La plupart des médecins les réduisent artificiellement à un état de division qu’ils ne pourraient atteindre autrement: ils les triturent avec des perles, du succin et du corail : de cette façon on obtient une poudre aussi fine que l’on veut.

(1) L’ibricem, dit le cheikh Dawoud, est le cocon de soie avant que le ver le perce. L’article attribué à Avicenne varie beaucoup dans les manuscrits.

Abnoûs

9 Ābnūs - Abnoûs, Ébène, Εβενος. DIOSCORIDES, I, 129/ I, 98. L’ébène le plus actif est celui d’Abyssinie. Il est noir et sans veines, d’un poli semblable à celui de la corne travaillée. Si on le rompt, il se montre compact. Il pique et resserre la langue. Jeté sur les charbons, il répand une odeur agréable, sans fumée. À l’état frais, en raison de sa consistance grasse, il s’enflamme aussitôt qu’on l’approche du feu. Frotté sur une pierre à aiguiser, il prend une couleur de rubis. Il en est une espèce qui vient de l’Inde et qui a des veines blanches et rouges. Cette espèce est pareillement compacte, mais la première lui est préférable. Il y a des gens qui prennent des rameaux d’arbres épineux et d’un arbre que l’on appelle sîsama sīsāmā, et qui les vendent pour de l’ébène (1). Il y a en effet de la ressemblance, mais on peut on faire la différence, en ce que les rameaux se divisent en fragments pourprés, qu’ils ne mordent pas la langue, et que projetés sur le feu ils ne répandent pas d’odeur. — GALIEN, livre VI. Cet arbre est de ceux qui, frottés avec de l’eau, s’y dissolvent, ainsi que certaines pierres se dissolvent dans le vinaigre. Le suc qui en résulte jouit de propriétés réchauffantes, subtilisantes et détersives. C’est pour cela que certaines personnes prétendent qu’il enlève les particules dont l’iris peut être obscurci. On le fait encore entrer dans d’autres préparations employées contre les ulcères anciens de l’œil, les fluxions chroniques et les pustules de la nature des phlyctènes. — DIOSCORIDES. L’ébène est un puissant détersif, employé contre les obscurcissements de la vue. On l’emploie aussi contre les afflux chroniques d’humeur à l’œil et contre les ulcères appelés phlyctis. Si on le dispose en façon de pierre à aiguiser, et que l’on triture par-dessus les collyres, ils en deviennent plus efficaces. On prépare aussi un collyre de la manière suivante : on prend de sa limaille ou de sa sciure et on la fait macérer pendant un jour et une nuit dans du vin de Chio, puis on triture avec soin. Il y a des personnes qui triturent avant de dissoudre; elles agissent ensuite comme nous l’avons rapporté. D’autres, au lieu de vin, se servent d’eau. On fait aussi brûler l’ébène dans un vase d’argile jusqu’à ce qu’il soit réduit à l’état de charbon, puis on le lave à la manière du plomb brûlé, et ou l’emploie avec succès contre l’ophtalmie sèche et le prurit de l’œil. — IBN MASSA. L’ébène est excellent contre le larmoiement et les pustules du bord libre des paupières. Il est chaud au troisième degré. Il est utile contre les humeurs chroniques et la tuméfaction de l’estomac. Sa sciure fait pousser les cils. — AVICENNE. On prétend que nonobstant sa chaleur il éteint celle du sang. D’après El-Khouz (2), il rompt les calculs des reins. Brûlé et lavé, il est utile contre la gale de l’œil. — LE LIVRE El-Minhadj. Réduit en poudre, il est utile contre les brûlures. — SOFIAN L’ANDALOUS. Il fortifie l’œil et la vue; Sa sciure, triturée avec soin et administrée à l’intérieur contre les ulcères malins, leur est salutaire et les pousse à la cicatrisation.

(1) À propos des sophistications de l’ébène, les versions varient. Mathiole donne: Sesamina lignea. Ibn el-Beithar donne Sissama sīsāmā, ce qui ne saurait être le sésame simsim. Sprengel lit Sucamina et traduit par Morus. Il ajoute, en note, qu’on lit vulgairement Sesamina.

(2) Ce mot El-Khouz soulève des difficultés. Et d’abord on le rencontre plus de quarante fois dans Ibn el-Beïthar, quelquefois dans les deux Sérapion, Avicenne et le jeune Mesué, fréquemment dans le Continent de Razès. On lit aussi parfois El Khouzy, et il en a été ainsi pour les traducteurs latins des auteurs que nous venons de citer. Mais le texte arabe d’Ibn el-Beïthar donne non seulement qāl al-ḫūz, mais aussi qālat al-ḫūz, et on lit parfois dans les traductions latines du Continent : dixerunt au lieu de dixit. Ce fait et l’absence de circonstances caractéristiques d’une personnalité nous semblent autoriser l’hypothèse que l’on pourrait avoir dans El-Khouz les Khouzistains, ou autrement les doctrines de l’école de Djondisapour, située dans le Khouzislan.

Ibboufâïs

10-11 Ibbūfāīs - Ibboufâïs, Euphorbia spinosa Spr. Ιπποφαες.

C’est le r’assoul grec al-ġāssūl al-rūmī. Je l’ai vu croître à Antalia Anṭālīā (1) aussi bien que la plante qui vient après, et j’ai vu les gens de ce pays se servir de sa racine pour laver les vêtements, comme on le fait, en Syrie (ou à Damas), de la racine de Cyclamen carṭnītā. — Dioscorides, IV, 159. L’hippophaiston, appelé aussi hippophaïs, est une substance employée pour fouler les vêlements. La plante croît sur les rivages de la mer et dans les endroits sablonneux. C’est un simple arbuste. Il porte de nombreux rameaux. Ses feuilles sont petites et semblables à celles de l’olivier, sinon qu’elles sont plus étroites et plus molles. Parmi les feuilles sont des épines sèches, blanchâtres, anguleuses, distantes les unes des autres. Les fleurs ressemblent à celles du lierre, formant des grappes contigües les unes aux autres, toutefois plus molles, plus petites et d’une couleur blanche mêlée de rouge. La racine est molle et remplie d’un suc amer, semblable à celui qui s’échappe de la thapsia. On conserve le suc à l’état de pureté, ou bien on le mélange avec de la farine d’orobe, puis on le fait sécher. Le suc pris en substance, à la dose d’une obole, fait évacuer les humeurs bilieuses, pituitaires et aqueuses. Associé à l’orobe, on le donne à la dose de quatre oboles avec du mélicrat māliqrāṭan. On emploie également la plante en substance avec sa racine desséchée et triturée, et on l’administre avec un demi-cotyle niṣf qūṭūl de mélicrat. On extrait aussi le suc de la racine de cette plante comme on le fait de la thapsia, et on le donne comme purgatif à la dose de deux drachmes.

Quant à l’ibboufaiston ībūfasṭūn , c’est une plante qui croît dans les mêmes lieux que l’ibboufaïs (2) : elle compte pareillement parmi les chardons à foulon. C’est une plante couchée sur la terre, à capitules lâches, & feuilles petites. Elle n’a ni tige ni fleurs, mais une racine épaisse et molle. On extrait un suc des feuilles, des capitules et de la racine de cette plante, on le fait dessécher et on le donne à la dose de trois oboles avec du mélicrat pour évacuer les humeurs aqueuses et pituitaires. Ce purgatif convient particulièrement contre l’orthopnée, l’épilepsie et les affections des nerfs.

(1) Variantes : Italia Īṭālīā, Antakia (Anṭākīat). On lit dans la Vie d’Ibn el-Beithar par Ibn Abi Ossaibia « sāar ilā al-bilād al-āġrqat ū aqṣā bilād al-rūm » qu’il voyagea dans le pays des Grecs et jusqu’à l’extrémité de l’Asie Mineure, ce qui confirme la leçon que nous avons suivie.

(2) Ces deux noms sont mal transcrits dans tous les manuscrits, à l’exception de celui qui porte le n° 1071, et qui a été soigneusement corrigé par un natif de l’Orient, sachant bien le grec. Sprengel fait de l’hippophaïs l’Euphorbia spinosa et de l’hippophaiston le Circium stellatum, qui est pour Fraas la Centaurea spinosa. Pour le cheikh Dawoud el-Antaky, l’hippophaes est la soude ašnān.

Ibn l’rs

12 Ibn l’rs, BELETTE, Γαλη κατοικιδιος

DIOSCORIDES, 11,127. C’est un animal (domestique). Si on le dépouille, qu’on enlève les entrailles et qu’on le remplisse de sel, puis qu’on le fasse sécher à l’ombre et qu’on l’administre à la dose de deux mithkals avec du vin, c’est le remède le plus efficace qui existe contre les reptiles xxx. On l’emploie aussi comme contre poison contre les médicaments mortels appelés toxiques xxx xxx xxx xxx xxx. Son ventre rempli de coriandre et desséché à l’ombre, administré à l’intérieur, est utile contre les piqûres venimeuses et l’épilepsie. Si on le brûle en totalité dans une marmite et qu’on mélange ses cendres avec du vinaigre, on obtient un liniment excellent contre la goutte. On fait encore avec succès des frictions avec le sang contre les scrofules, et de même contre l’épilepsie. — GALIEN, livre XI. Je n’ai pas expérimenté cet animal; cependant quelques auteurs rapportent que ses cendres, mêlées à du vinaigre et employées en frictions contre la goutte et les douleurs articulaires, agissent avantageusement en raison de leur action fortement résolutive. Cet animal, desséché et administré à l’intérieur, est utile, à ce qu’on prétend, aux épileptiques, en raison de cette action résolutive. D’autres disent que la belette, et particulièrement l’organe qui lui tient lieu d’estomac, est un médicament salutaire et un antidote qui neutralise les poisons de tous les reptiles quelconques. — AUTRE AUTEUR. La chair de belette s’emploie topiquement contre les douleurs dorsales causées par des flatuosités grossières. On prétend aussi que l’astragale de cet animal, extrait à l’état vivant et porté par une femme, l’empêche de concevoir. — ER-RAZY (Razès) dans le Haouy. Dès que la belette aperçoit un aliment empoisonné, sa peau s’horripile et ses poils se dressent.

(1) L’Ibn l’rs est généralement considérée comme une belette, mustela, mais on ne s’accorde pas sur l’espèce: Sprengel semble y voir le putois. C’est la Galê katoikidios de Dioscorides. On lit dans les notes qui accompagnent la traduction arabe de Dioscorides : c’est un rat qui s’appelle en latin mouchtîlâ xxx xxx xxx xxx. Le mot latin désigne ici la langue espagnole en voie de formation. Les mots grecs Galê katoikidios sont rendus par xxx xxx dans cette traduction.

Abbâr

13 Abbâr, PLOMB. C’est le plomb noir xxx xxx. Suivant d’autres, il ne prend ce nom qu’autant qu’il est brûlé. C’est de lui que le collyre dit el-abar prend son nom, attendu que la base en est le plomb brûlé. Voyez le n° 1042

Abzâz el-kiutta

14 Abzāz al-qiṭṭat - Abzâz el-kiutta - SEDUM.

C’est un petit sempervirum ḥā al-cālam al-ṣaġīr et c’est ainsi qu’il est connu à Tunis et dans les contrées qui en dépendent, en Ifrikiya. Nous parlerons du sempervivum à la lettre kha. (Voyez le n° 732.)

Les mots ābzāz al-qiṭṭat signifient tétons de chatte. Nous avons constaté que cette appellation est toujours usitée à Constantine. D’autre part nous avons rencontré en Kabylie une appellation berbère qui signifie absolument la même chose : tibouchint tamechicht.

Ibret er-rây

15 Ībrat al-rāci - Ibret er-rây - AIGUILLE DE BERGER.

EL-GHAFEKY. Aiguille de Berger, aiguille de Moine, sont des noms que l’on donne à la plante appelée djahelik al-ǧaḥalīq, qui est une espèce de tomec tumak, ou même le tumak ; plante appelée en grec koukalis qūqālīs; on les donne aussi à la plante dite en grec gharanioûn ġārānīūn, et s’en est la seconde espèce. A chacune de ces plantes, la fleur est remplacée par quelque chose qui ressemble à une aiguille. Quelques-uns ont prétendu que l’aiguille de moine ībret al-rāhab est le choukaa’y šukācī (Spina arabica), et la foule, partageant leur erreur, a considéré ce dernier comme une des plantes sus-mentionnées, ce qui est une erreur.

Les notes de la traduction arabe de Dioscorides, le Livre d’Ibn el-Aouwam, celui d’Ibrahim Ibn Mohammed, ce dernier surtout, nous ont servi à fixer la lecture de la plupart des mots techniques de cet article. Toutefois le Dioscorides arabe rapporte ces synonymies au Scandix, et le traité d’Ibrahim les attribue au Caucalis.

Otroudj

16 Ūtruǧ – Otroudj – CITRON - Μηδικον. ABOU HANIFA. Le citronnier est commun dans le pays arabe. On le propage par plantation et il ne se trouve pas à l’état sauvage. J’ai appris d’un Arabe que cet arbre continue à porter pendant vingt années et qu’il ne porte qu’une fois l’an. Sa feuille ressemble à celle du noyer, elle est odorante. Sa fleur ressemble à celle du narcisse, sinon qu’elle est plus petite et odorante. Il est armé d’aiguillons. — DIOSCORIDES, I, 166. C’est un arbre qui conserve ses fruits toute l’année. Il est connu de tous. Le fruit est allongé et de couleur dorée, d’une odeur agréable, toutefois un peu forte. Il contient des graines qui ressemblent aux pépins de la poire. — GALIEN, livre VII. La partie interne du citron qui contient ces graines est d’une saveur acide et jouit de propriétés très dessiccatives, au point qu’elle occupe le troisième degré parmi les substances qui refroidissent et dessèchent. — ISHAK IBN SOLEIMAN. La pulpe du citron est de deux sortes. Il en est, en effet, qui est fade, inclinant à une très légère douceur, et il en est qui est acide et incisive. Quant à la première, elle est froide et humide au second degré; mais sa froideur l’emporte sur son humidité. La sorte qui est acide est froide et sèche au troisième degré. Elle jouit de propriétés subtilisantes, incisives et rafraîchissantes. Elle éteint la chaleur du foie, fortifie l’estomac et excite l’appétit. Elle neutralise la force de la bile et fait disparaître l’anxiété qui en provient. Elle calme la soif et arrête le dévoiement et les vomissements biliaires. Elle est utile contre l’impétigo et les lentilles, employée topiquement en embrocations; surtout contre l’impétigo, ce qui est corroboré par son action sur l’encre. Si de l’encre tombe sur un habit et qu’on le frotte avec du citron, l’encre disparaît. — AVICENNE. Des médicaments cordiaux. La partie acide du citron est une des substances qui fortifient le cœur dont le tempérament est chaud. Elle est utile contre les palpitations fébriles. C’est un antidote contre les piqûres des grands scorpions, le pou du vautour et même contre les morsures des serpents. — AVICENNE, livre II du Canon. Le citron est avantageux contre l’ictère : on l’emploie en collyre pour faire disparaître la jaunisse des yeux. Il est nuisible aux nerfs et à la poitrine. Cuit avec du vinaigre et administré à la dose d’une demi-tasse sukarǧat, il tue les sangsues avalées et les fait sortir. Le suc de citron calme les envies des femmes (grosses) ġalmat al-nasā’. — IBN RODHOUAN. J’ai lu dans le Livre des Aliments, qu’entre autres propriétés, le citron avait celle de combattre la chaleur de l’estomac ainsi que la bile qui s’y engendre. Si l’on en prend comme aliment, il excite l’appétit; il est utile contre les palpitations fébriles, l’ébriété, le dévoiement qui est engendré par le foie et l’atrabile, enfin il arrête les écoulements qui viennent du foie vers l’estomac et les intestins. — ISHAK IBN AMRAN. Sa décoction est utile contre la fièvre et éteint la chaleur du foie. — LE LIVRE DIT des Expériences. La partie acide du citron excite l’appétit chez les tempéraments chauds. Elle est utile contre la mélancolie engendrée par de la bile brûlée. — GALIEN. La partie de la chair du citron comprise entre l’écorce et la partie acide engendre des humeurs épaisses et froides. — IBN MASSOUIH. Le citron est froid et humide au premier degré. Sa froideur l’emporte sur son humidité. Il est d’une digestion difficile. Il éteint la chaleur de l’estomac. — MASSIH. Il est avantageux aux gens bilieux. Il arrête les vapeurs chaudes. — ISHAK IBN AMRAN. Le suc de citron est un mauvais aliment. — AVICENNE. La chair du citron ne vaut rien à l’estomac. Il est venteux, difficile à digérer, et engendre des coliques. On doit le manger à part, ni avant ni après d’autres aliments. Confit dans du miel, il vaut mieux et se digère plus facilement. — GALIEN. Quant à l’écorce du citron, ses propriétés et sa constitution sont de la sécheresse mêlée à un peu d’amertume. C’est pourquoi elle n’est dessiccative qu’au second degré. Elle n’est pas froide, mais bien tantôt tempérée, tantôt un peu en deçà. — GALIEN, Livre des Aliments. L’écorce de citron est difficile à digérer, d’une odeur aromatique; elle est utile pour la digestion, tout comme le sont d’autres substances chaudes et âcres : et pour cela, à petite dose, elle fortifie l’estomac ; ses cendres se mêlent aux médicaments laxatifs. — ISHAK IBN AMRAN. L’écorce de citron est altérante et excite l’appétit. — AVICENNE, Des médicaments cordiaux. L’écorce de citron compte parmi les médicaments qui réjouissent et servent d’antidote, dont la chaleur qui leur est propre active les propriétés. Elle est chaude et sèche au second degré, mais la feuille et la fleur de l’oranger sont plus subtilisantes. — AVICENNE, livre II du Canon. L’écorce de citron, en raison de sa chaleur, est employée avec succès en frictions contre la lèpre. Conservée dans la bouche, elle assainit l’haleine. Placée dans les aliments, à la manière des épices, elle aide à la digestion. En substance elle est indigeste à cause de sa dureté. Elle jouit de propriétés résolutives. Sa décoction calme les vomissements. Le suc de l’écorce est utile contre les morsures d’animaux venimeux et de vipères : on peut également employer l’écorce sous forme de topique. L’odeur du citron purifie l’air altéré et pestilentiel. — EL-ISRAÏLY. Pris à l’intérieur, (le suc) est utile contre les médicaments toxiques. — SOFIAN L’ANDALOUS. Il coupe la soif causée par la pituite. Le sirop que l’on en prépare agit de même, avec beaucoup d’eau. — ANONYME, maǧhūl. L’écorce de citron mise dans du vin le rend promptement acide. — GALIEN. La graine du citron est amère, et cela rend compte de ses propriétés résolutives et dessiccatives au second degré. — DIOSCORIDES. Le citron mis dans du vin lui confère des propriétés antitoxiques et laxatives. On emploie sa décoction et son suc en collutoire pour purifier l’haleine. Il est recherché par les femmes enceintes contre les appétits qui leur surviennent par le fait de la grossesse. On dit que, placé parmi les vêtements, il les protège contre les corrosions. — ET-TABERY. La graine du citron est avantageuse contre les piqûres des scorpions. On peut l’employer écorcée et dans de l’eau tiède, à la dose de deux mithkals ; ou bien on en fait des embrocations avec sa décoction; ou bien on l’applique encore, avec succès, triturée sur l’endroit de la piqûre. — ISHAK IBN SOLEIMAN. La graine de citron résout les tumeurs et fortifie les gencives en raison de sa grande amertume. — GALIEN. La feuille de citronnier jouit aussi des propriétés résolutives et dessiccatives. — ISHAK IBN AMRAN. La feuille de citronnier est digestive et réchauffe l’estomac. Elle amplifie la respiration gênée par la pituite : c’est en effet une de ses propriétés d’ouvrir les obstructions d’origine pituitaire. — AVICENNE. La feuille du citronnier calme l’intumescence, fortifie l’estomac et les viscères. La fleur est plus atténuante. — ISHAK IBN SOLEIMAN. La feuille du citronnier est aromatique et pénétrante, avec une âcreté sensible. C’est pourquoi elle est fortifiante, dessiccative et subtilisante. On l’emploie dans tous les cas où l’on emploie l’écorce du fruit.

Athel

17 Āṯl – Athel - TAMARISC ORIENTAL, Ακακαλις. ISHAK IBN AMRAN. C’est un arbre de grande taille et étalé, ayant un bois et des rameaux verts avec des reflets rouges. Sa feuille est verte et ressemble au tharfa (tamarisc). Sa saveur est acerbe. Il ne porte pas de fleurs. Il porte des fruits aux nodosités de ses branches, sous forme de graines, comme des pois chiches, d’un jaune cendré, contenant des graines petites et collées les unes aux autres. On leur donne le nom de graine d’atsel et d’o’dba. On les récolte au mois de juillet. — DIOSCORIDES, I, 118 (I, 89). L’akakalis (āqāqalīs, c’est l’athel) est le fruit d’un arbre que l’on trouve en Egypte, ayant de la ressemblance avec le fruit du tamarisc. On emploie son infusion en l’associant aux collyres qui servent à aiguiser la vue. —MASSIH. L’alhel est froid au second degré et légèrement astringent. — IBN EL-DJEZZAR. La décoction de la racine de cet arbre, associée à du vin ou à du vinaigre et administrée à l’intérieur, est très efficace dans les affections du foie, dont elle ramollit les tumeurs. On obtient le même résultat avec la décoction des parties centrales des extrémités de l’arbre lui même. On en guérit aussi les douleurs dentaires. Les cendres ont une propriété détersive plus prononcée. La feuille est légèrement astringente. — AUTRE. Le fruit de l’athel porte le nom de kezmâzec kizmāzik, de djezmâzek ǧizmāzik (1) et d’o’dba cudbat. — BOULOS (Paul d’Égine). Il jouit de propriétés dessiccatives et astringentes, et convient dans les hémorragies et les affections constituées par des écoulements, employé tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, - MASSERDJOUIH. Ses propriétés sont pareilles à celles de la noix de galle, mais il est moins astringent et moins froid. II jouit de quelques propriétés dépuratives. — MASSIH. Quant aux propriétés du kezmâzec, il est froid au second degré et sec au troisième. Il détruit les chairs exubérantes, est utile contre la carie des dents, et il s’oppose à l’afflux des humeurs à la matrice. — RAZES. Il arrête le dévoiement et les hémorragies, et s’emploie avec succès contre les dents branlantes. — ISHAK IBN SOLEIMAN. Voici une des propriétés du fruit du tamarisc oriental: bouilli et laissé dans l’eau chaude pendant une nuit et administré à l’intérieur, il est utile contre la bile et l’ictère, ainsi que contre la piqûre du phalangium. Donné aux enfants, il les fait vomir et débarrasse leur estomac des humeurs épaisses et corrompues. Il est utile contre la gale humide et putride, embellit le teint et engraisse. J’ai vu beaucoup de médecins, désireux de faire pousser des chairs à des esclaves amaigries, leur donner d’abord à cet effet une décoction, du fruit de tamarisc pendant trois ou sept jours consécutifs. A la suite de cela on leur donne des pastilles rafraîchissantes, que l’on administre aux gens maigres, pendant sept jours, pour les engraisser. Elles doivent alors prendre, pendant plusieurs jours, du petit lait de vache associé à de la gomme adragante pulvérisée. Elles en prennent ensuite avec le gâteau appelé ka’k kcak préparé convenablement avec de la fleur de farine. Ces moyens font pousser des chairs abondantes et de bonne nature, donnent de l’éclat et de la fraîcheur au teint. Voici une preuve de son efficacité. Si un sujet dont l’estomac est envahi par des humeurs peccantes en fait usage, son estomac se purifie et se fortifie; celui dont l’estomac est bon, s’il en fait usage, l’a meilleur encore. Il est utile contre l’écoulement chronique entretenu par des humeurs, contre les hémorragies et les règles excessives. On en fait un sirop avec du sucre candi, que l’on emploie avec succès contre l’engorgement de la rate et les douleurs intestinales. Quelques médecins du Maghreb ont de nos jours donné de là vogue au tamarisc, sous le nom de Tâcout des corroyeurs tākūt al-dabāġīn. Il s’emploie effectivement pour tanner les peaux. C’est une graine qui ressemble à un pois chiche, et il en est même de plus volumineux. Nous le recevons des environs de Sedjelmessa siǧilmāsat et du Dra’a drcat. On le récolte sur un arbre qui ressemble au Tharfa (Tamarix gallica). Employé comme dentifrice, il resserre les gencives ramollies. Appliqué comme cataplasme sur un organe vers lequel affluent des humeurs, il le fortifie et arrête cet afflux. On le donne pulvérisé à la dose d’environ trois drachmes. On l’administre en mêlant sa poudre à de l’eau, ou bien sous forme de looch avec du sirop de roses, quand on veut le prendre, et dans ce cas il agit merveilleusement. — THIADOUK (Theodocus). Quand on n’a pas de graine d’athel, on peut le remplacer par son poids de noix de galle ou de pulpe de grenades. — LE CHERIF. Les fumigations faites avec l’athel sont avantageuses contre la variole. Pour réduire la procidence de l’anus, on fait des applications des cendres de son bois triturées avec du propolis.

(1) Les mots kezmazec et djezmazec sont persans. Nous rencontrerons le premier au numéro 1929. Le mot tâcout est berbère.

Dans cet article on a confondu les graines de tamarisc avec ses galles, qui portent particulièrement le nom d’o’dba. Nous en avons vu, sous ce nom, exposées en 1867 par le Maroc, et surtout de fort belles par la Turquie.

Ithmed

18 Ithmed, ANTIMOINE, Στιμμι. Aristote. L’antimoine est une pierre qui contient du plomb dans sa substance. C’est pourquoi si on le mélange avec de l’argent, il en facilite la fusion en raison du plomb qu’il contient. On en trouve des mines dans l’Orient. — Ishak ibn Amrân. L’antimoine est la pierre, de cohhel noir &jm$)\ jJÎNous le recevons d’Ispahan et des pays du Maghreb. C’est une pierre dure, brillante, à facettes, de la couleur du cohhel. — Dioscorides, V, 99. Le meilleur est celui qui, rompu, a de l’éclat et du rayonnement, qui a des couches et toutes ses parties internes lisses et sans impuretés, qui se brise promptement. — Galien, livre IX. Outre ses propriétés dessiccatives, ce médicament est astringent; c’est pourquoi on le fait entrer dans les collyres et les autres poudres employées dans les maladies de l’œil, dits collyres secs. — Dioscorides. Ses propriétés sont d’obstruer, de resserrer et de refroidir. Il détruit les chairs exubérantes des ulcères, les remplace et en expulse les impuretés. Il agit de même pour les ulcères des yeux. Il arrête l’hémorragie nasale qui provient des méninges. En somme ses propriétés se rapprochent de celles du plomb brûlé. Il a cela de particulier que si on le mélange avec certaines graisses à l’état récent, et que l’on en fasse des onctions sur les brûlures, il empêche la formation d’escarres. Mélangé à de la cire et un peu de céruse, il conduit à la cicatrisation les escarres qui se sont formées sur les brûlures. — Aristote. L’antimoine est salutaire à l’œil. Il entre avantageusement dans un grand nombre de collyres. Il fortifie les nerfs de l’œil et les préserve contre les affections qui pourraient leur survenir. Si l’œil ne peut pas en supporter l’emploi, il survient aussitôt une inflammation et la suppuration. Il convient aux vieilles femmes et aux vieillards dont la vue s’est affaiblie avec l’âge : on l’emploie alors avec un peu de musc. — Masserdjouîh. L’antimoine employé comme collyre est avantageux contre la chaleur et l’humidité de l’œil. — Razès. Il fortifie l’œil et le conserve en santé. Employé en suppositoire, il arrête l’hémorragie utérine. — Mohammed ibn el-Hassan. L’antimoine est froid et sec au quatrième degré. Employé à l’extérieur, il tue les poux. — Le Livre des Expériences. L’antimoine, en collyre, est utile contre le larmoiement. Répandu en poudre sur les plaies fraîches et encore saignantes, il les conduit à la cicatrisation, mais avec cela qu’il y reste des vestiges noirâtres. Il dessèche les ulcères tels que ceux de la verge ainsi que des organes d’une constitution sèche. — Dioscorides. On fait griller l’antimoine empâté dans de la graisse et on l’abandonne sur les charbons jusqu’à ce qu’il s’enflamme, puis on le retire et on l’éteint avec du lait de femme qui a enfanté un garçon, de l’urine d’enfant, ou du vin vieux. On le grille aussi d’une autre manière : on le met sur des charbons et l’on souffle jusqu’à ce qu’il s’enflamme, puis on enlève, car si on l’abandonnait plus longtemps il deviendrait comme du plomb. On le lave comme on lave la cadmie. D’autres lavent comme on le fait pour le cuivre brûlé ou les scories de plomb.

Voyez le kohl au n° 1898. La citation d’Aristote se trouve dans le Livre des Pierres de la Bibliothèque de Paris (suppl. arabe n° 876), où elle est un peu plus concise, dans un ordre et avec des expressions parfois différents. — Pour les collyres secs, réfrigérants, xxx, voyez Breviarium Serapionis, tract. VII.

Athoua

19 Athoua, PLONGEON, Αιθυια

Dioscorides, II, 50. (Le texte arabe donne à tort livre III.) C’est une espèce d’oiseau. Si l’on sale son foie, qu’on le dessèche et qu’on en donne la valeur de deux cochléars (1) dans de l’hydromel, on fait sortir le délivre. — Ibn Djoldjol. Cet oiseau est ce que nous appelons, en Espagne, bar’ar? xxx (variantes : xxx)

(1) Le cochléar vaut deux drachmes : xxx xxx xxx.

Athrâr

20 Āṯrār - Athrâr, BERBERIS.

C’est le Berbéris, d’après Abou Hanîfa. Nous en parlerons plus tard.

On lit aussi : athouâr Āṯūār. Notre lecture est celle d’Ibrabîm Ibn Ahmed et des manuscrits n° 1023, 1071.

Iddjâs

21 Īǧǧāṣ - Iddjâs, Prune, Κοκκυμηλον.

Les Andalous lui donnent le nom d’yeux de bœuf caīūn al-baqar. — ISHAK IBN SOLEIMAN. Il est deux espèces de prunes, une noire et une blanche. La noire est en réalité l’iddjâs; quant à la blanche, elle est connue sous le nom de chahloudj šāhlūǧ. — GALIEN, Livre des Aliments. La meilleure prune est celle qui est volumineuse, molle, d’une faible astringence. La plus mauvaise est celle qui est petite, dure et très astringente. — EL-BASRY. La meilleure prune est celle qui nous vient de Koumès qūmis - ISHAK IBN SOLEIMAN. Préférez celle qui est charnue, qui a la peau mince, avec de l’amertume et un peu d’astringence. La prune noire, bien mûre, d’une douceur franche, est froide au premier degré et humide à la fin du même. — DIOSCORIDES, I, 174. Le prunier est un arbre connu. Son fruit est comestible, mais il ne vaut rien à l’estomac et relâche le ventre. Quant à la prune de Syrie al-šāmī et particulièrement celle de Damas bidimašq, quand elle est séchée, elle devient meilleure à l’estomac et resserre le ventre. — Galien, livre VII. Le fruit de cet arbre relâche le ventre et particulièrement à l’état frais. Quand il est sec, il est moins laxatif. Quant à Dioscorides, je ne comprends pas comment il a pu dire que la prune de Damas administrée à l’intérieur resserrait le ventre, alors que nous la voyons relâcher le ventre d’une manière évidente, moins cependant que la prune qui nous vient de l’Arménie intérieure Ārmīnīat al-dāḫilīat. Et telle en est la raison : la prune qui nous vient de l’Arménie intérieure est plus douce. Dans chacun de ces pays, il en est de l’arbre comme du fruit. Le prunier qui croît dans l’Arménie intérieure est moins astringent que celui de Damas. En somme, tous les arbres et les souches qui ont de l’astringence dans leurs rameaux et leurs feuilles sont employés avec avantage, en décoction, comme gargarisme contre les inflammations de la luette et des amygdales. — DIOSCORIDES. La décoction des feuilles de prunier dans du vin est employée en gargarisme pour combattre l’afflux des humeurs à la luette, aux piliers du voile du palais caḍltā al-lāūzataīn et aux gencives. Le fruit du prunier sauvage, bien mûr et séché, agit de même. En décoction avec du vin cuit, il est d’une meilleure alimentation et il resserre davantage le ventre. — IBN MASSOUIH. La prune est peu nourrissante. Elle ramollit l’estomac en raison de sa viscosité, et elle le refroidit. Elle relâche le ventre à cause de sa viscosité, et elle évacue la bile. Les propriétés que nous venons d’énoncer sont plus prononcées chez la noire que chez l’autre, en raison de sa grande acidité. Quant à la petite espèce, elle ne vaut rien : elle est faiblement laxative. Quand on en fait usage, il faut l’ingérer avant les autres aliments, surtout chez les tempéraments chauds, attendu qu’elle éteint la chaleur et évacue la bile. Les sujets pituitaires doivent prendre, après son ingestion, de l’eau miellée pour déterger les humidités qu’elle engendre dans l’estomac. Quant à l’espèce blanche connue sous le nom de chahloudj, elle est indigeste et n’est pas laxative ainsi que l’autre espèce; aussi l’emploie-t-on comme aliment et non comme médicament. Elle a pour action de ramollir et de refroidir l’estomac. — RAZES, Livre de la Correction des Aliments. La prune est rafraîchissante et laxative. Elle calme la soif. Les plus rafraîchissantes et les moins laxatives sont les acides, à chairs fermes. Les plus acides sont les plus mauvaises pour les tempéraments froids. Quant aux tempéraments chauds, ils n’ont pas besoin qu’on les corrige, à moins qu’ils n’aient l’estomac très affaibli : ils ont en effet besoin de prendre, après leur ingestion, de l’oxymel ancien. Mais les tempéraments froids et les estomacs faibles ont besoin de faire immédiatement après un fréquent usage de vin généreux et de prendre les électuaires ǧūāršanāt (1) que nous avons décrits. — RAZES, dans un autre endroit. La prune sèche détruit l’appétit. Elle convient aux tempéraments chauds, mais non pas aux vieillards : quand ils en font usage, ils doivent prendre ensuite du mastic et de l’encens pour empêcher son adhérence à l’estomac. — ISHAK IBN AMRAN. La prune acide est froide et sèche. Elle convient aux tempéraments chauds. — IBN MASSOUIH, De la Correction des Médicaments laxatifs. La prune a la propriété d’évacuer la bile et d’en émousser l’acuité, de calmer et d’arrêter les vomissements et de combattre le prurit. Si l’on veut en faire usage, il faut prendre celle qui est franchement acide, la faire bouillir dans un vase, puis en ingérer une demi-livre. — ISHAK IBN SOLEIMAN. La prune blanche est mauvaise; elle est peu relâchante en raison de sa dureté et de son peu d’humidité. La meilleure est celle qui est bien mûre. Si on la fait bouillir, que l’on décante l’eau et que l’on en boive avec du sucre ou du miel, c’est un excellent laxatif, surtout si l’on garde longtemps l’abstinence après son ingestion. — Le Livre des Expériences. Le macéré de prunes est salutaire dans les diverses toux où le vinaigre est nuisible. La décoction de la prune sèche, dans laquelle on aura mis seulement du sucre, est utile contre la fièvre bilieuse. — El-Khoùz Āl-ḫūz. L’eau de prune excite les règles. — Livre de L’Agriculture. Le prunier de montagne est un arbre dont les feuilles sont arrondies et plus petites que celles du prunier cultivé. Son fruit est pareillement acide, d’une acidité franche. Cet arbre ne prospère pas dans les jardins. — GALIEN. Le fruit de la prune petite et sauvage est d’une astringence marquée et resserre le ventre (2).

(1) Le mot djouarchenât ǧūāršināt employé par Razès, est le pluriel de djouarchen ǧūāršin que l’on trouve chez Avicenne, dans le chapitre du cinquième livre consacré à des préparations pharmaceutiques. C’est ce que nous appelons aujourd’hui électuaire ou confection.

(2) Dans le nord de l’Afrique, le mot iddjâs ou plutôt endjâs signifie poire. La prune porte les noms de bergoûg et d’a’ïn. Dans la traduction arabe de Dioscorides, nous trouvons en note que la prune s’appelle, à Jaën, bigournia biqūrnīat.

Ahdak el-mardha

22 Āḥdāq al-marḍā - Ahdak el-mardha, BUPHTHALME.

C’est le behar bihār : en syriaque aïn aghla caīn āġlā. Nous en parlerons à la lettre ba. Voyez le n° 365.

Ihrîdh

23 Īḥrīḍ - Ihrîdh, CARTHAME.

C’est le carthame cuṣfur d’après Abou Hanîfa. Nous en parlerons à la lettre aïn. • Voyez le n° 1548.

Akhyûn

24 Āḫīūn - Akhyûn, Echium, Εχιον.

C’est la tête de vipère rās al-āfācī. On lui donne ce nom parce que son fruit ressemble à une tête de vipère. — Dioscorides, IV, 27. C’est une plante qui a des feuilles rudes, allongées, minces, pareilles aux feuilles de l’ankhusa ānḫusā, sinon qu’elles sont plus petites, couvertes d’une humeur qui s’attache à la main, munies de petits piquants ressemblants à des poils. Les rameaux sont grêles, petits, nombreux, accompagnés de chaque côté de feuilles minces et petites, ayant les extrémités roides, la feuille terminale plus petite que les autres. À la naissance des feuilles sont des fleurs purpurines donnant un fruit qui ressemble à une tête de vipère. La racine est moins grosse que le doigt et de couleur noirâtre. Prise avec du vin, elle est efficace contre les piqûres venimeuses et elle en préserve ceux qui l’ont prise antérieurement. Il en est de même de la feuille et du fruit. Sa racine, prise dans du vin ou dans une boisson quelconque, calme les douleurs dorsales et fait couler le lait.

Sprengel fait de l’akhyoûn l’Echium rubrum, synonymie adoptée par Fraas.

Une note de la traduction arabe de Dioscorides nous apprend que, suivant Ibn el-Beithar, cette plante portait à Alméria le nom de lassa’a al-lascat. Nous lisons encore qu’une variété s’appelle en latin (sic) kadkouldja qadqūlǧat, et qu’Ibn Djoldjol a voulu, y voir l’ierba chana īrbat šānat, c’est-à-dire l’herba sana des Andalous.

Akhînoûs

25 Āḫīnūs - Akhînoûs, Erinos (1), Ερινος,

DIOSCORIDES, IV, 29. C’est une plante qui croît au voisinage des ruisseaux et des eaux accumulées qui proviennent des sources. Elle a une feuille pareille à celle du basilic, sinon qu’elle est plus petite et incisée supérieurement. Elle porte cinq ou six rameaux de la longueur d’un empan, une fleur blanche, un fruit noir, petit et astringent. Les rameaux et les feuilles de cette plante sont remplis d’une humeur. — GALIEN, livre VI. Le fruit de cette plante est astringent; c’est pourquoi il combat les fluxions et dessèche. Les médecins l’emploient dans les maladies de l’oreille et des yeux, alors qu’il faut combattre des fluxions. — DIOSCORIDES. Si l’on prend du fruit de cette plante la valeur de deux drachmes, et qu’on l’associe à quatre drachmes de miel, c’est un collyre qui arrête les afflux d’humeurs à l’œil. L’extrait associé à du soufre et à du natron et introduit dans l’oreille en calme les douleurs.

(1) Il y a dans l’arabe une erreur de transcription : au lieu de āḫīnūs il faudrait Ārīnūs La cause de cette méprise est, probablement, que l’on a considéré comme identiques l’érinos de Dioscorides et l’échinos de Galien. On a fait de l’érinos un basilic ; d’autres en ont fait la Campanula erinus, et Fraas la Campanula ramosissima.

Akharsadj

26 Āḫarsāǧ - Akharsadj, Sorte de Figuier? (1).

Livre de L’Agriculture nabathéenne. C’est un arbre qui croît dans les pays chauds et les endroits arides et secs. Il s’élève à la hauteur d’un homme de forte taille. Son bois ressemble à celui du figuier, mou et creux. Ses feuilles ressemblent à celles du figuier, sinon qu’elles sont un peu plus grandes. Elles ont une saveur douce et fade, sont lisses et sans parties dures, à part quelque chose qui cède à la mastication. Ingéré, il se divise et fortifie le cardia. Il se développe sur les branches de cet arbre et sur sa souche des araignées courtes et petites, avec une enveloppe blanche, à la chute de laquelle ces araignées rampent et se dispersent ; aussi beaucoup de personnes répugnent à manger de ce fruit. La décoction du fruit et de la feuille répandue sur les organes affectés de goutte en calme les élancements. La cendre mêlée à du vinaigre et appliquée sur les plaies, la gale, les phlegmons et les pustules, à plusieurs reprises, les fait disparaître.

(1) Nous ignorons quelle est cette plante. Le nom se trouve, tel que nous l’avons écrit, chez Dietz, chez Sontheimer et chez Galland. Au lieu d’anakeb canākib, Dietz a lu ‘anakid ‘anākīd et a rendu les araignées par des grappes. Il y aurait peut-être lieu de concilier les deux versions en admettant une lacune. Cependant le verbe qui suit, dbt, oblige à voir là des reptiles ou animaux rampants. Toutefois Dietz est dans l’erreur en traduisant sommairement, selon son habitude : « quae ubi deciderunt racemis accolæ vescuntur. » Meyer, dans son Histoire de la Botanique, III, 61, a vu dans cet arbre un figuier.

Addâd

27 Āddād - Addâd, CHAMELEON BLANC.

C’est un nom berbère donné à une plante qui s’appelle en arabe ichkhîs īšḫīṣ, dont nous parlerons plus tard. (Voyez le n° 86.) Dans la langue berbère, l’alif de ce mot est radical. Quant aux deux dals, ils n’ont pas de points.

Nous avons vu les premières plantes qui ouvrent ce livre avec deux alifs. Ici nous n’en avons qu’un, et l’auteur nous avertit qu’il est radical en langue berbère, c’est-à-dire qu’il fait partie intégrante du mot. Dans les noms à deux alifs, le premier est donc mobile, et, pour cette raison, nous pensons qu’il représente l’article berbère masculin singulier. Voyez Etudes sur Ibn al-Beïthâr, Journal asiatique, juin 1862.

Adrîs

28 Ādrīs - Adrîs, THAPSIA.

C’est le nom berbère d’une plante appelée en grec Thafsia ṯāfsīā, dont nous parlerons à la lettre tha. Les Arabes du Maghreb lui donnent le nom de Diriâs diryās.

Voyez le n° 440.

Idkhir

29 Īdḫir - Idkhir, SCHOENANTHE, Σχοινος.

ABOU HANIFA. Il a une tige souterraine et des rameaux grêles, d’une mauvaise odeur. C’est une espèce de jonc, comme le jonc dit coulân al-kūlān, sinon qu’il est plus large et a les nœuds plus petits. Il a un fruit qui ressemble au balai du roseau, sinon qu’il est plus petit et plus mince. On le pulvérise et on le fait entrer dans les parfums. Il est rare que cette plante croisse solitaire : dès qu’elle a paru une fois, d’autres se montrent, et souvent elle couvre tout le sol. Elle croît sur les rivages et les endroits déserts. Elle blanchit en séchant. — ISHAK IBN AMRAN. L’espèce qui croît dans le Hedjaz, et c’est la meilleure, est dite haramy al-ḥaramī. Vient ensuite celle d’Antioche. Quant à celle qui croît à Kafsa Qafṣa et sur les rivages de l’Ifrikiya, elle est d’une qualité inférieure. — DIOSCORIDES, I, 16. Il en est une espèce qui vient dans le pays appelé Libye (il faut lire Lībūī, au lieu de Līnūī). Une autre vient dans le pays appelé Nabathée (ici encore il faut restituer le texte et lire Nabāṭīat, au lieu Ānṭālīā), et c’est la meilleure. La seconde place appartient à l’espèce d’Arabie, que d’aucuns appellent de Babylone bāblī. Il en est qui l’appellent touchitis. Quant à l’espèce de Libye, elle est sans emploi. Il faut choisir celui qui est récent, chargé de fleurs, qui donne en se rompant une couleur rouge, d’une odeur pénétrante et rappelant celle de la rose. Écrasé dans la main, il pique légèrement la langue. Les parties employées sont les fleurs et le chaume de la souche. — GALIEN, livre VIII. La fleur de cette plante est légèrement échauffante et astringente. Elle, ne diffère pas beaucoup des substances subtilisantes ; aussi elle excite l’écoulement de l’urine et des menstrues, employée en fomentations, à l’intérieur, ou en cataplasmes. Elle est également employée contre les tumeurs du foie, de l’estomac et du cardia. La racine est plus astringente que la fleur, et la fleur est plus échauffante que la racine. Du reste l’astringence est accusée dans toutes les parties quand on les goûte, et elle est d’une intensité variable, tantôt plus, tantôt moins. C’est en raison de cette astringence qu’on l’associe aux médicaments administrés contre l’hémoptysie. — DIOSCORIDES. Il est astringent et légèrement échauffant; il est émollient et aide à la coction. Il rompt les calculs et dilate l’orifice des vaisseaux. Il provoque l’écoulement de l’urine et des règles. Il résout les flatuosités. Il rend un peu la tête lourde. La fleur est salutaire contre les crachements de sang, les douleurs de l’estomac, du poumon, du foie et des reins. On la fait entrer dans certains électuaires (Dioscorides dit : antidotes). La racine est plus astringente, c’est pourquoi on l’administre contre les nausées, l’hydropisie, la contusion des muscles, à la dose journalière d’un mithkal avec égale quantité de poivre. Sa décoction employée sous forme de bain de siège est avantageuse dans les inflammations de la matrice. — MASSIH DE DAMAS. Le schœnanthe est chaud et sec au second degré. — RAZES. On l’emploie avantageusement en cataplasme contre les tumeurs indurées du foie et de l’estomac. — AVICENNE. Il calme les douleurs internes et particulièrement celles de la matrice. Il fortifie les ulcères profonds et en dessèche les humidités. Sa fleur purifie la tête. - ANONYME. Flairé pendant longtemps, il alourdit la tête et endort. — Livre des Expériences. Sa décoction dans du vin, administrée à l’intérieur, est diurétique. Il réchauffe la vessie refroidie; employé de la même manière, il provoque les règles, et, pris à l’intérieur à haute dose, il les suspend. Il calme les douleurs qui surviennent à la vessie, résout les vents de tout le corps, employé tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et particulièrement les vents de l’estomac. Employé en poudre, il est plus actif qu’en décoction. La décoction de sa racine, prise pendant un certain temps, est salutaire contre les douleurs articulaires algides. On l’emploie aussi contre les fièvres de nature pituitaire avec du sirop d’oxymel, et il resserre en même temps qu’il excite l’écoulement des urines. — L’AUTEUR (IBN EL-BEITHAR). Sachez que Razès, dans son livre du Continent alḥāūī, dit qu’il est une espèce de schœnanthe appelée de marais āǧmīā, qu’il rapporte à l’illustre Galien, auquel il fait dire ce qu’il n’a pas dit. En cela, il a été suivi par la foule des médecins, comme le cheikh er-Raïs al-šīḫ al-ra’īs (Avicenne), l’auteur du Minhadj al-minhāǧ ṣāḥib (Ibn Djezla), l’auteur du livre dit El-lknaa’ al-īqnāc, et d’autres auteurs. Mais ils se sont trompés, et voici la cause qui a dû les induire en ces aberrations : l’illustre Galien parle du schœnanthe dans son huitième livre, et il lui donne en grec le nom de skhoûnous maritime sḫūnus al-baḥarī. Il en dit ce que nous avons rapporté précédemment en propres termes. A la fin de son discours il mentionne un autre médicament qu’il appelle skounoas des marais al-āǧāmī dont il y a plusieurs espèces, mais qui n’est pas le schœnanthe, ni même une de ses variétés. C’est une plante connue en arabe sous le nom d’acel āsal, et c’est ce qu’on appelle sommâr summār en Egypte et dans le Maghreb. Ce n’est autre chose que le dis al-dīs, dont on fait des nattes grossières. Il en est une espèce grêle, une qui donne des fruits, une autre qui n’en donne pas. C’est une plante connue, dont nous parlerons à cette même lettre alef, suivie d’un sîn, c’est là que vous la trouverez (1). Des gens irréfléchis, égarés par une similitude de noms, ont pensé que cette similitude entraînait nécessairement celle de propriétés et de formes; mais il en est autrement. J’ai du reste traité cette matière et signalé des erreurs pareilles relatives aux médicaments simples dans mon livre auquel j’ai donné le nom d’Exposition critique et signalement des erreurs et divagations contenues dans le livre dit El-Minhadj

(1) Voyez le jonc āsal au n° 65.

Adryoûn

30 Ādrīūn - Adryoûn, CALENDULA.

ISHAK IBN AMRAN. C’est une espèce de parthenium al-āqūān. Il en est à fleurs jaunes et à fleurs rouges. — IBN DJENAH. Ses fleurs sont dorées et au milieu se voit une petite saillie noire. — IBN DJOLDJOL. Cette plante s’élève à la hauteur d’une coudée. Elle a des feuilles allongées, plus longues que le doigt, blanchâtres, pileuses. La plante a des rameaux nombreux et des feuilles pareilles à celles de la camomille. — EL-GHAFEKY. L’auteur du Livre de l’Agriculture dit que sa fleur est jaune et inodore, et que l’odeur qui peut s’en échapper est désagréable. C’est une plante qui tourne avec le soleil et qui ferme sa fleur pendant la nuit. On prétend que si une femme en tient une tige dans les deux mains fermées l’une, sur l’autre et qu’elle soit enceinte, le fœtus en souffre extrêmement, et que si elle continue quelque temps à la tenir et à la flairer, elle avorte. On dit que ses fumigations font fuir les rats et les stellions. C’est une plante chaude, de mauvaise nature. Sa décoction, prise à la dose de quatre drachmes, provoque de violents vomissements. Sa fleur, placée dans un endroit, fait fuir les mouches. Triturée et appliquée en cataplasme sur la région inférieure du dos, elle suscite des érections modérées. — AUTRE AUTEUR. On emploie avantageusement comme errhin le suc de la racine contre les douleurs dentaires, en ce qu’il débarrasse le cerveau de la pituite. On dit que l’on se trouve bien de porter sa racine contre les scrofules. On dit aussi qu’une femme stérile conçoit pour en avoir porté. — AVICENNE, dans les MEDICAMENTS CORDIAUX. L’adryoun est chaude et sèche au troisième degré. C’est un antidote. Elle fortifie le cœur. Toutefois elle porte l’esprit à la colère et le détourne de la gaîté.

Sontheimer a vu dans l’adryoun le souci Calendala officinalis. Le traducteur espagnol d’Ibn el-Aouwam a rendu Adriouna par Matricaire, et M. Clément Mullel par Buphthalme. Le mot ouk’houân autorise cette version. Cependant il nous semble qu’il ne faut pas prendre ce mot à la lettre, dans la rigueur moderne, et nous inclinons à adopter l’opinion de Sontheimer, tant d’après l’ensemble des caractères et des propriétés que d’après ce que nous lisons dans Meninski. Enfin ce que dit El-Ghafeky s’applique au souci, nom dérivé de solsequium. Adryoun est persan et s’applique à plusieurs plantes. Chez Avicenne, il représente le cyclamen. Chez Kazouini, nous croyons à une confusion : on peut reconnaître à certains caractères quelque chose comme un buphthalme ou un chrysanthème; mais dans la citation qu’il fait de Dioscorides, il nous semble qu’on ne saurait voir que le cyclamen. Saumaise a vu aussi un nom du cyclamen dans l’adryouna.

Adân el-fâr el-bostâny

31 Āḏān al-fār al-bustānī - Adân el-fâr el-bostâny, Pariétaire de Crète? – Μυος ωτα

Dioscorides, livre IV. (Dans l’édition de Sprengel, cet article se trouve au livre II.) Il y en a qui l’appellent myosôla, parce que ses feuilles ressemblent à une oreille de rat. On lui donne le nom d’alsîné parce qu’elle croît dans les endroits ombragés et plantés. C’est une plante qui ressemble à l’elksiné, sinon qu’elle est plus courte, qu’elle a les feuilles plus petites et qu’elle n’est point velue. Broyée, elle répand une odeur de concombre. — GALIEN, livre VI. Ses propriétés sont celles de la plante avec laquelle on nettoie le verre (la pariétaire). Aussi est-elle rafraîchissante et humectante, ses éléments étant aqueux et froids. C’est pour cela qu’elle est rafraîchissante sans être astringente et qu’elle est salutaire contre les tumeurs chaudes et les érysipèles légers. — DIOSCORIDES. Elle est rafraîchissante et astringente. Appliquée en cataplasme avec de la farine d’orge, elle est salutaire contre les inflammations de l’œil. Elle calme également les douleurs d’oreille si l’on y injecte son suc. En somme cette plante agit comme l’elksiné (al-qsīnī, ελξινη).

C’est bien dans le IVe livre que cette plante est mentionnée dans l’édition de Mathiole sous le nom d’Alsiné, contrairement à Sprengel, qui la place en tête des myosotis. Fraas la range sous le titre de Parietaria cretica. Mathiole en fait le mouron. Selon Sprengel c’est la Pariétaire de Crète. 11 a été suivi par Sontheimer et par Littré dans Pline, ici comme ailleurs, plagiaire de Dioscorides.

Adân el-far el-berry

32 Āḏān al-fār al-barrī – Adân el-far el-berry, MYOSOTIS SAUVAGE.

Elle est connue en Ifrikiya sous le nom d’œil de huppe caīn al-hudhud. — DIOSCORIDES, à la fin du livre II. Elle a des rameaux: nombreux, sortant d’une souche unique, rougeâtres inférieurement et fistuleux. Ses feuilles sont minces, petites, allongées, ayant le milieu de la face dorsale saillant et noirâtre et les extrémités aiguës. Elles naissent par paires, entre lesquelles est un certain intervalle. Des rameaux partent des pédicules grêles portant des fleurs azurées pareilles à celles de l’une des deux anagallis. Sa racine est de la grosseur du doigt, à radicules nombreuses. En somme, cette plante ressemble à celle que l’on appelle skolofendryoûn sqūlūfandrīūn sinon qu’elle est plus lisse et plus courte (1). Sa racine, employée en cataplasme, est utile contre l’égilops nūāṣar. — GALIEN, livre VII. Cette plante est dessiccative au troisième degré. Elle n’a pas de chaleur apparente.

(1) Il n’est pas question de scolopendre dans l’édition de Mathiole ni dans Pline. Cependant la comparaison se lit chez Oribase. Nous avons rendu āql ḫsūnat par plus lisse. On lit généralement leiotera, dit Sprengel, mais Oribase donne leptotera, « plus grêle. » Quant à la détermination de la plante, Sprengel y a vu le Myosotis palustris et Sontheimer l’a suivi. M. Fée, dans ses notes sur Pline, y a vu le Myosotis scorpioides. Enfin Fraas donne pour synonyme Asperugo procumbens.

Adan el-far el-berry akhar

33 Āḏān al-fār al-barrī āḫar - Adan el-far el-berry akhar, AUTRE MYOSOTIS SAUVAGE.

EL-GHAFEKY. On dit que c’est une plante qui croît dans le sable, ayant ses rameaux couchés sur la terre, et des feuilles pareilles à celles du myosotis cultivé, sous tous les rapports. Si l’on triture cette plante, qu’on en extraie le suc et qu’on en frictionne l’abdomen et la verge d’un individu qui ne peut ni entrer en érection ni copuler, il aura des érections et coïtera plus copieusement. On obtient les mêmes résultats en prenant la plante sèche et en l’employant après l’avoir laissée macérer dans l’eau. Les propriétés de cette plante sont telles qu’on la dit efficace pour le cheval impuissant à la saillie, si on lui fait avec son suc des frictions de la crinière à la croupe; on l’administrerait aussi aux vieillards qui ne peuvent plus coïter, et elle les en rendrait capables. Cette plante croît abondamment au Caire et à Alexandrie. Elle se plaît dans le sable. ‘

Sontheimer a vu dans cette plante le Myosolis arvensis.

Adân el-fâr akhar

34 Āḏān al-fār āḫar - Adân el-fâr akhar, AUTRE MYOSOTIS.

RAZES, dans son livre A qui n’a pas de médecin présent. C’est une plante laiteuse āḫd al-ītūcāt, qui a les feuilles comme le myosotis, velues et blanches, avec des aiguillons minces et des poils blancs. Si on la cueille, il en découle un lait qui purge et fait vomir abondamment. — HOBEÏCH. Ses propriétés sont plus faibles que celles de l’épurge al-māhūbadānat. Celle qui croît en pleine terre et loin de l’eau est plus active et plus subtile que les autres, aussi devient-elle rubéfiante si on l’applique sur une peau tendre. Celle qui croit dans les lieux humides et près de l’eau n’agit pas de même. — AUTRE AUTEUR. On fait cuire le myosotis, on décante l’eau que l’on a associée à de la menthe, on fait boire, puis on donne après à manger du poisson salé, et tous les vers qui sont dans le ventre sont expulsés.

Nous ignorons quelle est cette plante.

Adân el-arneb

35 Āḏān al-ārnab - Adân el-arneb, CYNOGLOSSE.

EL-GHAFEKY. Les Berbères lui donnent le nom d’oreille de brebis āḏān al-šāat et d’oreille de gazelle āḏān al-ġazāl. On lui donne aussi le nom de lossiky al-luṣīqī . C’est une plante qui a la feuille du plantain, sinon qu’elle est plus étroite et plus épaisse. Sa couleur est noirâtre. Elle porte des poils d’un blanc pulvérulent, et en cela elle a quelque ressemblance avec la feuille de bourrache. La tige est de la grosseur du doigt et dépasse la hauteur d’une coudée, portant une fleur azurée mêlée de blanc, pareille à la fleur du lin, de forme globuleuse, que remplace un fruit capsulaire à quatre graines rudes au toucher, s’attachant aux vêtements. La souche a des rameaux comme l’ellébore, noirs en dehors et blancs en dedans, et visqueux. Si on les arrache et qu’on en frotte, à l’état frais, le visage, on y produit de la rougeur et l’on donne au teint de l’éclat. Leur décoction s’administre contre la toux et les aspérités de la poitrine. La feuille, triturée et appliquée en cataplasme avec de l’huile de rose, est salutaire contre les tumeurs du siège, dont elle calme les douleurs et les élancements. Il en est une seconde espèce plus courte que la première, à feuilles plus petites, et à fleurs d’un rouge pourpré.

A l’article Lossîki, Ibn el-Beithâr dit que c’est le nom de la plante dont il parle ici et dont il reproduit quelques caractères, et que c’est aussi le nom d’une autre plante. On donne encore le nom de lossîki à la bardane. Adân el-arneb veut dire : oreilles de lièvre. Le titre et les synonymes donnés par Ghafeky se lisent dans Bochtor sous la rubrique cynoglosse.

Adan el-fil

36 Āḏān al-fīl - Adan el-fil, ARUM COLOCASSIA.

Les uns disent que c’est la kolkâs al-qulqās, d’autres que c’est la grande espèce de louf al-lūf al-kabīr, et ils ont raison. Nous parlerons de l’une et de l’autre.

Adân el-fîl signifie : oreilles d’éléphant. Dioscorides, II, 128, éd. Sprengel, dit que la racine de la fève égyptienne, Nymphœa nelambo des modernes, porte aussi le nom de colocassia. Voyez les n° 1821 et 2047.

Adân el-qassîs

37 Adân el-qassîs, COTYLEDON.

C’est le nom que les gens de Maghreb (ou d’Espagne, suivant certains mss.) donnent à la plante appelée en grec kotoulîdoun jS<\Jsh^. Nous en parlerons à la lettre qaf.

Adân el-qassîs veut dire : oreille de prêtre. En Algérie, on dit : oudèn ech-cheikh, oreilles de vieillard. Voyez n° 1855.

Adân ed-dobb

38 Adân ed-dobb, VERBASCUM.

C’est une des plantes appelées en grec floumous ^y^i. C’est le boussirâ, ]j^m>^. On lui donne ce nom parce qu’elle a les feuilles larges, arrondies et velues. Elle répand une mauvaise odeur.

Adân ed-dobb veut dire : oreilles d’ours. Voyez n° 375, 1263.

Adân el-djedi

39 Adân el-djedi, Plantain.

C’est le grand plantain J~^-S y^-J à Damas et dans les contrées voisines de Syrie. Chez nous, en Andalousie, le peuple donne à la petite espèce le nom d’oreille de brebis. Nous parlerons du plantain à la lettre lam.

Adân el-djedi veut dire: oreilles de chevreau. Voyez le n° 2022.

Adan el-a’nez

40 Adan el-a’nez, Alisma.

C’est le mizmâr er-ra’i, d’après le Livre des Simples du Chérif. On en parlera à la lettre mîm.

Ici nous n’avons dans notre ms. qu’un texte en marge. Nous avons complété d’après les autres mss. On trouve également en marge le mot admâm «Uitl, oxyacantha, que n’ont pas les autres mss. Voyez le n° 2126.

Adân el-hayouânât

41 Āḏān al-ḥaīūānāt Adân el-hayouânât, Oreilles d’animaux.

Razès, dans le Continent. Les parties cartilagineuses ne sont ni nutritives ni digestibles. Quant à la peau qui les recouvre, elle est faiblement nourrissante et peu digestible vu sa minceur et sa sécheresse.

Oroz

42 Oroz, Riz, Ôpu?a.

DIOSCORIDES, II, 117. C’est une des graines avec lesquelles on fait du pain. Elle croît dans les marais et les endroits humides. Elle est peu nourrissante et resserre le ventre. — GALIEN, livre VIII. Le riz a quelque chose d’astringent, c’est pourquoi il resserre convenablement le ventre. — GALIEN, Livre des Aliments. La foule emploie généralement le riz quand il est besoin de resserrer le ventre. On le prépare à l’instar de l’alica; mais il est moins digestible et moins nourrissant, en même temps qu’il est moins agréable au goût. — IBN MASSOUIH. Le riz est chaud au premier degré et sec au second. Sa saveur douce est un indice de sa chaleur. Il fournit un aliment excellent, mais il échauffe les tempéraments chauds. Il est plus nourrissant que le millet, l’orge et le sorgho. Il reste longtemps dans l’estomac. Cuit avec du lait, de l’huile d’amande douce et du sucre, il devient moins astringent et fournit un excellent aliment. Pris avec du sucre, il passe plus rapidement dans l’estomac. Si l’on veut atténuer sa sécheresse, on le fait macérer dans de l’eau de son pendant une nuit ou deux, ou bien dans du lait, puis on le fait cuire avec de l’eau et de l’huile d’amandes douces. On peut remplacer le lait par la pulpe de carthame et l’eau de son. Une propriété de l’eau de riz, c’est-à-dire de sa décoction, c’est de tonifier l’estomac et de resserrer le ventre. Il déterge convenablement. — MASSERDJOUIH. D’après le Haouï, l’opinion la plus sage, c’est qu’il tient le milieu entre le chaud et le froid. Toutefois, il est très sec. Sa décoction resserre le ventre. Il convient contre les ulcères intestinaux et les coliques, pris en potion ou en lavement. Le rouge resserre davantage, étant plus sec. — SINDHECHAR. Le riz excite la sécrétion spermatique. Son usage diminue l’urine, les selles et les vents. — IBN MASSA. Les Indiens prétendent que le riz est le plus excellent et le plus salutaire des aliments, pris avec du lait de vache. On prétend que celui qui s’en nourrit exclusivement prolonge son existence et que son corps se conserve sans altération ni pâleur. — MASSIH. Le riz ne donne pas d’humeur de bonne nature. On l’améliore en le faisant cuire avec du lait de chèvre, et alors il est un bon aliment. Cuit avec du lait de brebis ou de vache, il est grossier et reste longtemps dans l’estomac. — RAZES, dans le Livre de la Correction des Aliments. Le riz dessèche beaucoup et échauffe légèrement. Cuit avec du sumac, il resserre le ventre. Avec du lait caillé, il éteint la chaleur et calme la soif: il faut pour cela qu’il soit bien cuit à part. Cuit avec du lait et pris avec du sucre, il engraisse le corps en même temps qu’il augmente le sperme et donne de l’éclat au teint. — HONEÏN. Galien dit que le riz ne resserre que peu le ventre parce qu’il est médiocrement astringent, ce qui tient à son écorce rouge. Il est moins nourrissant que le froment. Bouilli parfaitement au point de ressembler à de l’eau d’orge, il devient excellent contre l’irritation de l’estomac causée par des humeurs biliaires. — ISHAK IBN SOLEIMAN. Le riz convient aux plaies molles. Employé en lotions, il débarrasse la peau de ses impuretés. — LIVRE DES EXPERIENCES. On fait avec la décoction de riz légère une boisson que l’on fait très bien cuire avec de la graisse des reins de la chèvre : c’est un remède contre les purgatifs violents et la dysenterie qui peut s’ensuivre.

Arakoua

43 Arakoua, Cracca, Āρακος.

GALIEN, Livre des Aliments. C’est une graine petite, dure et arrondie qui croît (o^-àj) parmi les lentilles. — LIVRE DE L’AGRICULTURE. C’est une plante qui croît au milieu des lentilles et qui leur ressemble. Ses graines sont contenues dans quelque chose qui ressemble à une gousse, elles sont noires et arrondies. Une fois sèches, recueillies et moulues, et mélangées à du vinaigre étendu d’eau, si on les laisse au soleil six heures, puis que l’on ajoute un peu d’eau pure et que l’on en fasse avec soin une pâte, c’est un cataplasme contre les abcès chauds indurés : il les ramollit et en calme les souffrances.

Il s’agit ici de l’aracos de Galien, cracca des Latins. Pline en parle au livre XVIII, paragraphe 41. M. Fée n’en a pas donné la synonymie. M. Littré en fait la Vicia villosa.

Ârktion

44 Ârktion, Arctium, Āρκτιον.

DIOSCORIDES, IV, 104. Il y en a qui lui donnent le nom d’arktoun y^lu,! (lisez arktouroun yi)^ki,l). Cette plante a les feuilles blanches, pareilles à celles du verbascum, sinon qu’elles sont plus velues et plus arrondies. Elle a une racine douce, tendre et blanche ; une tige molle et élevée. Son fruit ressemble à du petit cumin. — GALIEN, livre VI. Les propriétés de cette espèce sont très subtilisantes, à ce point qu’elle est aussi dessiccative. Elle est légèrement détersive; c’est pourquoi la décoction de sa racine et de son fruit calme les douleurs dentaires. Quant aux brûlures et aux ulcères qui surviennent à la racine des ongles des mains et des pieds, la décoction de cette plante leur est salutaire en aspersions. Il en est de même des rameaux. — DIOSCORIDES. La décoction, dans du vin, du fruit et de la racine maintenue dans la bouche calme les douleurs dentaires. Elle est également salutaire si on la verse sur les blessures et les gerçures produites par le froid. On la donne avec du vin contre la dysurie et la sciatique.

Sprengel incline à voir dans cette plante un Verbascum ferrugineum, et Fraas dit que c’est le Verbascum limnense. L’article de Dioscorides est reproduit par Pline, sous le nom d’arction. M. Littré admet comme synonyme Arctium lappa, la bardane. M. Fée n’ose pas opter entre le Celsia arcturus et le Verbascum ferrugineum.

Araktîon akhar

45 Araktîon akhar, Arcium, Āρκειον

DIOSCORIDES, livre IV. (Il y en a qui lui donnent le nom de prosôpis et d’autres qui l’appellent prosôpion.) C’est une plante qui a les feuilles pareilles à celles de la citrouille, sinon qu’elles sont plus grandes, plus fermes, inclinant au noir et couvertes de poils. Elle n’a point de tige, mais une racine grande et blanche. — GALIEN, livre VI. Elle est dessiccative, résolutive, et a de l’astringence ; aussi la feuille guérit les ulcères chroniques. — Dioscorides. La racine, prise à l’intérieur à la dose de deux drachmes, est salutaire contre les collections de pus dans la poitrine. Parfaitement triturée, elle est employée en cataplasme contre les douleurs articulaires causées par des contorsions. On fait également avec succès des applications avec la feuille contre les ulcères chroniques.

On s’accorde à voir dans cette plante l’arkeion de Dioscorides, l’Arctium lappa des modernes. La version arabe dit qu’elle n’a pas de tige (jlw *! u*^J. On lit au contraire dans Dioscorides que c’est là seulement une exception : ενοτε, quelquefois.

Armac

46 Armac ou Armâl, Sorte de Cannelle.

IOUHANNA IBN MASSOUIH. L’armac est un remède indien qui ressemble à la cannelle giroflée JJijyUI ajjj. — EL-BASRY. C’est un bois qui ressemble à la cannelle. Il est aromatique et vient du Yémen. — ET-TABERY. C’est une plante dont les rameaux ressemblent à ceux de l’aneth. — RAZES. J’ai entendu dire que l’armac était un bois léger et peu dur, duquel on fabriquait des ensouples (de tisserand). — Razès dit autre part que les médecins considèrent ce médicament comme excellent dans les maladies de la bouche. — AVICENNE. Il est chaud au second degré et sec au premier. Il purifie, l’haleine. Il convient contre les pustules et les abcès chauds, sous forme topique. Il contient les ulcères ambulants, les dessèche et les cicatrise en raison de ses propriétés dessiccatives sans être irritantes. Il prévient la putréfaction des organes, fortifie le cerveau, resserre les gencives et convient dans les maladies de la bouche. Pris à l’intérieur, il convient contre l’ophtalmie. Il fortifie le cœur et tous les viscères et resserre le ventre. En somme, il est utile dans toutes les médications actives.

Jusqu’à présent, nous ne savons pas d’une manière positive ce que c’est que l’armac. Quelques auteurs donnent la cannelle giroflée comme l’écorce du kullilavan. On lit dans Meninski que c’est une sorte grossière de cinnamome, qui vient de l’Arabie, de la Perse et de l’Inde; le tout donné sous l’autorité de Golius, qui le tient probablement d’Ibn el-Beithâr. Le ms. 1071 a soin de noter qu’il faut lire armal, et il inscrit le mot lām dans la lettre finale. On y lit aussi en note que Honeïn la compare aux tiges d’aneth t£uv.&Ji yl^Ai: ^kxa^b JjÀj /vAÀr»-j.

Arîd barîd

47 Arîd barîd, GLAÏEUL.

RAZES. C’est un remède persan. Il vient du Sedjestân et ressemble à un oignon fendu. Il est utile en onctions sur les hémorroïdes. — EL-BALECY. Pris à l’intérieur, il agit puissamment contre la rétention des règles. — EL-GHAFEKY. Je suis très porté à croire que c’est le dolbouth ii)_^Ji.

Ce nom est écrit diversement : arted-barîd, arbarîd «Xjjjj! , et c’est la leçon de Sontheimer. Nous avons adopté celle de Freytag et de Meninski. Ce dernier le donne comme arabe, malgré sa physionomie étrangère. Nous verrons au n° 875 le dolbouth donné comme un xiphion. Le cheikh Dawoud el-Antâki dit que l’arenbarend <XjjjJO)l est la racine du lis blanc (jàjuill y.wj.>wJl J^ol.

Ormînîn

48 ‘Ormīnīn – Ormînîn - SALVIA HORMINUM - Ορμινον

DIOSCORIDES, III, 135. C’est une plante annuelle dont les feuilles ressemblent à celles du marrube (frāsīūn). Elle a une tige carrée, longue d’environ une demi coudée, portant des gousses ressemblant aux siliques du haricot et dirigées vers la racine, contenant des graines. L’espèce sauvage a les graines arrondies et de couleur brune. Quant à l’espèce cultivée, les graines sont allongées et noires. C’est l’espèce employée. On croit en effet que, prise dans du vin, elle excite l’appétit vénérien. Associée à du miel, elle guérit les ulcères de l’œil et l’albugo. Employée topiquement avec de l’eau, elle résout les tumeurs pituitaires alāūrām alblġmīat (οιδηματα) et retire des chairs et de l’intérieur du corps les objets qui y sont entrés, tels que les échardes. Les applications avec la plante entière agissent pareillement. L’espèce sauvage est la plus active, et pour celà on la fait entrer dans certains onguents, particulièrement le gleucinum. — L’AUTEUR. Ibn Djoldjol prétend que cette plante est le kolkol (al-qolqol) et le kolkolân (al-qolqolān), mais la description ne convient pas au kolkol que l’on trouve dans l’Irak et qui est bien connu de nos jours : sachez cela. Quant au kol kol, nous en parlerons à la lettre kaf.

Il s’agit de l’horminon de Dioscorides. Sprengel et Fraas en ont fait une Salvia horminum. Mathiole, sans spécifier, donne la figure d’une labiée. Il fait observer que Pline s’est fourvoyé en comparant l’horminum au poireau, ayant lu prason au lieu de prasion. L’observation d’Ibn el-Beithâr se lit aussi dans la traduction arabe de Dioscorides sous cette indication: ḥāšīat ibn al baīṭar.

Ardjîkna

49 Ardjîkna, Centaurea acaulis.

ABOU’ L ABBAS EN-NEBATY. L’ardjîkna est ce que les teinturiers appellent ardjiknou yJu=-jil|. Ils la font venir du Maghreb, des environs de Bougie, et la meilleure est celle de Sétif. On la connaît également en Ifrikiya. Son efficacité est reconnue contre l’hydropisie. Elle guérit l’ictère, cuite avec des raisins secs et pétrie avec du miel. C’est un médicament bien connu, d’une saveur un peu chaude, qui rappelle en certains points celle de la racine d’artichaut. Elle a aussi de la ressemblance avec la plante connue par les herboristes sous le nom à’azr jj^\ au point de vue de la racine, de la feuille, de la fleur et de la saveur, à cela près que la feuille de l’ardjîkna est blanchâtre, velue, incisée ou non, ressemblant à la feuille de l’azr, sinon qu’elle est un peu plus large. La tige a un empan de longueur ou un peu plus. Il sort à la naissance des feuilles une tige courte portant des capitules arrondis, à fleurs jaunes de forme et de grandeur pareilles à celles du carthame sauvage, yu^s. La fleur est la même. Elle porte quelques aiguillons sans rudesse. — LE CHERIF. Cette plante est froide et sèche. Sa décoction jouit de propriétés détersives, elle débarrasse le corps de ses impuretés. Prise pendant trois jours consécutifs, chaque jour à la dose d’une demi-livre, elle est d’une efficacité reconnue contre l’ictère. Si l’on fait avec sa décoction et de la farine d’orge une pâte, et qu’on l’applique sur les tumeurs chaudes, elle est très salutaire.

Cette plante est la Centaurea acaulis, bien connue et toujours employée à Constantine sous le nom d’ardjaknou, ou redjeknou. Les teinturiers s’en servent pour teindre en jaune. On l’emploie aussi comme topique pour dessécher les plaies. Elle donne de nombreuses et belles fleurs jaunes. Nous croyons l’azr identique avec l’a’zra S>>£, nom sous lequel on connaît le chaméléon noir en Tunisie, au dire d’Ibn el-Beithâr. Voyez le n° 742. Toutefois nous devons ajouter que Galland, en cela d’accord avec le ms. 1023, a lu arzala au lieu de azra. Le ms. n° 1071 porte deux fois, jyill el-arz.

Arac

50 Arac, Salvadora persica.

ABOU HANIFA. La racine et les rameaux d’arac sont parmi les végétaux ce qu’il y a de meilleur et de plus odorant comme dentifrice. Les quadrupèdes qui le paissent donnent un lait parfumé. C’est un arbre élevé, de haute taille, épineux, donnant un fruit en grappe. Il en est une espèce dite berîr jjjj , qui a des graines plus grandes et une grappe plus petite. Ces graines ont un noyau petit, rond, dur, et un peu plus grand qu’un pois chiche. La grappe remplit la main. La plus grande espèce est le kebath i±>U5~, un peu plus forte que la graine de coriandre, sans noyau. La grappe remplit les deux mains. L’une et l’autre espèces commencent par être vertes, puis rougissent et deviennent douce avec un peu dacreté ; ensuite elles noircissent et augmentent de douceur avec un peu d’âcreté. On les vend comme on vend les raisins. L’arac pousse dans le fond des vallées et quelquefois, mais rarement, dans les montagnes. Les aiguillons sont rares et espacés. — IBN RODHOUAN. La graine fortifie l’estomac et resserre le ventre. — IBN DJOLDJOL. Sa décoction est diurétique et purifie la vessie.

L’arac est appelé par les uns Salvadora persica, et Cissus arborea par Forskal, qui la range dans la Tétrandrie. Il ajoute que son fruit porte le nom de kebat,xxx, que ses feuilles s’emploient à l’extérieur sur les tumeurs et à l’intérieur comme contrepoison. L’arac est surtout connu par les Musulmans comme dentifrice. Ils en rapportent de leurs pèlerinages à la Mecque, et il s’en trouve rarement dans le commerce. Nous n’en avons trouvé qu’un seul lot à Constantine. Ce sont des tiges longues d’environ deux décimètres, de la grosseur du doigt, d’une couleur terreuse, couvertes d’une écorce de l’épaisseur d’un ongle, sous laquelle on trouve un agrégat de fibres longues et disposées par couches. Ce sont ces fibres qui, mises à nu, servent de cure-dents. Le Prophète en a vanté les propriétés. Nous retrouverons le berîr au n° 271 et le kebâth au n° 1882.

Artecân

51 Artecân, Ocre, Ωχρα.

On lui donne le nom d’artekîn gj*&;’. Son nom est en grec oukhra, xxx. —Dioscorides, V, 108. Il faut choisir l’ocre qui est légère, complètement jaune dans toutes ses parties, d’une couleur bien prononcée, qui ne contient pas de graviers, qui se rompt facilement et qui provient du pays de l’Attique JjsLi. On la brûle aussi et on la lave comme on fait de la cadmie. Elle est astringente, putréfiante; elle mûrit les tumeurs chaudes et les abcès. Elle enlève les chairs exubérantes des ulcères: associée au cérat, elle y fait pousser des chairs. Elle rompt les indurations appelées bouros ^y 1$) JUb ^di ‘êj\À\ <±*sx?. (Dioscorides dit Pôrous thruplei, rendu par Sprengel : callos comminuit). — IBN EL-DJEZZAR. L’ocre consiste en petits graviers jaunes à l’état de crudité et rouges quand ils sont brûlés.

Les traducteurs de Dioscorides ont généralement rendu Pôrous par concrétions articulaires, et le traducteur arabe l’a compris ainsi.

Arghamoné

52 Arghamoné, Argémone, Aργεμωνη.

DIOSCORIDES, II, 208. C’est une plante qui ressemble au pavot sauvage. Elle a la feuille divisée comme celle de l’anémone, la fleur rouge et des têtes comme l’espèce de pavot appelée rouas (papaver rhœas), mais plus longues que celles du pavot et de l’anémone et plus larges supérieurement. Sa racine est arrondie. Elle donne un suc de la couleur du safran, de saveur chaude. Elle purifie les ulcères de l’œil appelés arghèma, ^^1 (en grec argéma) et ceux qu’on nomme nafalia (en grec νεφελια.). Les feuilles, employées comme cataplasme, calment les inflammations. — GALIEN. Cette plante jouit de propriétés résolutives.

Il s’agit ici de l’argémone de Dioscorides. Sprengel a fait de cette plante le Papaver argemonc. Fraas y voit l’Adonis autumnalis. On lit dans la traduction arabe de Dioscorides : « c’est l’anémone sauvage <^+!t yl^xjii! jJb, » avec cette indication : yji XjlÀîL»-jUijuJI, c’est-à-dire « glose d’Ibn el-Beithâr. » L’argémone est une seconde espèce d’anémone.

Ardjouân

53 Ardjouân, Gaînier.

ET-TIFACHY, dans le livre dit De l’Ordonnance du Discours, ij\h. J^aj. L’ardjouân est un nom arabisé, venant du persan arghouân yl>è)l. C’est un arbre de la Perse. Il porte une fleur d’un rouge très prononcé. Les Arabes ont donné ce nom à toute couleur qui leur rappelle celle de cette fleur. Cet arbre est commun à Ispahan. Il donne une fleur d’un rouge éclatant, comme nous l’avons dit, agréable à l’œil, mais sans odeur. On mange cette fleur, qui a de la douceur, et on la prend après le vin. Le bois est mou et léger : les femmes le brûlent et en retirent une cendre noire dont elles font une teinture pour les sourcils, qu’elle noircit. Elle embellit également les cheveux. L’écorce de la racine compte parmi les médicaments vomitifs. On la fait bouillir et on boit la décoction : c’est un vomitif éprouvé. Je tiens d’une personne sûre que cet arbre est commun aussi à Meïafarekîn Mīāfāreqīn. Une autre raconte qu’on le trouve abondamment dans les vignes de la montagne de Cordoue, en Andalousie, que Dieu la rende à l’Islam ! Elle m’en a donné la description que j’ai faite.

On lit chez d’Herbelot sous la rubrique argevan: « c’est l’arbre de Judée. Il se couvre entièrement de fleurs de couleur de pourpre avant de pousser ses feuilles. Les Persans se servent souvent de cet arbre dans leurs comparaisons : ils donnent au vin le nom d’eau d’argevan, etc.» L’arbre de Judée est le gaînier, Cercis siliquastrum, des Légumineuses. Et-Tîfachi, Aboiu’l-Abbâs Ahmed, auteur d’un traité bien connu sur les pierres précieuses, composa aussi un ouvrage en vingt-qualre volumes, auquel il donna le titre assez banal de Fasl el-Khitâb, « distinctio sermonis , » ce qui veut dire : récit clair et distinct. Haddji Khalifa le bibliographe, qui nous fournit ces renseignements, n’indique pas le sujet de cet ouvrage volumineux.

La ville de Meïafarekîn est située dans le Diar-Becr, à 8 journées au N.O. de Mosul.

Arneb berry

54 Arneb berry, Lièvre terrestre, Λαγωος χερσαιος.

DIOSCORIDES, II, 2 1. Le cerveau du lièvre, rôti et mangé, est salutaire contre les frissons d’origine morbide. Employé en friction sur les gencives ou donné comme aliment, il est salutaire aux enfants contre les douleurs de la dentition. La tête, brûlée et mélangée à de la graisse d’ours ou à du vinaigre, est utile contre l’alopécie. On dit que sa présure, prise pendant les trois joins qui suivent les règles, rend une femme stérile. Elle arrête aussi l’écoulement d’humeur de la matrice et du ventre. Prise avec du vinaigre, elle est salutaire contre l’épilepsie. C’est un antidote contre les médicaments toxiques, surtout le lait figé, et contre les morsures des vipères. Si l’on fait des frictions avec le sang chaud encore, elles font disparaître les éphélides uô&\, le vitililigo, xxx (αλφος) et les lentigo, xxx xxx (φακος) — EL-GHAFEKY. Certains médecins disent que le lièvre entier, rôti et mangé, est salutaire contre l’engourdissement. Bouilli dans une marmite, il est utile contre les ulcères intestinaux. On fait aussi brûler le lièvre tout entier et intact, et on l’administre contre les calculs des reins. Les entrailles du lièvre avec tous ses viscères, rôties sur une poêle et triturées avec de l’huile de rose, sont un remède qui fait pousser les cheveux. — AUTRE AUTEUR. On fait prendre avec succès des bains avec du bouillon de lièvre contre la goutte et les articulations douloureuses. Ses propriétés se rapprochent de celles du bouillon de renard. La chair de lièvre, continuée quelque temps, guérit les sujets qui pissent au lit. — GALIEN, Livre des Aliments. Quant aux chairs de lièvre, elles donnent un sang lourd, meilleur cependant que le sang produit par les viandes de bœuf, de mouton et de brebis. — RAZES, Livre de la Correction des Aliments. La viande de lièvre engendre un sang épais, noir, chaud et fétide. Si l’on est obligé d’en manger, on le corrige en le rendant aussi gras que possible avec les graisses que nous avons mentionnées. On peut aussi le laver et le faire bouillir avec de l’eau et de l’huile assez longtemps pour qu’il soit complètement ramolli. Si on le fait rôtir, il faut le faire sur des vapeurs d’eau. Pour toutes les chairs de venaison, il faut avoir le soin d’évacuer l’atrabile et de ramollir le tempérament, s’il ne l’est pas, et de le rafraîchir s’il est chaud. — AUTRE AUTEUR. Les peaux de lièvre jouissent d’une chaleur tempérée. Elles, conviennent à la plupart des tempéraments. Elles sont moins convenables que celles de chat. Elles sont moins chaudes que la peau du renard et se rapprochent de celle du chat. Les meilleures sont celles qui sont noires et blanches. Elles ont une odeur agréable. C’est un vêtement propre aux vieillards. — Le CHERIF EL-EDRICY. La fiente de lièvre, administrée avec du vin, est utile aux sujets qui pissent au lit.

Arneb bahry

55 Arneb bahry, Lièvre marin, Λαγωος ϐαλασσιος.

AVICENNE. C’est un animal marin, de petite taille, de la nature des coquillages, de couleur rouge, ayant parmi ses organes quelque chose qui ressemble à des feuilles de soude. — AUTRE AUTEUR. C’est un animal marin, de petite taille, ayant une pierre dans la tête. — DIOSCORIDES, II, 20. C’est un animal marin auquel on a donné le nom de lièvre. Il ressemble à l’animal marin appelé toûtîs, (en grec τευθις, en français une sèche). Appliqué seul avec l’ortie (marine), il a la propriété de faire tomber les cheveux. — GALIEN, livre XI. L’eau dans laquelle il a bouilli est employée pour faire tomber les cheveux. — AVICENNE. Ses cendres aiguisent la vue. Cet animal est un poison. Ingéré, il donne la mort avec des ulcérations au poumon. — DIOSCORIDES, dans la Thérapeutique des poisons. Quand on a mangé du lièvre marin, on sent dans la bouche une saveur de poisson comme quand on a mangé du poisson. Quelque temps après, il survient des douleurs au ventre et de la difficulté d’uriner, et l’urine est alors de couleur pourpre et fétide, ainsi qu’il arrive avec les différentes espèces de poissons liUuJl. Les sueurs sont fétides, on vomit fréquemment de la bile mêlée de sang. Aux sujets qui ont mangé de cet animal, il faut aussitôt administrer assidûment du lait d’ânesse, du vin doux, de la décoction de mauve avec ses feuilles, de la racine de cyclamen avec du vin, de l’ellébore noir, du suc de scammonée avec de l’eau miellée, du goudron et du vin. Quand les malades en sont arrivés à refuser toute espèce de poissons, ils recherchent l’écrevisse et s’en nourrissent constamment et avec profit. Un signe excellent qui indique leur délivrance prochaine du poison, c’est leur appétence pour le poisson : au début de la maladie, ils refusent d’en manger.

La dernière citation de Dioscorides n’est pas complètement conforme au texte du médecin grec. Cette citation est extraite du VIe livre, des Poisons. Sprengel fait du lièvre marin l’Aplisia dépilans, mollusque gastéropode, qui porte aussi chez nous le nom de lièvre de mer. (Voyez Cuvier, Annales du Muséum, an XI.)

Ardjân

56 Ardjân, ARGANIER.

C’est un mot berbère, et c’est le nom d’un arbre qui se trouve dans le Maghreb extrême, dans la province de Maroc. Il a des aiguillons très piquants, et donne un fruit de la forme d’une petite amande appelé vulgairement amande berbère yyà\ jyJ. Nous en parlerons à la lettre lam. Voyez le n° 2041, où nous reviendrons sur l’arganier; voyez aussi l’huile au n° 1145.

Artamasia

57 Artamasia, ARMOISE.

C’est le berendjacef ULwl^jJt. Nous en parlerons à la lettre ba. Voyez le n° 255.

Aristoloukhya

58 Aristoloukhya, Aristoloche.

C’est le nom grec de l’aristoloche longue, Jo^kJl «Xjjl^Ji; on lui a donné ce nom des mots aristou _>k*yi, qui signifie bon, et loukhîn (jià.^3, qui veut dire une accouchée. On veut exprimer par là son utilité pour les femmes en couches. Nous parlerons de l’aristoloche longue à la lettre za.

Voyez le n° 1099

Irbiân

59 Irbiân. EL-BECRY. On dit que c’est, en langue syriaque, une espèce de camomille, qui se mange crue et cuite, et qui s’appelle, en grec, bouftalmon, et c’est le behar jW+ll. Nous en parlerons à la lettre ba. D’autres disent que l’arbiân est la sauterelle, :>l^4, ou bien la sauterelle marine. On dit aussi rôubiân, et nous parlerons du roubiân à la lettre ra.

Voyez le n° 1068.

Azadirakht

60 Azadirakht, MELIA AZEDERACH.

Ce mot veut dire, en persan, arbre libre j-=s~Jtj^»-. — IBN SEMDJOUN. C’est un des poisons les plus actifs. Toutefois, on l’emploie en médecine contre les maladies aussi bien que les autres poisons. — AHMED IBN ABI KHALED. L’azadirakht est un arbre de haute futaie et de grande taille. Son fruit ressemble à l’azerole comme couleur et comme forme ; il est en grappes lâches. La fleur est blanche comme celle de l’azerolier. — MASSERDJOUIH. Son fruit, qui ressemble au nebek, est un poison quand il est ingéré. — RAZES. Le fruit est mauvais â l’estomac et nauséeux. Parfois il tue. — AHMED IBN ABI KHALED. L’usage de son fruit entraîne des nausées, des vomissements, de la dyspnée, des obscurcissements de la vue, du vertige à la tête. On y remédie par le traitement de l’euphorbe ou de l’anacarde. — MASSERDJOUIH. Les femmes emploient la feuille pour allonger leurs cheveux. Si l’on triture les extrémités des rameaux encore tendres et qu’on administre le suc avec du miel ou du vin cuit, il est salutaire contre les poisons, la sciatique et le relâchement des testicules, il excite l’écoulement de l’urine et des règles, et résout le sang caillé dans la vessie. — IBN MASSAH. La fleur est chaude au second degré et sèche au premier. Elle convient aux vieillards et aux tempéraments froids, elle résout, par le flairer, les obstructions du cerveau. La décoction de l’écorce avec le myrobolan noir et le fumeterre est utile contre les fièvres pituitaires, la bile et l’atrabile. On en fait usage en automne et au printemps seulement. — ANONYME. L’azadirakht débarrasse la tête de ses humeurs. Il déterge les ulcères humides et étalés. Il fait pousser des cheveux par le procédé suivant : on extrait le suc de l’extrémité de ses feuilles et de son fruit, on le triture avec un peu de litharge, on ajoute un peu d’huile de rose de manière à donner à la masse de la consistance, et on en frictionne la tête pendant plusieurs jours. On frictionne chaque jour sans rien enlever. On entre ainsi au bain après trois jours et, en sortant, on applique le médicament de nouveau sur la tête, et on la couvre avec quelque chose de léger jusqu’à guérison. C’est un remède pour fortifier les cheveux, les allonger et les garantir contre les causes d’altération. On les lave avec le suc retiré des rameaux et des feuilles contuses. On en fait aussi des frictions et des applications avec la feuille seulement. Quand on n’en a pas à sa disposition, on la remplace par celle du chanvre.

Ce mot doit s’écrire, régulièrement azâd-dirakht o«.ù.jai|j|, conformément à l’étymologie persane. En effet, le mot azâd en persan veut dire libre, et le mot dirakht, arbre. Le Ma-la-iessâ explique ce mot parj.aAJi ^jlXc. Le cheikh Dawoud dit qu’on l’appelle aussi tahek ṭāḥek. Kazouini et le Ma-la-iessâ disent ce nom particulier au Tabarestan. On l’appelle en Egypte zelzelakht zelzelaḫt et en Syrie djeroûd ǧerūd. L’azaddirakht est un des végétaux où l’on a voulu voir le persea des anciens. (Voyez le n° 2005.)

Asâroun

61 Asâroun, Asarum, Ασαρον.

DIOSCORIDES, I, 9. On lui donne aussi le nom de nard sauvage. Il a des feuilles pareilles à celles du lierre, sinon qu’elles sont beaucoup plus petites et plus arrondies. Les fleurs naissent entre les feuilles près de la racine. Elles sont de couleur pourprée, pareilles à celles de la jusquiame. Elles donnent une graine comme celle du carthame. La plante a des racines nombreuses, noueuses, grêles, tortueuses, pareilles à celles du gramen, sinon qu’elles sont beaucoup plus minces et odorantes. Elles échauffent et piquent fortement la langue. L’asarum croît dans les montagnes bien boisées. On le trouve en abondance dans la Phrvgie ^jyj, dans l’Illyrie wjj/M et dans la ville appelée Youstîna d’Italie xJUaj.i u* <^JI lula.^!. (Quelques mss. du texte grec portent Ιοσ ?ινη της Ιταιας.) — GALIEN, livre VII. La partie employée de cette plante est la racine, et ses propriétés sont celles de l’acore, sinon qu’elles sont plus prononcées. — DIOSCORIDES. L’asarum est diurétique, échauffant, utile contre la sciatique, emménagogue. Pris à la dose de sept mithkals avec du miel, il purge comme l’ellébore blanc. Il entre aussi dans certaines préparations médicinales (onguents). — AVICENNE. Il est apéritif, calmant toutes les douleurs internes, subtilisant et résolutif. En collyre, il est utile contre les épaississements de la cornée. Il est très utile contre l’induration de la rate et fortifie la vessie et les reins. — LE CHERIF. Pris avec du miel, il accroît la sécrétion spermatique et fortifie les organes refroidis. — ANONYME. En fumigations, il tue les scorpions verts des appartements. Trituré avec du lait et appliqué entre les hanches, il excite l’appétit vénérien et provoque de fortes érections. — LIVRE DES EXPERIENCES. Il réchauffe l’estomac et les reins. Il expulse les humeurs en excès par les urines, relâche le ventre, rompt les calculs des reins et calme les douleurs de ces organes. Il débarrasse l’urèthre des humeurs visqueuses engendrées par les calculs. — IBN SEMDJOUN. L’asarum vient de l’étranger. Il est aussi naturel en Espagne, et le meilleur est celui qui vient d’Algésiras »^>4 yj&Â. Il fortifie l’estomac et le foie et en calme les douleurs chroniques. — EL-GHAFEKY. Celui que l’on emploie en Espagne n’est pas le véritable asarum, bien qu’il lui ressemble extérieurement, et qu’on lui attribue les mêmes propriétés, surtout à celui d’Algésiras, xxx. Quant au véritable asarum, il nous vient du pays grec. Celui d’Algésiras est une plante à tige débile, arrondie, s’élevant à la hauteur d’environ une coudée, parsemée de nœuds, ayant une feuille pareille à celle de la petite centaurée, d’un vert, noirâtre, portant supérieurement une touffe de rameaux de hauteur inégale, ayant à leur sommet de petits capitules du volume d’un grain de blé, intérieurement velus et blancs. Sa racine, moins grosse que le petit doigt, se divise en rameaux grêles, de la longueur d’une phalange, d’une odeur et d’une saveur agréables. Tel est l’asarum qui nous vient d’Algésiras et qui ressemble plus au véritable asarum que les autres provenant d’Espagne, quoi qu’il diffère de l’asarum décrit par Dioscorides. Il en est un autre de l’Espagne qui est amer, d’une odeur désagréable, et que la foule considère comme une espèce d’aristoloche longue. Il a les feuilles plus petites et plus fermes que celle du lierre, il tourne au vert et au noir, il a des rameaux grêles et solides, anguleux, au moyen desquels la plante s’attache à ce qui l’environne et s’élève sur les arbres. La fleur est purpurine, grande comme celle de l’aristoloche, elle donne un fruit pareil à celui du câprier, contenant des graines pareilles à celles de la guimauve. Il a des racines multiples, noueuses, rampant sous terre, de couleur brune et jaune tirant sur le noir, d’une odeur forte, d’une saveur amère, piquant légèrement la langue. Cette plante a la propriété d’être un antidote contre les poisons et les morsures de serpents en général; cette propriété réside dans les feuilles, les graines et la racine. Il en est une autre espèce qui a les feuilles molles et plus petites que l’aristoloche, les rameaux grêles et étalés sur la terre, la fleur et le fruit comme dans l’espèce précédente, avec des proportions moins grandes. La racine est molle, jaune, sans nœuds, et il s’en échappe plusieurs d’un tronc commun, comme dans l’ellébore noir. Elle est amère, aromatique à l’instar de l’asarum. Le plus souvent elle pousse dans la terre blanche Ui>-JI XjjjJI des montagnes. On lui attribue les mêmes propriétés qu’à l’asarum, en remplacement duquel on l’emploie. La foule pense que c’est une espèce de chélidoine. — DIOSCORIDES, V, 68. On prépare ainsi un vin d’asarum : on prend trois mithkals (Diosc. trois onces), on le met en douze co-tyles ii^-Lyi (douze hémines, Diosc.) de vin doux; on laisse deux mois. Ce vin est diurétique. Il convient contre l’hydropisie, les affections du foie et des hanches. — AVICENNE. Il est utile contre l’anasarque. — RAZES, Livre des Succédanés. A défaut d’asarum, on le remplace, par son poids de cardamome, trois fois son poids d’acore et trois fois d’amomum. — AUTRE AUTEUR. On le remplace par une ou deux fois son poids d’acore. — BADIGHORAS (1) dit : par une fois et demie d’acore et un sixième d’amomum.

(1) Les Arabes citent bien souvent un médecin de ce nom. Nous avons parlé, de lui dans l’Introduction placée en tête de ce volume.

Azôurd

61bis. Azôurd, LOTUS.

C’est le nom du handakouka (lotus ou mélilot) chez les Berbères d’Ifrikiya. Nous en parlerons au ha. (Voyez le n° 717.) Dans quelques mss. le nom de cette plante est écrit azrour, jjyj!.

Astoukhodos

62 Astoukhodos, Στοιχας.

IBN EL-DJEZZAR. Ce mot veut dire : qui saisit les esprits j-l.yji’l U£y. — DIOSCORIDES, III, 28. C’est une plante qui croît dans les îles du pays dit Ghalatia, xxx (Γαλατια, la Gaule) en face de la ville appelée Massalia. Ces îles portent le nom de Stekhadès, et cette plante a reçu son nom de l’une de ces îles. Elle a les feuilles (les rameaux) grêles et porte des capitules pareils à ceux du thym ^**aJI (Diosc. θυμος), mais avec des feuilles plus longues. Elle est acre et très amère. Sa décoction, tout comme celle de l’hysope, est employée contre les affections de poitrine. On la fait entrer aussi dans quelques électuaires. — GALIEN, livre VIII. Cette plante a de l’amertume et un peu d’astringence dans toutes ses parties. Sa constitution est complexe. Elle contient des éléments terrestres et grossiers doués d’astringence, et des éléments terrestres aussi mais plus subtils et en plus grande proportion, d’où résulte l’amertume de cette plante. Par la combinaison de ces deux ordres d’éléments, elle est à la fois apéritive, subtilisante et détersive, et elle fortifie tous les organes internes du corps et le corps lui-même. — IBN MASSOUIH. Elle est chaude et sèche au deuxième degré. — IBN EL-DJEZZAR. Elle est chaude et sèche au premier degré. — RAZES. Elle évacue l’alrabile et la pituite. Elle guérit l’épilepsie et la mélancolie si l’on en fait un usage prolongé comme purgatif. — LE MEME, dans le Livre de la Correction des médicaments purgatifs. Prise à la dose de deux ou trois drachmes, elle n’a pas besoin de correctif. Il est préférable de la prendre avec de l’oxymel. — IBN MASSOUIH, dans le livre dit El-Camel. Elle a la propriété de purifier le cerveau. Elle est salutaire contre l’alrabile. On la corrige avec de la gomme adragante et on la donne à la dose de cinq drachmes. On l’emploie aussi comme errhin à la dose d’une drachme dans du miel, et elle purifie complètement le cerveau. — ORIBASE wy»\aj. Prise avec du miel, elle est efficace contre les ébranlements du cerveau causés par l’apoplexie ou par contusion. — AVICENNE, dans le Livre des Médicaments cordiaux. Elle a la propriété d’évacuer les humeurs atrabilaires, particulièrement de la tête et du cœur. Elle réjouit et fortifie le cœur en dépouillant les esprits animaux du cœur et du cerveau de leurs éléments atrabilaires. Elle est légèrement astringente, c’est pourquoi elle condense les éléments des esprits et du cœur. Il semblerait qu’elle ait une propriété contraire en ce qu’elle fortifie le cœur et qu’elle aiguise l’intelligence. — LE MEME, dans son Livre des Simples. C’est un antiputride. Elle fortifie les organes urinaires. On l’administre comme purgatif avec du vin pur ou de l’oxymel et un peu de sel. Elle trouble les tempéraments bilieux et les excite au vomissement en même temps qu’elle les altère. — LE CHERIF. Triturée et administrée pendant quelques jours, elle guérit les tremblements de tête. Sa décoction appliquée en fomentation calme les douleurs articulaires. Prise confite avec du miel ou du sucre, comme on le fait au printemps pour la rose et la violette, elle donne de l’ampleur à la respiration et évacue les humeurs atrabilaires. — AUTRE AUTEUR. Elle est très efficace prise à l’intérieur contre les poisons ingérés et les morsures des serpents. — LIVRE DES EXPERIENCES. Prendre de la stœchas une partie, de l’écorce de racine de câprier une partie, mêler parfaitement avec du miel et administrer contre le refroidissement de l’estomac et contre toutes les humeurs froides qui l’irritent. Associée à de la sarriette jZsz*2.)\ et de la graine d’ache, on la fait entrer dans les compositions purgatives pour neutraliser les coliques qu’elles peuvent susciter. — DIOSCORIDES, V, 51. Le vin de stœchas se prépare comme les vins d’absinthe et d’hysope. On jette dans six conges u~jl.>i- de suc une mine de stœchas. Ce vin résout les humeurs, les engorgements, les douleurs articulaires, celles des nerfs et le froid excessif. On l’administre aux épileptiques avec de la pyrèthre et de l’oxymel, et cela avec succès. On prépare aussi contre ces maladies un vinaigre de stœchas. Le mode est le même que pour le vin : la seule différence, c’est qu’on jette la plante dans le vinaigre.

Voici un paragraphe qui ne se trouve pas dans notre manuscrit :

« Autre. La meilleure est celle qui est brune et sèche. Elle est chaude au premier degré et sèche au second. Elle est atténuante, apéritive et détersive. Elle fortifie le corps et les viscères, combat la putréfaction et relarde la canitie. Elle est souveraine pour fortifier le corps et aiguiser l’intelligence. C’est un antidote contre les poisons ingérés et les venins. On la donne comme purgatif avec du vin pur, de l’oxymel et un peu de sel. Elle provoque des nausées et des vomissements aux sujets bilieux. »

La stœckas se dit en berbère hân et halhâl, et spécialement en Kabylie amezzir. On donne aussi à la lavande stœchas le nom de rby^l iiLw«$ « qui saisit les esprits, » et ce même nom se trouve dans le Dictionnaire de Bokhtor. Galland a lu, xxx xxx, attendu qu’il a traduit : conveniens animabus.

Isfenâkh

63 Isfenâkh, EPINARD.

LIVRE DE L’AGRICULTURE NABATHEENNE. C’est un légume connu. Il s’élève à la hauteur d’un empan. Ses feuilles sont divisées. Il n’est pas tuméfiant comme les autres légumes et n’engendre pas de pituite ; c’est de tous les légumes le plus innocent. Il en est une espèce sauvage qui ressemble à l’espèce cultivée, sinon qu’elle est plus grêle, plus mince, qu’elle a les feuilles plus profondément divisées et qu’elle s’élève moins de terre. — RAZES. L’épinard est d’une constitution tempérée. Il est émollient et convient contre les irritations de la poitrine. En vertu de sa constitution tempérée, il relâche le ventre resserré chez les individus chauds et chez les froids. Il n’est pas, comme la généralité des légumes, tuméfiant et n’engendre pas de la pituite dans le sang. — AVICENNE. Il est froid et humide à la fin du premier degré. Il nourrit plus que l’arroche. Il jouit de propriétés détersives et laxatives. Il neutralise la bile. Parfois il répugne à l’estomac, et il convient d’administrer préalablement son bouillon. Il est utile contre les douleurs dorsales d’origine sanguine. — LIVRE DES EXPERIENCES. Employé comme aliment, il est salutaire contre les affections thoraciques telles que les tumeurs, la toux, les aspérités, surtout si on l’associe à des corps gras. Il est de la même manière utile contre les ardeurs de l’urine. C’est un aliment convenable aux tempéraments échauffés. — LE CHERIF. L’usage prolongé de ce légume est salutaire dans les cas de cuisson à la luette et à la gorge. Il est en effet salutaire contre la cuisson de l’urine et les fluxions chroniques. Cuit avec d’autres légumes, il est encore plus efficace. C’est pour cela que les gens de Ninive ^yÂo J^sl dans le pays de Babylone le sèment hiver et été, et en font un grand usage comme aliment contre les affections de la gorge et de la poitrine et les fluxions récentes, et cela avec succès. C’est chez eux le remède le plus vanté contre les affections de la poitrine et du poumon de nature sanguine, et contre les douleurs provoquées par la bile et par le sang. Pris sous forme de sorbet, il est salutaire contre la fièvre compliquée de toux, surtout si on le fait cuire avec de l’huile d’amandes douces.

On dit aussi isbénâkh. L’épinard n’était pas connu des anciens. M. de Candolle, dans sa Géographie botanique, p. 846, doute de l’ancienneté de sa culture en Espagne et observe qu’on ne trouve pas là-dessus de renseignements chez Ibn el-Beïthâr. Si M. de Candolle eût connu l’Agriculture d’Ibn el-Aouwam, il eût pu voir que déjà au XIème siècle Ibn Haddjâdj avait composé un traité sur l’épinard, où il dit qu’à Séville on en semait de précoces en janvier. (Voir la trad. du M. Cl. Mullet, II, 154)

Astér attikos

64 Astér attikos, Āστηρ ατικος.

IBN OUAFED prétend que c’est le karsâna a^s^yi (eryngium), ce en quoi il se trompe. — DIOSCORIDES, IV, 118. Il y a des gens qui lui donnent le nom de Bubônion y^^y). C’est une plante qui a une tige dure et rude, portant à son extrémité une fleur jaune, pareille à celle de la camomille, avec quelques portions purpurines, à tête divisée, avec des folioles disposées en forme d’étoile. Quant aux feuilles de la tige, elles sont oblongucs et velues. — GALIEN, livre VI. Cette plante porte, en grec, le nom de boubonion uj^y^i, nom tiré de l’aine (en grec βουϐων) parce que c’est un remède accrédité dans la foule pour la guérison des tumeurs de l’aine. A cet effet on l’y applique sous forme de cataplasme, ou bien on l’y maintient simplement en substance. Elle jouit de propriétés légèrement résolutives. En effet, elle a un peu de chaleur, sans être par trop dessiccative ni par trop active, surtout si elle est fraîche et récoltée depuis peu de temps. Elle jouit aussi de propriétés réfrigérantes et expulsives. Donc, c’est un composé de propriétés diverses, à l’instar de la rose, sinon cependant qu’elle n’est pas astringente. — DIOSCORIDES. La feuille de cette plante s’emploie contre l’inflammation de l’estomac, contre les inflammations de l’œil et celles des autres organes, contre la pro-cidence de l’iris *j*xii yxj (la bonne leçon s.XsJiU ycj la procidence de l’anus, est donnée en marge du ms. arabe 1071). Le vulgaire prétend que la variété qui tourne au pourpre, administrée avec de l’eau, est utile contre les angines et l’épilepsie des enfants. Appliquée fraîche en cataplasme, elle est salutaire contre les affections de l’aine. Il suffit de prendre la fleur sèche de cette plante, de l’appliquer sur la tumeur et de l’y maintenir avec la main gauche pour en faire disparaître les élancements.

Nous verrons plus tard que l’aster attique porle aussi en arabe le nom de haleby, xxx, du mot haleb t^JU»- qui veut dire aine. Si M. de Sacy, dans son Abdallalif, p. 81 et 253, Eût connu ce passage, c’eût été pour lui un argument nouveau pour établir que le mot haleb i_aJI=- doit se traduire en français par aine. Sontheimer, ayant négligé de consulter les originaux, a conservé la procidence de l’iris, Vorfall der Iris, tandis qu’on lit dans le texte grec proptôseis edras. Sérapion aussi a lu l’iris »,

On s’accorde généralement à considérer l’aster attique (les anciens comme l’aster amollus. (Voyez le haleby au n° 552.)

Une note da la traduction arabe de Dioscorides dit que cette plante s’appelle en dialecte vulgaire kabestâla? £jlij.u*Aj, qu’elle est très commune, et qu’à Tolède ou la confond à tort à l’eupatoire. Sérapion a confondu l’aster attique avec l’eringium.

Acel

65 Acel – Jonc -

L’acel est le semmar, jUwJI avec lequel on fait des nattes. C’est une erreur de le considérer comme une variété du jonc odorant, comme nous l’avons dit précédemment. — ABOU HANIFA. C’est le Coulân, yVjiii. Il donne des tiges grêles, sans parties ligneuses ni rameaux. On en fait des nattes et, dans l’Irak, des cribles. Il ne pousse que dans les lieux aqueux. — DIOSCORIDES, IV, 52. Cette plante a deux espèces. L’une s’appelle oksikhounos (οξυσχοινος), elle a le sommet aigu et se divise en deux variétés. L’une porte des fruiis, l’autre n’en porte pas. Les fruits de la première sont noirâtres et arrondis, et ses tiges plus épaisses et plus charnues que celles de l’autre. Il en est une troisième qui a les tiges encore plus épaisses et plus charnues que les précédentes et à laquelle on donne le nom de olouskhounos (ολοσχοινος). Elle porte au sommet des fruits à l’instar de l’espèce précédente. Le fruit de l’une et de l’autre, pris avec du vin, constipe, arrête l’hémorragie utérine et est diurétique; toutefois il entraîne de la céphalalgie. Les feuilles voisines de la racine, appliquées à l’état frais, sont, utiles contre les piqûres de phalangium. Le fruit de la troisième espèce, pris à l’intérieur, est soporifique. Il faut éviter l’abus de l’un et de l’autre fruit, sous peine de narcotisme. — GALIEN, livre VIII. Sokhounous, u~y>y<?. Cette plante a deux espèces, une mince et ferme et l’autre grosse et molle. Le fruit est narcotique, surtout celui de la seconde espèce qui provoque de la céphalalgie. L’une et l’autre espèce, grillées et mélangées à du vin, resserrent le ventre, et arrêtent l’écoulement rouge des femmes. Cet ensemble de propriétés indique dans l’une et l’autre espèce une constitution complexe, des éléments terreux et froids, mais légèrement froids, et des éléments aqueux chauds, mais légèrement chauds. Il se peut que les portions qui descendent aux parties basses se dessèchent et qu’il s’en échappe des émanations à la tête, de mauvaise nature et légèrement froides, lesquelles entraînent le sommeil.

Nous avons déjà vu au n° 29, à l’article Idkhir, que l’on confondait à tort le jonc avec le schœnanthc ou jonc odorant. Nous avons vu aussi un autre nom du jonc, appelé dîs dans le Maghreb, bien que ce mot signifie autre chose aujourd’hui. Nous trouvons dans la traduciion. Arabe de Dioscorides une note portant que dans le langage vulgaire de l’Andalousie, expression qui s’appliquait alors au latin devenu espagnol, cette plante porte le nom de lunko, xxx. On s’accorde à faire du schoinos de Dioscorides le jonc commun.

Asclifiâs

66 Asclifiâs, A<y!i’Xt]TTiy.>.

HONEÏN, dans Les Simples de Galien, lui donne le nom de konabera ^jUï, mais il se trompe. En effet la konabera est bien connue de tout le monde en Syrie. Sa forme ni ses propriétés ne sont celles de l’asclépias, et elle n’a aucunement été décrite par Dioscorides ni par Galien dans son Livre des Simples. Sachez cela ! — DIOSCORIDES, III, 96. C’est une plante qui a des rameaux longs portant des feuilles allongées et pareilles à celles du lierre. Elle a des racines nombreuses, grêles et aromatiques; une fleur d’une odeur désagréable et un fruit pareil à celui du pelecinon. Elle croît dans les montagnes. Les racines, prises avec du vin, sont utiles contre les coliques et les piqûres d’animaux venimeux. Les feuilles sont appliquées avec succès en cataplasmes contre les ulcères malins des reins et de la matrice. — GALIEN, liv. VII. Je n’ai rien expérimenté sur cette plante et je n’en dirai rien.

La plupart des commentateurs font de cette plante l’Asclepias vincetoxicum.

Dans la traduction arabe de Dioscorides on lit une note donnée comme d’lbn el-Beïthâr jUajuji (jji io-£l=~ qui admet l’identité contestée au commencement de ce paragraphe. Cependant, à l’article konabira, n° 1838, Ibn el-Beïlhâr cite exclusivement des auteurs arabes. Nous considérons donc cette note comme douteuse.

Islîkh

67 Islîkh – RESEDA

ABOU HANIFA. C’est une plante à tige longue et de couleur jaune, poussant dans le sable et ressemblant à la roquette. — EL-GUAFEKY. C’est le liroun y^.*.W employé par les teinturiers. C’est une plante connue. La feuille cuite sur une pierre chaude et appliquée en cataplasme sur les tumeurs pituitaires les ramollit et les résout. Cuite dans de l’eau avec de la farine d’orge et appliquée en cataplasme, elle est utile contre l’érysipèle. C’est un résolutif et un maturatif. Il en est une espèce sauvage à feuilles beaucoup plus petites que dans la première espèce, à tige garnie de nombreux rameaux étendus sur la terre , d’une couleur cendrée, portant à l’extrémité des rameaux des gousses étagées les unes au-dessus des autres, pareilles à celles de la jusquiame, mais plus petites et plus molles, contenant des graines très petites et noirâtres. Cette plante a des racines de la grosseur du doigt, de couleur jaune et rouge et d’une saveur très âcre. Elle pousse dans les endroits sablonneux et les terres blanches des montagnes. On lui donne en latin le nom de raniâl? Jl*sl>, Triturée et administrée à l’intérieur, elle guérit les douleurs de ventre, exprime les vents, guérit les coliques venteuses et sert contre les piqûres de scorpion et d’animaux venimeux.

Nous avons vu le nom de liroun, xxx, appliqué au réséda en Algérie. Dietz a donné comme synonyme pelecinos, puis comme douteux Hedusaron. Sontheimer n’a pas donné de synonymie. Tous les deux ont écrit lîrout. Où l’auteur a dit en latin jU.vaLî.ML. , Sontheimer a rendu par langage vulgaire de l’Andalousie : nach dem Sprachgebrauch der Andalusier wird sie Zanial gennant. Galland a traduit par latinè. Nous trouvons sous le titre islîkh, chez le cheikh Dawoud, le synonyme liroun, et il ajoute qu’on l’appelle en berbère thefchoun, ’i u^iL, dénomination qui se retrouve en Algérie. On y trouve encore celles de denb el-kherouf, achbet el-kherouf, oukat el-kherouf, dénominations qui impliquent une ressemblance avec la queue d’un agneau. Quant au mot JLùij , qu’on lit aussi JLjjj. JUilj, JUilj et JUjj, ne pourrait-on pas le lire JUj^Jî et y voir le mot Luteola? Le Kitab es-Simât écrit ce mot sous la forme incorrecte J’AJi, (Voyez un autre synonvme au n° 345-)

Astraghâlos

68 Astraghâlos, Atragale, Âa1pxya\os.

Ce mot désigne, en grec, la plante aux osselets ^j^jûL. C’est une plante connue sous le nom de serre ou griffe de l’aigle blanc c->U*.!l <_^JJst (jà^ili chez les herboristes de l’Andalousie. — DIOSCORIDES, IV, 62. C’est un petit arbuste étale à la surface de la terre, ayant des feuilles et des branches pareilles à celles du pois chiche, des fleurs petites et de couleur pourprée, une racine arrondie du volume d’une rave de Syrie et dc la même forme, fournissant de nombreuses radicules noires, très consistantes, dures comme de la corne, enchevêtrées les unes dans les autres, d’une saveur astringente. Elle pousse dans les endroits ombragés, où la neige tombe en abondance. On la trouve communément aux environs du Pénée et du pays appelé Arcache. — GALIEN, livre VI. Cette plante a des racines astringentes, aussi fait-elle partie des médicaments qui ne dessèchent pas médiocrement. C’est pourquoi elle cicatrise les ulcères chroniques et resserre le ventre relâché par des humeurs affluentes. A cet effet, on l’administre à l’intérieur après l’avoir fait bouillir avec du vin. — DIOSCORIDES. La racine de cette plante, bouillie avec du vin, resserre le ventre et fait couler l’urine. Desséchée, triturée et appliquée sur les ulcères chroniques, elle leur est salutaire. Sa trituration est difficile en raison de sa dureté.

Fraas fait de l’astragale un Orobus sessilifolius. Le Dioscorides arabe reproduit l’ étymologie et les synonymes d’Ibn el-Beithâr, puis un synonyme latin illisible:

Ass

69 Ass, MYRTE, Mupo-i’v>j.

ABOU HANIFA. Il est très-commun en Arabie, tant sur le littoral que dans les montagnes. Sa verdure est permanente, et il continue de croître jusqu’à devenir un grand arbre. Il a une fleur blanche et aromatique, un fruit qui devient noir quand il est mûr; il a de la douceur mêlée d’amertume et s’appelle faths ^Jai. — GALIEN, livre VII. Cette plante réunit également des propriétés contraires. Ce qui domine chez elle, ce sont les éléments terreux et froids. Cependant, elle en possède de chauds et subtils. C’est pourquoi elle est fortement dessiccative. La feuille, les rameaux, le fruit et le suc exprimé de la plante ne diffèrent pas beaucoup au point de vue de l’astringence. — DIOSCORIDES, I, 156. Le moursinê hèmeros, c’est-à-dire le myrte cultivé, est astringent ainsi que son fruit. Ce fruit est mangé vert ou séché, contre les crachements de sang et les ardeurs à la vessie. Le suc du fruit encore frais jouit des mêmes propriétés. Il convient à l’estomac et provoque l’écoulement de l’urine. Il est également salutaire contre les piqûres de phalangium et de scorpion, pris avec du vin. Sa décoction s’emploie pour teindre les cheveux. Bouilli avec du vin et employé en décoction, il guérit les ulcères des mains et des pieds. Appliqué localement avec de la farine d’orge, il calme les inflammations de l’œil. On l’applique aussi contre l’égilops. Le vin préparé avec le suc du fruit doit être soumis à une légère cuisson, car autrement il s’aigrit. Pris avant le vin ordinaire, il empêche l’ivresse. Il a du reste les mêmes propriétés que le fruit. Introduit dans les bains de siège, il est salutaire contre la procidence de l’anus et de la matrice et les flux chroniques. Il déterge les furfures de la tête, les ulcères humides et les pustules. Il empêche la chute des cheveux. Il entre dans les emplâtres mous, tout comme y entre l’huile préparée avec la feuille. La décoction de la feuille, employée en bains de siège, est utile contre le ramollissement des articulations. On en fait des aspersions salutaires sur les fractures qui ne se garnissent pas de chairs. Il déterge le vitiligo. On en instille dans les oreilles contre l’écoulement du pus. Il noircit les cheveux. L’extrait de la feuille agit pareillement. — GALIEN. La feuille séchée est plus dessiccative que la feuille fraîche, celle-ci conservant encore de l’humidité. Le rob de myrte se prépare non pas avec le suc de la feuille, mais avec celui de la graine. Toutes ces préparations sont astringentes et salutaires employées comme topiques, ainsi qu’à l’intérieur, n’ayant aucun élément purgatif ni détersif. — DIOSCORIDES. Si l’on triture la feuille, qu’on verse de l’eau par-dessus et qu’on y ajoute un peu d’huile d’omphacium ou d’huile de rose et du vin, on en fait avec succès des applications locales sur les ulcères mous, les parties qui donnent un écoulement d’humeur, les écoulements chroniques, les myrmécies, l’érysipèle, les abcès chauds des testicules, les épinyctides, les hémorrhoïdes. Triturée sèche, on la répand avec avantage sur les panaris. On l’applique sur les aisselles et les aines fétides. Elle suspend les sueurs des sujets qui ont des palpitations, et les fortifie. Brûlée ou non et associée à de la cire et de l’huile, elle guérit les brûlures et les panaris. Voici comment s’exprime le suc de ses feuilles : on triture, puis on verse dessus du vin vieux ou de l’eau de pluie, et l’on exprime. Ce suc doit être employé à l’état récent, car, une fois desséché, il se rétracte et perd ses forces. Quant au myrtidanon, c’est quelque chose d’inégal qui pousse sur la tige du myrte et ressemble à une main. Son astringenec est plus forte que celle du myrte. Pour le conserver, on le triture, on le mêle avec du vin acerbe, on en fait des pastilles et on les sèche à l’ombre. Ces pastilles sont plus astringentes que la feuille et le fruit du myrte. Quand on a besoin d’exercer une action astringente et qu’il est nécessaire d’employer du cérat, on lui associe de ces pastilles. On agit de même pour les ulcères avec les emplâtres et les bains de siège. — GALIEN. Cette substance étant d’une nature plus sèche que la feuille, le fruit et le suc, elle est également plus astringente et plus dessiccative. — IBN MASSAH. Le myrte est froid au premier degré et sec au second. — IBN MASSOUIH. Le myrte est utile contre la chaleur humide. Il arrête les écoulements causés par la bile. Flairé, il est utile contre les vapeurs chaudes et humides; on peut aussi faire usage des fruits à l’intérieur. Le fruit convient contre la toux, en raison de sa douceur naturelle, et contre le flux de ventre provoqué par la bile. Il n’a aucun effet fâcheux pour la poitrine ni le poumon. — ISHAK IBN AMRAN. La feuille sèche pulvérisée est répandue avantageusement sur les ulcères humides et rongés, les excoriations des membres. Si l’on fait sur la tête des applications de myrte frais battu avec du vinaigre, on arrête l’épistaxis. La graine coupe la soif et arrête les vomissements. — ISHAK IBN SOLEIMAN. Les fumigations faites avec du myrte sont utiles aux femmes contre les écoulements utérins. Il en est de même des fumigations pratiquées avec la décoction chaude. Si l’on y associe de la décoction de bette, elle est salutaire contre les ulcères faveux de la tête. Triturée et associée à de la décoction de fève, elle est salutaire contre les lentilles de la face. Le fruit tonifie les gencives et la bouche. Il est peu nourrissant et désagréable. Pris à l’intérieur, il fortifie l’estomac, les intestins et la vessie. — AVICENNE, LIVRE DES MEDICAMENTS CORDIAUX. La constitution du myrte, à ce qu’il parait, n’est pas une de ces constitutions fixes dont le caractère s’accuse par une propriété unique et dominante. Il semble au contraire qu’il soit composé de deux éléments, l’un où domine le froid et l’autre où domine la chaleur. Leur association n’est pas bien établie de telle sorte que les propriétés et les actions soient nettement tranchées. Il est donc assez difficile de juger le myrte. Il semble que les éléments subtils dans lesquels domine la chaleur sont en minorité, et que les éléments grossiers où domine le froid sont en majorité. Leur union n’est pas tellement, étroite que la chaleur naturelle de nos corps ne puisse les séparer. Elle les isole donc, et nos corps sont pénétrés d’abord par les éléments chauds qui réchauffent. Viennent ensuite les éléments froids qui fortifient et resserrent, d’où sa grande efficacité pour la pousse des cheveux. En effet les éléments chauds attirent d’abord la matière et dilatent les pores, et une fois la matière attirée, les éléments froids la fixent sur les cheveux. Ses propriétés aromatiques tiennent à ses éléments chauds, et son acerbité à ses éléments froids. Si l’on juge le myrte d’après sa complexion dominante, il est froid au premier degré et sec au second. Il jouit de plus de propriétés subtilisantes. Par ses propriétés aromatiques, il convient aux esprits animaux, en raison de ses vertus astringentes et subtilisantes, les fortifiant, les épurant, les dilatant. En raison de toutes ces propriétés, c’est un des médicaments les plus salutaires contre les palpitations et la faiblesse du cœur. — AVICENNE, IIe livre du Canon. Sous forme de boisson, il n’est pas constipant, et il n’est salutaire dans les affections du poumon et contre la toux qu’en sirop. La feuille est utile contre la dysenterie légère, soit sous forme de poudre, soit sous forme de cataplasme. La décoction de la feuille dans du vin calme la céphalalgie violente, appliquée topiquement. La fleur prévient les afflux d’humeurs à l’estomac. Elle est salutaire contre l’âcreté de l’urine. Elle est excellente pour arrêter les écoulements des règles. La décoction de la feuille resserre le ventre et arrête le dévoiement biliaire, tant sous forme de fomentation que prise à l’intérieur. Prise avec de l’huile et du vinaigre, elle exprime et expulse la pituite. Elle contient l’exophthalmie, et ses cendres entrent dans les préparations employées contre l’onglée. — RAZES. Si un homme affecté de tumeurs à l’aine introduit son petit doigt dans un anneau fait de la tige, il en est soulagé, — LIVRE DES EXPERIENCES. La généralité de ses parties est utile en fomentations contre les entorses récentes. Il arrête l’afflux des humeurs. Le fruit encore frais est plus calmant dans les entorses. Avant sa maturité, il est préférable contre la chute des cheveux. — DIOSCORIDES, livre V. On prépare ainsi le vin de myrte : on prend les extrémités noires du myrte, les feuilles avec le fruit, et on les triture. On en prend dix mines et on les mélange avec trois congés de vin doux. On fait cuire jusqu’à perte d’un tiers et qu’il reste deux tiers. On décante et on enlève. Ce vin est salutaire contre les ulcères mous de la tête, les furfures, les pustules, le ramollissement des gencives, la tumeur des amygdales, l’écoulement purulent des oreilles, les sueurs excessives. Quant au vin de baie de myrte, telle est la manière de le préparer : on prend les baies noires et mûres, on les triture et on les exprime au pressoir, on enlève le suc et on le conserve. Il y a des personnes qui font sécher le fruit du myrte au soleil. Elles le triturent ensuite, puis elles y ajoutent, pour chaque mesure appelée chœnice, trois cotyles ^VJjbjï d’eau et de vin vieux. On exprime ensuite et l’on conserve le jus. Le vin de baie de myrte est fortement astringent. Il convient à l’estomac, il arrête les écoulements d’humeurs vers cet organe et vers les intestins. Il convient contre les ulcères internes et les écoulements chroniques de la matrice. Enfin, il teint les cheveux en noir.

Le myrte, dit le cheikh Dawoud, porte en arabe le nom de rihân yVa?j : c’est en effet le nom sous lequel il est connu en Algérie, et son fruit y est connu sous le nom de halmouch (j£j_^. On connaît aussi le mot kheizerân, que nous allons voir au n° suivant, mais appliqué particulièrement au bois.

Ass berry

70 Ass berry, HOUX FRELON, Mupart’vij àypi’a.

Ce végétal est connu à Damas et dans les cantons voisins de la Syrie sous le nom de kif ouondhor, jOù\} oiï (arrête-toi et regarde). En Espagne, nous lui donnons le nom de kheizerân du pays ^^j (jI.>a^. — DIOSCORIDES, IV, 144. Le mirsinê aghria, ce qui veut dire myrte sauvage, est une plante qui a les feuilles pareilles à celles du myrte cultivé, sinon qu’elles sont plus larges et ont les extrémités aiguës, pareilles à des fers de lance. Le fruit est globuleux et naît sur les feuilles; une fois mûr, il est de couleur rouge et contient des grains durs. Il a des rameaux pareils à ceux de la plante appelée lour’os, xxx (osier, en grec λυγος), abondants, sortant d’une tige unique, difficiles à rompre, de la longueur d’environ une coudée, remplis de feuilles. Quant à la racine, elle ressemble à celle du gramen, xxx. Mise à la bouche, elle accuse de l’astringence mêlée d’amertume. La feuille et le fruit, administrés avec du vin, sont diurétiques, emménagogues et lithontriptiques, guérissent l’ictère, l’incontinence d’urine et la céphalalgie. Cette plante croît dans les lieux difficiles et abruptes. La décoction de la racine avec du vin jouit des mêmes propriétés que les feuilles et le fruit. Les rameaux encore frais de cette plante se mangent : ils sont amers et diurétiques.

On s’accorde à considérer le myrte sauvage de Dioscorides comme le houx frelon. Ruscus aculeatus.

Ashafâk

71 Ashafâk ?

ABOU HANIFA. Cette plante s’étend comme une corde à la surface de la terre. Ses feuilles ressemblent à celles de la coloquinte. Elle a des gousses, xxx, plus courtes que celles du haricot, contenant des graines employées contre la sciatique.

Variantes : xxx, xxx. Nous ignorons quelle est cette plante.

Assious

72 Assious, Pierre d’Assos, Λιθος ασιος.

C’est la neige de Chine, xxx xxx, chez les anciens médecins d’Egypte. Le peuple et les médecins du Maghreb lui donnent le nom de baroud, xxx. — DIOSCORIDES, V, 141. C’est une espèce de pierre. Il faut choisir celle qui a la couleur de la pierre ponce, qui est spongieuse, légère, très friable, qui est veinée profondément de jaune. Quant à la fleur de cette pierre, c’est un sel que l’on trouve dessus, pulvérulent, partie de couleur blanche, partie de la couleur de la pierre ponce et tournant au jaune. Mise sur la langue, elle la pique légèrement. — GALIEN, livre IX. On donne à cette pierre le nom de pierre assienne. Cependant elle n’a pas la dureté de la roche, mais ressemble par la consistance et la couleur aux dépôts des chaudières des bains. Elle est spongieuse et très-friable. Elle est recouverte d’une espèce de poussière pareille à celle des moulins, qui s’enlève et s’attache au mur quand on tamise la farine. Ce médicament est appelé Fleur de la pierre d’Assos, et cette pierre n’est autre que la roche sur laquelle est engendrée la fleur. La fleur a les mêmes propriétés que la roche, mais avec cela que la roche est moins active que la fleur. Les propriétés de la fleur surpassent celles de la pierre non pas seulement en ce qu’elle est plus fondante, plus soluble et plus dessiccative, mais en ce qu’elle agit sans beaucoup irriter, et qu’elle a de plus une saveur salée. La raison de cela est que la fleur est le produit d’une évaporation marine qui tombe sur cette roche où elle est desséchée par le soleil. — DIOSCORIDES. La pierre et la fleur jouissent de propriétés légèrement putréfiantes et résolutives des abcès, associées à la térébenthine ou à la poix. Il faut savoir que les propriétés de la fleur surpassent celles de la pierre. La fleur desséchée guérit les ulcères anciens de cicatrisation difficile. Elle détruit les chairs exubérantes des ulcères fongiformes et les ulcères malins. Elle fait pousser des chairs dans la cavité des ulcères et les purifie, associée à du miel. Mêlée à du cérat, elle arrête l’extension des ulcères malins. Mêlée à de la farine de fève et appliquée localement, elle est utile contre la goutte. Mêlée à de là chaux et du vinaigre, elle est salutaire contre les tumeurs de la rate. Avec du miel et prise sous forme d’éclegme, elle est utile contre les ulcères du poumon. On fait de cette pierre des bassins dans lesquels les goutteux mettent leurs pieds, et ils s’en retournent soulagés. On en fait aussi des sarcophages qui rongent les chairs. La fleur de la pierre, répandue au bain sur les corps gras et chargés de chairs, les amaigrit. Si l’on veut laver cette pierre et sa fleur, il faut le faire comme on fait de la cadmie. — L’AUTEUR. La fleur arrête les hémorragies tenaces des gencives. Cette propriété est éprouvée. — IBN RODHOUAN. La fleur éclaircit et aiguise la vue. Employée en collyre, elle fait disparaître les taies de l’œil.

La pierre Assienne, ou d’Assos, tire son nom de la ville d’Assos, en Troade, où elle était abondante. On s’accorde à la considérer comme de l’alunite. Les expressions, xxx xxx ont été lues différemment par les traducteurs allemands. Dietz a lu datte de Chine, xxx xxx. Sontheimer a lu xxx et il traduit : Chinesischies Salz, sel de Chine. Notre manuscrit, aussi bien que d’autres, porte très lisiblement ṯalǧ al-ṣīn, ce qui convient parfaitement à la fleur d’Asie, zaherat āsīūs, comme dit Avicenne. Quelques-uns ont vu le salpêtre dans la pierre d’Assos. A la lettre Th Sontheimer a cependant inscrit cette substance sous le nom de ṯalǧ al-ṣīn, neige de Chine. (Voyez le n° 449)

Isfîdadj

73 Isfîdadj, CERUSE, Ψιμυθιον.

DIOSCORIDES, V, 103. On la prépare de la manière suivante : on verse du vinaigre fort dan un pot à large ouverture ou dans une amphore; on met sur l’ouverture des fragments de roseaux, puis une lame de plomb, et l’on couvre parfaitement pour contenir les vapeurs du vinaigre. Une fois la masse de plomb fondue et tombée dans le vinaigre, on enlève la partie du vinaigre restée transparente et on la met de côté, et ce qui en est à l’état plus concentré, on le verse dans un vase et on le fait sécher au soleil. Ensuite on le passe à la meule pour le réduire en poudre et on le crible une seconde, une troisième et même une quatrième fois. La meilleure, que l’on emploie pour les remèdes de l’œil, est le produit du premier tamisage; vient ensuite le produit du second, et ainsi de suite. Il y a des gens qui suspendent des morceaux de bois au milieu du vase et les chargent de plomb, de manière qu’il ne baigne pas dans le vinaigre. On recouvre avec du plomb, on lute, puis après dix jours on voit si la matière est dissoute; alors on se comporte comme nous l’avons dit précédemment. Si l’on veut en préparer des pastilles, on pétrit la masse avec du vinaigre et l’on en fait des tablettes que l’on sèche au soleil. Il faut opérer en été, car alors la céruse a des propriétés et des actions plus marquées, et elle est d’un plus beau blanc. On peut toutefois opérer en hiver, et alors on expose les pots sur la terrasse d’un établissement de bains on au-dessus des fourneaux. La chaleur du bain et des fourneaux, agit à peu près comme le soleil en été. La meilleure céruse est préparée dans l’île de Rhodes, à Corinthe et à Lacédémone ; vient ensuite celle du pays de Dicéarchie. On grille la céruse de la manière suivante : on prend un vase de terre neuf, particulièrement fabriqué dans l’Attique, xxx, on le met sur les charbons, on y verse la céruse triturée et on l’agite continuellement. Une fois qu’elle a pris la couleur de la cendre, on la retire et on la laisse refroidir, et on la met de côté pour l’usage. On lave la céruse comme on lave la cadmie. La céruse est agglutinante, rafraîchissante, émolliente. Elle fait pousser des chairs sur les ulcères, elle en détruit les chairs exubérantes sans irritation et les cicatrise. A cet effet on l’associe au cérat ou aux onguents appelés lipara. On la fait aussi entrer dans les pastilles. Toutefois c’est un médicament, qui peut donner la mort. — GALIEN, livre IX. Cette substance témoigne aussi des propriétés du plomb. En effet, bien dissoute dans du vinaigre très fort elle n’est ni caustique ni irritante. Elle n’est pas non plus résolutive, mais agglutinante et froide, contrairement au verdet, xxx, fait de vinaigre et de cuivre. — MASSIH DE DAMAS. La céruse est froide au second degré. — ARISTOTE. On en fait des embrocations sur les taches blanches qui surviennent à la suite des maladies de l’œil chez les animaux. Elle guérit aussi les ulcères si on l’associe à des succédanés. Ses emplâtres sont utiles pour les plaies. Elle ronge les chairs altérées et en fait pousser de bonnes. Associée à des huiles, elle est bonne pour les brûlures. On reconnaît l’endroit de son application à sa coloration blanche. — LIVRE DES EXPERIENCES, Elle agit sur les ulcères des intestins et sur les plaies à l’instar du minium. Dissoute dans du vinaigre et employée en embrocalions sur le front, elle est salutaire contre la céphalalgie. Associée à l’huile de rose, elle est plus efficace. On l’emploie comme médicament externe contre la lippitude. Elle entre dans les autres médicaments que l’on injecte dans l’œil. Lavée parfaitement avec de l’eau douce, puis à plusieurs reprises arrosée d’eau de rose, pendant plusieurs jours consécutifs, à un soleil chaud, elle est salutaire, employée seule, contre l’ophthalrnie aiguë. On l’emploie en collyre, associée à du lait de femme ou du blanc d’oeuf, et on l’instille dans l’œil. Dissoute dans l’eau de morellc ou de tout autre succédané, elle est employée avec succès contre l’érysipèle, contre les brûlures faites par le feu et par l’eau, et contre tous les abcès chauds. — DIOSCORIDES, Livre des Poisons. L’ingestion de la céruse se trahit par la couleur. En effet, on voit blanchir le palais, la langue et les gencives. Il survient des rapports, de la toux, de la sécheresse de la langue, de la froideur au cerveau (Dioscorides dit aux membres), de la sueur, de la faiblesse et de la prostration. En ce cas, il faut, administrer de l’eau miellée, de la décoction de figues et de mauve, du lait chaud, du sésame écorcé avec du vin, des cendres de figuier, de la fleur d’amaracum, xxx, du lys appelé irissa, xxx. On peut aussi donner des noyaux de pêches cuits avec de la farine grossière (il faut, sans doute, lire t>j_f»Jl ^s^j ^-yds-o, au lieu de g-^ y.«_j^JI y-^^). On administre aussi de l’encens, de la gomme de prunier, de l’humeur qui se trouve sur l’orme, et tout cela avec de l’eau tiède. Après chacun de ces médicaments, il faut donner un vomitif. On peut donner aussi les sucs de thapsia et de scammonée avec de l’eau miellée. — AHMED IBN ABI KHALED. A défaut de céruse, on peut employer les scories de plomb brûlé.

Asrendj

74 Asrendj, MINIUM.

Chez les peuples du Maghreb, c’est le salikoun , xxx ou zerkoun, xxx. On lui donne, en grec, le nom de sandyx (xxx). — RAZES. C’est le plomb brûlé au moyen d’une chaleur telle qu’il en rougisse; on y ajoute aussi du sel. On peut encore l’obtenir en brûlant la céruse. — DIOSCORIDES, V, 103. Voici une manière de brûler la céruse : on la triture et on la jette dans une marmite profonde que l’on place sur le feu, on agite avec un bâton jusqu’à ce que l’on voie apparaître la couleur de l’arsenic rouge. On enlève alors de dessus le feu et l’on conserve pour l’usage. Ce produit ainsi préparé est appelé par quelques uns sandoukhîs xxx. — GALIEN, livre IX. La céruse brûlée se transforme et devient du minium. C’est un médicament plus subtil, mais qui cependant ne compte pas parmi les échauffants. — IBN SEMDJOUN. Au dire d’Aristote, il est utile contre les plaies. On le fait entrer dans les onguents. A cette fin, on le fait cuire avec de l’huile d’olive ou des huiles aromatiques, puis on en prépare des onguents. Il est dessiccatif, purifie les ulcères et détruit les chairs corrompues. — LIVRE DES EXPERIENCES. Employé en lavement, avec de la graisse ou du plantain, il est avantageux contre les ulcères intestinaux. Cuit avec de l’huile jusqu’à consistance d’onguent, il fait pousser des chairs dans les ulcères et les nettoie de leurs impuretés. — Autre. Le minium est froid et sec au second degré.

Le minium, sandux des Grecs, n’a pas de paragraphe spécial chez Dioscorides ni chez Galien. C’est à l’article céruse, psimmithion, qu’ils indiquent un procédé de préparer le sandux. (Voyez le n° 1132, note.)

Isfondj el-bahr

75 Isfondj el-bahr, Eponge de mer, Σπογγος.

ABOU’L ABBAS EN-NEBATY. Nous nous sommes assuré que cette substance pousse d’une pierre, contrairement à l’opinion commune qui veut que ce soit un animal, et qu’elle soit douée de propriétés appartenant aux animaux. Il n’est rien de tout cela. Elle a son origine dansi des fibres ténues qui se trouvent sur cette pierre, pareilles aux fibres des boules de mer, xxx, dont nous avons parlé. Il s’y développe des filets concrètés et déliés de toutes parts, qui finissent par se rattacher les uns aux autres et acquérir cette forme connue : louanges soient rendues au souverain Créateur ! C’est ainsi que se forment rapidement d’autres sortes. Il en est une qui acquiert la consistance de la pierre et que la mer rejette dure, à l’instar du corail et des produits analogues. — DIOSCORIDES, V, 137. Il en est une espèce que les Grecs ont appelée mâle, finement percée et très dense. Les plus dures de cette espèce sont dites de bouc, xxx. Il en est une autre qui a été appelée femelle et qui a des caractères différents de ceux de la première. On brûle l’éponge tout comme on brûle l’alcyonion. — GALIEN, livre XI. L’éponge brûlée a la propriété d’être chaudc et résolutive. J’ai connu un de nos maîtres qui l’employait contre les hémorragies causées par les incisions ou les ponctions, et il en conservait pour en avoir de prête au besoin. Il tenait les éponges à l’état sec et sans humidité aucune. De.plus, il les trempait dans du bitume et, à défaut de bitume, dans de la poix liquide. Il les appliquait surles endroits affectés d’hémorragie, tout allumées, afin qu’elles agissent aussi comme caustiques et qu’elles servissent à recouvrir la plaie, jouant ainsi un double rôle. L’éponge récente et prise isolément n’agit pas seulement comme la laine et la charpie, xxx, en conservant comme elles les humeurs qui la pénètrent : elle a aussi une action dessiccative très prononcée. Sachez bien que si vous l’employez seule pour traiter les plaies, il faut la tremper dans de l’eau, du vinaigre étendu ou du vin, suivant la diversité des corps (à traiter), et vous les cicatrisez avec ces éponges comme on le fait avec les baumes connus pour la cicatrisation des plaies récentes et encore saignantes; que si, au contraire, vous n’avez pas une éponge toute fraîche, mais bien une éponge qui a déjà servi, vous reconnaîtrez certainement combien celle-ci est inférieure à une éponge fraîche, quand même vous l’employeriez trempée dans du vinaigre ou dans du vin. Il ne faut pas s’étonner de cela. En effet, l’éponge qui n’a pas encore perdu les propriétés qu’elle a acquises (par son séjour dans la mer), mais qui les a conservées tout entières, a la propriété de dessécher convenablement. Elle peut agir ainsi tant qu’elle conserve l’odeur de l’eau de la mer. Que si au bout de quelque temps on veut l’employer, il se peut qu’elle ait perdu cette propriété et qu’elle n’agisse plus comme elle faisait auparavant. — DIOSCORIDES. L’éponge qui n’est pas récente ne saurait être employée à la dessiccation. Quant à celle qui est récente, mais qui n’est pas grasse, elle convient pour les plaies encore fraîches, employée avec de l’eau ou du vinaigre. Pour cicatriser les ulcères anciens, on l’emploie avec du miel cuit. On peut aussi l’employer avec de l’eau seule. Les vieilles éponges ne sont d’aucune utilité. L’éponge récente et sèche, associée à du linge sec ou bien employée seule, sous forme de mèche, dilate les ouvertures des vaisseaux, contractés et ramollit les indurations. Si on l’applique sèche sur les ulcères humides et qui ont des trajets fistuleux dans la profondeur des organes, elle en dessèche les humeurs. Appliquée avec du vinaigre, elle arrête les hémorragies. L’éponge brûlée convient contre l’ophthalmie sèche et dans les cas où il faut déterger et resserrer. Dans l’emploi contre les maladies de l’œil, il est de beaucoup préférable de laver l’éponge après l’avoir brûlée. On l’emploie brûlée avec la poix, contre les hémorragies. On peut blanchir l’éponge molle si on l’humecte avec l’écume saline des rochers (ici le texte arabe est altéré) et qu’on l’expose au soleil d’été de telle sorte que sa face interne soit renversée et regarde en haut, l’attire en bas. Que si la nuit est sereine, on peut aussi l’imbiber d’écume saline ou d’eau de mer et l’exposer au clair de lune pour la blanchir.

Un fait curieux se présente ici. Le mot grec Αλος αχνη, écume de sel, n’a pas été compris, ou le traducteur n’avait pas d’équivalent sous la main. Il l’a simplement transcrit, xxx. Nous trouvons cependant cet équivalent, xxx au n° 155l. L’écume de sel, qui se dessèche sous forme d’effloresccnce saline, n’est pas une algue, comme le disent certains lexiques. Voyez Dioscorides, V, 126; Pline XXXI, 47, et Lexicon medicum Castello-Branonianum. Le mot xxx ne se lit pas encore dans la traduction arabe de Dioscorides de la Bibliothèque de Paris, S. A. n° 1067. On y lit, xxx xxx.

Isrâr

76 Isrâr, Seura marina.

Abou’l Abbâs en-Nebaty. L’isrâr s’écrit avec un alif hamzé souscrit d’un kesra, un sīnnon ponctué quiescent, un ra non ponctué, un alif et enfin un second ra. C’est un arbre qui pousse sur les bords de la mer et sur les côtes maritimes du Hedjâz. Je l’ai observé prés de Kefâfa, sur la route d’Aïla, xxx, quand on veut se rendre à Haourà, xxx. Il a la taille d’un petit laurier, la feuille et les fleurs pareilles, le fruit du volume d’une noisette ou comme une petite pêche, un peu allongé, pileux, légèrement amer. Ce fruit se mange, mais il provoque du vertige. Un Arabe me l’a nommé par le nom que je lui ai donné, et il lui a affecté les caractères assignés au korm qrm, dont parle Abou Hanîfa. Cet arbre donne une gomme agréable, qui rappelle un peu l’encens et que les gens du pays appellent choura šūrat; son efficacité contre les douleurs dentaires est éprouvée. Cet arbre croît dans les vases du rivage, comme je l’ai dit. Il commence par pousser sous l’eau, donne une tige simple, pareille à celle de la joubarbe, de la hauteur d’une coudée environ, plus ou moins. Sa racine est grêle et s’enfonce dans la vase. Elle ne donne ni feuille, ni fleur, ni fruit, avant qu’elle ait émergé de l’eau : alors on voit apparaître des feuilles, des rameaux, des fleurs et des fruits. La saveur de cette tige au moment de son apparition est identique à celle que l’on assigne au korm (variantes : xxx, xxx xxx). Des gens mal informés prétendent que celle-ci est différente de l’israr, mais c’est une erreur. Nous parlerons de la choura à la lettre chîn. (Voyez le n° 1367.)

Osrobb

77 Osrobb, PLOMB.

C’est le plomb noir, dont il sera question à la lettre ra. (Voyez le n° 1042.)

Isfist

78 Isfist, LUZERNE

On lui donne aussi le nom de ratba i^Uj. C’est la fisjixsa JC^aA* dont nous parlerons à la lettre fa. (Voyez le n° 1684)

Aced

79 Aced, LION.

THABET IBN KORRA. Le lion jouit de propriétés merveilleuses pour accroître les facultés génitales. On emploie en onctions ou en frictions sa graisse et l’on s’en frictionne les hypocondres, aux lombes, aux aines, aux testicules, à la verge et à l’anus. — RAZES, dans le Continent. Fondue avec de l’huile de graine d’ortie et employée en frictions sur la verge, elle fortifie singulièrement dans le coït. — Autre. On en fait des embrocations contre le vitiligo, et cela avec succès. Son fiel aiguise la vue. — LIVRE DES PROPRIETES xxx, d’Ibn Zohr (AVENZOAR). Le lion n’attaque pas la femme réglée, fut-il affamé. Son cri dit-on, tue les crocodiles. Dès que le lion entend le cri du coq blanc, il est pris de tremblements nerveux et de frayeur. Si l’on se frotte le corps de sa graisse, on fait fuir les autres lions et l’on n’a rien à craindre de fâcheux. Il en est de même si l’on se fait des frictions avec son fiel. Celui qui s’oint la face avec la graisse que l’on trouve entre les yeux, sous la peau, inspirera une grande frayeur à qui le regarde, et tous les projets qu’il formera lui réussiront. Le fiel du lion mâle guérit de l’impuissance. Pour cela, on l’administre dans un œuf à la coque au moment de la nouvelle lune. Quant à la peau du lion, on prétend que celui qui en porte un fragment avec son poil est guéri de l’épilepsie ; mais il faut que ce soit avant la puberté, sinon l’action est nulle. On dit que les fumigations que l’on en fait guérissent de la fièvre quotidienne. Si l’on s’assied dessus, on est guéri des hémorroïdes et de la goutte : c’est un fait d’expérience. Celui qui porte un morceau de la peau du front inspire aux autres hommes une grande terreur. Si l’on en fait des fumigations en quelque endroit, tous les lions qui peuvent s’y trouver s’enfuient. Si l’on en met dans un coffre avec des vêtements, ils sont à l’abri des teignes et de la vermine ; si quelques-unes s’y trouvent, elles sont tuées : c’est un fait d’expérience. Celui qui boit des excréments de lion déteste aussitôt le vin et n’y prend plus aucun plaisir.

C’est avec une sorte de répugnance que nous avons transcrit ces niaiseries qui tranchent avec le sérieux habituel d’Ibn el-Beïthâr. Les fables sont du reste familières à Ibn Zohr.

Aced el-a’ds

80 Aced el-a’ds, Orobanche.

C’est le dja’fîl, xxx, en grec l’orobanche, dont nous parlerons plus tard. On lui a donné ce nom parce qu’il détruit les lentilles au milieu desquelles il pousse.

Aced el-ardh

81 Aced el-ardh, Caméléon.

La plupart des commentateurs prétendent que c’est le mézérion, xxx, ce en quoi ils se trompent. Le lion de terre est en réalité le hirbâ, xxx (caméléon), appelé en grec khâmèlèon, xxx.Quant au mézérion, il porte en grec le nom de khâmèlâa, xxx. Leur erreur provient uniquement de la manière à peu près pareille dont s’écrivent ces noms : dans leur ignorance, ces commentateurs n’ont pas pu distinguer khâmèlâa de khâmèlaon. Quelques auteurs ont dit que le lion de terre était la plante que les Grecs appellent khamèlaon mêlés, ce mot mèlés signifiant noir. Cette plante est ainsi appelée parce qu’une fois dans un terrain, elle n’y laisse pas croître les autres végétaux. Dans le Maghreb on lui donne vulgairement le nom d’Addad el-ouhid. C’est l’ichkhîs en arabe. Nous en parlerons plus tard. Voyez les n° 86, 662, 740, 741 et 742.

Ichdjdra

82 ‘Īšǧārat - Ichdjdra, ERYSIMUM.

C’est la plante appelée en grec erusîmon ‘īrūsīmūn. Honein l’a rendue par le mot toudery tūḏrī. Nous en parlerons à la lettre ta. — ET-TEMIMY. En Syrie on mange la feuille de cette plante cuite avec de l’huile d’omphacium, comme on le fait des autres légumes sauvages. Son âcreté n’est pas bien prononcée. Les habitants de là Syrie en font un mélange avec du lait et la mangent avec de l’huile. Sa propriété est de réchauffer l’estomac, de chasser les vents, de résoudre les obstructions.

Voyez le n° 436. Nous avons lu ‘ īšǧārat avec les traducteurs allemands et plus d’un manuscrit, mais le n° 1071 et le Kitab es-Simât écrivent ce mot avec un sîn.

Oschak

83 Oschak, GOMME AMMONIAQUE, Αμωνιακον.

On dit aussi oschac et oschedj. On l’appelle aussi chrysocolle, xxx. On se trompe de la croire la gomme du tartoulh, xxx. — DIOSCORIDES, III, 88. C’est le nom d’un médicament qui n’est autre qu’une gomme fournie par un arbre qui ressemble à la férule, xxx. Il croît dans le pays appelé Libye aux environs de la localité dite Cyrène, xxx. On dit que l’arbre porte le nom d’aghasullîs, xxx. Il faut choisir celle qui est d’une belle couleur, qui (en fait de gomme) ne contient ni cailloux ni bois, dont les fragments ressemblent à des grains d’encens, qui est pure et lourde, exempte de toute impureté, et dont la saveur rappelle celle du castoréum. On dit que c’est la sorte appelée trousma. Quant à celle qui contient de la terre et des pierres, on l’appelle forama. Cette gomme vient des environs d’Ammon. C’est en somme le suc d’une plante qui ressemble à la férule et qui croit dans ces contrées. — GALIEN, livre VI. C’est une gomme qui s’écoule d’un arbre à tige droite et à bois très doux. Elle résout les excroissances qui surviennent aux articulations. On l’administre à l’intérieur contre les indurations de la rate. Elle fait disparaître les scrofules. — DIOSCORIDES. L’ammoniaque est émolliente, attractive, réchauffante, résolutive des indurations et des abcès; prise à l’intérieur, elle relâche le ventre et fait avorter. Prise à la dose de deux drachmes, avec du vinaigre, elle résout les indurations de la rate, guérit les affections articulaires et la sciatique. Mêlée à du miel et prise comme éclegme, ou bien à de l’eau d’orge et prise en boisson, elle est utile contre l’asthme, l’orthopnée, l’épilepsie et les humeurs contenues dans la poitrine. Elle fait couler les urines jusqu’au sang. Elle est utile contre les ulcères des yeux appelés lacoma, elle ramollit les indurations des paupières. Dissoute dans du vinaigre et appliquée sur le foie et la rate, elle en résout les indurations. Appliquée avec du miel et de l’huile, elle résout les humeurs concrétées dans les articulations. Mêlée à du vinaigre, à du nitre et à de l’huile de henné et employée en frictions, elle soulage dans les lassitudes et la sciatique. — HOBEÏCH IBN EL-HASSEN. L’ammoniaque est une gomme chaude qui détruit les chairs corrompues et en fait pousser de nouvelles. Appliquée sur les tumeurs indurées, elle les conduit à maturité. Associée aux médicaments évacuants, elle les seconde et empêche qu’ils n’évacuent trop d’humeurs. Elle évacue la pituite visqueuse et épaisse, est utile contre la sérosité citrine tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Dissoute dans l’eau, elle lui communique un aspect blanc comme du lait. On l’emploie contre l’écoulement de l’œil et elle guérit la gale. — MASSERDJOUIH. Elle fait, sortir du ventre les vers cucurbitaires et excite les règles; elle attire les humeurs et les évacue. — IBN MASSOUIH. Elle est spécialement salutaire contre les douleurs des hypocondres et des hanches provoquées par de la pituite épaisse. On la donne à la dose d’un demi-milhkal à un mithkal, après l’avoir fait infuser dans de l’eau chaude. On l’administre seule ou associée. — MASSIH. L’ammoinaque nuit à l’estomac. Elle ne doit être introduite dans les médicaments qu’à petite dose. — AVICENNE. Elle est chaude à la fin du second degré et sèche au premier. Elle est fortement résolutive et dessiccative, sans être irritante d’une façon marquée. Elle est très apéritive, au point de faire couler le sang par l’ouverture des vaisseaux. Elle est émolliente et attractive. Elle est utile contre les abcès malins. Elle déterre les taies blanches de l’œil et purifie les ulcères des paupières. On l’emploie contre les angines causées par la pituite et l’atrabile. Elle fait sortir l’embryon mort ou vif. On l’emploie en embrocations pour ramollir les tumeurs indurées des testicules. — LIVRE DES EXPERIENCES. Dissoute dans du vinaigre, on l’emploie en frictions sur l’orgelet, et cela avec succès. Il en est de même contre les tumeurs pituitaires et indurées, les indurations, les nodosités et autres affections pareilles : elle les résout. Dissoute dans de l’eau et employée en gargarismes, elle résout abondamment la pituite de la gorge, purifie le cerveau, résout les tumeurs des amygdales. Prise à l’intérieur, elle est carminative, salutaire contre les douleurs dorsales et lombaires, contre la paralysie et l’engourdissement. Dissoute dans une eau quelconque, elle est salutaire contre les indurations et les crevasses du siège. A défaut de gomme ammoniaque, on emploie le propolis.

Ouchtorghâr

84 Ūšturġār - Ouchtorghâr, RACINE DE MAGYDARIS, Μαγυδαρις

C’est un mot qui veut dire en persan : l’épine des chameaux šaūk al-ǧamāl. —DIOSCORIDES, III, 94 (III, 80). II y a en Libye une autre racine (magudaris de Dioscorides) qui ressemble à la racine de férule d’asa al-ānǧadān, sinon qu’elle est plus mince, âcre et fongueuse. Elle ne donne pas de gomme et a les mêmes propriétés que le silphion, c’est-à-dire l’andjodân al-sīlfīūn ū hū al- ānǧadān. — IBN ABDOUN. C’est la racine d’une plante qui croit dans le Khorassan. On la fait cuire avec de la viande à la façon des épices. Ses propriétés sont celles de la férule d’asa. — MASSIH. Elle est chaude et sèche au troisième degré. Elle a les mêmes propriétés que la férule d’asa. — IBN MASSOUIH. Elle est plus chaude et plus sèche que la férule d’asa. Elle reste plus longtemps dans l’estomac et est moins digestible que la férule et sa racine. Elle a la propriété de provoquer des nausées et des vomissements, avec irritation de l’estomac si l’on en force la dose. Il faut l’employer en solution et non en substance. — EL-BASRY. C’est un spécifique contre la fièvre quarte causée par la pituite corrompue. Ses propriétés et ses actions sont les mêmes que celles de la férule d’asa. — RAZES. Confit avec du vinaigre, il ne manque pas de chaleur. S’il a vieilli, il est nauséeux et excite l’appétit. — AUTRE. Confit avec du vinaigre, il est digestif et ouvre l’appétit. Razès dit autre part qu’il est résolutif, échauffant et digestif. — IBN RODHOUAN, dans l’Officine du médecin, xxx xxx. Il échauffe l’estomac et le débarrasse de ses humeurs, et convient en conséquence pour hâter la digestion des aliments. Il neutralise l’action des poisons. Associé au vinaigre, il jouit à peu près des propriétés du vinaigre scillitique. — AVICENNE. Il convient à l’estomac, qu’il purifie et qu’il tonifie.

Ouchna

85 Ouchna, Lichen mousse, Βρυον.

On lui donne le nom de cheibet el-adjouz, xxx xxx. — DIOSCORIDES, 1, 20. La meilleure est celle qui vient sur le cèdre de montagne, ensuite celle qui se trouve sur le peuplier (le chêne et ses congénères). Pour être bonne, elle doit être odorante et blanche. La noire est la plus mauvaise. — GALIEN, livre VII. Elle est convenablement astringente; aussi n’est-elle pas bien froide, mais plutôt tiède. Elle est, en outre, résolutive et émolliente, surtout celle que l’on trouve sur le pin. — DIOSCORIDES. Elle est astringente et convient dans les affections de la matrice en décoctions et bains de siège. On la fait entrer dans les compositions et les huiles en raison de son astringence. Elle est salutaire, employée en fumigations et associée aux huiles, contre la lassitude. — IBN SEMDJOUN. Les propriétés des mousses varient en raison des arbres sur lesquels elles siègent et dont elles tirent leur nourriture. — MASSIH DE DAMAS. Triturée avec de l’eau, elle est employée avec succès sur les régions faibles, comme les aines, les aisselles, le cordon spermatique, xxx, contre les douleurs de la main et les parotidites. — Razès. Elle arrête les vomissements et fortifie 1’estomac. — IBN AMRAN. Elle est bonne à l’estomac. Elle dessèche les gencives. Elle est utile contre la chaleur et la rougeur de l’œil. Bouillie avec de l’eau et administrée à l’intérieur, elle fortifie le cœur. Triturée avec de l’eau et appliquée sur les endroits échauffés, elle les rafraîchit. On la fait entrer dans les aromates, les parfums, les remèdes musqués et les collyres. — ABD ALLAH IBN SALEH. La mousse a la propriété de recueillir les émanations des objets avec, lesquels elle est en contact; aussi la mélange-t-on avec des poudres, et, dans ce cas, elle ne transmet pas ces odeurs aux vêtements. — AHMED IBN IBRAHIM. Macérée dans du vin astringent et administrée à l’intérieur, elle fortifie l’estomac et détruit l’intumescence du ventre. Elle fait aussi dormir les enfants d’un sommeil profond. — AVICENNE. Par ses propriétés aromatiques, elle convient à la substance des esprits quelle condense et fortifie. En raison de sa nature subtile, elle les pénètre. C’est pourquoi elle convient contre les palpitations et fortifie le cœur. Elle dilate aussi les obstructions de la matrice. On en fait des embrocations sur les abcès chauds, et elle les calme. Elle résout les indurations articulaires. Elle est utile dans l’affaiblissement du foie. Les bains de siège pris dans sa décoction sont utiles pour provoquer les règles et contre les douleurs utérines. — LE CHERIF. Elle fait pousser des chairs molles dans les plaies. Triturée et employée en collyre, elle aiguise la vue. Sa décoction dans du vin, administrée à l’intérieur, est utile contre les piqûres d’animaux venimeux. En bains de siège, elle guérit les douleurs et la lassitude. — RAZES. On la remplace par son poids de cardamome.

De l’arabe Ouchna on a fait le genre Usnea.

Ichkhîs

86 Ichkhîs, CHAMELEON BLANC, Χαμαιλεων λευκος.

C’est l’épine à la gomme, xxx xxx, chez, les habitants de l’Espagne. On l’appelle aussi bechkeraïn, xxx. Les Berbères l’appellent addâd, xxx. — DIOSCORIDES, III, 10. Khamèlaon lukos, xxx xxx, or le mot lukos veut dire blanc. Il y a des gens qui lui donnent le nom d’Iksya, xxx, et en voici la raison. En certaines contrées on trouve à la racine de cette plante l’iksous, c’est-à-dire une glu, et de ce mot iksous est venu le nom d’iksya, xxx, qui veut dire gluant, xxx (en grec ιξια). Cette matière gluante, trouvée à la racine de la plante, est employée par les femmes. Les feuilles de la plante ressemblent à celles du végétal épineux que l’on appelle, en Syrie, acoub cakkūb. Ce (sylibum) et à cette autre espèce de plante épineuse appelée skolumos, sqūlūmus (scolymus), mais elles sont plus fermes et ont les extrémités plus aiguës que celles du chaméléon noir. Cette plante n’a pas de tige. De son milieu s’élèvent des épines pareilles à l’oursin ou à la plante que l’on appelle kinarya, qinārīat (cinara). Sa fleur est pourpre et constituée par des poils. Le fruit ressemble à celui du carthame. Dans les bonnes terres la racine est grosse, et sur les montagnes elle est mince. Intérieurement elle est blanche, d’une odeur un peu aromatique et forte, d’une saveur douce. Prise à l’intérieur, la racine expulse les lombrics et les vers cucurbitaires. On la donne à la dose d’un acétabule, xxx. On la donne dans du vin astringent avec de la décoction d’origan de montagne. On l’administre aux hydropiques à la dose d’une olque (alqā en grec ολκη), c’est-à-dire à la dose de deux drachmes, avec du vin, et l’on fait tomber leur enflure. On donne sa décoction contre la dysurie et les piqûres d’animaux venimeux. Mêlée à de la farine d’orge et pétrie avec de l’eau, elle tue les chiens, les porcs et les rats. — GALIEN, livre VIII. On administre sa racine contre les vers cucurbitaires à la dose d’un acétabule avec du vin. On l’administre aussi aux hydropiques. La constitution de cette variété ressemble à l’autre, c’est-à-dire à la noire, sinon qu’elle est plus amère. — DIOSCORIDES, III, 11. Quant au khamèlaon mélis, xxx, c’est-à-dire noir, c’est une plante dont la feuille ressemble aussi à celle au scolymus sinon qu’elle est plus petite, plus grêle, d’une couleur rouge sanguine. Elle a une tige de la grosseur du doigt, de la longueur d’un empan, d’une couleur d’un rouge sanguin, portant une ombelle avec des fleurs épineuses et petites, de la couleur de l’hyacinthe et tachetées. La racine est grosse, noire, compacte, parfois rongée et rougeâtre. Mâchée, elle pique la langue. Elle croit dans les campagnes arides et montueuses et sur les rivages. — GALIEN, livre VIII. Cette racine a quelque chose de toxique, et c’est pour cela qu’on l’emploie à l’extérieur. Elle fait, disparaître la gale, l’impétigo et le vitiligo. On l’associe aux médicaments émollients et résolutifs. En somme on l’emploie, dans toutes les affections où il est besoin de déterger. Si l’on en prend comme topique, elle guérit les ulcères rongeants. Elle est, en effet, sèche au troisième degré et chaude au second, mais à la fin. — DIOSCORIDES. La racine triturée et associée à de la couperose, xxx, de l’huile de cèdre, xxx xxx, et de la vieille graisse, enlève la gale. Elle agit de même associée au soufre et au bitume. Cuite avec du vinaigre et employée en frictions, elle guérit l’impétigo. Sa décoction employée comme gargarisme guérit les douleurs dentaires. Mélangée avec parties égales de poivre et de cire et appliquée sur les dents, elle en guérit les douleurs. Mélangée avec du vinaigre, on l’emploie aussi comme gargarisme et comme topique. Chauffée et appliquée avec l’extrémité d’un stylet sur une dent douloureuse, elle la rompt. Associée au soufre, elle guérit l’impétigo et le vitiligo. On la fait entrer dans les emplâtres escharotiques. On l’applique avec succès sur les ulcères rongeants et de mauvaise nature. On a donné à cette plante le nom de chaméléon à cause de la variété des couleurs de sa feuille : on y trouve, en effet, du vert intense, du blanchâtre, du bleuâtre et du rouge de sang, et cela en raison des lieux où elle croît.

Il s’agit ici du chaméléon blanc des anciens, chamaileôn leucos de Dioscoridcs et de Galien. Les Arabes n’ont rien ajouté à l’histoire des chaméléons : ils se sont bornés à reproduire ce qu’en avaient dit les Grecs. Avicenne a même confondu les chaméléons avec le mezereum. Ibn el-Beithâr est le seul qui nous donne une dénomination arabe, celle d’ichkhîs. Il ajouta deux synonymes, un berbère et un espagnol. Les botanistes modernes qui ont cherché à placer le chaméléon blanc dans la nomenclature actuelle se sont rencontrés avec ceux qui ont fait la même opération pour l’addâd. Les uns et les autres se sont adressés aux genres Atractylis, Acarna et Carlina. Sprengel a vu dans le chaméléon blanc l‘Acarna gummifera, Atractylis de Linnée, synonymie adoptée par Fraas. Shaw a fait de l’addâd la Carlina acaulis. Desfontaines en a fait l’Atractylis gummifera. M. Munby s’est arrêté successivement aux genres Atractylis et Carlina. Dans les notes marginales de la traduction arabe de Dioscorides, nous trouvons aussi le synonyme espagnol bechkeraïn et sous l’autorité d’Ibn el-Beïthâr, addâd el-abiodh, et chedjer el-’ilk. Le mot addàd s’appliquait aussi au chaméléon noir, dont on a fait un Carthamus corymbosus. Nous y reviendrons au n° 742. La gomme du chaméléon blanc est toujours employée, en Algérie, comme glu pour chasser les oiseaux, et cette plante y est très connue sous le nom d’addàd, que nous avons déjà vu au n° 27.

Ouchnân

87 Ūšnān - Ouchnân, Soude.

ABOU HANIFA. Il en est de nombreuses variétés, et toutes sont acides. L’ouchnân est le hordh ḥurḍ avec lequel on lave les vêtements. — Suivant un autre auteur, l’ouchnân des foulons ūšnān al-qaṣārīn est le ghassoùl al-ġāssūl avec lequel on lave les vêtements et avec lequel on dissout la laque au moyen de laquelle on peut écrire. — EL-BECRY. L’ouchnân est une plante qui n’a pas de feuilles, mais des rameaux minces, ayant comme des nœuds. Elle est molle et très humide. Elle grandit au point de donner de forts rameaux au moyen desquels on allume le feu. Sa flamme est très chaude et sa fumée désagréable. Elle a une saveur salée. Elle compte parmi les plantes acides ou dites homodh ḥumuḍ. — MASSERDJOUIH. Elle est chaude au troisième degré et comburante. — RAZES. A l’état frais, elle purifie, désobstrue et ronge les chairs en excès. — AVICENNE. Il y en a plusieurs espèces. La plus petite, qui est blanche, est appelées fiente de passereau ḫarā al-caṣāfīr. La meilleure est la verte : elle est détersive. A la dose d’une demi-drachme, elle expulse l’embryon mort ou vif. L’espèce persane, à la dose d’une demi-drachme à une drachme, est emménagogue. A la dose de trois drachmes, elle évacue le liquide des hydropiques. A la dose de dix drachmes, c’est un poison mortel. Les fumigations faites avec la verte chassent les bêtes venimeuses.

Le cheikh Dawoud fait do l’ouchnân l’aboaquabes ou hippophaës des Grecs; il donne les divers synonymes rapportés ici. Son suc, dit-il, est la soude cṣārtat al-qalī. On s’accorde à considérer l’ouchnân des Arabes comme une soude, mais on ne s’accorde pas sur l’espèce. Bochart a cité plusieurs passages d’auteurs arabes sur la soude, entre autres celui d’Âbou Hanîfa et celui de Becry, qu’il appelle Bacra. Malheureusement il a toujours écrit ḥamṣ au lieu de ḥamḍ et l’a rendu par cicer, pois chiche, toutefois avec doute.

Ouchnân Dawoud

87 bis Ouchnân Dawoud, HYSOPE.

C’est l’hysope dont nous parlerons à la lettre za. (Voyez le n°1136)

Ichrâs

88 Ichrâs, ORNITHOGALE.

Ce n’est pas la racine de l’asphodèle, comme le prétend la masse, des commentateurs, mais d’une plante différente, qui cependant a quelques ressemblances avec l’asphodèle. — ABOU’L ABBAS EN-NEBATY. Cette plante est connue dans l’Orient tout entier. On l’expédie des environs de Harran (quelques mss. : du Khorassan) vers les autres pays. Elle provient des montagnes voisines, et on l’exporte sous forme de racines d’un jaune mêlé de rouge et consistantes. On la soumet à la meule et en la triture pour l’usage des cordonniers et autres artisans. On l’emploie pour coller les livres et autres objets. Elle se dissout et se solidifie à l’instant. A cet effet, on en prend une petite portion que l’on jette dans de l’eau, puis on agite, soit avec la main, soit avec une tige de bois; on l’applique, et elle colle immédiatement. Parmi les colles tirées des végétaux, il n’y en a pas qui la surpassent en qualité. C’est à tort qu’en Espagne quelques-uns ont donné à la plante bien connue sous le nom de berouâk (l’asphodèle) le nom d’ichrâs. Quelques-uns ont aussi prétendu que l’ichrâs était la racine de moghâth connue en Orient par ses propriétés agglulinatives et collantes. Il n’en est pas ainsi. Quant à l’asphodèle, al-brūāq, elle est connue en Orient et ailleurs pour les propriétés agglulinatives dont jouissent ses variétés. Il en est une troisième espèce que l’on appelle souï, ṣūī du côté de Jérusalem. Elle ressemble au berouâk du Maghreb, sinon qu’elle est plus grande, plus amère, et son fruit plus volumineux et plus ferme. Il en est de même de la fleur, rappelant l’ellébore pour la forme, et de couleur jaune. Quant à l’ichrâs, il est plus grand. Sa feuille a la forme de l’asphodèle appelé khonlhâ, ḫunṭā, sinon qu’elle est plus large et plus courte. La tige est pareille, sinon qu’elle est de la grosseur du doigt médius, de la longueur de deux coudées et plus arrondie à son extrémité. Vers le tiers de sa hauteur sont des (leurs blanches et grandes, ressemblant à celles du berouâk, quelque peu rouges et d’un aspect agréable. Le fruit est arrondi et la racine ressemble à celle de la scille, ainsi que nous l’avons dit. — AUTRE AUTEUR. On l’emploie avec beaucoup de succès dans les topiques destinés à contenir les fractures et les hernies.

Nous avons trouvé cette plante, ou du moins une des espèces, à Constantine , où elle croît et où elle est toujours employée par quelques cordonniers sous le nom de tcheridj. Elle est mentionnée, pour ses emplois industriels et pharmaceutiques, par le cheikh Dawoud et par Abd er-Rezzak. Sa fleur, dit le cheikh Dawoud, est blanche et rouge et donne une graine allongée et pointue : son succédané est le moghâth.

Cette plante est signalée dans le Voyage en Orient d’Aucher Eloy. Les tisserands de Mosul, dit-il, se servent, pour donner de la raideur à leurs fils, d’un empois qu’ils préparent avec les oignons de l’Ornithogalum umbellatum que les Arabes apportent du désert. — Nous lisons dans une note que la plante dont se servent les cordonniers à Constantinople et qui est appelée sirich provient d’un grand asphodèle blanc, voisin de l’A. ramosus et recueilli aux environs d’Alep.

Kazouini parle aussi de l’ichrâs et de ses propriétés. La Turquie avait à l’Exposition de 1867 plusieurs échantillons de tcheriche, soit en nature, soit en poudre, mais sans indication d’origine ni synonymie.

Nous lisons dans une note de la traduction arabe de Dioscorides, à propos de l’asphodèle : l’ichrâs des cordonniers en est une espèce: xxx xxx xxx.

Issoufuron

89 Issoufuron, Isopyrum,Ισοπυρον.

DIOSCORIDES, IV, 119. Il y a des gens qui lui donnent le nom de phasiolon (il faut lire xxx au lieu de xxx) parce qu’il ressemble à la plante de ce nom. Or, on prétend que le phasioulon est le haricot blanc, xxx. Il lui ressemble en ce qu’il a des filets entortillés tout comme il en nait au haricot blanc (au-dessus des feuilles). L’extrémité de la tige porte des capitules grêles remplis de graines d’une saveur pareille à celle de l’anison. (Le grec porte μελανθιον.) — GALIEN, livre VI. Cette plante a des graines d’une saveur légèrement acerbe, aussi est-elle délersive. Elle incise les humeurs grossières en même temps qu’elle fortifie les organes et les resserre. C’est pourquoi elle convient dans l’expectoration. Elle purifie le foie et n’est pas nuisible dans l’hémoptysie. Au contraire, on suppose qu’elle est salutaire en cette occurrence. Ses propriétés, en effet, sont complexes, et l’on prétend qu’elle convient dans les maladies contraires. — DIOSCORIDES. Les graines de celte plante, prises avec du mélicrat, sont bonnes dans les maladies de la poitrine, la toux, les affections du foie et les crachements de sang. On ne s’accorde pas sur la détermination de cette plante. Les uns la rangent dans le genre Isopyrum des modernes. Sprengel et, après lui, MM. Fée et Sontheimer, en font le Corydalis claviculata de la famille des Fumariées. Fraas en fait le Fumaria capreolata.

Assabe’ soufr

90 Assabe’ soufr (doigts jaunes).

EL-GHAKEKY. C’est la plante que les botanistes appellent main d’Aïcha, xxx xxx, main de Marie, xxx xxx. Sa feuille ressemble à celle de l’orchis, xxx. Elle a une tige élevée, grêle, portant une fleur purpurine de la base au sommet. Sa racine a le volume du poignet d’un enfant à la mamelle et la forme d’une main à cinq ou six doigts, et remplie de liquide. Elle croit dans les sables et au bord de la mer. — Ibn Rodhouân. Il y en a qui ressemble aux griffes du lion. Sa couleur est jaune. Elle est chaude, subtile et très résolutive. —Avicenne. Elle a la forme d’une main, se colore de jaune et de blanc, est dure, légèrement douce. Il y en a une jaune nuancée de gris et de blanc. Elle est chaude et sèche au second degré. Elle résout parfaitement les humeurs grossières. Elle débarrasse les organes nerveux de leurs excroissances. On l’emploie contre les convulsions. — MADJOUSSY. Elle est salutaire contre les poisons des animaux et l’avortement. — Badîghoras xxx. On la remplace par une fois et demie son poids de bryone et deux tiers de souchet.

Le cheikh Dawoud ajoute quelques détails. Il dit que la tige, à la hauteur de deux empans, se partage en forme de main, dans laquelle est un liquide mucilagineux ; que d’abord cendrée, elle jaunit en mûrissant. On la sophistique avec l’hermodactyle, dont elle diffère par l’absence d’écaillés. Le Ma-la-iessâ compare les feuilles à celles du poireau, xxx

Assabea’ fira’oun

91 Assabea’ fira’oun (doigts de Pharaon), Coquillage.

Cette substance ressemble à la rhubarbe. Elle est de la longueur du doigt indicateur, de nature pierreuse. On l’apporte de la mer du Hedjaz. Elle est spongieuse et reconnue comme cicatrisant promptement les plaies encore fraîches et saignantes. On lui donne aussi le nom de cicatrisant les plaies, xxx xxx(variante : xxx xxx).

Le cheikh Dawoud est plus explicite : «C’est, dit-il, une pierre allongée et noueuse comme le roseau, creuse, venant de l’Iémen, du côté de Chihr et d’Oman. Il y en a qui contiennent une liqueur noire, employée en guise de momie. Les Egyptiens en vendent beaucoup, etc. »

Assabea’ hermès

92 Assabea’ hermès, HERMODACTILE.

C’est la fleur de l’hermodaclyle, xxx, qui n’est autre que le chenbelîd, xxx, dont nous parlerons à la lettre chîn.

Voyez le n° 1345. Les mots assabea’ hermès ont le même sens que hermodactyle et signifient : doigts d’Hermès.

Assabea’ el-adari

93 Assabea’ el-adari, RAISIN.

C’est une espèce de raisin allongé comme un gland. On lui donne aussi sur certaines côtes d’Espagne le nom de raisin de bœuf.

Ce nom signifie : doigts de vierges. Le Ma-la-iessâ donne pour synonyme : doigts de Zeineb, xxx xxx.

Assabea’ el-fetyât

94 Assabea’ el-fetyât, Basilic.

D’après Abou Hanîfa, c’est une plante odoriférante, xxx, appelée en persan frendjemechk, xxx. Aux confins du pays arabe, elle est très commune, elle croît dans les campagnes sans être pâturée. Nous en parlerons à la lettre fa.

Les mots assabea el-fetyât signifient : doigts de jeunes filles. Voyez le n° 1676.

Assef

95 Assef, CAPRIER.

C’est un des noms du câprier. Nous en parlerons à la lettre kaf. (Voyez le n° 1877.)

Istaflîn

96 Istaflîn, CAROTTE.

C’est la carotte chez les habitants de la Syrie. Nous en parlerons à la lettre djîm.

Voyez le n° 481. Istaflîn est la transcription du mot grec staphylinos.

Isstourâc

97 Isstourâc, STORAX.

On dit que c’est le styrax sec. Nous parlerons du sec et du liquide, à la lettre mîm. (Voyez le n° 2196.)

Adhrâs el-kelb

98 Adhrâs el-kelb, POLYPODE.

On dit que c’est le polypode, xxx. Nous en parlerons à la lettre ba.

Voyez le n° 380. Les mots adhrâs el-kelb signifient : dents de chien.

Atarmâla

99 Atarmâla, Scrophularia sambucifolia ?

EL-GHAFEKY. C’est une plante dont la tige s’élève à la hauteur d’environ une coudée, sans produire de rameaux, Elle a des feuilles disposées sur quatre rangs et opposées, pareilles à celles du chanvre, sinon qu’elles sont de beaucoup plus petites. Elle porte un épi de la longueur d’environ un empan, disposé comme un collier symétrique, avec des gaines adhérentes les unes au-dessus des autres, arrondies et à ouvertures béantes, ressemblant aux coques qui contiennent des noisettes, mais beaucoup plus petites. Elles renferment comme des noisettes ayant la forme d’un pois chiche. Dans leur intérieur sont des graines très ténues, d’un rouge noirâtre. Il y a sur la plante une liqueur visqueuse qui s’attache comme du miel. La plante donne une petite fleur, qui est quelquefois jaune. Elle pousse dans les terrains secs et dans les déserts. La graine de cette plante s’emploie avec succès en collyre contre la gale, les tubercules, et au début de l’ophthalmie purulente algide.

Nous ignorons quelle est cette plante. Meyer, dans son Histoire de la botanique, III, 213, pense qu’il s’agit ici de la Scrophularia sambucifolia.

Itriya

100 Īṭriyat - Itriya, PATES ALIMENTAIRES.

AVICENNE. C’est une préparation en forme de lanières. On la prépare avec de la pâte non levée et on la fait cuire avec ou sans viande. Dans notre pays on l’appelle rechta, xxx. Elle est chaude et très-humide. Elle est très lente à se digérer et lourde sur l’estomac parce qu’elle ne contient pas de levain. Cuite sans viande, elle est plus légère, suivant quelques-uns, mais peut-êlre se trompent-ils. Si on lui associe du poivre et de l’huile d’amandes, elle est un peu moins réfractaire. Quand on la digère, elle est très-nourrissante. Elle débarrasse le poumon de la toux et de l’hémoptysie, particulièrement si on la fait cuire avec du pourpier. Elle relâche le ventre.

Le cheikh Dawoud énumère différentes formes données aux pâtes, et mentionne le nom de chacune. Les Espagnols ont conservé le mot arabe : le vermicelle se dit encore aujourd’hui Aletria.

Atbâ el-kelba

101 Atbâ el-kelba, SEBESTE.

C’est le sebeste, xxx. Il en sera question à la lettre sîn.

Voyez le n° 1157. Les mots atbâ el-kelba signifient mamelles de chienne.

Itèa

102 Itèa, SAULE.

C’est, en grec, l’arbre appelé saule ġarab. Nous en parlerons à la lettre ghaïn.

(Voyez le n° 1631.)

Atmat

103 Atmat, NOIX D’AREC.

On dit aussi atmout, xxx et albout, xxx. C’est la noisette d’Inde connue sous le nom de retta, xxx. Il en est qui prétendent que c’est le faoufel, xxx, mais cela n’est pas sûr. C’est la noix retta, comme nous l’avons dit. Nous parlerons de la noisette d’Inde à la lettre ba. La noix d’Arec est connue sous le nom latin d’Avellana indica, traduction de l’arabe, xxx xxx. Nous reviendrons sur cette synonymie contestée par notre auteur. (Voyez les n° 358, 1028 et 1711.)

Adhfâr et-Thîb

104 Adhfâr et-Thîb, BLATTES DE BYZANCE, (STROMBUS LENTIGINOSUS), Ονυξ

KHALIL IBN AHMED. L’adhfâr est une substance aromatique, de couleur noire. Il ressemble à un ongle et s’emploie dans les fumigations. Ce mot n’a pas de singulier. — IBN RODHOUAN. J’ai trouvé dans un livre de médecine qu’il y avait plusieurs espèces d’ongles odorants. On les trouve le plus abondamment dans la mer de Yémen. Il en est aussi dans la mer de Basra. Il en est également dans la mer de Bahrein, et ce sont les meilleurs. Enfin, il s’en trouve dans la mer Rouge; on les expédie de Djedda. — DIOSCORIDES, II, 10. C’est l’opercule d’une espèce de coquillage pareil à une pourpre. On le trouve dans l’Inde, dans les eaux dormantes où croît le nard indien. On le récolte quand les eaux se sont desséchées pendant l’été. On en récolte aussi sur les bords de la mer Rouge, blanchâtres et gras. Quant à celui qui vient des environs de Babylone, il est noir et plus petit. L’un et l’autre sont odorants. Quand on les emploie en fumigations, ils répandent une odeur qui rappelle un peu celle du castoréum. Employés en fumigation par les femmes affectées d’hystérie, ils les soulagent: il en est de même des épileptiques. Pris à l’intérieur, ils relâchent le ventre. Le coquillage pris en substance et brûlé agit à la manière de la pourpre et du buccin. — MASSIH. L’ongle est chaud et sec au second degré. Toutefois, sa sécheresse est supérieure à sa chaleur. Il est quelque peu astringent. C’est un subtilisant pour les sucs gastriques grossiers. On l’emploie contre les palpitations, les affections de l’estomac et du foie et de l’utérus. — RAZES. Il allourdit la tête et provoque de la céphalalgie. — ISHAK IBN AMRAN. Les meilleurs sont le koreichide et celui de Bahrein qui est rouge et concave. Vient ensuite celui de Perse, qui est grand et noirâtre; puis celui du Dekkan, que l’on appelle baghliya, xxx. Le koreichide entre dans les parfums, xxx, les bois odorants, les préparations dites bermekiya, xxx et mothalleth lxxx. Celui de Perse et du Dekkan entre dans les fumigations de costus marin et autres préparations analogues. L’ongle odorant pris à l’intérieur, à la dose de deux drachmes dans de l’eau chaude, évacue le sang qui s’est caillé dans les reins et la vessie. Ses fumigations font venir les règles aux femmes. — LIVRE DES EXPERIENCES. Il détruit les émanations de mauvaise nature. Employé en fumigations, il est utile contre les fluxions. Si ces fumigations sont faites près de sujets atteints de paralysie, de lipothymie, d’épilepsie, elles les font s’éveiller. Elles sont salutaires à la matrice. Si on les prolonge, elles font couler les règles retenues par quelque humeur mauvaise dans leurs lieux d’écoulement.

Nous avons rendu le mot xxx par koreichide, sur l’autorisé d’Avicenne qui dit : JUvwJiJi U& («yiSJI (j\ (jlil «Je pense que celle de la mer Rouge est l’espèce dite koreichide.» La tribu de Koreich habitait la Mecque.

Kazouini parle de cette coquille sous le nom d’ ‘atâr, caṭr. Voyez éd. Wüstenfeld. I, 140

A’yoûn es-Seratîn

105 A’yoûn es-Seratîn (yeux de crabes), SEBESTE.

C’est le sendjesboua senǧesbūat dont il sera parlé à la lettre sîn.

Dawoud, à l’article sebestân, nous donne comme synonyme athba el-kelba. Voyez le n° 1157.

Aghiraton

106 Aghiraton, ACHILLEA AGERATON, Αγηρατον.

Dioscorides, IV, 59. C’est un arbuste que l’on emploie pour allumer le feu (voyez p. 7, note), et de la longueur d’environ deux empans. Il est petit, simple, c’est-à-dire sans rameaux. Il se rapproche de la plante appelée origan. Il porte une ombelle avec des fleurs pareilles aux bulles d’air qui se forment sur l’eau, de couleur dorée, plus petites que celles de l’amarante. On l’appelle ageraton à cause que sa fleur se conserve longtemps dans son état. — GALIEN, livre X. Ce médicament est résolutif et entrave la formation des tumeurs. — DIOSCORIDES. Cette plante bouillie dans l’eau et employée en fumigations ou en cataplasmes fait couler l’urine et ramollit les indurations de la matrice.

Sprengel et après lui Fée et Sontheimer ont vu dans l’ageraton de Dioscorides l’Achillea ageraton. Fraas a fait de l’ageraton l’Hypericon origanifolium. Nous rapprocherons de la synonymie de Fraas une note de la traduction arabe de Dioscorides : «c’est une espèce d’origan » xxx xxx. On lit ensuite que le mot aghiraton signifie qui ne vieillit pas : xxx xxx. Ceci soit dit, en passant, à l’appui de la thèse que cette traduction a été faite directement du grec et non du syriaque.

Aghnos

107 Āġnus - Aghnos, VITEX AGNUS.

C’est un mot grec qui signifie le pur al-ṭāher. C’est le bendjenkecht dont il sera parlé à la lettre ba.

Voyez le Vitex agnus castus au n° 354.

Agheiros

108 Agheiros, PEUPLIER.

C’est le peuplier romain xxx dans la langue grecque. Il en sera question à la lettre ha.

Il s’agit du peuplier noir de Dioscorides, ageiros. Voyez le n° 725.

Aghrostis

109 Aghrostis, CHIENDENT.

C’est un mot grec qui a son équivalent dans le mot arabe nedjem xxx, qui signifie herbe sans tige. C’est aussi le thil xxx, et nous en parlerons à la lettre tha.

L’agrôstis de Dioscorides est le chiendent des modernes. Voyez le n° 458.

Aghalokhon

110 Aghalokhon, AGALLOCHE.

C’est le bois aux fumigations xxx xxx, dont nous parlerons sous le nom d’o’ud, xxx, à la lettre aïn. (Voyez le n° 1603.)

Aghlikia

111 Aghlikia, Gleucinum.

Ce mot signifie doux en grec. C’est le meîbekhtedj xxx (vin cuit ou vin doux). (Voyez le n° 2200.)

Efithimon

112 ‘Efîthimon, Efithimon, Épithym, Επιθυμον.

Dioscorides, IV, 179. C’est la fleur d’une sorte de plante (de thym dans le texte grec) résistante et pareille à la sarriette xxx. Elle porte des capitules grêles avec des queues pareilles à des cheveux. — GALIEN, livre VI. Les propriétés de cette plante ressemblent à celles du thym xxx, sinon qu’elle est plus active en tout. Elle est chaude et sèche au troisième degré. — DIOSCORIDES. Prise à la dose d’un acétabule, à quatre drachmes avec du miel et du sel et un peu de vinaigre, elle expulse du ventre la pituite et l’atrabile. Elle convient particulièrement aux sujets atrabilaires et flatulents. Elle pousse abondamment dans la Cappadoce et dans la Pamphylie (ici le mot arabe est tronqué). — ABOU DJOREIDJ LE MOINE xxx xxx xxx. Le meilleur épithym est celui qui est rouge, odorant, et qui vient de Crète. — HOBEÏCH IBN EL-HASSEN.Il est très-puissant pour évacuer l’atrabile. Si on l’administre aux sujets bilieux, il allourdit leur constitution, et son usage entraîne du trouble et même des vomissements. Il convient aux vieillards et aux gens maigres. Il guérit fréquemment de la mélancolie, pris avec de l’absinthe ou isolément. — IBN EL-DJEZZAR. On prend, de sa graine triturée et tamisée, la valeur de dix drachmes. On les met dans un linge fin, on les laisse macérer, la nuit, dans deux tiers de livre de vin chaud jusqu’au lendemain matin, toujours recouvertes par le liquide, on exprime ensuite et on mélange dans le vin exprime une once de sirop de roses et de violettes, et quelques gouttes d’huile d’amandes, et l’on boit tiède le lendemain matin. Cette préparation est utile aux sujets mélancoliques : elle évacue abondamment l’atrabile sans affaiblir. — IBN MASSOUIH. L’épithym engendre du trouble, de la soif et de la sécheresse à la bouche, tant il est dessiccatif. Pour le prendre, il faut le corriger avec de l’huile d’amandes douces, et ne pas le triturer complètement pour en ménager la pulpe : alors on le prend. A l’état sec, sa dose est d’une ou deux drachmes, et sa décoction d’une à quatre. — RAZES. On le prend à la dose de quatre à six drachmes, et il n’a pas besoin de correctif. — RUFUS. La plus forte dose de l’épithym est de dix drachmes avec du vin cuit. — PAUL. C’est un médicament des plus puissants pour évacuer l’atrabile. Il faut l’administrer en poudre à la dose de six drachmes, avec neuf onces de lait. — MASSIH. Il est utile contre les convulsions et le gonflement. — LE CHERIF. On l’emploie contre les convulsions xxx d’origine pléthorique. Pris avec du sérum de fromage, il évacue activement l’atrabile, surtout chez les sujets atteints de cancer ulcéré. — LIVRE DES EXPERIENCES. Sa décoction convenablement préparée et sans trop rester sur le feu, de même que sa décoction dans l’huile, sont salutaires contre la mélancolie, surtout celle qui est produite par l’ivresse prolongée. Il agit de même, préparé avec de l’eau de fromage. Il est utile contre la gale ulcérée, surtout cuit avec de la fleur de violettes. On ne doit l’associer qu’à des substances émollientes, comme la racine de réglisse, l’huile de violettes, les raisins secs et autres choses pareilles. — AVICENNE. Il est salutaire contre l’épilepsie. On ne doit pas pousser loin sa cuisson. — EL-GHAFEKY. Il évacue les lombrics. Quand on le jette dans l’eau, il faut que celle-ci soit tiède, il y macère et l’on décante, parce que la cuisson lui fait perdre sa vertu. On le donne en décoction, à la dose de cinq à dix drachmes. — PAUL. Quant à l’epithymbron, c’est quelque chose qui se trouve sur la sarriette et qui purge comme l’épithym, sinon qu’il est plus faible. — L’AUTEUR. C’est l’épithym connu de nos jours et avant nous par les maîtres de l’art. On l’apporte de Crète et de Jérusalem : il n’y a, à ce sujet, aucun doute, sachez-le bien! — RAZES. A défaut d’épithym, on le remplace par son poids de turbith et les deux tiers de son poids de thym pour évacuer l’atrabile. — Un autre auteur dit qu’on remplace l’épithym par une fois et demie de thym.

A la dernière citation du Paul d’Égine, la plupart des mss. donnent le mot epithymbron sus une forme complètement altérée. Cette restitution ne souffre aucune difficulté, ainsi que l’on peut s’en assurer en recourant au texte de Paul. On s’accorde à considérer l’epithymon des anciens comme la cuscute qui croît particulièrement sur le thym, d’où le nom d’épithym.

Afsentîn

113 Afsentîn, ABSINTHE.

LE CHERIF. C’est un arbuste qui peut atteindre la taille d’un petit arbre. Sa tige se divise en rameaux et sur ces rameaux sont des feuilles nombreuses, serrées, blanches, ressemblant à du lichen, et des fleurs de la forme de celles du parthenium, petites, blanches et jaunes à l’intérieur, remplacées par des petits follicules contenant des graines ténues, d’une saveur astringente et amère. — ABOU OBEÏD EL-BECRY. Cette absinthe rappelle la carotte pour la forme de ses feuilles. Elle se rapproche des arbres qui ne se dépouillent pas de leur feuillage. Sa fleur est jaune en entier, et c’est la partie employée. — L’AUTEUR. Cette espèce d’absinthe, mentionnée par El-Becry, est connue en Egypte sous le nom de demsîssa, xxx. Elle y est très commune, et j’ai entendu des habitants du Saïd la citer comme éprouvée par eux contre les scorpions, prise à l’intérieur. — DIOSCORIDES, III, 26. C’est une plante connue. On la trouve dans le pays appelé Cappadoce et sur le mont Taurus. — ABOU DJOREÏDJ LE MOINE. Il y a plusieurs sortes d’absinthe. On l’expédie de la Perse, de ses cantons orientaux ainsi que du mont Locàm (l’Amanus de la Syrie) et d’autres encore. La meilleure est celle de Syrie, de Tarse, xxx, celle qui, de sa nature, est couverte de poils et qui a des nodosités comme si c’était de la graine de sarriette de Perse, qui est très amère, qui répand, une fois contuse, des émanations pareilles à celles de l’aloès socotrin, dont la couleur jaune ressemble à celle du duvet des pigeonneaux. — GALIEN, De l’art de guérir. Toutes les sortes d’absinthe jouissent de deux propriétés bien prononcées, mais celle qui vient du Pont est surtout astringente. Quant aux autres espèces, c’est l’amertume qui y prédomine, et si vous les goûtez, vous les trouverez à peine ou pas du tout astringentes. C’est pourquoi, dans les inflammations de l’estomac et du foie, il faut préférer l’absinthe pontique aux autres. Les caractères de cette absinthe sont que ses feuilles et ses fleurs sont beaucoup plus petites que celles des autres espèces. De plus, elle n’a pas d’odeur désagréable. Au contraire, elle a une odeur aromatique tandis que les autres espèces ont toutes une odeur fétide. — GALIEN, livre VI des Médicaments. La saveur de l’absinthe est mêlée d’astringence, d’amertume et d’âcreté. Elle échauffe, déterge, fortifie et dessèche : c’est pour cela qu’elle débarrasse l’estomac des humeurs biliaires et les évacue par les urines. C’est pour cela aussi que son ingestion est impuissante contre la pituite retenue dans l’estomac. Il en est de même quand il s’agit de la pituite retenue dans la poitrine ou dans le poumon, par la raison que son astringence est supérieure à son amertume. En raison de son âcreté, la chaleur domine chez elle sur le froid. Pour établir d’une façon générale sa constitution et eu égard aux qualités premières, bien que chez elle les éléments soient hétérogènes et dissemblables, je dirai qu’elle est chaude au premier degré et sèche au second. Quant à son extrait, il jouit de beaucoup plus de chaleur que la plante elle-même. — DIOSCORIDES. Elle est astringente, échauffante; elle enlève les humeurs biliaires qui se trouvent dans l’estomac et les intestins. Elle est diurétique et, prise à l’avance, elle préserve contre l’ivresse. Prise avec du séseli et du nard celtique, elle est salutaire contre les tuméfactions et les douleurs d’estomac et de ventre. Son suc ou sa décoction prise pendant plusieurs jours, chaque jour à la dose de trois cyalhes, xxx xxx, sont utiles contre l’inappétence et l’ictère. Prise avec du miel ou employée en suppositoire, elle fait couler les règles. Prise avec du vinaigre, elle convient contre les suffocations causées par les champignons. Prise avec du vin, c’est un antidote contre l’ixia, xxx, contre cet autre poison appelé kounioun (qui n’est autre chose que la choucrân, la ciguë), contre les piqûres de cet animal qu’on appelle mygale, xxx et contre le dragon de mer, xxx xxx. Mélangée avec du miel et employée localement, elle est utile contre les angines. Associée à de l’eau, elle est utile contre les épinyctides. Associée au miel, elle est salutaire contre les ecchymoses de l’œil, xxx xxx xxx, contre les défaillances de la vue et contre l’écoulement purulent des oreilles. Les fumigations faites avec sa décoction sont salutaires contre les maux d’oreilles et de dents. Cuite avec du vin doux et appliquée sur l’œil, elle en calme les élancements. On l’applique aussi sur les hypocondres, le foie et l’estomac affectés de douleurs chroniques, et, à cet effet, on la triture et on la mélange avec de la cire fondue et de l’huile de henné. S’il s’agit de l’estomac, on emploie de la cire fondue et de l’huile de roses. Triturée avec des figues, du nitre et de la farine d’ivraie, elle convient dans les affections de la rate et l’hydropisie. On en prépare un vin que l’on nomme vin d’absinthe dans les pays appelés Propontide et Thrace. Les gens de ces pays l’emploient dans les maladies susdites, alors qu’il n’existe pas d’état fébrile. Ils en boivent aussi préalablement en été, persuadés que cela leur vaudra la santé. Ils prétendent que, répandue dans les coffres, elle préserve les vêlements des mites, et que, si on l’associe à l’huile et que l’on s’en fasse des frictions, on se garde contre l’approche des moucherons. Si l’on imbibe l’écriture avec sa décoction, on empêche les livres d’être rongés par les vers. Les propriétés de l’extrait d’absinthe paraissent être les mêmes; cependant nous ne l’employons pas dans les potions, parce qu’il est désagréable à l’estomac et qu’il entête. On sophistique l’extrait d’absinthe en le mélangeant avec du marc d’huile et en le faisant cuire. — RUFUS. Elle est échauffante, apéritive, résolutive; elle, dessèche la tête, éclaircit la vue, embellit le teint et fait sécréter l’urine. Cependant son amertume déplait aux gens faibles. — ABOU DJOREIDJ EH-RAHEB (le Moine). Elle est utile contre l’injection de la face, les tumeurs des extrémités, l’altération de la constitution et l’alopécie. Toutefois, l’eupatoire agit en cela d’une façon plus puissante et plus active. L’épine arabique, xxx, en approche. — HOBEICH. Son infusion et sa décoction conviennent aux sujets atrabilaires, surtout avec l’épithym. — RAZES. Elle est excellente contre les piqûres des scorpions. Elle fortifie l’estomac. Elle convient dans les fièvres chroniques. — LE MEME, dans le Continent. Prendre de l’absinthe, la triturer, la serrer dans un lambeau de linge et la plonger dans de l’eau bouillante; en appliquer sur un œil affecté d’hypo-sphagma, xxx, tenace, pour en faire sortir le sang. On la tiendra dans un sachet, d’où on la fera suinter en la comprimant. — IBN MASSOUIH. On la donne (en substance) à la dose d’un mithcal à deux drachmes, en infusion ou en décoction à la dose de cinq à sept drachmes. Prise seule, on la donne à la dose d’un mithkal à un mithkal et demi. — ANONYME. Elle est salutaire contre les hemorroïdes et les gerçures du siège, les épaississements des paupières, les indurations internes soit à l’extérieur, soit à l’intérieur. Sa décoction tue les puces et ses fumigations écartent les bètes venimeuses. — AHMED IBN ABI KHALED. Galien rapporte dans son épître à Glaucon, xxxx xxx xxx xxx, que l’absinthe réunit deux propriétés, l’une astringente et l’autre laxalive, et qu’il en résulte ceci : quand on l’administre avant la coction de la maladie, la matière augmente en raison de son astringence et la résolution en est difficile. En effet, l’action évacuante qu’elle possède excite la matière et la pousse à l’évacuation, mais l’action astringente s’oppose à l’issue de la matière : de là une sorte de lutte contre la nature, lutte nuisible par la fatigue qui en résulte. Que si, au contraire, on l’administre après la coction de la maladie et l’atténuation de la matière, elle hâte l’évacuation, et les deux propriétés de l’absinthe y concourent : l’une, l’action évacuante, par sa nature même : l’autre, l’action astringente, en s’unissant à l’action répulsive, en l’aidant par la force qu’elle communique à la substance des organes, et par le fait secondant l’évacuation. — IBN SEMDJOUN. Galien ne dit rien du tout de ce que lui fait dire ici Ahmed Ibn Abi Khaled. Il n’est pas question de cela dans l’épître à Glaucon. Il est bien vrai que ces propos se rencontrent dans le recueil où l’on a fait entrer cette épître, mais ils sont du collecteur et non pas de Galien lui-même, ce que l’auteur cité n’a pas su distinguer. — LIVRE DES EXPERIENCES. L’absinthe fortifie l’estomac échauffé, elle le purifie de ses humeurs, elle excite l’appétit. Elle est très-utile contre les douleurs articulaires causées par les humeurs chaudes. Cuite avec du vinaigre et appliquée en cataplasme, elle calme les douleurs de la rate. On l’applique avec de l’huile et du mélilot contre les tumeurs du foie à leur période extrême. Elle convient aux paralytiques chez lesquels des humeurs atrabilaires se portent à l’estomac, soit par l’abus des médicaments, soit par l’exposition à un air chaud, soit en échauffant essentiellement les organes principaux, soit en atténuant accidentellement la chaleur des humeurs échauffées. — LE CHERIF. Cuite avec de l’huile d’amandes jusqu’à résolution de ses propriétés, puis associée à un peu de fiel de chèvre et instillée dans l’oreille, elle en dissipe les vents et en nettoie les plaies. Elle est utile contre les poisons mortels. L’huile préparée avec sa fleur, employée en frictions, guérit la lassitude. On la remplace, pour tonifier l’estomac, par son poids d’asarum avec moitié de myrobolan jaune. — DIOSCORIDES, V, 49. Le vin d’absinthe se prépare de plusieurs manières. Les uns mettent dans quarante-huit setiers , xxx de moût une livre d’absinthe et font cuire jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un tiers. D’autres mettent dans six setiers (il faut lire xxx. au lieu de xxx) une demi-livre d’absinthe, mélangent, versent dans un vase, laissent déposer, décantent, et conservent. D’autres mettent, dans la même quantité de moût, une mine, xxx, d’absinthe et laissent ainsi trois mois (le grec dit deux mois et ajoute quelques particularités). Il y en a qui prennent trois où quatre onces d’absinthe, de nard, de cinnamome, de cassia, de calamus aromaticus, de fleur de jonc odorant, de cofri, c’est-à-dire de régime de palmier, de chaque substance deux onces, qui triturent parfaitement le tout et le jettent dans un métrète, xxx, de moût, ce qui est la valeur de soixante-douze setiers, le sellier, xxx, étant une mesure de vin de la contenance de vingt onces, le laissent deux mois, puis, une fois déposé, décantent dans un vase pour conserver. Il en est qui prennent un métrète de moût, de mentadjoucha, xxx, c’est-à-dire de nard celtique, quatorze mithkals, ils lient dans un linge, laissent quarante jours et décantent. Quelques-uns prennent vingt setiers de moût et y jettent une livre d’absinthe avec deux onces de térébenthine sèche, et ils décantent au bout de dix jours. Le vin d’absinthe fortifie l’estomac et provoque les urines; il est utile dans les affections du foie et des reins, dans l’ictère, les digestions lentes, l’affaiblissement de l’appétit, les douleurs d’estomac, les tiraillements aux hypocondres, les tuméfactions, les vers, la rétention des règles. Il est salutaire contre l’ingestion du poison appelé ixia, xxx. Pris à haute dose, il est sans action toxique.

L’absinthion de Dioscorides est l’Arthemisia absinthium des modernes. L’absinthe porte en arabe, d’autres noms qui rappellent la couleur glauque de ses feuilles : ainsi chaiba, xxx; chaibat el-’adjouz, xxx xxx «les cheveux gris de la vieille; » doqn ech-cheikh, xxx xxx «le menton du vieillard.» On lui donne, en Algérie, le nom d’arbre ou de plante de Marie, xxx xxx. Nous aurons occasion de revenir sur ses congénères. — Voici ce que nous trouvons relativement à la discussion entre Ahmed Ibn Abi Khaled, le même qu’lbn el-Djezzâr, et Ibn Semdjoun, dans l’opuscule de Galien adressé à Glaucon : «Si vous apercevez les signes de la coction, alors vous pouvez, en toute confiance, administrer l’absinthe. » Edition de Lacuna, p. 467. Les paroles d’Ibn Abi Khaled sont probablement empruntées à un commentateur.

Efibaktîs

114 Efibaktîs, EPIPACTIS.

Dioscorides, IV, 107. C’est un petit arbuste qui a des feuilles grêles. On l’administre contre les poisons et dans les maladies du foie. — COSTA IBN LOUKA, dans son livre El-Islâh, suivant El-Ghafeky. C’est un petit arbuste qui a des feuilles pareilles à celles de la rue, incisées et grêles. Sa tige est mince, couverte de poils blancs pareils à ceux de la grande espèce de chicorée, de la hauteur d’environ trois ou quatre doigts ; ses rameaux sont grêles et de la longueur du doigt, naissant du milieu de la lige jusqu’à son sommet. La graine ressemble à celle de l’arroche, parfois de couleur noire. On en trouve quelque peu de blanche renfermée dans des gousses un peu allongées, pareilles aux siliques des raves. La fleur est de la même couleur que le fruit dans tous les cas. On a administré cette plante triturée, tout entière, contre les poisons mortels, les affections et les tumeurs du foie. Elle résout les obstructions du foie et de la rate, en guérit et résout les inflammations, et dissipe les tuméfactions et les vents qui se trouvent dans les autres organes. On l’administre avec du vin froid et édulcoré, dans les cas que nous avons dits, à la dose d’un demi-mithkal, pendant trois jours consécutifs. Cette plante pousse dans les endroits où l’eau tombe et séjourne, dans les lieux voisins de la mer, avec beaucoup d’autres plantes, parmi l’orge et le blé. Tout le mondela connaît et l’emploie dans les cas dont nous avons parlé. On prétend aussi qu’elle croît dans les sables et dans les terres pierreuses. Elle croît abondamment sur les rivages, et particulièrement sur les rivages de Syrie, d’Alexandrie et du Caire, ainsi qu’aux environs. Son odeur se rapproche beaucoup de celle du citron. Elle a une racine aromatique, ressemblant à une truffe, lisse et sans racines. Le suc de cette tige est ce qu’il y a de plus efficace dans les cas dont nous avons parlé. Toutefois on ne saurait y en trouver que pendant le printemps.

On ne s’accorde pas sur la détermination de l’epipactis de Dioscorides. Sprengel met en avant les genres cephalenteria et spiranthes, toutefois avec cette réserve : « quis e manca ea descriptions plantam divinaverit ? » Le paragraphe de Dioscorides est textuellement reproduit par Pline; et Littré admet comme synonyme Neoltia spiralis. Fraas donne l’Epipactis grandiflora.

Ifikouon

115 Ifikouon, HYPECOUM.

DIOSCORIDES, IV, 68. C’est une plante qui croît dans les champs de blé et dans les terres labourées. Elle a une feuille qui ressemble à celle de la rue et des rameaux petits. Ses propriétés sont analogues à celles de l’opium, qui est le suc du pavot. — GALIEN, livre VII. Cette plante est très réfrigérante et semble froide au troisième degré. Elle diffère peu du pavot. — LE CHERIF. C’est un médicament stupéfiant et sédatif. Sa feuille triturée et appliquée sur les abcès chauds leur est salutaire. Appliquée sur les endroits douloureux, elle en calme les souffrances.

On s’accorde à considérer l’hypêcoon de Dioscorides comme identique avec l’Hypecoum procumbens des modernes.

Afioun

116 Afyūn – Afioun - OPIUM, Οπος

C’est le suc laiteux du pavot noir. — ET-TEMIMY. Il n’est réellement connu ni en Orient ni en Occident, mais seulement en Egypte et particulièrement dans le Saïd, au lieu appelé Boutidj būtīǧ. C’est de là qu’il provient et qu’on l’expédie dans toutes les autres contrées. — Dioscorides, IV, 65. La gomme de pavot noir, aussi bien que le suc obtenu par expression, est plus réfrigérante que la graine; elle est encrassante et dessiccative. Prise à petite dose, comme une graine d’orobe, elle calme les douleurs, endort et hâte la coction. Elle est utile contre la toux chronique. A haute dose, elle provoque un sommeil profond, pareil à celui de la léthargie, puis elle tue. Associée à l’huile de rose et employée en frictions, elle calme la céphalalgie. Associée au safran, à la myrrhe et à l’huile de rose, et instillée dans l’oreille, elle en calme les douleurs. Mélangé avec du jaune d’œuf et du safran, l’opium convient (contre l’inflammation de l’œil; avec du vinaigre,) contre l’érysipèle et les blessures. Associé à du lait de femme et du safran, il convient contre la goutte. Appliqué sur le siège en suppositoire, il provoque le sommeil. Le meilleur opium est celui qui est dense, lourd, gravéolent, amer, qui se dissout promptement dans l’eau, qui est blanc, lisse, ni grossier ni grumelé, qui ne se prend pas dans l’eau comme le fait la cire, qui se fond quand on l’expose au soleil, qui, approché d’une lampe et allumé, s’enflamme sans répandre de fumée, qui conserve encore une odeur vive une fois éteint. On le sophistique par l’addition de suc de glaucium et de feuilles de laitue sauvage et de gomme. On reconnaît qu’il est sophistiqué par le glaucium à ce que, dissous dans l’eau, il a la couleur du safran (l’arabe dit l’odeur). Avec le suc de laitue sauvage, il est grossier au toucher, et, dissous dans l’eau, il a une odeur peu prononcée. Avec de la gomme, il est sans force et d’une nuance pâle. Quelques-uns ont eu l’audace de le sophistiquer avec de la graisse. Pour l’employer en collyre, on le fait griller sur un test jusqu’à ce qu’il prenne la couleur rouge du rubis. Diagoras Dīāġūras rapporte qu’Erasistrate (dans le texte grec c’est Erasistrate qui cite Diagoras) ne voulait pas l’employer contre l’ophtalmie ni contre les affections de l’oreille parce qu’il affaiblit la vue et provoque le coma. Andrée prétend même qu’à moins de le mélanger il aveugle ceux qui l’emploient en collyre. Mnésidême conseille exclusivement de le faire flairer comme soporifique et rejette tous ses autres emplois. Je pense qu’ils se trompent, ayant acquis par l’expérience la preuve des propriétés que nous avons attribuées à ce médicament. Voici la manière dont se prépare l’opium : on prend les feuilles de l’opium, on les triture, on les soumet au pressoir, on malaxe dans un mortier le suc obtenu, puis on le réduit en pastilles. Cette sorte est appelée meconion mīqūnīūn; elle est plus faible que l’opium. Quant à la gomme d’opium, voici la manière de l’extraire : une fois la rosée tombée sur la plante évaporée, on fait, avec un couteau, une incision autour de la tête rayonnée du pavot, mais légère et non pénétrante; puis on fait à partir de cette incision d’autres incisions également non pénétrantes, dirigées en droite ligne sur les flancs du pavot; on recueille le suc avec le doigt et on le dépose dans un coquillage. On suspend quelque temps l’opération pour la recommencer dans la journée. Il reparaît encore de la gomme le lendemain. Une fois le tout recueilli, on triture dans un mortier et l’on prépare des tablettes que l’on conserve. — AVICENNE. L’opium dessèche les plaies. Pris à l’intérieur, il abolit les facultés perceptives et intellectuelles. Pris seul et sans castoréum, il affaiblit et abolit les facultés digestives.— PROPRIETES DE MEHRARIS ḫawāṣ Mehrārīs. L’opium dissous dans du vinaigre et employé en frictions sur le museau d’un âne le fait larmoyer, en même temps qu’il se met à braire. — RAZES. Il tue à la dose de deux drachmes, et même à moins. Son usage à l’intérieur entraine du tétanos kazāz et du coma. Parfois il survient par tout le corps une violente démangeaison, l’haleine sent l’opium, et même il peut en être ainsi de tout le corps si on le frotte. Parfois les yeux se cavent, la langue s’embarrasse, les ongles pâlissent, une sueur froide apparaît, puis des convulsions aux derniers moments de l’existence. Le signe le plus caractéristique est le coma et l’exhalaison par le corps d’une odeur opiacée. — DIOSCORIDES. Voici ce que l’on administre avec succès (contre l’ingestion de l’opium). D’abord on fait vomir avec de l’huile, puis on administre un lavement irritant; on donne ensuite de l’oxymel avec du sel, ou bien du vin miellé avec de l’huile de rose chaude. On donne aussi une potion de vin doux avec de l’absinthe, du cinnamome avec du vinaigre chauffé; du nitre avec de l’eau et de l’origan (avec des cendres), de la graine de rue sauvage avec du poivre, du vin et du panais, du poivre avec du castoréum, de l’oxymel, de la sarriette, de l’origan ṣacatar, cuits avec du vin. Il faut ensuite exciter le malade en lui mettant sous le nez des odeurs, lui faire prendre un bain chaud, fomenter le corps contre l’éruption violente qui s’y est déclarée, puis, au sortir du bain, administrer du bouillon gras avec du vin et du moût. — AUTRE. On le remplace par trois fois de graines de jusquiame et aussi par la graine, l’écorce de la racine et l’extrait de mandragore.

Quelques manuscrits portent Soyiout à la place de Boutidj.

Efimîdion

117 Efimîdion, EPIMEDIUM, Επιμηδιον.

DIOSCORIDES, IV, 19. C’est une plante à tige courte, à feuilles pareilles à celles du lierre, au nombre d’une vingtaine ou un peu plus, sans fruit ni fleur, à racines grêles, noires, d’une odeur lorte, mais sans goût prononcé. Elle croit dans les lieux humides. — GALIEN, livre VI. Cette plante est légèrement rafraîchissante et contient des humeurs aqueuses : c’est pour cela qu’elle n’a pas de saveur prononcée. Il se peut qu’appliquée sur les mamelles elle les conserve. — DIOSCORIDES. Ses feuilles, triturées avec de l’huile et employées en cataplasme sur les mamelles, les empêchent de se développer. Sa racine, prise à l’intérieur, empêche la conception. Sa feuille triturée parfaitement et administrée à la dose de deux drachmes avec du vin, après l’apparition des règles, empêche la femme de concevoir.

Sprengel a vu l’Epimedium alpinum dans l’epimedium de Dioscorides. Littré en lait la Marsilea quudrifolia. Nous lisons dans les notes de la traduction arabe de Dioscorides que cette plante est connue à Grenade et à Jaën, qu’elle croît dans les eaux froides et qu’on lui donna le nom de ‘aquîm.

Afious

118 Afious, APIOS, Απιος.

DIOSCORIDES, à la fin du livre IV. Il en est qui l’appellent iskhîd (xxx, ισχαδα), d’autres khamalanos, ḫāmālānus χαμαιϐαλανος, d’autres amacen aghria (āmāsan āġrīā ορεινη αγια), ce qui veut dire raifort sauvage. (Ici la traduction arabe est tout à fait manquée.) C’est une plante qui pousse de terre deux ou trois rameaux pareils à des joncs (le texte arabe dit xxx), grêles, très-peu élevés, avec une feuille pareille à celle de la rue verte, un fruit petit, une racine pareille à celle de l’asphodèle, sinon qu’elle est plus arrondie et qu’elle ressemble à une poire, remplie de suc, à écorce noire et blanche intérieurement. Si l’on prend la partie supérieure de cette, racine, elle fait vomir de la bile et de la pituite, et sa partie supérieure, elle purge. Pour recueillir le suc, on prend la racine, on la triture, on la met dans un vase, on verse de l’eau par-dessus et l’on recueille, avec une plume, le suc qui surnage. Trois oboles, xxx xxx, de ce suc font vomir et purgent.

Sprengel fait de l’apios fie Dioscorides l’Euphorbia apios, synonymie adoptée chez Littré et Fraas

Efchurdj

119 Efchurdj, SUCS, EXTRAITS.

C’est un mol persan qui signifie extrait ou rob, dans tous les cas où il entre en composition. Ainsi, Bih efchurdj xxx xxx, signifie rob de coing; murd efchurdj xxx xxx, rob de myrte; anâr efchurdj xxx xxx, rob de grenade; ghour efchurdj, xxx xxx, rob de verjus. Nous parlerons des robs avec les fruits dont on les extrait.

Afa’

120 Afa’, VIPERE, Εχιδνα.

GALIEN. Il est facile de reconnaître que la chair de vipère échauffe et dessèche le corps. On la prépare comme celle d’anguille, avec de l’huile, du sel, de l’anelh, du poireau et de l’eau, toute proportion gardée. Vous pouvez vous assurer que la chair de vipère purifie le corps de ses impuretés et les résout par la peau, par ce que j’ai observé au temps de ma jeunesse. Je vais vous raconter de point en point ce que j’en ai vu dans notre pays. « Il y existait un homme affecté d’éléphantiasis, et, à force de le fréquenter et de converser avec lui, l’un de ses compagnons prit la maladie. Il devint hideux à voir. Ses camarades lui firent une cabane sur une colline, non loin du village et près d’une fontaine, et l’y placèrent. Tous les jours ils lui apportaient la nourriture dont il avait besoin. Or, au moment du lever de Syrius. on apporta à des moissonneurs qui travaillaient aux environs du vin d’un excellent bouquet dans une jarre. L’homme qui l’apportait déposa sa jarre et s’en alla. Quand vint le moment où ils désirèrent en boire, ils voulurent, suivant leur coutume, en verser dans un grand cratère pour le boire mélangé à de l’eau. Mais au moment où l’un d’eux approchait la main du cratère pour en verser, une vipère morte tomba dans le cratère en même temps que le vin. Les moissonneurs eurent peur et, craignant qu’il ne leur arrivât mal en buvant de ce vin, ils burent, en place, de l’eau. Pris ensuite d’une sorte de compassion pour le malade, ils se décidèrent à lui apporter tout ce vin, pensant que la mort lui valait mieux que la vie dans sa position. Dès qu’il eut bu, il fut guéri comme par miracle. L’induration de son corps disparut comme on voit tomber l’enveloppe des animaux à test crustacé. La chair apparut alors toute molle comme il arrive quand tombe l’enveloppe crustacée des mollusques, des coquillages et des crabes. » Un événement pareil arriva en Mysie, pays de l’Asie: «Un homme affecté d’éléphantiasis voulut aller un jour se baigner dans des eaux chaudes, pensant que cela lui ferait du bien. Cet homme avait une servante qu’il aimait, dont il avait fait sa concubine, qui était très-belle et poursuivie par plusieurs adorateurs. Ignorant cela, il avait confiance en elle et lui confiait bien des choses à la maison, même son argent. Il sortit donc pour prendre un bain dans ces eaux, emmenant avec lui la jeune fille. Ils s’arrêtèrent dans un endroit aride et rempli de vipères. Or, l’une d’elles tomba dans une jarre de vin qu’ils avaient apportée et placée là sans la boucher, et elle y mourut. La jeune fille pensa que c’était là une bonne occasion pour faire périr son maître, et elle lui fit boire de ce vin. A peine en eut-il bu qu’il guérit comme l’homme de la cabane. «Voilà deux faits d’expérience dus au hasard. Je vais vous en raconter un troisième que nous avons traité nous même. «Un philosophe, chef d’une école nombreuse, fut un jour atteint de cette maladie, qui empirait et devint tellement grave qu’il préférait la mort à la vie. Il continuait de souffrir quand je lui racontai ce qui était arrivé par hasard à ces deux hommes. Quant à lui, c’était un homme versé dans la science des augures; il avait un ami également habile dans cette science. Or, il arriva que lui et son ami consultèrent à ce sujet les entrailles d’un oiseau qu’ils immolèrent, et ils crurent reconnaître, par ce qu’ils avaient antérieurement expérimenté, que l’affaire tournerait à bien. Je lui administrai du vin empoisonné comme aux deux hommes dont il a été question, et il lui survint une décortication de la peau que je traitai par les moyens accoutumés. Un autre homme s’avisa de faire la chasse aux vipères et d’en faire sa profession, quand cette maladie commença à le prendre. Je me décidai à entreprendre son traitement. Je commençai par lui faire une saignée, puis je lui administrai un purgatif pour évacuer l’atrabile, ensuite je lui recommandai de faire usage, comme aliment, des vipères qu’il prendrait et de les faire cuire à la manière des anguilles. Il le fit et guérit, comme avaient guéri les deux hommes, et fut débarrassé de sa maladie. Un autre homme, d’une grande fortune, non pas de notre pays, mais de la Thrace moyenne, fut affecté de cette maladie. Il vit en songe que Dieu lui ordonnait d’aller à Pergame et d’y prendre, chaque jour, le remède préparé avec la chair de vipère, c’est-à-dire la grande thériaque, et de s’en faire des frictions par tout le corps. Il le fit, et sa maladie se modifia au bout de peu de jours et se transforma en cette affection constituée par la chute de la peau. Il guérit également de cette dernière affection par les remèdes qui lui avaient été révélés en songe. » Les chairs de vipère ont des propriétés dessiccatives comme je l’ai rapporté. Il (Galien) dit aussi que l’on confectionne avec de la chair de vipère des tablettes que l’on associe à la thériaque. On les tamise parfaitement et on les mélange avec le sel employé comme condiment. II ajoute ensuite : La chair de vipère est dessiccative et résolutive d’une manière bien évidente, avec cela qu’elle n’échauffe que légèrement. Il semble que cette chair renferme une vertu qui se porte rapidement vers la peau, et qui, décomposant les humeurs du corps qui sont en excès, les en expulse. C’est pour cela qu’il s’engendre beaucoup de poux sur l’homme dont l’intérieur est rempli de mauvaises humeurs et qui a mangé de cette chair. C’est cette même vertu qui fait tomber en écailles (la croûte d’éléphantiasis) qui couvre la peau. Elle a la spécialité de saisir et de pousser vers la peau les humeurs qui se forment dans le corps, les unes de nature terreuse et les autres capables de produire la gale, la maladie décorticante (c’est-à-dire la lèpre) et l’éléphantiasis. — DIOSCORIDES, II, 18. On prépare aussi avec la chair de vipère un sel qui a les mêmes propriétés que cette chair, mais à un degré moindre. A cet effet, on prend la vipère vivante, on la jette dans une marmite qui n’a pas servi, puis on ajoute du sel, de l’aneth et des figues, le tout bien trituré, et de chaque substance une livre et demie, avec neuf onces de miel. On lute ensuite la marmite et on la place dans un fourneau, où elle est laissée jusqu’à ce que le sel s’enflamme et se réduise en charbon. On enlève ensuite, on triture et on conserve. On y ajoute un peu de nard odorant et de malabathrum sādǧ pour en rendre la saveur agréable. — LE MEME, au livre II. La chair de vipère cuite et ingérée aiguise la vue. Elle convient contre les douleurs des nerfs. Elle arrête le développement des scrofules. Il faut pour cela les dépouiller, enlever ensuite la tête et la queue, attendu que ces parties sont privées de chairs. Quant à ce que l’on dit qu’il faut amputer les extrémités d’une façon égale de part et d’autre, c’est une chose sans importance aucune. On prend donc ce qui reste (c’est-à-dire le corps), on le lave et on le fait cuire avec de l’huile, du vin, de l’aneth et un peu de sel. On dit que ceux qui en font usage y gagnent des poux, assertion sans valeur. La foule dit aussi que l’usage de cette préparation fait vivre longtemps. — AVICENNE. La chair de vipère fortifie l’estomac, conserve la tête (le ms. n° 1071 porte, ḥūās, les sens) et la jeunesse des cheveux. Si on la triture en substance et crue, et qu’on l’applique sur l’endroit que la vipère a piqué, on calme les souffrances. Si on l’applique sur une tête affectée d’alopécie, elle est d’une très grande efficacité. — ET-TABERY. Si l’on fait brûler le serpent domestique et qu’on en triture les cendres avec de l’huile, puis que l’on en fasse des onctions sur les scrofules, on les résout et on les fait disparaître ; c’est là un fait d’expérience. — ANONYME. L’usage de la chair de vipère détermine la naissance d’ulcères par le corps et altère la constitution.

Ok’houân

121 Ūqḥū’ān - Ok’houân, MATRICAIRE.

Chez les Arabes c’est la camomille bābūnaǧ, connue en Egypte sous le nom de kerkâch kerkāš. Il en est plusieurs espèces. Quelques botanistes andalous font de ok’houân une petite espèce de kerkâch, et l’on admet généralement cette opinion. Mais il n’en est pas ainsi, car le médicament que représente le mot en question est ce que les Grecs appellent parthénion bartānīūn. Ce n’est pas une espèce kerkâch, mais c’est en réalité la plante connue de nos jours et antérieurement chez les Andalous sous le nom de chadjret maryem šaǧarat Marīam, connue aussi dans l’Ifrikiya (la Tunisie) sous le nom de câfoûriya kāfūrīat. Elle existe abondamment à Mosul, à l’état cultivé, et on l’y connaît sous le nom d’herbe au camphre šaǧarat al-kāfūr. Il en est deux espèces, une de montagne, qui croît dans les montagnes très froides, et une autre cultivée dans les jardins et les habitations, sur les balcons. Sachez-le bien. — DIOSCORIDES, III, 145. Le parthenium a la feuille de la coriandre, la fleur blanche (à l’entour) et jaune à l’intérieur, d’une odeur forte et d’une saveur amère. — GALIEN, livre VI. Ce médicament est assez échauffant, toutefois il n’est pas très dessiccatif. Il est chaud au troisième degré et sec au second. — DIOSCORIDES. Pris à l’état sec avec de l’oxymel ou du sel comme on prend l’épithym, il évacue la pituite et l’atrabile. Il est salutaire contre l’asthme et la mélancolie. Pris sans la fleur, il convient aux calculeux et aux asthmatiques. Pris par les femmes, il est utile contre les indurations et les inflammations de la matrice. — RAZES. La tête s’allourdit et devient comateuse à respirer son odeur. — EL-BASRY. Pris à l’intérieur, il est diurétique. En pessaire, il fait couler les règles arrêtées des femmes. — MASSIH DE DAMAS. Il atténue les parties grossières, abolit les obstructions, est salutaire à l’estomac et ouvre l’appétit. — LE CHERIF. Le suc obtenu par expression, employé en frictions sur les parties voisines des testicules et sur les hanches, excite au coït. — AVICENNE. Il est utile contre les torsions des nerfs. À cet effet, on applique par-dessus de la laine imbibée de sa décoction. Respiré à l’état frais, il endort. C’est un sudorifique.

Sprengel considère le parthénion des Grecs comme la matricaire. C’est, dit-il dans ses notes, ce que les Arabes ont rendu par ūqḥūān et par bābūnaǧ. Comme on peut le voir, il est un certain nombre de termes arabes qui n’ont pas la même valeur dans telle ou telle contrée. A ce propos, nous ferons observer que Sontheimer et Fraas ont fait du parthénion de Dioscorides la Matricaria parthenium

Acanthion

122 Āqantīūn – Acanthion - ACANTHIUM.

C’est une plante épineuse connue dans quelques cantons de l’Andalousie sous le nom de tête de vieillard rās al-šīḫ. Sa racine est chaude et astringente, contrairement à ce qui arrive pour les chardons comestibles. — DIOSCORIDES, III, 16. C’est une espèce de plante épineuse (dont la feuille) ressemble à celle de la plante appelée en grec akantha leukè, qui n’est autre que le badaouerd bādāward. Elle porte une tête épineuse. On dit que la fleur récoltée donne un produit pareil à du coton. La feuille et la racine, prises à l’intérieur, sont avantageuses contre la paralysie qui fait pencher la tête en arrière (l’opisthotonos) — GALIEN, livre VI. La racine et la feuille de celle plante sont chaudes et subtiles, au point d’être salutaires contre les contractions spasmodiques.

Sprengel fait de l’acanthion de Dioscorides l’Onopordum acanthium. Fraas adopte la même synonymie.

Oksiacanthos

123 Ūqsīāqanṯus – Oksiacanthos - OXYACANTHA, Οξυακανθα.

Ce mot veut dire en grec l’épine aiguë al-šūkat al-ḥādat. C’est ce que l’on appelle za’rour al-zacrūr, le djebrioul ǧabrīūl des herboristes andalous. Ce n’est point le berbéris comme le prétend Ibn Djoldjol, ni le filzehredj, comme d’autres l’ont supposé. Sachez-le bien. — DIOSCORIDES, I, 122. C’est un arbre qui ressemble au poirier sauvage appelé akhrâs aḫrās, sinon qu’il est plus petit et très épineux. Il a un fruit qui ressemble à une baie de myrte, plein, rouge, facile à rompre, ayant un noyau à l’intérieur. La racine est très rameuse et profonde. — GALIEN, livre VIII. Les propriétés de cet arbre le rapprochent de la poire, avec cette différence que le fruit de la poire est absolument astringent, tandis que l’autre unit à l’astringence quelque chose d’incisif et d’un peu subtil. Ce fruit arrête toutes, les maladies fluxionnaires, et cela non pas seulement pris comme aliment, mais en boisson. — DIOSCORIDES. Pris comme aliment ou comme breuvage, le fruit arrête le flux chronique du ventre et les écoulements chroniques de la matrice. La racine contuse et appliquée topiquement attire les aiguillons enfoncés dans les chairs ainsi que les échardes de bois ou de roseau et autres objets pareils. On dit que la femme enceinte qui se frappe le ventre légèrement avec la racine, à trois reprises, ou bien qui s’en frotte, avortera.

De l’oxyacantha de Dioscorides on a fait généralement l’aubépine, Cratægus ou Mespilus oxyacantha. Sprengel et après lui Sontheimer ont adopté le Mespilus pyracantha. On a remarqué que l’oxyacantha de Galien est le berbéris, d’où la confusion des Arabes, qui ont mêlé le berbéris avec l’aubépine. Quant au synonyme espagnol, les manuscrits le présentent sous les formes diverses de ǧarbūl, ḫabrīūk, ḥarmūk. Galland donne: gebruk. Nous le trouverons écrit chez Abd er-Rezzàk ǧabrīūl tout comme dans notre ms. d’Ibn el-Bcïthàr. Voyez l’article za’rour au n° 1112 et le berbéris au n° l46.

Akté

124 Akté, SAMBUCUS.

C’est le khamân, dont il sera question à la lettre kha (n° 821). C’est un arbre connu. Il en est une grande espèce que l’on appelle chebouka, xxx, dans la langue vulgaire de l’Andalousie, xxx xxx, et une petite que, dans la même langue, on appelle iedzka, xxx, avec un point sur le dal. — IBN SEMDJOUN. Suivant Razès, dans son livre dit El-Cafy, xxx, l’akté serait un médicament indien dont il existerait deux espèces : l’une, appelée chell šall, et l’autre, boll, boll. On dit que ses propriétés sont merveilleusement résolutives. Je ne connais pas d’autre part, mais seulement d’après lui, ce que Razès dit de ce médicament, et dans ce seul livre particulièrement. On lit, du reste, dans son livre Le Continent que le chell est un médicament indien de la forme du gingembre, et cela se retrouve chez les autres médecins. Galien et Dioscorides rapportent qu’une espèce de l’akté compte parmi les arbres, et une autre parmi les herbes. On lit dans le livre appelé El-Mansoury, xxx, (de Razès) et chez d’autres médecins, que le chell est très-chaud, alors que Dioscorides dit que la petite espèce, c’est-à-dire le khama aklé, xxx xxx, est froide et laxative. Ce que rapporte Razès dans le livre dit El-Cafy à propos de ce médicament est contradictoire avec ce qu’il en dit dans son livre Le Continent, ainsi que ce qu’en rapportent Galien et Dioscorides sous le rapport des caractères physiques et de la nature. Sachez-le. Nous reviendrons sur le sureau et les questions philologiques qu’il soulève. Notons seulement les erreurs de transcription des traducteurs allemands : nḏqat au lieu īḏqat (aujourd’hui encore hiezgo), et xxx rendu par Dietz Persice.

Acantha arabikè

125 Acantha arabikè, ÉPINE ARABIQUE.

Ces mots signifient en grec l’épine arabique. C’est le choka’a, dont nous parlerons à a lettre chîn. (Voyez le n° 1335.).

Acantha leukè

126 Acantha leukè, ÉPINE BLANCHE.

Ces mots signifient en grec l’épine blanche. C’est le badouard, xxx, dont il sera question à la lettre ba. (Voy. le n° 222.)

Aktin

127 Aktin, PHASEOLUS MUNGO.

Cette expression s’écrit avec un kesra sous le ta. C’est le mach, māš, dans le dialecte du Yémen. Il en sera question à la lettre mîm.

Iklîl et-malik

128 Iklîl et-malik, MELILOT.

ISHAK IBN AMRAN. C’est une plante qui a des feuilles arrondies en forme de monnaie, vertes et molles, des rameaux très grêles et dénués de feuilles, cède une gousse. Elle donne une fleur jaune et petite, à laquelle succède une gousse, xxx, grêle et arrondie, ressemblant à un bracelet d’enfant, et renfermant une graine petite, arrondie, plus petite qu’une graine de moutarde. Cette sorte d’ombelle est la partie employée, à cause de ce qu’elle contient. — EL-GHAFEKY. A propos de cette plante, il y a beaucoup de divergences, à ce point que sa détermination n’est pas bien positive. Toutefois, l’espèce mentionnée par Ishak Ibn Amrân est pour moi la meilleure, celle qu’on doit préférer à toutes les autres espèces employées chez nous. C’est une plante dont la saveur incline à l’amertume et dont l’odeur a de l’arôme. Ce que l’on emploie surtout chez nous, c’est une plante connue sous le nom de karna’la, xxx, à fleurs larges à peu près comme celle du plantain, portant une ombelle contournée, réclinée, grande, partie de blanc, de vert et de pourpre, donnant des graines plus petites que celles du fenugrec. Cette plante est visqueuse et n’a ni saveur ni odeur. Il y a des gens qui emploient une autre plante à rameaux grêles et étalés sur la terre, portant des feuilles pareilles à celles du tribulus. Le fruit ressemble à des cornes arrondies, pareilles à des cornes de bœuf, réunies au nombre de six ou sept, contenant une graine petite, semblable à celle du fenugrec. On prétend que le mélilot employé à Alexandrie est une plante aromatique, de grande taille, avec des feuilles pareilles à celles de la luzerne, xxx, ayant quelque chose de l’odeur de figue et une fleur jaune pareille à ce ver jaune que l’on trouve sous la terre. — L’AUTEUR. De nos jours on ne connaît nullement cette espèce à Alexandrie. Seulement, l’espèce que l’on y emploie aujourd’hui, de même qu’en Egypte et en Syrie, en remplacement du mélilot, est l’espèce dont le fruit ressemble à des cornes de bœuf : c’est cette espèce que l’on emploie le plus. La meilleure description qu’on en ait donnée est celle d’Avicenne quand il dit qu’elle a la couleur de la paille, la forme d’un croissant et une consistance ferme nonobstant sa légèreté. — Dioscorides, III, 41. Le mélilot, mélilotos, xxx (c’est-à-dire l’iklil el-malik), se trouve dans le pays de Carthage, et d’une excellente espèce. Il a la couleur du safran et son odeur aromatique. Il croît aussi dans la Campanie et près de Nole : celui-ci ressemble au fenugrec et n’a que peu d’odeur. — GALIEN, livre VII. Ce médicament jouit de propriétés complexes. En effet, il a de l’astringence et il est en même temps résolutif et maturatif, par la raison que dans sa composition les éléments chauds l’emportent sur les éléments froids. — DIOSCORIDES. Le mélilot a de l’astringence. Il ramollit les abcès chauds qui surviennent aux yeux, à la matrice, au siège, aux testicules: à cet effet, on le mélange avec du suc de raisin cuit, pour en faire des onctions et des applications. Parfois on lui associe du jaune d’œuf, de la farine de fenugrec, de la farine de graine de lin, de la poussière de moulin, du pavot, de la chicorée ou, autrement, de l’endive. Employé seul avec de l’eau, il est salutaire contre les ulcères malins que l’on appelle faveux. Mélangé avec de la terre de Chio ou de la noix de galle dans du vin, on en fait avec succès des onctions sur les ulcères mous de la tête. Employé cuit ou cru avec du vin et associé à quelqu’une des substances dont nous avons parlé, il calme les douleurs de l’estomac. Si l’on en exprime le suc et qu’on le mélange à de l’extrait de raisin, et que l’on en fasse des injections dans les oreilles, il en calme les douleurs. Employé en onctions sur la tête avec du vinaigre et de l’huile de rose, il calme la céphalalgie. — RAZES. Le mélilot est chaud. Il ramollit les tumeurs indurées des articulations et des viscères. — SOFIAN L’ANDALOUS. Il est utile contre les tumeurs du foie et de la rate, employé en cataplasme avec de l’absinthe. — BADIGHORAS. Il a la propriété de fondre les tumeurs. Quand il fait défaut, on le remplace par son poids de camomille.

On s’accorde à considérer le mélilol de Dioscorides comme le Melilotus officinalis des modernes, mais on ne saurait déterminer ses variétés, tant celles de l’auteur grec que celles des auteurs arabes. Les mots iklil el-malik signifient couronne de roi. Dans l’extrait d’Ishâk ibnn Amrân nous avons rendu les mots, xxx xxx, par «dénué de feuilles.» Peut-être faut-il traduire par «peu garni, », xxx signifiant, en anatomie et en physique, « raréfié, spongieux. « Voy. Abulcassis, éd. Channing, p. 174. Les traducteurs allemands n’ont pas compris le mot qurṭ, cité par Ibn el-Beïthâr. Dietz y a vu le porreau et Sontheimer l’acacia, tandis qu’il s’agit de la luzerne ou d’une de ses variétés encore aujourd’hui appelée de ce nom d’après le Dictionnaire de Bochtor.

Iklîl el-djebel

129 Iklîl el-djebel, ROMARIN.

C’est une plante bien connue en Espagne, où l’on s’en sert pour allumer les fours. Elle croît surtout sur les montagnes et dans les terrains graveleux, peu riches en terre. A Alexandrie, on la cultive beaucoup dans les jardins, à titre de plante aromatique. Elle a les mêmes caractères extérieurs que celle d’Espagne. Les parfumeurs en font commerce. Au Caire, on considère sa feuille comme étant le cardamine, xxx, ce qui est une erreur, attendu que le cardamine est une fleur et que notre substance est une feuille. Le Chérif, en traitant de cette plante dans son livre des Simples, lui a attribué les propriétés d’un autre médicament mentionné par Dioscorides en son troisième livre et connu en grec sous le nom de libanotos. C’est là une erreur, puisque Dioscorides et Galien n’ont pas parlé du romarin. Sachez-le bien. — EL-GHAFEKY. C’est une plante connue de tout le monde. Elle croît dans les montagnes et atteint la hauteur d’une coudée. Sa feuille est allongée et mince, à l’instar de la rue, épaisse et noirâtre. Son bois est rude et résistant. A la naissance des feuilles sort une fleur petite, mêlée d’azur et de blanc. Le fruit est dur. Une fois sec, il se divise et laisse échapper des graines plus petites que la moutarde. La feuille a de l’âcreté, de l’amertume et de l’astringence. Son odeur est agréable. Elle est chaude et sèche au troisième degré. Elle provoque l’écoulement de l’urine et des règles. Elle est carminative. Elle résout les obstructions du foie et de la rate, purifie le poumon, est utile contre les palpitations, l’asthme, la toux et l’hydropisie ascite. Chez nous, en Espagne, les chasseurs en mettent dans le ventre des animaux qu’ils ont tués, après en avoir retiré les entrailles, pour arrêter le développement de la putréfaction.

Nonobstant les dénégations d’Ibn el-Beïthàr, on s’accorde généralement à reconnaître que Dioscorides a connu et mentionné le romarin sous le nom de libanotis. Ce qui a déterminé l’opinion d’lbn el-Beïthâr, c’est que sous le nom de libanotis Dioscorides parle de plusieurs plantes différentes, que l’on range habituellement sous trois paragraphes distincts. C’est la dernière espèce que l’on considère comme identique avec le romarin. Il est même facile de reconnaître chez Dioscorides certains caractères produits par Ghafeky. Ainsi on lit chez le premier : « C’est une plante qui a des rameaux grêles, entourés de feuilles petites, épaisses, longues et grêles. » Forskal n’en parle pas dans sa Flore d’Egypte; cependant nous trouvons, dans le volume de l’Egypte moderne de l’Univers pittoresque, le romarin mentionné sous les noms de klîl et aselbân. Le romarin porte encore en Algérie le nom de klîl, concurremment avec celui d’azîr. Dans la traduction arabe de Dioscorides on lit en note marginale : « Théopbraste prétend que cette plante croit avec la bruyère. » On lit aussi le synonyme kondouriya et l’expression dite latine touîna, xxx. (Voyez le n° 2051.) Les Arabes ont confondu le cardamome avec la cardamine.

Ictamect

130 Ictamect, Ætite.

Le livre dit El-Minhâdj contient des erreurs à propos de ce médicament, et il ne faut se fonder en rien sur ce qu’il en dit. C’est une pierre connue sous le nom de pierre d’accouchement, xxx, pierre de vautour, xxx et pierre d’aigle. — ARISTOTE. C’est une pierre qui vient de l’Inde. Si on la remue, on entend le bruit d’une autre pierre dans son intérieur. Elle porte en grec le nom d’œtites, ce qui veut dire : pierre qui facilite l’accouchement. En effet, lorsque l’aigle femelle veut pondre, le mâle lui apporte cette pierre et la place sous elle, ce qui facilite la ponte et enlève les douleurs. Il en est de même pour la femme et les autres animaux: si on en place par-dessous elle, l’accouchement se fait avec facilité. — RAZES, dans son Livre des Succédanés. L’ictamect est un médicament d’origine indienne. Il ressemble à une noisette, sinon qu’il est légèrement aplati. Sa couleur est cendrée. Si on l’agite, on agite en même temps son noyau, et si on le rompt, il laisse échapper un noyau pareil à une noisette, mais légèrement blanchâtre. J’ai trouvé dans quelques livres indiens que si on le place sur le ventre et si on le suspend sur la cuisse d’une femme enceinte, elle accouche avec facilité. C’est une chose que j’ai expérimentée et reconnue vraie. — Il dit aussi dans son Livre des Propriétés: L’ictamect est quelque chose du volume d’un œuf de passereau et qui ressemble à une pierre, contenant à l’intérieur une autre pierre mobile. On s’accorde à le considérer comme salutaire contre les accouchements difficiles, si on l’attache à la cuisse d’une femme. Il ajoute : J’ai trouvé dans le livre d’Ibn Massouîh intitulé Djâmê, xxx, qu’on peut l’employer en remplacement de la pivoine. Pour cela, on le triture avec de l’eau et on fait des onctions sur les nodosités d’où s’échappent des vapeurs atrabilaires. — EL-GHAFEKY. Suivant Xénocrate (?) ksūqrāṭīs, la pierre d’Ætite comprend quatre espèces. L’une vient du Yémen, la seconde de Chypre, et c’est l’espèce mâle, la troisième de Libye et la quatrième d’Antioche. Quant à celle du Yémen, elle a le volume de la noix de galle, est noire, légère, et contient à son intérieur une pierre dure. Celle de Chypre ressemble à celle du Yémen, sinon qu’elle est plus large et longue. Parfois elle a la forme d’un gland. Elle contient aussi une pierre et quelquefois du sable. Elle est molle et se rompt sous le doigt. Quant à celle qui vient de Libye, elle est molle, petite, de la couleur du sable, contient une pierre blanche et légère, et se rompt facilement. Celle qui vient d’Antioche, où on la trouve sur les rivages, est blanche et arrondie. C’est elle que les aigles emportent dans leurs aires comme un talisman pour leurs petits. C’est pour cela qu’on l’appelle œtites, ce qui veut dire pierre d’aigle. Elle jouit de la propriété de faciliter l’accouchement. On la met dans un morceau de peau et on l’attache sur la cuisse gauche. On peut aussi la pulvériser et la jeter dans du lait de femme, y tremper de la laine et la faire porter par une femme qui ne conçoit pas, et alors elle conçoit par la grâce de Dieu. On la suspend aussi à un fil rouge et on la fait porter par des femmes enceintes, auxquelles elle est salutaire. Elle empêche aussi l’avortement et l’issue du fœtus avant son terme. On en met aussi dans une peau d’agneau d’une odeur pénétrante, que l’on place sur le pubis et le sacrum au moment de l’accouchement, et quand viennent les douleurs, on l’enlève, parce que, si on la laissait, la femme se romprait. Il en est de même pour les animaux.. — LE CHERIF. Voici encore une propriété de cette pierre: si quelqu’un s’en frotte, il ne pourra être vaincu par un adversaire. Si on la suspend sur un arbre qui ne conserve pas ses fruits, ils cesseront de tomber.

A la fin de l’article d’EI-Ghafeky où l’on recommande d’enlever la pierre, Sontheimer a employé le mot Kopfweh « céphalalgie, » pour rendre le mot arabe, xxx. Notre traduction nous parait plus rationnelle et en rapport avec les propriétés énergiques de la pierre d’aigle. Voyez du reste Pline, XXXVI. La pierre d’aigle est un minerai de fer géodique.

Dietz a cherché l’Arménie pour rendre le mot, xxx. Pline admet aussi quatre espèces et place en premier lieu celle d’Afrique. Voila notre espèce de Libye, xxx. Le mot que nous avons lu dubitativement Xênocrates a été aussi lu Xenocrates par Galland. (Voyez le n° 599.)

Ouker el-bahr

131 Ouker el-bahr, Boules de mer.

ABOU’L ABBAS EN-NEBATY. C’est le nom que l’on donne à des filaments d’origine marine. C’est une plante qui pousse dans le fond de la mer. Sa feuille, pareille à celle de l’asphodèle, est longue et déliée. Elle part d’une tige qui ressemble au souchet long, plante de marais, sinon qu’elle est plus grosse, et que sa couleur est une, à l’extérieur et à l’intérieur. A sa partie inférieure, au voisinage de la roche, sont des rameaux grêles, entortillés et noirs. Près de la souche sont des filaments arrondis que l’on dirait un agrégat de poils de chameau, xxx xxx xxx xxx xxx, sinon que le volume est moindre, et qu’il grandit à la suite. Il en est du volume d’une orange ; il en est de plus et de moins. Il y a des masses rondes, il en est d’allongées. Ce sont des débris légers repoussés par la mer quand elle est grosse. J’en ai vu beaucoup sur les rivages de la mer Indienne. La racine est très astringente. J’ai expérimenté que ces boules détergent les dents. Pour cela, on les brûle et on emploie les cendres seules ou associées aux dentifrices spéciaux pour nettoyer les dents et fortifier les gencives.

On lit dans le Dictionnaire de Mérat et Delens que les mots pilæ marinæ, boules marines, sont le nom de l’ægagropile marine. Les renflements du Conserva œgagropila de Linnée et les fibrilles de la base des tiges du Zostera marina, roulées en pelotes par les vagues de la mer, ont reçu ce nom.

Acmou berân

132 Acmou berân, VERVEINE.

C’est le ra’i el-hamâm, xxx xxx, la verveine, d’après le livre de Masserdjouîh. Nous en parlerons à la lettre ra. (Voy. le n° 1046.)

Variantes : Acmou bezân, Acfou-berân.

Icrâr

133 Icrâr, HELIOTROPE.

ABOU’L ABBAS EN-NEBATY. Ce mot s’écrit avec un kesra sous le hamza, un kaf quiescent, un ra surmonté d’un fatha, un alif quiescent, puis un ra. C’est ainsi que les Arabes du Nedjd appellent une grande espèce de tournesol, xxx xxx, qui ne donne pas de fruit. Quant à celle qui en donne un de couleur azurée, ils l’appellent tonaouim xxx. — L’AUTEUR. C’est une plante qui porte en syriaque le nom de samer youma, xxx xxx. Nous en parlerons, ainsi que de ses variétés, à la lettre sâd. (Voyez le n° 1381.)

Les traducteurs allemands, au lieu de tonaouim, ont lu nioum, xxx. Cependant Son-theimer donne la bonne lecture à la p. 214. Nous reviendrons sur les questions de synonymie. (Voyez les nos 432, 1381.)

Aakil nafsihi

134 Aakil nafsihi, EUPHORBE.

C’est l’euphorbe, dont nous parlerons à la lettre fa.

Les mots aakil nafsihi signifient qui se dévore lui-même. On a donné ce nom à l’euphorbe parce que, si on le conserve isolé, son volume diminue insensiblement. (Voyez le n° 1673.)

Al-bodj

135 Al-bodj, Racines indiennes.

HONEÏN. C’est l’acoron, ūǧ, de la Chine. — IBN RODHOUAN. Ce sont des racines qui nous viennent de l’Inde, de couleur blanche et tachées de noir. J’ai expérimenté sa grande efficacité contre les épinyctides, et voici comment je l’administrais : j’en donnais le premier jour une demi-drachme avec de l’oxymel par environ deux onces, le second jour un demi-mithkal, le troisième jour une drachme, et les épinyctides étaient guéries, sans qu’il fût besoin de purgatif. On obtient avec ce médicament des effets vraiment prodigieux. On peut aussi le triturer, l’associer à de l’huile de rose et en faire des embrocations à la surface du corps. On peut obtenir les mêmes résultats avec un excipient quelconque, par la vertu propre de ces racines. Elles sont amères et chaudes.

Nous ignorons quelles sont ces racines.

Ainanthy

136 Ainanthy, ŒNANTHE.

Dans ce mot les lettres alif et lam sont radicales. (Les mss. donnent xxx.) — LE CHERIF prétend que le sens de ce mot, en grec, est domestique, xxx. Pour moi c’est une espèce de panais sauvage : je la connais de vue, sans lui savoir de nom. — DIOSCORIDES, III, 125. C’est une plante qui a une feuille pareille à celle de la carotte, une fleur blanche, une tige épaisse et longue d’environ un empan, un fruit pareil à celui de l’arroche. Sa racine est grosse et porte plusieurs capitules arrondis. Elle croît dans les endroits pierreux. On administre son fruit avec du vin doux, ānūmālī οινομελι, pour expulser l’arrière-faix. On administre aussi sa racine contre la strangurie (et l’ictère).

Nous avons cru devoir rétablir le nom de cette plante. Nos mss. donnent, xxx et les traducteurs allemands ont lu xxx. Pour nous c’est une erreur de transcription, erreur bien ancienne sans doute, puisqu’elle a été adoptée par Ibn el-Beïthâr, ce qui est prouvé par la place qu’il donne à cette plante dans la série alphabétique. Une preuve incontestable qu’il faut écrire xxx, c’est que, dans Dioscorides, texte grec, il s’agit de l’Œnanthe. Quant à la plante elle-même, les uns, comme M. Fée, d’après une des synonymies émises par Sprengel, y ont vu l’Œnanthe pimpinellifolia ; d’autres, comme Sontbeimer, y ont vu la Pédiculaire tubéreuse. Littré y voit simplement la Spirea filipendula. L’étymologie donnée par le Chérif porte à faux dans tous les cas.

Eléoméli

137 Eléoméli, ÉLEOMEL.

Ce mot signifie, en grec, de l’huile mielleuse. On l’appelle encore l’huile de David, sur lui soit le salut ! — DIOSCORIDES, I, 37. C’est une huile, plus épaisse que du miel, qui s’écoule de la tige d’un arbre que l’on rencontre à Palmyre. Prise à la dose de trois onces, avec neuf onces d’eau, elle évacue les humeurs crues et la bile. Toutefois ceux qui en font usage éprouvent de la torpeur et de la résolulion des forces, et il ne faut pas s’en alarmer ni leur permettre de s’assoupir. On tire aussi une huile grasse des rameaux de cet arbre, dont la meilleure est celle qui est vieille, épaisse, grasse et transparente. C’est un échauffant. Employé comme collyre, il éclaircit la vue. En frictions, il est avantageux contre la gale ulcérée et les douleurs des nerfs.

Élathinî

138 Élathinî, ÉLATINE.

C’est le leblâb xxx, ou, selon El-Madjoussy, le leblâb el-ahrach, xxx xxx. Nos compatriotes, en Espagne, lui donnent le nom de chahîmiya, xxx. On l’appelle aussi serâouîl el-tacouc, xxx xxx. — Dioscorides, IV, 40. C’est une plante dont la feuille ressemble à celle de l’helxine, xxx, sinon qu’elle est plus petite, arrondie et velue. Elle a des rameaux de la hauteur d’environ un empan, sortant au nombre de cinq ou six d’une tige unique, garnis de feuilles et d’un goût acerbe. Elle croît au milieu des moissons de blé et dans les lieux habités. — GALIEN, livre VI. Elle déterge convenablement et elle est astringente. — DIOSCORIDES. La feuille de cette plante employée topiquement sur les yeux avec de la bouillie d’orge est excellente contre leurs inflammations, et elle les préserve contre les afflux d’humeurs. Sa décoction prise à l’intérieur suspend les écoulements intestinaux provenant d’ulcères. — LIVRE DES EXPERIENCES. Le leblâb à feuilles noires et rudes, qui se flétrit sous la pression du doigt, est appelé chahîmiya par quelques botanistes. Il cicatrise les plaies encore fraîches et saignantes. Il calme le gonflement des plaies, soit seul, soit associé à la graisse, à la manière du marrube. Il résout les inflammations et les furoncles, trituré, bouilli avec de l’eau et appliqué localement. Cru et en substance, il est salutaire contre les gerçures des lèvres et les brûlures ulcérées. II cicatrise les plaies lentes à se cicatriser. Employé en injections prolongées, il guérit les abcès. Il est utile contre les hémorrhoïdes qui donnent un écoulement blanc. Trituré avec du plantain, on en exprime le suc et on l’administre seul ou avec de la terre de Sinope dissoute dans de l’eau, pour arrêter les hémorrhagies abdominales quelles qu’elles soient : on le donne à la dose de trois onces, et la terre à la dose de deux drachmes. Trituré avec de la graisse et appliqué après la circoncision des enfants, il est salutaire et hâte la cicatrisation de la plaie.

On est unanime à faire de l’élaline de Dioscorides une linaire, seulement on ne s’accorde pas sur l’espèce. Les uns, tels que Fraas, en font la linaire grecque; d’autres, la linaire élatine. M. Fée y voit l’Antirrhinum elaline, Sprengel en fait la Linaria sparia. Quant au leblâb, qui signifie toute plante grimpante, il est ici le synonyme du grec helxinè, que l’on s’accorde à considérer comme le liseron, Convolvulus arvensis. Freytag (I, 59) traduit, xxx, elaline simplement par Convolvulus magicus. Quant à xxx, notre ms donne, xxx; on lit chez Dietz xxx. Au lieu de, xxx xxx, les traducteurs allemands ont lu, xxx xxx, et cette lecture se trouve aussi dans le ms. 1025. Le ms, 1071 donne xxx, ainsi que Galland.

Alubon

139 Alubon, Globularia Alypum, Αλυπον.

Dioscorides, IV, 180. C’est une plante que l’on emploie pour allumer le feu, et de couleur tirant au rouge. Elle a des rameaux et des feuilles grêles, une fleur molle et légère. Sa racine ressemble à celle de la bette, elle est remplie d’une liqueur âcre. Sa graine ressemble à celle de l’épithym. Elle croit abondamment sur les rivages de certaines contrées, particulièrement en Libye. On la rencontre également ailleurs. Prise avec du vinaigre et du sel, à la dose de l’épithym, elle évacue les humeurs biliaires et ulcère légèrement les intestins. — EL-GHAFEKY. Suivant El-Batrîk, dans sa traduction du livre de Galien, l’alypias, xxx, croît dans les sables et sur les rivages. Sa nature est chaude. On la récolte ainsi : après avoir arraché la racine, on enlève le cœur et l’on ne conserve que l’écorce. La meilleure est celle qui est comprise entre les nœuds, qui fournit une exsudation blanche, qui se rompt facilement. Il faut rejeter celle qui est filandreuse. On a prétendu que c’était le turbith, xxx, mais c’est une erreur. Paul a mentionné cette plante, mais il ne parle pas de la racine; il dit seulement de la graine ce qu’en a dit Dioscorides. — IBN OUAFED (l’Ebn Guefith des auteurs du moyen âge) pense que c’est le tripoléon, xxx, et il lui a affecté ce que Dioscorides rapporte du tripolion. La plupart des commentateurs, y compris Fraas, ont vu dans l’alypon de Dioscorides la Globularia alypum de Linnée. Cependant, dit M. Fée, on ne peut l’y reconnaître avec assez de certitude. Cette plante a porté effectiveraent le nom de turbith. Paul d’Égine, relatant l’alypon de Dioscorides, ajoute : « C’est, à mon avis, ce qu’on appelle maintenant alypias. Plus tard Actuarius, distinguant deux turbiths, dit que le blanc est l’alypias. Nous aurons à revenir sur le lurbith. La traduction arabe de Dioscorides donne en marge une synonymie latine, mal écrite, mais que nous croyons pouvoir rapprocher de l’espagnol cogollada.

Élélisfakon

140 Élélisfakon, Sauge, Ελελισφακον.

L’alif et le lam (qui commencent le mot) sont des lettres radicales. Quant au mot lui-même, il signifie langue de chameau, à ce que prétend le moine Nicolas. Toutefois on se trompe à le prendre pour le ra’i el-ibel, xxx xxx, pâturage de chameau. Chez nous, en Espagne, les botanistes lui donnent le nom de salbya xxx et de na’ama xxx. — DIOSCORIDES, III, 35. C’est un arbuste allongé et rameux, dont les rameaux sont quadrangulaires et de couleur blanchâtre. Les feuilles ressemblent à celles du cognassier, sinon quelles sont plus longues; elles sont légèrement rudes, à l’instar d’un habit qui n’a pas été brossé après le lavage ; elles sont couvertes de poils et blanches, d’une odeur aromatique et forte. Cette plante porte à l’extrémité des rameaux des fruits qui ressemblent à ceux de l’horminum sauvage. Elle croit dans les endroits raboteux. — GALIEN, livre VI. Le tempérament de cette plante est la chaleur, une chaleur évidente avec un peu d’astringence. — DIOSCORIDES. La décoction de ses feuilles et de ses rameaux, prise à l’intérieur, est diurétique, emménagogue et abortive. Elle est salutaire contre les atteintes de la pastenade xxx (sorte de raie, en grec trugôn). Elle noircit les cheveux, est avantageuse contre les blessures, arrête les hémorrhagies et déterge les ulcères de mauvaise nature. En lotions, elle calme le prurit des organes génitaux de l’homme et de la femme. — IBN DJOLDJOL. Elle est avantageuse contre la paralysie de la langue et la difficulté de la parole, prise à l’intérieur. — DIOSCORIDES, livre V. On prépare de la manière suivante le vin de sauge : On prend dix drachmes de sauge que l’on jette dans une amphore de vin doux. Ce vin est avantageux contre les douleurs des reins, de la vessie et des côtés, contre l’expectoration sanguine, la toux et la faiblesse des muscles, ainsi que la rétention des menstrues.

La sauge porte, en Algérie, le nom de siouac en-neby, xxx xxx, cure-dents du Prophète, et, dans quelques cantons, celui de bouchoucha, xxx. Le moine Nicolas fut envoyé, en l’année 340 de l’hégire, par l’empereur romain au khalife de Cordoue, Nasser Ibn Abd er-Rahmân, pour opérer la révision des œuvres de Dioscorides, dont l’empereur byzantin envoyait un exemplaire au prince espagnol. Nous en avons parlé dans nos études sur Ibn el-Beïthâr, Journal asiatique, 1862, et nous croyons y avoir mal traduit la phrase qui le concerne. Noire manuscrit est usé en cet endroit, et nous pensons que la version adoptée ici est préférable.

Nonobstant les observations d’Ibn el-Beïthâr, la sauge, au dire de Dioscorides, porte aussi le nom d’èlaphoboscon, qui est mal traduit par xxx, mots qui sont aussi donnés par le cheikh Dawoud comme synonyme. Toutefois Ibn el-Beïthâr a raison de prévenir la confusion avec la plante qui porte plus particulièrement le nom de ra’i el-ibel ou plutôt ra’i el-oueiyel, xxx xxx, pâturage de cerf, ce qui est la traduction du grec elaphoboscon. Nous reviendrons sur ce vice de transcription.

Alya

141 Alya, QUEUE DE MOUTON

Avicenne. Elle est chaude et humide. Elle ne vaut pas les chairs grasses. Elle est indigeste et ne nourrit pas. Elle est plus lourde et plus chaude que la graisse. On l’emploie topiquement contre l’induration des nerfs. — IBN MASSA. Elle corrompt l’estomac, et elle résout les tumeurs indurées. — LE LIVRE DIT El-Minhâdj. On la corrige au moyen des épices comme le gingembre, le poivre, le cinnamome, le garum, et on l’administre avec certaines confections.

Les moutons à large queue sont communs en Algérie, particulièrement dans le sud-est de la province de Constantine. Il existe, à propos de l’alya, une parole du Prophète qui le recommande contre la sciatique : on fait fondre cette graisse et on la divise en trois parties, dont on prend une à jeun pendant trois jours consécutifs. Galland s’est donc trompé eu rendant le mot xxx par globuli stercorei pecorum. Nous en dirons autant de M. Perron dans la Médecine du Prophète, p. 48. Disons que les deux acceptions se lisent dans le dictionnaire.

Elénion

142 Elénion, HELENIUM.

D’après le livre de Dioscorides, l’elenion est le rassen xxx, dont nous parlerons à la lettre ra. — EL-GHAFEKY dit à propos du Traité de la thériaque attribué à Galien, que l’hélénium est un médicament que l’on trouve dans le pays d’une nation appelée Thrya? , xxx (Galien dit les Daces et les Dalmates). Les gens de ce pays arrachent cette plante et en frottent la pointe des flèches. Si l’une de ces flèches atteint un homme et provoque l’écoulement du sang, il meurt à l’instant. Si l’on en ingère, on échappe à la mort : on n’éprouve aucun accident à en manger. Quelquefois ils ajustent des cerfs avec des flèches garnies de ce poison et les tuent, tandis que, s’ils en mangent, il ne leur survient aucun accident. C’est là une plante connue chez nous, en Espagne, sous le nom d’herbe aux archers, xxx. Nos médecins l’emploient en guise de condos (voyez le n° 1975), mais ce n’est pas le condos en réalité. — L’AUTEUR. Le passage d’El-Ghafeky se trouve textuellement à la lettre ba, à propos des plantes qui portent le nom de bakla. C’est là que vous le retrouverez.

Toute la citation d’El-Ghafeky manque chez Galland et chez Sontheimer, tandis qu’on la trouve, abrégée comme d’habitude, chez Dietz. Celui-ci a rendu xxx par in terra, ce que nous avons cru devoir traduire par une nation. Cette histoire des flèches empoisonnées est rapportée par Galien dans son TRAITE DE LA THERIAQUE.

Elatî

143 Elatî, SAPIN.

C’est un arbre à gomme, donnant une gomme (résine) comme celle du pin. On lit dans le Traité de l’agriculture grecque ,xxx xxx, que c’est une espèce de pin et qu’il porte des fruits comme des noix.

Le mot arabe xxx n’est autre chose que la transcription du grec élatè. Quant au Traité de l’agriculture grecque, il s’agit probablement de l’ouvrage traduit par Costa ben Louka. (Voyez Wustenfeld, p. 50.) Nous aurons plus d’une fois l’occasion de voir ce livre cité.

Ilb

144 Ilb.

Abou Hanîfa. C’est un arbre épineux, qui ressemble à un citronnier. Il croît dans les montagnes et il est très rare. Il n’a pas son pareil parmi les dhidjâdj alḏiǧāǧ. Or, on appelle dhidjâdj toute plante que l’on donne en appât aux animaux sauvages pour les empoisonner. — Abou Necîm Abū nasīm, Le meilleur des appâts est l’ilb. On en triture les extrémités encore tendres, on les mélange avec de la viande, et on l’abandonne à l’animal. Il ne tarde pas à mourir s’il la mange. S’il la flaire sans la manger, il devient aveugle et sourd. L’ilb le plus redoutable est celui de Khaferdad, xxxx, montagne du Serât, xxx, dans le Tehâma, xxx.

Nous ignorons quelle est cette plante, ou plutôt cet arbre. Au lieu de Ābū nasīm, Sontheimer lit Ībn nasīm, ainsi que Dietz et Galland. Dans sa nomenclature finale, il donne dubitativement comme synonyme Datura ferox. (Voyez le n° 1428.)

Emledj

145 Emledj, EMBLIC.

ISHAK IBN AMRAN. C’est un fruit noir qui ressemble à une prune xxx, ayant un noyau arrondi, pointu à ses deux extrémités, et donnant, quand on enlève son écorce, une amande à trois divisions. Ce que l’on emploie, c’est ce fruit avec son noyau. La saveur en est amère et astringente. Il nous vient de l’Inde. — HOBEÏCH IBN EL-HASSEN. Son action se rapproche de celle du myrobolan de Kaboul, xxx xxx. Dans le pays d’où il provient, on le fait macérer dans du lait, et cette préparation porte le nom de chîr amledj, xxx xxx. Cette macération dans du lait a l’avantage de lui enlever une certaine astringence. — IBN MASSA. Le meilleur emblic est celui qui est connu sous le nom de chîr amledj. — MASSIH. Il est froid au premier degré et sec au second. — MASSERDJOUIH. Il est astringent. Il resserre la racine des cheveux, fortifie l’estomac et le tonifie. — CHAREC L’INDIEN. L’emblic est le roi des médicaments. — BADIGHORAS. Il est salutaire contre l’atrabile et les agents septièmes. — IBN MASSA. Il arrête la soif. Il donne du courage et de la pénétration. — EL-YEHOUDY. Il excite au coït et arrête la salivation et les vomissements. — IBN MASSOUIH. Il calme l’effervescence du sang et arrête le dévoiement. Il noircit les cheveux. Confit, il relâche, est salutaire contre les hémorroïdes et excite l’appétit. — AVICENNE. L’emblic vaut mieux que le myrobolan. Il arrête la canitie, suspend les hémorragies, est utile contre les hémorroïdes anciennes, fortifie les organes internes et surtout l’estomac et les intestins. Il fortifie également les yeux. — LE MEME, dans le Traité des médicaments cordiaux. Il compte parmi les médicaments astringents. Il a une propriété merveilleuse pour fortifier le cœur, par son action tonique et astringente. Il en suffit de la moindre portion pour régulariser les tempéraments froids; c’est donc un médicament qui fortifie, xxx, l’esprit (vital). Son action est plutôt de fortifier le cœur que de combattre la tristesse, quand elle a pour cause la rareté du sang, sa pauvreté et sa prompte résolution. Comme médicament cordial spécifique et dépuratif, c’est à ce titre un des médicaments les plus efficaces pour l’intelligence et la mémoire, xxx xxx. En somme, c’est un des médicaments qui fortifient tous les organes sans exception. — LIVRE DES EXPERIENCES. Il étanche la soif, si l’on en laisse quelque temps un fragment dans l’eau que l’on boit. Il dessèche les humeurs et l’humidité de l’estomac. Si l’estomac est froid, on lui associe le nard indien. Il est salutaire contre la viscosité des intestins et les hémorroïdes, et suspend le cours des humeurs qui s’y portent. Il dissipe les émanations qui montent au cerveau et, par ce fait, aide à la lucidité de l’intelligence. — LE CHERIF. L’emblic fortifie beaucoup les nerfs, et le cœur. On le donne à la dose de trois drachmes. Il noircit les cheveux, employé en décoction avec du henné. Il fortifie aussi la racine des cheveux. Trituré, associé avec partie égale de sucre et un peu d’huile d’amande, et pris à la dose de cinq drachmes, à jeun et dans de l’eau tiède, il est utile contre la faiblesse de la vue et il l’éclaircit. Il est utile contre l’ulcération des intestins et les hémorroïdes. Pris à la dose de deux drachmes, avec trois drachmes de fruit du nabek (jujubier sauvage) dans de l’eau de coing, il est utile contre la diarrhée, surtout la diarrhée atrabilaire et pituitaire. Si l’on en prend deux drachmes, qu’on les triture et qu’on les laisse deux heures dans de l’eau douce, puis qu’on exprime le suc, qu’on le décante trois fois et que l’on en fasse des instillations dans l’œil, on agit très efficacement contre l’albugo. C’est là un fait d’expérience.

L’emblic est fourni par une euphorbiacée du genre phyllanthus. Le mot ch’ir, en persan, veut dire lait.

Amirbâris

146 Amirbâris - Berberis

On dit aussi berbâris barbāris. C’est le zirchec zirešk, en persan. On distingue les espèces andalouse, grecque et syrienne. Cette dernière vient des montagnes de Beirout et de Ba’lbek. Elle est préférée à l’espèce grecque chez les droguistes du Caire et de Syrie. — LIVRE DE L’AGRICULTURE. C’est un arbre rustique, d’un vert qui tourne au noir, donnant des fruits petits et rugueux. — IBN MASSA. Il est froid et sec au second degré. Il fortifie le foie et les intestins, et jouit d’une astringence prononcée. — MASSERDJOUIH. Appliqué sur les abcès chauds, il en arrête le développement. — RAZES. Il resserre le ventre, calme la soif, convient à l’estomac et au foie enflammés. Il évacue violemment la bile. — LIVRE DES EXPERIENCES. La graine dessèche les ulcères intestinaux et arrête le dévoiement. Prise pendant quelque temps, elle fortifie le foie, alors qu’il est le siège de chaleur et d’humidité. Associée aux médicaments chauds, comme le nard indien et autres pareils, elle est salutaire contre le dévoiement qui provient d’un refroidissement du foie. Elle est utile pour les estomacs affaiblis à la suite de fièvres pituitaires.

Le berbéris, ou épine-vinette, est un de ces médicaments qui ne se rencontrent pas chez les médecins grecs. On l’a confondu avec l’aubépine, oxyacantha; et Sérapion a confondu les deux plantes sous le nom d’amirbaris, citant d’une part Dioscorides et Galien, et de l’autre les auteurs arabes. Nous retrouverons l’épine-vinette sous le nom persan de zirchec, au n° 1101. (Voir aussi le n° 680, où le lycion des anciens est donné, tant dans le texte que dans les notes, comme pouvant être le produit d’une espèce du genre berbéris.)

Amroussîa

147 Amroussîa, AMBROSIA.

Dioscorides, III, 119. Il y en a qui l’appellent botris, et d’autres, arthemisia. C’est un petit arbuste très rameux, de la hauteur d’environ trois palmes, ayant des feuilles pareilles à celles de la rue et petites, sortant, les unes de la tige et les autres de la racine. Ses rameaux sont chargés d’un fruit qui ressemble à des grappes avant la floraison, et d’une odeur pareille à celle de la rue. Sa racine est grêle et longue d’environ deux empans. En Cappadoce, qabādūqī, on l’emploie à faire des couronnes. Cette plante est douée d’astringence et, appliquée topiquement, elle prévient l’afflux des humeurs vers les organes. — GALIEN, livre VI. Si on l’applique à l’extérieur, sous forme de cataplasme, elle agit comme astringent et s’oppose à l’afflux des humeurs.

Lobélius et Dioscorides, dit Sprengel, ont vu dans cette plante l’Ambrosia maritima. Cette synonymie, adoptée par Sprengel, l’est aussi par Fée et par Fraas.

Amdryân

148 Amdryân, COÏX.

Cette plante croit abondamment autour de Jérusalem, et même à Jérusalem; je l’ai rencontrée dans l’enceinte du sanctuaire. Je l’ai aussi rencontrée abondamment dans les cimetières qui sont près de la Porte de l’est à Damas. On la rencontre également aux environs d’Alexandrie. A première vue et sans l’examiner attentivement, on la prendrait pour un câprier. — HOBEÏCH IBN EL-HASSEN. C’est un végétal dont la feuille (sic) ressemble à celle du câprier. Il a une odeur pénétrante et forte. On l’emploie contre les tumeurs abdominales. Il résout les obstructions, fortifie le foie affaibli, est avantageux contre les tumeurs externes. Il est plus efficace pour la résolution des tumeurs externes que le solarium nigrum et l’alkékenge. Ses graines, dont chacune se produit dans une gaine séparée, sont du volume du fruit du jujubier sauvage, et tiennent du froid et du sec. On en administre le suc à l’intérieur contre les tumeurs internes, après l’avoir fait bouillir. On l’emploie aussi, sans le soumettre au feu, en embrocations sur les tumeurs externes. Il agit ainsi à la manière de la morelle, de l’alkékenge, de la chicorée et d’autres simples. On soumet encore ce végétal à l’expression pour en faire des applications sur les endroits piqués par les guêpes : il en calme la douleur et la tuméfaction, et en neutralise le poison. On administre son suc bouilli et clarifié à la dose de deux onces, et c’est un remède héroïque contre les inflammations. — ABOL’L-ABBAS EN-NEBATY. C’est un remède spécifique pour les piqûres de scorpions et de serpents, aussi bien que contre les morsures de chiens enragés. Il fait disparaître la gale indurée. On l’emploie contre l’albugo. On répand de sa feuille, sèche et triturée sur les plaies pour les amener à la cicatrisation.

Ici les auteurs allemands ne donnent pas de synonymies. L’ouvrage du cheikh Dawoud el-Antàky nous a permis d’en établir une: sous la rubrique, xxx, il dit que ce sont les larmes de Job, xxx xxx xxx xxx xxx ; or, les larmes de Job, d’après Forskal, p LXXV, ne sont autre chose que le Coïx lacryma Job, une graminée bien connue. Dawoud ajoute: «C’est la plante aux chapelets, xxx xxx. En effet, elle donne un fruit comme un petit pois chiche, et, quand on en enlève la partie ligneuse, il se trouve percé; on l’enfile et il passe à l’état de chapelet. » Il y a effectivement assez de ressemblance entre le fruit du coïx et celui du câprier pour que cette ressemblance ait frappé les auteurs arabes. Nous croyons qu’il y a une erreur dans la citation de Hobeich, et que c’est au fruit et non à la feuille du câprier qu’il faut comparer l’amdryân.

Amsoukh

149 Amsoukh, Equisetum.

Ce mot veut dire, en arabe, des tiges creuses, anabîb. Dans le langage vulgaire de l’Andalousie, on lui donne le nom d’inichtella (voyez le n° 2323).— EL-GHAFEKY. Il en est deux espèces, une grande et une petite. Quant à la petite, elle a des rameaux grêles, noueux, pareils à la feuille du genêt, verticales: si l’on tire dessus, ils cèdent et se détachent à leur point d’insertion au nœud : ils sont abondants et agglomérés. Ce végétal a une tige petite et ligneuse, de la grosseur du petit doigt ou moins encore, s’élevant à la hauteur d’environ un empan, et un fruit rouge foncé qān. La saveur de cette plante a de l’astringence avec un peu d’amertume. La racine est ligneuse et douce. Elle croit dans les lieux pierreux et en grappes. Administrée à l’intérieur, dans du vin astringent, cette plante arrête le dévoiement. Sa décoction se prend contre les ruptures et les hernies, les affections des reins et de la vessie. Elle fortifie les organes internes, est utile contre la contusion des muscles. Sa décoction, faite avec des figues, est utile contre la toux et la dysurie. Triturée et répandue sur les plaies, elle les pousse à la cicatrisation. Appliquée sur les hernies, elle les resserre. Quant à la seconde espèce, elle a une lige plus forte et plus courte que là première, et un fruit rouge, qui devient noir à la maturité. On l’emploie comme la première. On croit vulgairement que ces plantes sont des espèces de prêles. — LE CHERIF. Cette plante séchée et bouillie dans l’eau jusqu’à réduction de moitié, on décante et l’on en boit la valeur d’un grand verre, et avec avantage contre la faiblesse des organes internes et l’affaiblissement du foie. Les femmes du Maghreb préparent souvent cette décoction avec la plante contuse et associée à du jus de raisin : elles clarifient et en boivent la valeur d’un grand verre. L’usage de cette boisson les fait engraisser, améliore leur teint et purifie la matrice.

Cette plante nous parait être un equisetum, une prêle, mais nous ne savons à quelle espèce elle appartient. Le synonyme a été donné différemment par les traducteurs allemands, et d’une manière inexacte. Ibn el-Beîthâr lui-même eu a donné et fixé la bonne orthographe. (Voyez le n° 2820.) La traduction arabe de Dioscorides, en note marginale, donne le mot inichtella comme nom vulgaire de l’hippuris, plante qui a beaucoup de ressemblance avec la prèle.

Amaranton

150 Amaranton, ELICHRYSUM.

La généralité des traducteurs le range parmi les parthenium. C’est pourquoi, dans la plupart des recueils, vous trouverez les propriétés de cet amaranton décrites au chapitre du parthenium. Mais, en réalité ce n’en est pas une espèce. Pour moi, c’est une espèce d’abrotonum que je connais parfaitement, sachez-le donc bien. — DIOSCORIDES, IV, 67. C’est une plante employée à faire des couronnes que l’on place sur la tête des idoles. C’est une plante roide, blanche, portant de petits capitules pareils à ceux de l’abrotonum, divergents les uns des autres, formant une ombelle arrondie, dont les parties externes sont de couleur dorée et ressemblent aux capitules de la sarriette, ṣactar, quand elle a séché. La racine est grêle. Cette plante croit dans les endroits raboteux et dans les anfractuosités du sol. — GALIEN, livre VI. Cette plante est douée de propriétés subtilisantes. Elle est incisive des humeurs grossières. C’est en raison de ces propriétés qu’elle est emménagogue, si l’on prend ses sommités dans du vin. On prétend aussi qu’elle résout le sang caillé, non seulement dans l’estomac, mais aussi dans la vessie: il faut, en ce cas, la boire avec du vin miellé. Elle dessèche aussi les humeurs de l’estomac, mais elle est contraire au cardia. — DIOSCORIDES. Ses sommités, prises avec du vin, sont utiles contre la dysurie, les morsures des serpents, la sciatique, les contusions du corps, des muscles. Elle excite les règles. Prise avec de l’éléomel, elle dissout le sang concrèté dans l’estomac, la vessie et l’abdomen. Prise à jeun, à la dose de trois oboles, dans du vin blanc étendu, elle arrête les écoulements. Mise dans les vêtements, elle les préserve contre l’érosion. Cette plante est l’elichryson de Dioscorides, que Sprengel et Fraas ont considéré comme le Tanacetum annuum. Amaranton est donné, par Dioscorides comme un synonyme d’elichryson.

Omm oudja’ el-kebed

151 Omm oudja’ el-kebed,

AHMED IBN ABI DAWOUD. C’est une petite plante recherchée par les moutons, ayant une fleur cendrée contenue dans un calice arrondi, avec une toute petite feuille de couleur cendrée. Elle a reçu ce nom parce qu’on l’administre contre les affections du foie et l’ictère. On l’administre aussi contre les douleurs des hypocondres. C’est le suc que l’on emploie. Le nom de cette plante signifie : la mère des douleurs du foie, et nous ignorons quelle est cette plante. Nous lisons, en marge du ms.1071 « cet article est réellement d’Abou Hanîfa. »

Omm gheilàn

152 Omm gheilàn, Mimosa gummifera.

ABOU’L-ABBAS EN-NEBATY. C’est le nom du semor samur, chez les gens du désert. Abou Hanîfa dit que la foule lui donne le nom de talh ṭalḥ, ce à quoi je me range. Les habitants des villes ne donnent le nom de talh qu’à la grande espèce de semor. C’est particulièrement dans les vallées du Hedjaz qu’il grandit. — AVICENNE. C’est un arbre du genre eïdhâh, qui croit dans les campagnes. Il est bien connu. Il est froid et sec. En raison de son astringence, il suspend les écoulements. Il est excellent contre les hémorragies.

Forskal, p. cxxiv, fait du talh le Mimosa gummifera. Quant au semor, il en fait le Mimosa unguis cati. Ibn el-Beîthâr consacre au groupe des eïdhâh un paragraphe où il mentionne, des premiers, le semor. (Voyez le n° 1556.)

Omm kelb

153 Omm kelb, ANAGYRIS.

ABOU’L-ABBAS EL-HAFEDH. C’est une plante printanière qui atteint la hauteur d’environ une coudée et tourne au jaune. Sa feuille a de la ressemblance avec celle du henné, sinon qu’elle est plus large et a l’extrémité arrondie. Elle est ridée et légèrement raboteuse. Elle donne une fleur jaune, pareille à celle de l’euphorbe, connue sous le nom de keboua, xxx. Son odeur est désagréable. Elle croit au milieu des moissons. On l’appelle yetoua’ (voyez le n° 2302), et chez les Arabes du désert, la puante. Je n’ai rencontré personne qui l’appelât du premier nom. Elle est également mentionnée par Abou Hanîfa. — L’AUTEUR. C’est aussi une plante d’Egypte. On me l’a apportée au Caire, où je l’ai vue avec ses caractères et son odeur susdits. On me l’a apportée d’un endroit appelé Merâke’ Moussa, xxx xxx. C’est une plante reconnue, chez eux, comme efficace contre les morsures de serpent et de scorpion, prise en décoction, et à l’état frais, à la dose de deux mithkals avec de l’huile. Ces propriétés sont prouvées par l’expérience. Elle fait vomir le poison et calme les souffrances.

Nous lisons, en marge de la traduction arabe de Dioscorides, que l’anagyris est l’omm kelb. Merâke’ Moussa est situé dans le voisinage du Caire.

Aimi’â

154 Aimi’â, Intestins.

RAZES, dans son livre Les Correctifs des aliments. Quant aux intestins, ils ne conviennent pas pour y faire cuire les blanc-manger, isfidbâdjât, mais pour les mets connus sous le nom de nakânik, xxx. Si on les prend sous cette forme, il faut y associer beaucoup d’épices et de condiments, et ne pas en user longtemps et exclusivement, car si l’on en fait grand usage, il survient de la difficulté dans la digestion et dans l’évacuation, attendu qu’ils sont farcis de chairs rouges. Il faut s’abstenir de nourriture après en avoir mangé, puis, après avoir fait un somme, prendre du cumin, du poivre et autres épices.

Nous ignorons quelle est la préparation culinaire appelée nakânik. Ce sont, apparemment des saucissons. L’isfidbâdjât, xxx xxx est un mélange de viandes blanches hachées et assaisonnées.

Andjebâr

155 Andjebâr.

EL-GHAFEKY. C’est une plante qui croit surtout sur les bords des ruisseaux et parmi les ronces. Elle a des feuilles pareilles à celles de la luzerne. Sa couleur est rougeâtre. Elle est d’une consistance faible et s’élève à la hauteur de la taille d’un homme ou plus encore, s’accrochant aux ronces et y entrelaçant ses rameaux. Elle a une fleur rouge à laquelle succèdent de petites gousses contenant des graines. Sa racine est ligneuse et s’enfonce dans la terre, d’une couleur rouge tirant au noir. Toutes les parties de cette plante sont fortement astringentes et visqueuses. Si l’on dépouille sa racine et qu’on exprime l’écorce, on obtient un suc rouge comme des mûres. Ce que l’on emploie le plus dans cette plante est le suc lui-même, tant à l’état frais qu’à l’état sec. On emploie aussi l’écorce de la racine, et la dose de l’un et de l’autre est d’un mithkal. On fait cuire encore ce suc avec de l’extrait de jus de raisin et du sucre, et on en prépare un vin, ce qui en rend l’administration plus facile. La propriété spéciale à cette préparation, c’est d’être utile contre les hémorrhagies, quelque part qu’elles se produisent, qu’elles proviennent de la trachée artère, du médiastin, des ulcères intestinaux, des hémorrhoïdes, de la dilatation des ouvertures vasculaires. Elle suspend la diarrhée chronique, fortifie les intestins et resserre fortement le ventre, sans occasionner d’accidents. Elle guérit les ulcères du poumon, arrête les vomissements, est utile contre les fractures, les contusions, la faiblesse des muscles et les ruptures. Elle consolide les fractures et les solutions de continuité des chairs, et cicatrise les blessures. J’ai entendu dire à une personne de confiance qu’elle avait guéri un ulcère du poumon après une année de maladie. Cet homme était tombé dans l’épuisement et le marasme, il rendait un sang mêlé de sanie abondante et infecte. Ce remède a guéri également un homme affecté d’hématurie, après dix années de maladie.

Nous ignorons quelle est cette plante. Un auteur algérien dont nous publions la traduction, Abd er-Rezzâk, donne bien ce mot comme le nom du chèvrefeuille, mais nous ne pouvons pas garantir cette synonymie, vu la formé du fruit.

Anaghuris

156 Anaghuris, ANAGYRIS.

C’est un végétal connu sous le nom de caroube de porc, xxx xxx. (variantes à rejeter : xxx xxx et xxx xxx). Son fruit est appelé, par les habitants de l’Egypte, habb el-cola, xxx xxx, graine de rein. On l’y apporte de Syrie et d’Antioche. — DIOSCORIDES, III, 157. C’est, un arbuste dont la feuille ressemble à du vitex (c’est-à-dire du bendjenkecht, nom persan). Il approche de la taille des arbres et jouit d’une forte odeur. Sa fleur ressemble à celle du chou. Son fruit est contenu dans une gousse allongée et a la forme d’un rein. Il a la couleur variée, de la consistance, et durcit à l’époque de la maturité du raisin. — GALIEN, livre VI. Cet arbuste est du genre des végétaux fétides. Il est âcre, chaud et résolutif. Les feuilles, à l’état frais, en raison de l’humidité qu’elles retiennent, sont, peu âcres, et s’emploient pour réprimer les abcès mous. Une fois séchées, elles deviennent incisives et très dessiccatives. Ces mêmes propriétés se retrouvent dans l’écorce de la racine. Quant aux graines, leurs éléments sont plus subtils, et elles conviennent pour provoquer le vomissement. — DIOSCORIDES. Cette plante, à l’état frais et triturée, est employée en cataplasmes (nos meilleurs mss. portent xxx xxx) pour résoudre les tumeurs pituitaires. On l’administre à la dose de deux drachmes dans du vin doux, aux asthmatiques, et pour expulser l’arrière-faix et le fœtus. Elle est emménagogue. On la donne, avec du vin, contre la céphalalgie. On la fait porter (comme amulette) aux femmes dont l’accouchement est pénible, et il se fait promptement, mais il faut l’enlever immédiatement. Le suc de la racine est résolutif et digestif. Son fruit, ingéré à l’état cru, provoque de forts vomissements.

On s’accorde à voir dans cette plante l’Anagyris fœtida. Nous lisons en marge de la traduction arabe de Dioscorides une note donnée comme d’Ibn el-Beïthâr, xxx xxx, portant que l’anagyris est l’omm kelb xxx et qu’elle donne un fruit appelé caroube de chien, xxx xxx (Voyez les n° 556, 762.)

Anthillis

157 Anthillis, CRESSA CRETICA

DIOSCORIDES, livre III. Cette plante a deux espèces. L’une a la feuille pareille à celle de la lentille. Elle a des rameaux longs d’environ un empan, droits, la feuille molle, la racine grêle et courte. Elle croit dans les lieux chauds et exposés au soleil. Elle a un goût salé. L’autre a les feuilles et les rameaux pareils à ceux du chamæpitys, sinon qu’ils sont plus velus et courts. La feuille a la couleur pourprée et l’odeur infecte. Quant à la racine, elle ressemble à celle de la plante appelée dechti, xxx (chicorée). Prise à la dose de quatre drachmes, elle est efficace contre la dysurie et les douleurs des reins. — GALIEN, livre VI. Ces deux espèces sont légèrement dessiccatives. Elles comblent les ulcères. Quant à l’espèce qui ressemble au chamœpitys, elle est plus subtilisante que l’autre, au point qu’elle est salutaire contre la céphalalgie. L’autre est plus détersive que cette dernière. — DIOSCORIDES. Les deux espèces triturées, et associées à du lait et de l’huile de rose, employées en suppositoire, amollissent les tumeurs chaudes de la matrice. Elles guérissent les blessures. Quant à l’espèce qui ressemble au chamæpitys, outre ses autres emplois, on l’administre à l’intérieur avec de l’oxymel, contre la céphalalgie.

Prosper Alpin, Sprengel et Fraas considèrent l’anthyllis des anciens connue la Cressa cretica. Quant à la plante appelée dechti, nous la verrons citer plus tard à la lettre dal. Ce nom s’applique à plusieurs plantes, mais particulièrement au tifâf, xxx (sonchus). Dioscorides dit que c’est la chicorée. (Voyez le n° 329.) On lit dans le ms. 1071 en marge, à côté du mot xxx , en encre rouge, xxx xxx xxx «Il s’agit du tifâf, »

Andjodân

158 Andjodân, Silphion et Asa.

Plusieurs médecins disenl que l’andjodân est la feuille, le haltit, xxx, la gomme, et le mahrout, xxx, la racine. — ISHAK IBN AMRAN. Il y a deux espèces d’andjodân, l’une blanche, douce au goût et comestible, que l’on appelle sarakhsy, xxx, et dont la racine porte le nom de mahrout. Elle entre dans les préparations culinaires et pharmaceutiques. L’autre est noire, fétide, et entre dans les médicaments composés. La gomme de l’andjodân est la haltît, ḥaltīt, La douce vient de l’andjodân douce, et la fétide de l’andjodàn fétide, Abou Hanîfa. Le mahrout est la racine de l’andjodàn. Celle-ci croît dans les plaines sablonneuses qui s’étendent entre Bost et le pays de Kîkân. Le haltît est une gomme qui sort de la naissance des feuilles. Les gens du pays font cuire l’herbe de haltît et s’en nourrissent. Il n’en reste plus pour l’hiver. — MOHAMMED IBN ABDOUN. L’andjodân est une plante qui ressemble au cachem (livèche). Elle croît à Babylone, et les marchands de légumes la vendent avec les épices. — ABOU OBEÏD EL-BECRI, L’andjodân noire et fétide qui produit la haltît puante est une racine épaisse qui donne des feuilles étalées sur la terre, crépues, de la largeur de la main, composées de folioles petites à l’instar du panais, et pareilles aux lamelles qui se trouvent sous l’anneau des portes. Du milieu de ces feuilles s’élève une tige terminée par une ombelle semblable à celle de l’aneth, sinon qu’elle est plus grande. Il s’y produit des graines contenues dans une gousse mince, aplatie et allongée, d’une odeur fétide. — DIOSCORIDES, III, 84. Le silphion (c’est l’andjodân) croit en Syrie, en Arménie, en Médie et en Libye. Cette plante a une tige que l’on appelle maspethon (il faut lire masbaṭon, au lieu de masqaṭon) Elle ressemble au galbanum xxx, et c’est comme une férule, xxx. Sa feuille ressemble à celle de l’ache. Sa graine est aplatie. Sa racine, que l’on appelle magudaris, xxx xxx, est échauffante, brûlante et dessiccative (ici l’arabe s’écarte du grec, qui n’a pas ces dernières qualifications). Elle se cuit difficilement et nuit à la vessie; on l’associe au cérat pour panser les scrofules et les abcès. Employée en cataplasme avec de l’huile, elle est utile contre les extravasations sanguines de l’œil. Associée au cérat d’iris et de henné, c’est un topique contre la sciatique. Cuite avec l’écorce de grenade et avec du vinaigre, elle guérit les hémorroïdes du siège. Prise à l’intérieur, c’est un antidote contre les poisons. Sa saveur est agréable si on l’associe aux légumes et avec du sel. — GALIEN, livre VIII. Cette plante est très chaude, et il en est de même de sa feuille et de ses rameaux. Sa racine est très échauffante. Tous ses éléments sont flatueux et tuméfiants, c’est pourquoi elle se cuit difficilement. Toutefois, appliquée à l’extérieur, elle est plus efficace, et le suc est la partie la plus active (la fin du texte arabe est altérée). — MASSIH. L’asa est chaude et sèche au troisième degré. Elle est utile contre la dysurie et le refroidissement de l’estomac, et elle provoque les règles. — IBN MASSOUIH. Elle dessèche les humeurs de l’estomac; elle y séjourne et altère l’odeur des excréments et de l’urine. — MOHAMMED IBN EL-HASSEN. Elle fait avorter et relâche le ventre. Elle est salutaire contre les démangeaisons, triturée et appliquée. — RAZES. La racine, mahrout, fortifie le foie et l’estomac; elle aide à la digestion. — Il dit ailleurs, dans son Traité sur la manière de corriger les défauts des aliments, que l’asa est chaude, compacte, pénétrante, subtilisante et âcre. Elle rend plus subtils les aliments grossiers. Elle provoque fortement des rapports qui conservent longtemps sa saveur. Les personnes qui manquent d’expérience et de savoir pensent qu’elle n’aide pas à la digestion; mais elles se trompent. Ces faits prouvent seulement son énergie et son assimilation avec la substance de l’estomac. Cette saveur tient à la substance de l’asa, qui jouit d’une certaine compacité et partant la conserve longtemps. Une des propriétés merveilleuses de l’asa est de dissiper l’intumescence produite par les aliments tuméfiants et d’être elle-même tuméfiante. On observe quelque chose de pareil dans le cinnamome, le gingembre et l’ouchtorghâr (Voyez le n° 84). Cela a été pour beaucoup de médecins une occasion d’erreur. Ils pensent que l’asa n’aide pas à la résolution de l’intumescence, mais ils se trompent. En effet, cette substance est très efficace pour résoudre l’intumescence produite par des aliments grossiers, bien qu’elle suscite elle-même des évaporations qui n’aboutissent pas aux gargouillements et à la souffrance, mais déterminent des érections, réchauffent les intestins, les reins et les organes voisins. Associée à du vinaigre fort, elle atténue les aliments, devient agréable au goût et promplement digestible. En même temps elle perd de sa chaleur. Il (Razès) dit aussi que les condiments à l’asa sont très chauds et entètent. Ils conviennent aux estomacs abondant en humeurs. Il dit autre part que les préparations avec l’asa sont chaudes, bonnes, légères, et excitent la soif.

L’histoire du silphium est une des plus épineuses et des plus controversées de la matière médicale. Deux principales questions s’y rattachent. Qu’était-ce que le silphium ? Répond-il bien à l’andjodân des Arabes? Le silphium a été l’objet de longues dissertations, parmi lesquelles nous citerons celle de Saumaise et celle de M. Macé, dans la Revue archéologique de 1857.

Les récits des anciens et notamment les médailles de Cyrène, dont on peut voir de nombreux échantillons dans le travail de M. Muller sur la numismatique de l’Afrique septentrionale, ne nous laissent aucun doute sur la nature de cette plante; c’était une férulacée. Mais cette plante peut-elle être rapportée à une espèce actuellement existante? On a voulu y voir le Thapsia garganica, et c’est l’opinion de Pacho ; mais on ne s’est pas rappelé que les anciens distinguent le silphium du thapsia, dans lequel on ne saurait, avec les Arabes, se refuser a voir le dryas de nos jours. Faut-il admettre que le silphium ait disparu de la Cyrénaïque ? Solin parle de son extrême rareté, et Pline de sa disparition, à ce point que l’on n’en put apporter qu’une seule tige à Néron. Nous croyons, pour notre part, qu’il a pu en être du silphium dans la Cyrénaïque ainsi que du lotus et du persea dans l’Egypte. Nous ne saurions admettre, avec M. Macé que le silphium est le Laserpitium laser des modernes, qui peut être identique avec celui du Parnasse, mais que Pline distingue et dit servir a la sophistication de l’autre. Si les Arabes n’ont pu connaître le silphium de la Cyrénaïque, les récits des Grecs leur ont paru conformes avec ce qu’ils observaient dans l’Orient, et ils ont dû conclure à l’identité du silphium et de l’andjodàn. On lit dans la traduction arabe de Dioscorides : le silphium et c’est l’andjodàn, xxx xxx xxx xxx. On sait que cette traduction fut l’œuvre de Stephan, vers le milieu du IX° siècle de l’ère chrétienne. La distinction de la plante et de son suc en doux et en fétide n’est pas une idée d’importation grecque, ainsi que le prétend Saumaise : nous en avons la preuve dans les paroles d’Ishak Ibn Amrân. Les Orientaux avaient plusieurs sortes d’andjodân, qui servaient, suivant leurs qualités, d’aliment ou de médicament. N’eussions-nous pas cette distinction, on ne saurait non plus admettre avec Saumaise que l’asafœtida doive être nécessairement repoussée de l’usage alimentaire en raison de son odeur. Il est certain que cet usage existe toujours en Orient. L’auteur de la Pharmacopée persane s’exprime ainsi : « Ipsemet autem probavi sœpius non esse ingrati soporis, aut odoris, nisi quis allium etiam detestetur. » Ce n’est pas là précisément l’éloge de l’asa. C’est alors que Fuchs et A. Lusitanus ont vu le benjoin dans l’Asa dulcis. On admet généralement que la plante qui fournit aujourd’hui l’asa fœtida appartient au genre Ferula. MM. Lemaout et Decaisne disent un genre voisin du genre Ferula. Viviani crut reconnaître le Silphium dans une plante rapportée de la Cyrénaïque par Della Cella, et lui donne le nom de Thapsia silphium. Les effets observés sur les chameaux par le voyageur sont, aussi rapportés par les Arabes en parlant du dryâs. En somme, l’histoire du Silphium et de l’Andjodân présente encore des lacunes à remplir.

Les villes de Bost et de Kîkân, mentionnée, dans l’article d’Abou Hanîfa, sont situées dans le nord de la Perse.

Anison

159 Anison, Anis.

DIOSCORIDES, III, 58. Le meilleur est celui qui est récent, à grosses graines, qui ne se couvre pas d’écaillés pareilles à du son, d’une odeur intense. Le meilleur, comme provenance, est celui de Crète; vient ensuite celui d’Egypte. — GALIEN, livre VI. La partie la plus efficace de la plante est la graine. Elle est âcre et amère au point que sa chaleur approche de celle des médicaments brûlants. Elle est sèche au troisième degré; sa chaleur atteint un degré pareil. En conséquence, elle excite l’urination et résout l’engorgement abdominal. — DIOSCORIDES. En somme, cette plante est échauffante et dessiccative. Elle calme et fait disparaître les souffrances du corps (ici l’arabe diffère du grec). Elle est résolutive, diurétique el sudorifique. Elle résout les humeurs et apaise la soif, prise à l’intérieur. Elle convient contre l’empoisonnement, les morsures venimeuses et les tuméfactions. Elle resserre le ventre et arrête l’écoulement des humeurs blanches de la matrice. Elle est diurétique et aphrodisiaque. Mise sous le nez, elle calme la céphalalgie. Triturée et associée à l’huile de rose, on l’injecte dans l’oreille avec succès contre les douleurs qui surviennent à la suite de chute ou de coups. — RAZES, dans son grand Recueil. Elle est utile contre l’bydropisie et combat les gargouillements et l’intumescence. — HAKIM IBN HONEÏN. Employé en collyre, il est utile contre le pannus ancien. — IBN MASSOUIH. Il est utile contre les obstructions du foie et de la rate causées par des humeurs. Il resserre le ventre relâché, surtout s’il est un peu grillé. — EL-BASRY. Il tempère la respiration. — AVICENNE. Il est utile contre l’injection sanguine de la face et la tuméfaction des extrémités. Il désobstrue les reins et la vessie, ainsi que la matrice. Il est salutaire contre les fièvres chroniques. — LIVRE DES EXPERIENCES. L’anis coupe la soif causée par la pituite, surtout si l’on en lait du sirop avec du sucre. Sa décoction avec du bois de réglisse purifie la poitrine et est salutaire contre l’essoufflement. Réduit en poudre et employé comme dentifrice, il est efficace contre les mauvaises odeurs qui proviennent des gencives et de la racine des dents. Ses fumigations sont salutaires contre les afflux d’humeurs froides et la céphalalgie de nature algide. Associé à l’agaric, il en accroît l’action purgative. L’anis se dit encore la graine douce al-ḥabb al-ḥelūat. Il est fourni par le Pimpinella anisum.

Andjora

160 Andjora, ORTIE, Αναλυφη.

C’est le karîss, xxx, le harîk xxx. C’est une plante connue. — SOLEIMAN IBN HASSEN. Elle a une feuille rude et une fleur jaune. Elle a des aiguillons déliés et imperceptibles; quand une partie du corps les touche, il en résulte de la cuisson, de la rougeur et de la douleur. Il en est deux espèces : une grande et une petite. Quant à la grande, elle a les feuilles jaunes et une graine pareille à une lentille. C’est ce qui est employé en médecine. — EL-GHAFEKY. L’ortie, en réalité, comprend trois espèces. L’une d’elles, déjà citée précédemment, a la graine la plus grande et pareille à une lentille, comme forme et comme volume, de couleur verte, brillante et dure. Elle a des capitules arrondis et rudes, et des crochets longs et déliés. Quant à la seconde, elle est plus grande que les deux espèces mentionnées par Dioscorides, elle a une tige rouge noirâtre, une feuille tirant au noir et pareille à la feuille du sîssenber (Voyez le n° 1256), sinon qu’elle est plus grande et plus rude; c’est, des trois espèces, celle qui a les feuilles les plus grandes et les plus rudes. Elle a une graine du volume d’une graine de moutarde, mais aplatie, blanche et bleue. Quant à la troisième, qui est la plus petite et la plus grêle, elle a les graines les plus petites. — DIOSCORIDES, IV, 92. Il en est deux espèces. L’une, plus rude et noire, a la graine pareille à celle du chanvre, sinon qu’elle est plus rude. L’autre a la graine petite, et sa feuille n’est pas rude comme celle de l’autre espèce. — GALIEN, livre VI. Le fruit et la feuille de cette plante sont les parties employées en thérapeutique. Leurs propriétés sont d’être résolutives et très détersives, au point qu’elles font disparaître les abcès et les tumeurs qui surviennent près des oreilles. Elles sont en même temps tuméfiantes, et c’est pourquoi elles provoquent l’appétit vénérien, surtout si l’on en prend la graine avec de l’extrait de raisin. La preuve que l’ortie n’est pas très échauffante, mais composée de parties très subtiles, c’est quelle expulse les humeurs grossières et visqueuses de la poitrine et du poumon, et qu’elle détermine de l’irritation sur tous les organes avec lesquels elle se trouve en contact. Quant â la propriété tuméfiante que nous avons relatée, elle la possède bien, en effet, mais cette propriété se développe pendant sa coction dans l’estomac, de telle sorte qu’elle n’est pas tuméfiante actuellement mais virtuellement. Elle relâche modérément le ventre, par une action détersive et excitante, non par action purgative, comme les autres médicaments purgatifs. Elle guérit aussi les ulcères et les rougeurs dans les affections gangreneuses et cancéreuses, dans tous les cas où il faut faire intervenir une action dessiccative, mais non irritante et mordicante. Comme elle est constituée d’éléments subtils et dessiccatifs, sa chaleur n’atteint pas le degré de l’irritation. — GALIEN dit aussi dans le Livre des Aliments : La feuille de l’ortie est subtile et de parties ténues. Elle ne doit pas être employée comme aliment. Si l’on en fait usage, elle relâche le ventre. — DIOSCORIDES. Les feuilles de l’une et de l’autre espèce, employées topiquement avec du sel, guérissent les ulcères qui surviennent à la suite des morsures de chien enragé, les ulcères malins, les ulcères gangreneux, les ulcères sordides, la torsion des nerfs, les tumeurs appelées phagelhla, xxx, ainsi que les abcès. On en fait un topique avec du cérat contre les indurations de la rate. La feuille, triturée et introduite dans les narines, arrête l’épistaxis. Triturée et associée à de la myrrhe, elle provoque l’écoulement des règles. La feuille fraîche, appliquée sur la matrice procidente, la réduit. La feuille de cette plante, prise avec du vin doux, excite l’appétit vénérien et dilate l’utérus. Triturée et associée à du miel et prise sous forme de looch, elle est utile contre l’orthopnée, la pleurésie et la pneumonie. Elle purge la poitrine de ses humeurs. On la fait entrer aussi dans les compositions caustiques. Les feuilles cuites avec des coquillages relâchent le ventre, font disparaître les intumescences et provoquent l’écoulement de l’urine. Cuite avec de l’orge, elle provoque l’issue de ce qui se trouve dans la poitrine. La décoction de la feuille prise avec de la myrrhe excite les règles. Le suc, employé comme gargarisme, combat l’inflammation de la luette. — ANONYME. La graine d’ortie écorcée, prise à la dose de deux drachmes dans du vin, évacue convenablement la pituite, purifie la poitrine et le poumon des humeurs grossières. Quand on en fait usage, il faut ensuite ingérer un peu d’huile pour empêcher qu’elle ne brûle la gorge. On en fait aussi avec du miel des suppositoires qui provoquent des évacuations. Prise à l’intérieur, elle est utile contre la pituite visqueuse de l’estomac. On la prend avec de l’oxymel contre les affections de la rate et des reins. — LE CHERIF. La graine d’ortie, triturée et associée à du miel, employée en frictions sur la verge, en accroît considérablement le volume. On l’emploie aussi contre les douleurs de côté. — LIVRE DES EXPERIENCES. La graine d’ortie rompt les calculs des reins et de la vessie, surtout ceux de la vessie qui sont peu consistants et ténus; elle l’en débarrasse parfaitement. Elle est utile contre les épanchements de sang, quelque part qu’ils se produisent, et elle les résout. Bouillie avec de la racine de réglisse, elle est utile contre les douleurs et la cuisson de la vessie par suite d’humeurs ichoreuses et de fluxions. La feuille d’ortie cuite, triturée et associée à du beurre ou à quelque substance analogue, est employée avec succès en cataplasmes contre les tumeurs postauriculaires et en arrête le développement.

L’ortie se dit aussi nebât en-nâr xxx xxx «plante de feu.» On l’appelle encore, xxx xxx, ortie rude, pour la distinguer du xxx xxx, ortie molle, qui répond au galiopsis de Dioscorides. Fraas voit, dans la première espèce de Dioscorides, l’Urtica pilulifera, et dans la deuxième, l’Urtica urens.

Onaghrâ

161 Onaghrâ, Onagre.

Dioscorides, IV, 116. Il y en a qui lui donnent le nom de onothera et d’onourida. C’est un arbrisseau qui ressemble à un arbre par sa grande taille. Il a des feuilles pareilles à celles de l’amandier, sinon qu’elles sont plus larges et rappellent un peu celles du lys. Les fleurs, pareilles à celles de la grenade, sont grandes. La racine est petite et blanche. Desséchée, elle répand une odeur pareille à celle du vin. Cette plante croît dans les endroits montueux. — GALIEN, livre VIL La racine de cette plante, desséchée, répand une odeur pareille à celle du vin. — DIOSCORIDES. La racine de cette plante, administrée en décoction à des animaux féroces, les apprivoise. La plante, employée comme cataplasme sur les ulcères de mauvaise nature, les empêche de s’accroître. — RUFUS, dans son Traité de la Mélancolie, chapitre III. C’est cette plante de laquelle on dit que la terre dans laquelle elle pousse jouit de la propriété d’apprivoiser les animaux féroces, et cela parce qu’elle adoucit le caractère. Elle est un peu froide, et ce qui chez elle rappelle le vin n’est pas bien prononcé.

Sprengel a vu dans l’Onagra de Dioscorides l’Epilobium angustifolium. D’autres y ont vu l’Epilobium hirsutum, et c’est l’opinion de Fraas. On lit, dans les notes de la traduction arabe de Dioscorides, que l’onagra s’appelle encore Râs el-djâmous, xxxxxx, tête de buffle. »

Inf el-eidjl

162 Inf el-eidjl, ANTIRRHINUM.

DIOSCORIDES, livre IV. Il y en a qui l’appellent anarrinon, et d’autres lychnis, et d’autres qui l’appellent lychnis sauvage. C’est une plante annuelle pareille à l’anagallis pour les feuilles et la tige. Elle a une fleur qui ressemble à celle de la giroflée xxx (ici le grec diffère de l’arabe), sinon qu’elle est plus petite et pourprée. Son fruit ressemble à un museau de veau. — GALIEN, livre VI. Le fruit de cette plante n’a pas d’emploi en médecine. Quant à la plante, ses propriétés se rapprochent de celles du bunium; mais elles sont beaucoup plus faibles. — Dioscorides. Quelques-uns prétendent que cette plante portée sur soi est un antidote contre les poisons, et que, associée à l’huile de lys et employée comme pommade, elle donne de la grâce.

Sprengel a vu dans cette plante l’Antirrhinum orontium, et d’autres l’Antirrhinum majus. Quant à la comparaison de la fleur, elle ne se trouve pas dans l’édition de Sprengel, mais Matthiole donne la violette blanche ; on trouve l’hyacinthe chez Pline.

Endussâron

163 Endussâron, HEDYSARUM.

DIOSCORIDES, livre III. C’est une plante que les parfumeurs appellent pelekinos. C’est un arbrisseau qui a les feuilles pareilles à celles du pois chiche et un fruit pareil à une silique ou caroube de Syrie, contenant des graines rouges et semblables à la hache à deux têtes. Ce fruit est amer et convient à l’estomac. — GALIEN, livre VI. Cette plante est amère et acerbe; c’est pourquoi, prise à l’intérieur, elle est bonne à l’estomac. Elle résout les obstructions des viscères. Ainsi agissent les sommités de cette plante. — DIOSCORIDES. On la fait entrer dans certains onguents. On dit qu’associée à du miel et employée comme suppositoire avant le coït, elle empêche la conception. Elle croît dans les champs de blé et d’orge.

Nous avons conservé pour cette plante la transcription que nous avons trouvée dans Ibn el-Beïthâr, et qui concorde avec sa position dans la série alphabétique. Cependant il n’en est pas moins vrai qu’il faudrait lire xxx, pour rendre le grec hèdusaron. Nous aurons occasion de relever bien d’autres corruptions de ce genre qui ont fini par prévaloir. Le mot pelekinos, du grec, rappelle le latin secaridaca, nom sous lequel cette plante est également connue. La plupart des traducteurs font de cette plante une Coronilla et même la Caronilla secaridaca. On trouve aussi le nom arabe écrit sous cette forme, non moins vicieuse, xxxx , bien que plus rapprochée de la vérité. Le n° 1071 donne xxxx.

Andahimân

164 Andahimân ?

RAZES, dans le Continent, xxx. C’est un médicament bien connu du Kermân. — BADIGHORAS dit que c’est un spécifique contre le dévoiement. On le remplace par son poids de terre d’Arménie, avec partie égale d’écorces de grenades et moitié de sandal blanc.

Nous ignorons quelle est cette plante. Les traducteurs allemands ont lu xxx. Le n° 1023 donne xxx. On lit dans Meninski Andahîmân xxx, conformément à la lecture que nous avons adoptée, qui est aussi celle de Galland.

Androssakes

165 Androssakes, ANDROSACES.

C’est une espèce de plante salée qui est connue par les Arabes sous le nom de mollah xxx, et de kechmelahk xxx. — DIOSCORIDES, III, 140. C’est une plante qui croît sur les rivages de Syrie, annuelle, blanche, à rameaux grêles, amère, âcre, sans feuilles, portant à son sommet un follicule rempli de graines. Prise à la dose de deux drachmes dans du vin, elle fait uriner abondamment les hydropiques. La graine et la plante agissent ainsi. On emploie aussi avec succès la plante en cataplasme contre la goutte. — GALIEN, livre VI. Cette plante est amère et acre. Desséchée et administrée à l’intérieur, de même que sa graine, elle provoque d’abondantes urines. En même temps elle est résolutive et dessiccative.

On a varié sur la nature de cette plante et sur la classe qu’elle doit occuper. Linnée l’a rapportée, dit Sprengel, successivement aux genres Sertularia, Madrepora et Tubularia. Nous avons rectifié le titre de notre manuscrit, qui donne xxx, ce qui est évidemment une transcription fautive du grec androsaces. Quant aux synonymes, nous avons adopté la leçon des notes de la traduction arabe de Dioscorides xxx. Meninski en fait un halymus, d’après Golius. (Vovez le n° 2172.)

Enbetron

166 Enbetron, EMPETRUM.

GALIEN, livre VI. On donne aussi à cette plante le nom de prasoïde, ou pareil au porreau. — Dioscorides, IV, 170. C’est une plante qui croit dans les endroits montagneux et rocheux, et sur les bords de la mer. Elle a le goût salé. Plus elle se trouve dans l’intérieur des terres, plus elle est amère. Administrée dans du bouillon ou de l’hydromel, elle évacue la pituite, la bile et les humeurs aqueuses. — GALIEN. Cette substance ne convient que comme purgatif. Elle évacue la pituite et la bile. Sa saveur est salée, c’est pourquoi on peut aussi l’employer dans les autres cas où l’on a besoin d’une substance saline.

Dans l’Empetron de Dioscorides, les uns ont vu un Chithmum ou un Cachrys maritima, et Fraas une Frankenia pulverulenta. Sontheimer a réuni en une seule les deux citations de Galien. Au lieu de prasoïdes, on lit aussi phacoïdes. Matthiole suppose une altération. Il faudrait lire, xxx, pour être correct, et c’est la leçon qui se trouve dans le n°1071

Anaghalis

167 Anaghalis, ANAGALLIS.

DIOSCORIDES, livre II. Cette plante a deux espèces, qui diffèrent par la fleur. La première a la fleur bleue et on l’appelle femelle, et la seconde l’a rouge et on l’appelle mâle. Ce sont deux petites plantes qui s’étalent à la surface de la terre. Elles ont des feuilles petites et arrondies, pareilles aux feuilles de l’elxine xxx, portées par des rameaux quadrangulaires. Le fruit est arrondi. Les deux espèces conviennent contre les plaies, qu’elles préservent contre l’érysipèle. Elles attirent les échardes et autres objets pareils de la profondeur des chairs. Elles répriment l’extension des ulcères malins à la surface du corps. Triturées et exprimées, le suc s’emploie sous forme de gargarisme pour évacuer la pituite. Introduite dans une narine du côté opposé à une dent douloureuse, cette plante en calme la souffrance. Associée au miel de l’Attique (il faut lire xxx, au lieu de xxx), elle est bonne contre l’affaiblissement de la vue. Prise avec du vin, elle est salutaire contre les piqûres de vipères, contre les douleurs de reins, du foie et des côtés. On prétend que l’espèce bleue, employée en cataplasme, réduit la procidence de l’anus, tandis que l’espèce à fleurs rouges l’augmente. — GALIEN, livre VI. Les deux espèces de cette plante sont détersives, légèrement échauffantes et attractives; aussi attirent-elles les piquants fixés dans le corps. Leur suc pénètre jusque dans le cerveau et le purifie par les narines. En résumé, leurs propriétés sont d’être dessiccatives sans irritation; c’est pourquoi elles cicatrisent les blessures et sont salutaires aux organes en putréfaction. — Oribase xxx. Leur suc, administré avec du thym trituré, fait sortir les sangsues fixées dans la gorge. Quelques-uns de nos savants disent que les gargarismes avec le suc de l’espèce femelle tuent les sangsues. — EZ-ZEHRAOUY. La décoction de cette plante sèche, employée en gargarisme, tue les sangsues. Le suc, administré et parvenant jusqu’à l’estomac, les tue aussi. — LE CHERIF. Si l’on fait brûler jusqu’à incinération dans un vase hermétiquement fermé l’espèce femelle, que l’on mêle les cendres à du vinaigre fort et qu’on les injecte dans le nez, on fait tomber les sangsues. — LIVRE DES EXPERIENCES. Si l’on plonge une sangsue dans le suc de cette plante, elle se dessèche au point de perdre toute son humidité et de se casser si on la presse avec la main. Si l’on triture cette plante avec de la racine d’elaterium et qu’on l’applique quelque temps sur une sangsue arrêtée dans la gorge, on la fait tomber.

Cette plante n’a pas changé de nom chez les modernes. Fraas en fait l’A. arvensis. Nous trouverons au n° 183 un synonyme, xxx, qui nous est dit nabatéen, et que l’on retrouve aussi dans le Kitâb es-Simât, accolé au mot anaghallis, mais qualifié de latin.

Ins en-nefs

168 Ins en-nefs, CRUCIFERE ?

Le Chérif. Cette plante est mentionnée par Ibn Ouahchiya, dans son livre, sous le nom d’ichcataman xxx. C’est une plante annuelle, dont la feuille ressemble à celle de la roquette. Elle croit dans les lieux cultivés, est chaude et sèche, et a la fleur jaune. Mangée par les troupeaux, cette plante leur donne du lait; si quelqu’un boit de ce lait, cuit ou froid, il éprouve de la joie et de la gaieté, tout comme quand on a bu du vin, mais sans ivresse. Si l’on triture les tiges de cette plante et que l’on en retire le suc, leur ingestion procure de la gaieté et sert contre la mélancolie.

Nous ignorons quelle est cette plante. Les traducteurs allemands ont tronqué le nom d’Ibn Ouahchiya, le traducteur arabe du Traité d’agriculture nabatéenne. Galland a bien rendu ins en-nefs par familiaris animœ. Le Kitâb es-Simât donne les propriétés rapportées ici comme la raison du nom de cette plante.

Anikoun

169 Anikoun, Rose fétide.

RAZES. C’est la rose fétide, xxx. Il en sera question à la lettre ouaou. (Voyez le n° 2276.)

Ankarakon

170 Ankarakon

AVICENNE. C’est un médicament persan, que l’on appelle aussi marîha xxx, et el-harem xxx. — RAZES, dans le Continent. C’est un médicament persan. D’après El-Khoûz xxx, tout individu qui en fait usage a une bonne mémoire et l’esprit vif.

On lit dans l’édition imprimée d’Avicenne xxx, mais cette édition est criblée de fautes d’impression, et nous préférons adopter les autres leçons qui, la plupart, reproduisent celle que nous avons adoptée. On lit aussi dans cette édition d’Avicenne xxx, au lieu de xxx. Nous ignorons quel est ce médicament, au sujet duquel nous n’avons rien trouvé dans la Pharmacopée persane du Frère Ange de Saint-Joseph. On lit, dans la traduction latine du Continent, anaceracon, et chez Galland, ancracon. Au lieu de xxx, on lit aussi, xxx et xxx.

Anzerout

171 Anzerout, Sarcocolle.

DIOSCORIDES, livre III. C’est la gomme d’un arbre qui croit en Perse, pareil à des petits grains d’encens, et d’un goût amer. — AVICENNE. C’est un arbre épineux. — GALIEN, livre VIII. Cette substance jouit d’une double propriété : d’un côté elle est obstruante, et de l’autre elle est amère. C’est pourquoi elle est dessiccative sans irritation. Aussi l’emploie-t-on pour faire pousser des chairs et cicatriser les plaies occasionnées par des coups. — DIOSCORIDES. Elle a la propriété d’agglutiner les plaies. Elle arrête l’afflux des humeurs à l’œil. On la fait entrer dans les onguents. On la sophistique en lui associant de la gomme. —ET-TABERY. Elle consolide les solutions de continuité des chairs, en fait pousser dans les ulcères, et les déterge mélangée à du miel. Triturée avec du blanc d’œuf ou avec du lait, puis desséchée, triturée et répandue sur l’œil, elle guérit l’ophthalmie. — IBN MASSOUIH. Elle a la propriété d’évacuer la pituite visqueuse. On n’a pas l’habitude de l’administrer seule, mais dans une décoction à la dose d’une demi-drachme à une drachme. On ne la donne pas seule sans inconvénients. — HOBEÏCH IBN EL-HASSEN. La sarcocolle est merveilleuse à pénétrer et à ronger les chairs corrompues des plaies. Elle possède à un haut degré la propriété de guérir l’ophthalmie. Elle attire les humeurs de l’intérieur de l’œil, mieux qu’aucun autre médicament, surtout associée à l’amidon et au sucre blanc. A l’intérieur, on l’administre comme purgatif. C’est un spécifique pour les yeux; elle a aussi la qualité d’évacuer la pituite grossière qui s’est fixée dans les articulations des mains, des hanches et des genoux; elle attire violemment cette humeur avec un peu de bile. Elle aide aussi les médicaments à sortir du corps. Parfois elle déterge l’œil et les intestins en les excoriant et en produisant du ténesme en raison de son énergie. C’est une gomme visqueuse, et, si elle rencontre un corps humide, elle y adhère, que ce soit la main, le pied ou bien un vase. En raison de cette propriété, de son énergie et de son adhérence intime avec tout objet, elle agit sur les intestins comme nous l’avons dit. Si on l’administre à un adulte, seule ou associée à d’autres médicaments, elle le rend chauve au point de faire tomber tous les cheveux de sa tête. S’il s’agit d’un jeune homme, la chute est lente; mais s’il s’agit d’un vieillard, elle est rapide. Le meilleur est de triturer celle qui est blanche et à gros fragments, et de l’associer à de l’huile de noix. Cette huile tempère sa froideur et l’empêche de produire ce que nous avons dit de l’ulcération des intestins et du ténesme, en s’opposant à son adhérence. Pour la corriger avec l’huile de noix, il faut en ajouter deux ou trois fois le poids, si on veut la faire entrer dans quelque préparation pilulaire. Si on l’administre seule, la quantité d’huile doit être décuple. On la corrige avec l’huile de ricin, pour les vieillards et les sujets débiles, mais non pour les jeunes gens, qui ne pourraient supporter la chaleur de cette huile; on en ajoute autant qu’il en faut pour la dissoudre, puis on l’associe aux autres médicaments. Sa dose, quand on la donne seule et après l’avoir corrigée comme nous l’avons dit, est d’un milhkal à deux drachmes un quart. On ajoute des autres médicaments depuis une demi-drachme jusqu’à quatre danecs. Les meilleures substances que l’on puisse lui associer sont le sagapenum, le myrobolan, le turbith, l’aloès, la gomme ammoniaque, le bdellium de Judée, la graine d’ache cultivée, et d’autres substances pareilles. — AUTRE. La sarcocolle pousse à maturation et à résolution les tumeurs. Triturée avec un peu de nitre et d’eau et employée en embrocations sur les tumeurs du genou de nature scrofuleuse, elle les résout. On fait aussi une mèche que l’on enduit de miel et que l’on trempe dans de la sarcocolle pulvérisée; cette mèche, introduite dans une oreille qui donne de la matière et du pus, la guérit en quelques jours. — L’AUTEUR. La plupart des médecins, à ma connaissance, craignent d’administrer la sarcocolle à une dose supérieure à celle que nous avons donnée plus haut. Cependant j’ai vu les femmes égyptiennes en prendre impunément davantage en une seule fois. Elles en prennent une once ou deux dans de la pulpe de ce melon jaune connu dans le pays sous le nom d’abdelaouy, tout en sortant du bain. On dit que cela les fait engraisser.

La sarcocolle est une exsudation gommeuse, fournie particulièrement par le calice de certaines espèces du genre penea, de la famille des Epacridées, entre autres par les espèces sarcocolla et mucronata. La cucurbitacée appelée abdelaoui est rapportée par Forskal, Flore d’Egypte, page 168, au genre cucumis, espèce chate, variété abdellaoui. Prosper Alpin, dans son LIVRE SUR LA MEDECINE DES EGYPTIENS, livre III, chapître xvi, en parlant des moyens nombreux employés par les Egyptiennes pour engraisser, parle aussi de la sarcocolle et d’autres substances. Il mentionne aussi l’ingestion de ces substances dans un melon, au sortir du bain. D’après plusieurs auteurs, cités par M. de Sacy dans son Abdallatif, page 126, le melon en question aurait été introduit en Egypte vers l’an 310 de l’hégire, et il aurait tiré son nom d’Abdallah ben Taher, qui l’aimait beaucoup. Vers la fin de l’article de Hobeich, nous lisons, xxx, sagapenum, d’autant plus que cette leçon se trouve dans Sérapion, qui cite intégralement l’article de Hobeich sous le nom tronqué d’Abix.

Infaha

172 Īnfaḥat – Infaha - PRESURE.

GALIEN, livre X. La présure de tous les animaux est chaude, subtilisante, résolutive et sèche. Toute présure convient absolument dans tous les cas dont nous parlerons. Quelques médecins ont rapporté que l’administration de la présure de lièvre associée à du vinaigre guérit l’épilepsie. Ils ont dit aussi qu’elle est salutaire contre l’écoulement menstruel des femmes, et qu’elle résout le lait et le sang caillé dans l’estomac. Pour notre part, nous avons reconnu par expérience que la présure de lièvre n’a pas seule ces propriétés, mais bien la présure de tous les animaux. Seulement, la présure de lièvre est plus énergique et plus efficace. D’autres médecins ont prétendu que la présure de lièvre est salutaire contre les expectorations de sang. Quant à moi, je n’ai rien vu de pareil, ni connu personne qui l’ait contrôlé. Je crois qu’en pareil cas il vaut mieux s’abstenir de cette médication. En effet, cette affection ne peut être avantageusement traitée que par des médicaments astringents; or, la présure est pénétrante et résolutive, elle ne doit pas, en conséquence, entrer dans le traitement des crachats sanguins. — DIOSCORIDES, II, 85. La présure de lièvre, administrée à la dose de trois oboles, avec du vin, convient contre les morsures d’animaux venimeux, le dévoiement chronique , les douleurs abdominales, les ulcères des intestins, l’écoulement utérin chronique, les caillots sanguins de la poitrine et le crachement de sang. Portée en suppositoire avec du beurre, après l’apparition des règles, elle aide à la conception. — HONEIN dit, à propos du lièvre mâle, que sa présure, prise pendant trois jours à l’intérieur, et après les règles, empêche la femme de concevoir. Elle arrête l’afflux des humeurs à la matrice et resserre le ventre. Prise avec du vinaigre, elle est utile contre l’épilepsie. C’est un spécifique contre les poisons, contre le lait caillé dans l’estomac el les morsures de vipères. — ATHOURSOFOS? Āṭhūrsufus. La présure de lièvre, employée en frictions sur le cancer, produit des merveilles. —TABERYY. Si une femme prend de la présure de lièvre mâle ou de ses testicules avec du vin délayé, elle accouchera, si elle conçoit, d’un enfant mâle. Si elle prend de la présure d’une femelle, elle accouchera d’une fille. La présure, administrée sous le volume d’une fève, avec du bon vin, est utile contre la fièvre quarte. Associée à la guimauve et à la poix, et appliquée sur le corps, elle attire les piquants et les échardes. Administrée aux enfants, elle les préserve de l’épilepsie. Toutes les sortes de présures, et particulièrement celle de lièvre, appliquées sur le pouce d’un fébricitant, couperont la fièvre. Battue avec de l’eau et appliquée sur les narines, la présure arrête l’épistaxis. — MASSERDJOUIH. La présure de lièvre, prise avec du vin cuit à la dose d’un kirat, est salutaire contre les morsures de serpents, les piqûres de scorpions et autres animaux venimeux. — LIVRE DES EXPERIENCES. Elle est salutaire contre les vomissements des enfants, provoqués par du lait coagulé dans l’estomac. — GALIEN. Quelques médecins prétendent que la présure de cheval resserre le ventre et arrête la dysenterie. — DIOSCORIDES. La présure de cheval est particulièrement utile contre la diarrhée chronique et les ulcères intestinaux. — EL-ISRAÏLY. La présure d’âne, de gazelle et de chevreau, prise avec du vinaigre, est avantageuse contre l’hydropisie. — LE MEME. La présure de chevreau, d’agneau, de khichef ḫišif, c’est-à-dire de faon , al-walad al-āīl, de l’animal qu’on appelle flatikâ flāṭīqā (pour platukerôs, le daim), de l’animal que l’on appelle dorcas (la gazelle), ainsi que celle du veau et du bubale, jouissent des mêmes propriétés. On les administre dans du vin contre l’aconit. Prises avec du vinaigre, ces présures sont efficaces contre le lait coagulé dans l’estomac. Celle de faon, en particulier, portée par une femme comme suppositoire pendant trois jours après les règles, empêche la conception. — GALIEN. J’en ai vu qui prétendaient que la présure de l’animal marin qui porte en grec le nom de phoque jouit des mêmes propriétés que le castoréum. — DIOSCORIDES. La présure du phoque a les mêmes propriétés que le castoréum. Prise à l’intérieur, elle convient aux épileptiques et aux femmes hystériques. Voici la manière de reconnaître que la présure appartient réellement à cet animal et n’est pas mélangée : prenez de la présure d’un autre animal, surtout d’un agneau, mettez-la dans l’eau et versez cette eau sur la présure de phoque; si elle est bien réellement de cet animal, elle se dissoudra et se liquéfiera. Dans le cas contraire, elle n’éprouvera aucun changement. On se procure la présure des phoques alors que leurs petits ne peuvent pas encore suivre en nageant. En somme, toute présure coagule ce qui est liquéfié et liquéfie ce qui est coagulé. — AVICENNE. La présure est sèche et chaude au troisième degré. Elle jouit de propriétés antitoniques; toutefois, elle fait partie des exhilarants, en raison de la chaleur considérable dont elle jouit.

Athoursofos. On rencontre ce nom six fois dans Ibn el-Beïthâr et environ cinquante fois dans le Continent, sous des formes variées. Ainsi: Athuriscus, Athoroscos, Athorosfos, Athurisius, Atursius, etc. On le trouve aussi dans le Tedkira de Souïdy (n° 1026 et 1034 de l’A. F.). Fabricius y voit l’Atheuristi dont parle Galien au Xe livre des Simples. Ce sont les mêmes médicaments d’origine animale, les mêmes prescriptions d’un caractère étrange. Toutefois ces prescriptions ne se retrouvent pas toutes chez Galien. Les écrits d’Atheuristi seraient-ils arrivés directement aux Arabes? On lui attribue parfois le Livre des Propriétés.

Anbedj

173 Anbedj, fruits confits, MANGUE.

Les anbedjât, xxx, sont des préparations confites. On lit dans le Kitâb el-A’ïn que l’anbedj est le fruit d’un arbre de l’Inde, que l’on confit avec du miel tout comme d’autres fruits. — ABOU HANIFA. L’anbedj est très commun chez les Arabes, dans les environs d’Oman. Il se propage par plantations. Il en est deux espèces : l’un a le fruit de la forme d’une amande, qui ne cesse d’être doux depuis le commencement de sa pousse; l’autre, qui ressemble à une poire, est d’abord acide, et devient doux en mûrissant. L’acide se conserve dans les jardins jusqu’à ce qu’on le cueille, et alors il ressemble à la banane, sous le rapport de l’arôme et de la saveur. L’arbre grandit au point d’atteindre la taille du noyer. Les feuilles ont aussi de la ressemblance avec celles du noyer. A la récolte, le fruit doux est jaune, et celui qui est acerbe, rouge. A l’état récent, on le fait cuire dans une marmite. C’est un mot étranger.

Le titre de cet article, mal transcrit dans certains manuscrits, doit se lire tel que nous l’avons donné. L’auteur nous renvoie au Kitâb el-A’ïn, dictionnaire arabe composé par El-Khalil Ibn Ahmed, célèbre philologue du IIe siècle de l’hégire. Le fruit du manguier, dit Ibn Batouta, a la grosseur d’une poire. Lorsqu’il est encore vert, on prend les fruits tombés de l’arbre, on les saupoudre de sel et on les fait confire (Trad. Sanguinetti, III, 127). «Conditur etiam saccharo, interdum et acelo,» dit Garcias ab Horto. Sous la rubrique xxx, le cheikh Dawoud el-Antâki dit que l’on appelle ainsi dans l’Inde tout ce qui se confit, comme le gingembre, l’emblic, etc.

Antola saudâ

174 Antola saudâ, ACONITUM ANTHORA.

C’est la djadouâr des Espagnols, xxx xxx xxx; quant au premier nom, il s’écrit avec un alif surmonté d’un fatha, puis un noun, etc. C’est un nom de la langue vulgaire des Espagnols. Cette plante a la feuille pareille à celle que les gens du Maghreb appellent ouahhed khîr men.elf xxx xxx xxx « un qui vaut mieux que mille, » et qui n’est autre que la coriandre de renard, xxx xxx. Elle croît dans les montagnes. Elle a de nombreuses racines, sortant d’une souche unique, à l’instar de l’asphodèle, toutefois beaucoup plus petites, pareilles à celles qui poussent de la souche du jonc. Ishak lbn Amrân lui a donné le nom de gland de terre, xxx xxx. Cependant elle a de la dureté, la couleur noirâtre, et ressemble parfaitement aux racines de quintefeuille, xxx. Si on la divise, elle est un peu rouge à l’intérieur. Sa saveur rappelle celle du noyau de pêche : elle a de l’amertume avec un peu d’acerbité. — IBN EL-KENANY. J’ai appris d’une personne sûre que, dans les environs de Saragosse, poussaient deux plantes qui, à première vue, semblaient n’en faire qu’une et sortir d’une seule racine, tant elles étaient rapprochées, et qu’elles ne poussaient jamais isolément. L’une est appelée touâra xxx, et c’est un poison mortel et très prompt, xxx xxx. L’autre est appelée antola, et c’est un antidote merveilleux qui peut remplacer la grande thériaque, xxx xxx, surtout contre les maux de ventre et les douleurs utérines. Cette propriété est sanctionnée par l’expérience. La même personne ajoutait que souvent les troupeaux broutaient de la plante vénéneuse, car elle est douce, tandis que l’autre est amère, et qu’aussitôt qu’ils sentaient l’action du poison, ils couraient à l’autre plante, qui est l’antola, en mangeaient et se trouvaient débarrassés de ce poison.

On donne à cette plante ainsi qu’à la suivante le nom de zédoaire, mais il est bien certain qu’elle n’est pas la même que notre zédoaire, le djadouâr des Arabes. Nous reviendrons sur cette question à l’article djadouâr, où nous verrons l’identité de l’antola el du djadouâr mise en doute. (Voyez le n° 472.) Ibn el-Kenâny, le nom d’un des auteurs cités par lbn el-Beïthâr, est écrit lbn el-Kettany dans quelques-uns de nos manuscrits.

Antola beidhâ

175 Antola beidhâ, ZEDOAIRE BLANCHE.

C’est une plante que le peuple, en Espagne, appelle faïhak? xxx. C’est un arbuste dont la feuille ressemble à celle du séné, d’une couleur jaunâtre, d’une odeur pénétrante et légèrement aromatique. La partie employée est surtout la feuille. Elle est chaude et sèche, résolutive et carminative. Elle calme les douleurs algides de l’abdomen et s’emploie contre les morsures de serpents.

Nous avons sur cette plante les mêmes doutes que sur la précédente. Le nom du synonyme que nous avons lu faïhak se lit xxx keihen dans le ms. 1071, et Galland a lu de même

Andrassion

176 Andrassion, PEUCEDANUM.

C’est l’yerbatora xxx, dans la langue latine, c’est-à-dire la langue vulgaire de l’Andalousie, xxx xxx xxx xxx. Nous en parlerons à la lettre ya.

Ce court paragraphe soulève plus d’une question. Et d’abord le synonyme yerbatora xxx. Nous le trouvons parfaitement écrit sous cette forme dans notre manuscrit, ainsi que chez les deux traducteurs allemands. Cependant, à la lettre ya, nous trouvons xxx, qu’il vaudrait peut-être mieux lire plus correctement xxx, yerbaton. En effet, nous lisons dans le dictionnaire espagnol erbato et ervato; dans les commentateurs et traducteurs, harbatum, notamment chez A. Lusitanus qui, en sa qualité de Portugais, peut être ici une autorité. Nous lisons également erbatura dans la traduction de Sérapion. Nous trouvons un autre synonyme chez les traducteurs allemands, xxx xxx, « parfum des Curdes. » Sous cette rubrique, lbn el-Beïthâr dit, en effet, que cette appellation est aussi celle du peucedanum, mais ne lui est pas exclusive. Nous lisons ervato et ervatu dans la Flore de Madrid de Cutanda.

Quant à cette langue latine, qui est la langue vulgaire de l’Espagne, c’est un fait que nous avons mis en lumière dans nos éludes sur Ibn el-Beïthâr, insérées dans le Journal asiatique de juin 1862. C’est là un fait méconnu par les traducteurs allemands, qui ont, de plus, assez mal interprété ces quelques lignes. Nous retrouvons l’harbatum et l’andraion dans Averrhoès, traduction imprimée à la suite de Sérapion. Dans la riche nomenclature espagnole donnée par Colmeiro l’yerbatora se lit comme le nom d’une orobanche. Voyez le n° 2310. Le peucedanum est inscrit dans l’Avicenne de Rome, sous la forme vicieuse xxx, qu’il faut restituer ainsi : xxx ou xxx.

Aneb

177 Aneb, Aubergine.

L’aneb est la bâdendjân bādenǧān, ou aubergine, suivant Abou Hanîfa Nous en parlerons à la lettre ba. (Vovez le n° 227.)

Andjouc

178 Andjouc, MARJOLAINE.

D’après certains auteurs, c’est la marjolaine, marznǧūš en sera question à la lettre mîm. (Voyez le n° 2100.)

On lit dans certains manuscrits et chez Galland ānǧrk. Dietz reproduit cette variante. Freytag a lu ānǧūk, que nous trouvons parfaitement écrit dans le n° 1023.

Anacardîa

179 Anacardîa, ANACARDE.

C’est, en grec, le mot indien belâdor xxx. Nous en parlerons à la lettre ba. Quant au mot anacardîa, ce mot veut dire, en grec « qui ressemble à un cœur. » (Voyez le n° 347.)

Andjodân roumy

180 Andjodân roumy, SESELI.

C’est le séséli, à ce qu’on prétend. Nous en parlerons à la lettre sîn. (Voy. le n° 1178.)

Intûbîa

181 Intûbîa, Inthybus.

Ibn Massa dit que c’est la chicorée de Syrie, xxx xxx, à larges feuilles. Nous en parlerons à l’article hindeba. (Voy. le n° 2263.)

Les deux, traducteurs allemands ont tronqué ce mot. Dietz l’écrit xxx Sontheimer, xxx

Anboub er-ray

182 Anboub er-ray.

On dit que c’est la verge à pasteur, xxx. D’autres disent que c’est la flûte de pasteur, xxx xxx. D’après Massîh, ce serait une espèce de joubarbe, xxx xxx xxx et c’est ce qu’il y a de plus vraisemblable.

Les mots anboub er-ray signifient chalumeau, de pasteur. Il est possible que ce nom ait été donné à plus d’une plante. Voyez les nos 732, 1547 et 2026.

Anâkîrâ

183 Anâkîrâ, ANAGALLIS.

C’est l’anagallis xxx, en langue nabatéenne xxx au dire de Honein. Il en a été question. (Voyez le n° 167.)

Les deux traducteurs allemands ont lu anagyris. Ils ne mentionnent pas la langue nabatéenne. Notre manuscrit est conforme aux mss. 1023 et 1071. Galland cite l’autorité de Honein et lit anakebra.

Onfâk

184 Onfâk, OMPHACINUM.

C’est l’huile que l’on retire des olives vertes et qui n’ont pas encore mûri. Il en sera question à la lettre za. (Voyez le n° 1141)

Ici les traducteurs allemands ont plus ou moins erré. Sontheimer a rendu le mot xxx par omphacium, tandis qu’il fallait dire omphacinum, ou tout au moins oleum omphacium, car le mot omphacium représente le verjus, en arabe, hissrim. Dietz a rendu par omphacium et traduit : succus uvœ acerbœ, nondum maturœ, ayant lu sans doute zbīb, au lieu de zītūn Freytag est tombé dans la même erreur. Voyez le n° 1141.

Ankhusa

185 Ankhusa, ANCHUSA.

C’est le chendjâr al-šenǧār, dont nous parlerons à la lettre chîn, surmontée de points. (Voy. le n° 1344.)

Les traducteurs allemands ont lu andjousa anǧsā. Nous croyons cependant que cette lecture est vicieuse, le chi des Grecs se rendant habituellement par le kha des Arabes

Ambelos ounoforos

186 Ambelos ounoforos, VITIS VINIFERA.

Cela veut dire, en grec, « la vigne qui donne du vin. »

Les traducteurs allemands n’ont pas rendu le qualificatif ounoforos, qui est la transcription du grec oinophoros, vinifère. Sontheimer a eu tort de transcrire ambalis, puisqu’il s’agit de rendre le mot grec ampelos. Voyez la vigne au n° 1903.

Anbelos aghrîa

187 Anbelos aghrîa, VIGNE SAUVAGE.

Cela veut dire vigne sauvage. Nous en parlerons à la lettre kâf. (Voyez le n° 1905.)

Nous avons encore ici une simple transcription du grec.

Ambelos mélaïna

188 Ambelos mélaïna, TAMINIER.

Le sens de ces mots est « vigne noire. » C’est le taminier, fāšršīn, dont il sera question à la lettre fa. (Voyez le n° 1655.)

Ambelos loukè

189 Ambelos loukè, BRYONE.

Ces mots veulent dire « vigne blanche. » C’est le fachirâ, fāširā. Nous en parlerons à la lettre fa.

Nous reviendrons sur les bryones et les diverses vignes, à propos de leurs appellations propres. Voyez les nos 1904 et 1905, 1654 et 1655.

Ahlâl kostâ

190 Ahlâl kostâ, T. Balsamita.

EL-GHAFEKY. C’est une sorte de plante odoriférante, qui possède un arôme pénétrant et qui est chaude. On la cultive dans les habitations. Sa couleur tient du vert et du blanc. On l’emploie dans les mêmes cas que la mélisse, et on obtient une action plus puissante et plus énergique.

Nous avons adopté la synonymie donnée par Golius (Meninski), tout en usant d’une dénomination plus conforme à la nomenclature actuelle. La balsamite porte aussi le nom de menthe, mais c’est une appellation vulgaire qui rappelle une analogie d’odeur plutôt qu’une affinité organique. Sontheimer n’aurait pas dû traduire le mot rīāḥīn par ocymum «basilic,» la menthe sarrasine ou balsamite étant une synanthérée. On l’appelle aussi Costus hortensis et menthe coq.

Ouakinthos

191 Ouakinthos, HYACINTHE.

Ce mot signifie el-hadeky xxx (ou qui a rapport à la prunelle), à ce que prétendent certains traducteurs. — DIOSCORIDES, IV, 63. C’est une plante qui a la feuille pareille à celle du bolbos, une tige d’environ un empan, lisse et plus mince que le petit doigt, portant une tête renversée chargée de fleurs pourpres. La racine ressemble à celle du bolbos. — GALIEN, livre VIII. La racine de cette plante est bulbeuse, dessiccative au premier degré et froide à la fin du second ou bien au commencement du troisième. On prétend qu’elle retarde la puberté des enfants et empêche la pousse des poils au pubis, si l’on y fait des fomentations avec cette plante mêlée à du vin. Quant au fruit, il est légèrement détersif et astringent; aussi le donnait-on en potion avec du vin aux ictériques. Il est dessiccatif au troisième degré, et tient le milieu entre la froideur et la chaleur. — DIOSCORIDES. On prétend que des cataplasmes de la racine avec du vin blanc appliqués aux enfants en retardent la puberté. La racine, prise à l’intérieur, resserre le ventre et provoque l’urine. Elle convient contre les piqûres de phalangium. Le fruit est plus astringent que la racine. Pris avec du vin, il arrête le dévoiement chronique et s’emploie contre l’ictère.

On ne s’accorde pas au sujet de l’hyacinthe. Sprengel en fait l’Hyacinthus orientalis, d’autres en font le Lilium martagon et même le Gladiolus segetum.

Les traducteurs allemands ont mal lu le mot xxx, qui commence ce paragraphe. Sontheimer l’a lu, xxx, et Dietz xxx. Le cheikh Dâwoud va nous prouver qu’il faut, lire xxx ainsi que nous l’avons fait. Il dit: Ce mot en grec signifie « qui ressemble à la pupille,» parce qu’en effet sa fleur a cette ressemblance : xxx xxx xxx xxx xxx. La traduction arabe de Dioscorides nous donne encore comme synonymes xxx xxx, xxx xxx, xxx.

Onobrukhîs

192 Onobrukhîs, ONOBRYCHIS.

DIOSCORIDES, à la fin du troisième livre. C’est une plante qui a les feuilles pareilles à celles de la lentille de petite espèce, sinon qu’elles sont plus grandes. Elle a une tige longue d’environ un empan, la fleur d’un rouge vif et la racine grêle. Elle pousse dans les lieux humides et inhabités. — GALIEN, livre VIII. Cette plante a la propriété de dilater les pores du corps et d’être résolutive. C’est pourquoi, tant que la feuille reste fraîche, si on l’applique sur le corps, elle résout les abcès. Desséchée, triturée, et prise dans du vin, on la donne contre la dysurie. On l’associe encore avec de l’huile pour en faire des frictions et provoquer la sueur. — DIOSCORIDES. Cette plante, triturée et employée en cataplasme, résout les tumeurs. Prise avec du vin, elle guérit l’incontinence d’urine. Employée en frictions, elle est sudorifique.

On s’accorde à voir dans cette plante l’Onobrychis sativa ou le sainfoin. Fraas en fait l’ Onobrychis caput et crista galli. La traduction arabe de Dioscorides donne comme synonymes ǧalbān al-ḥīat et slat.

Onosma

193 Onosma, ONOSMA.

Le nom de cette plante signifie « abortif. » C’est une espèce d’anchusa, xxx xxx xxx — DIOSCORIDES, III, 137. Cette plante a des feuilles qui ressemblent à celles de l’anchusa, allongées, molles, longues de quatre doigts, de la largeur du doigt environ, étalées sur la terre. La plante ressemble beaucoup à l’anchusa, par la tige, le fruit et la fleur. Elle a une souche molle, grêle et allongée, d’un rouge sanguin. Elle croît dans les lieux arides. — GALIEN, livre VIII. Cette plante est composée d’éléments pénétrants et âcres; c’est pourquoi on prétend que sa feuille, prise avec du vin, tue le fœtus et l’expulse de la matrice. — DIOSCORIDES. La feuille, prise avec du vin, hâte l’expulsion du fœtus dans l’accouchement. On prétend même que si une femme enceinte marche sur cette plante, elle avorte.

La traduction arabe de Dioscorides dit en note marginale, sous l’autorité d’Ibn el-Beï-thâr, que c’est une espèce d’anchusa, xxx xxx et qu’on l’appelle aussi en Espagne oreille d’âne, xxx. On ne s’accorde pas au sujet de cette plante. Quelques-uns y voient l’Onosma echioîdes, mais Fée trouve légère cette appréciation. Sprengel y voit soit un lithospermum, soit une anchusa. Quant au mot onosma, il est mal écrit dans nos manuscrits, sous la forme aūnūmā. Il en est de même chez les traducteurs allemands, qui ont reculé devant une légitime restitution. Il est une autre question qui a occupé les commentateurs. D’après le texte vulgairement adopté de Dioscorides, cette plante n’a ni feuilles, ni fleurs, ni fruits. Ainsi lit-on dans l’édition de Matthiole, et c’est ainsi qu’ont lu les traducteurs arabes. Sprengel repousse cette lecture et adopte l’affirmative au lieu de la négative. Sontheimer a admis les feuilles, la tige, la fleur et le fruit comme dans l’anchusa, mais nous ignorons si c’est d’après son manuscrit ou d’après Sprengel. Nous suivons l’opinion de celui-ci, ne pouvant accepter des indications qui mettent Dioscorides en contradiction avec lui-même et que les traducteurs arabes ont adoptées avec trop de facilité.

Ouboghlosson

194 Ouboghlosson, Hypoglossum.

IBN DJOLDJOL prétend que ce mot veut dire «langue de cheval.» — Dioscorides, IV, 1 3o. C’est un petit arbuste dont la feuille ressemble à celle du myrte sauvage (houx). 11 porte une ombelle épineuse, et à son sommet, à la naissance des feuilles, un appendice qui ressemble à une petite langue. — GALIEN, livre VIII. La racine et le suc de cette plante sont émollients. — DIOSCORIDES. On prétend que les sommités de cette plante sont portées avec succès par les épileptiques. Elle fait partie des baumes émollients.

On considère cette plante comme le Ruscus hypoglossum. Nous avons dû en restituer le nom arabe qui se trouve mal écrit partout. On lit dans notre manuscrit xxx, chez Dietz xxx, et chez Sontheimer on en lit autant. Le manuscrit n° 1071 de l’ancien fonds porte xxx et en marge le nom grec Αυπογλοσσον.

Iouezz

195 Iouezz, OIE.

ET-TEMIMY. Elle est très abondante en humeurs et très chaude. Elle est lente à digérer. Elle a une odeur un peu moins forte que la chair de canard aquatique et elle fournit un meilleur aliment. Elle tient le milieu entre les bons et les mauvais. Il en est de même du chyme qui résulte de son ingestion. Je déclare, moi, que c’est un excellent aliment, que le chyme qu’il fournit est bon et sans mauvaise qualité.

Oubutilon

196 Oubutilon, ABUTILON.

AVICENNE. C’est une plante qui ressemble à une citrouille. — EL-KHOUZ. Elle est bien connue sous ce nom ; elle est utile pour les plaies récentes et elle les cicatrise promptement. Freytag donne sous cette rubrique Cucurbita gazensis, mais sans citer d’autorités. Les traducteurs allemands ont rendu ce mot par : species herbœ vulnerariœ. Quant au mot lui-même, il est écrit dans notre manuscrit et dans le ms. 1071 sous cette forme xxx, que Sontheimer et Galland ont conservée. La comparaison d’Avicenne a trait sans doute à la fleur. L’abutilon est une malvacée.

Olostîon

197 Olostîon, HOLOSTEUM.

C’est la plante que les herboristes espagnols appellent djabra xxx, mot venant de la racine ǧabara, qui signifie «réduire, rebouter. » On lui donne, en latin, le nom de xxx xxx, ce qui veut dire « réunissant les solutions, » d’après Ibn Hassân (suivant d’autres : Ibn Hayân). — DIOSCORIDES, IV, 11. C’est une plante annuelle, haute de trois ou quatre doigts. Elle a les feuilles et les rameaux pareils à ceux du chiendent, ṯīl, et d’un goût astringent. Sa racine est déliée comme des cheveux, blanche et d’une odeur pareille à celle du vin. Sa longueur est d’environ quatre doigts. — GALIEN, livre VIII. Cette plante est dessiccative en même temps qu’astringente. C’est pourquoi on la donne à ceux qui ont des contractures (ruptures) musculaires. — DIOSCORIDES. La racine de cette plante, cuite avec de la chair, devient astringente; avec du vin, on la donne contre les ruptures des muscles.

On varie beaucoup au sujet de cette plante. Plusieurs y voient l’Holosteum umbellatum, plante molle, ainsi nommée par antiphrase, dit Pline. Nous n’avons pu bien lire le mot latin, que nous trouvons aussi dans le Kitâb es-Simât. Il est à remarquer que les traducteurs allemands reculent toujours devant cette mention, si intéressante, de la langue latine; il n’en est pas ici trace chez eux. Outre le chiendent, Dioscorides mentionne le coronopus; mais il n’est pas question chez lui de l’odeur vineuse de la racine, que l’on trouve cependant chez Oribase.

Ousîd

198 Ousîd, NYMPHÆA.

Razès. C’est une espèce de nénuphar indien. Il est chaud et sec. — EL-BALECY. Il dissipe les flaluosités grossières et évacue les humeurs. On le donne à la dose d’une drachme.

On lit ousend aūsend, chez Avicenne, imprimé, et ousbid aūsbīb, chez Sontheimer. Freytag a lu comme nous, ainsi que Dietz et Galland. Nous ne savons où Dietz a pris ce qui suit : « herbarii afri dicunt solvere drachmam unam ventositates. »

Okîmoaidès

199 Okîmoaidès, OCYMOEÏDES.

Le sens de ce mot est « qui ressemble au basilic » (ocymum). C’est une plante connue par les herboristes de l’Ifrîkiya, et surtout de la ville de Tunis, sous le nom de lassîa’a xxx. Elle est très abondante chez eux sur la montagne de Macouss xxx où je l’ai récoltée quand j’y séjournais. — DIOSCORIDES, IV, 28. Il y en a qui l’appellent echium xxx, et d’autres philoterium xxx. C’est une plante qui a les feuilles pareilles à celles du basilic, les rameaux longs d’environ un empan et couverts de poils, des siliques pareilles à celles de la jusquiame et remplies de graines noires pareilles à la nigelle. — GALIEN, livre VIII. La tige de cette plante est sans utilité. Les graines sont subtilisantes et dessiccatives, sans irriter. — DIOSCORIDES. La graine de cette plante, prise dans du vin, est un antidote contre les piqûres de vipères et des autres animaux venimeux. On l’administre avec du poivre et de la myrrhe contre la sciatique. Elle a une racine sans emploi.

Il s’agit de l’okimoeïdes de Dioscorides, qui est la Saponaria acymoïdes, au dire de Sprengel, et pour Fraas le Silene gallica. Certains manuscrits, ainsi que Galland, donnent xxx, au lieu de xxx. La montagne appelée Macous n’est pas mentionnée par les géographes arabes.

Osîris

200 Osîris, OSYRIS.

DIOSCORIDES, IV, 141. C’est une plante employée à allumer le feu, de couleur noirâtre, ayant des rameaux grêles et difficiles à rompre, et des feuilles pareilles à celles du lin, de couleur d’abord noirâtre, puis passant au rouge. — GALIEN, livre VIII. Cette plante est amère et apéritive, c’est pourquoi elle est efficace dans les obstructions du foie. — DIOSCORIDES. La décoction de cette plante est utile contre l’ictère. On l’emploie aussi à faire des balais. On croit le plus généralement que cette plante est l’Osyris alba. Quelques-uns ont mis en avant le Chenopodium scoparia, qui porte en grec le nom d’oxaris; d’autres une linaire, et même c’est une linaire que Matthiole a figurée. Quant à la phrase qui termine le paragraphe, elle n’est pas de Dioscorides, mais de Galien. Il y a dans le texte grec korèmata, qui signifie «balais,» mais qui pourrait aussi s’entendre de médicaments propres à déterger la peau. Les graines étaient employées comme cosmétique par les dames romaines, au dire de Pline. Les notes de la traduction arabe de Dioscorides donnent, en latin vulgaire, xxx xxx, un synonyme mal écrit, mais qu’on peut rapprocher de l’espagnol jasmi.

Orobankhè

201 Orobankhè, OROBANCHE.

Ce mot veut dire « qui détruit l’orobe, » on lui donne aussi le nom d’aced el-a’des (v. n°88). On lui donne aussi, en Egypte, le nom de halouc xxx, parce qu’une fois qu’elle a poussé dans un terrain, elle détruit toutes les graines qui poussent aux environs. C’est une plante du genre des tarathîth. — DIOSCORIDES, II, 171. (Quelques-uns l’appellent lion. A Chypre, on l’appelle tersîna.) C’est une plante qui a une tige petite, rougeâtre, de la hauteur d’environ deux empans et quelquefois davantage. Elle est visqueuse, molle et couverte de poils. Sa fleur est d’un blanc tirant sur le jaune. Elle a une racine épaisse, de la grosseur du doigt, et se creusant pendant les chaleurs de l’été. Si cette plante croît quelque part, elle attaque celles qui croissent dans le voisinage. On la fait bouillir pour la manger à la manière de l’asperge, mais on la mange aussi à l’étal cru. On prélend que si elle se trouve mêlée à des légumes elle en accélère la cuisson. — GALIEN, livre III. Cette plante est froide et sèche au troisième degré. — LE CHERIF. Si on la fait cuire avec une viande réfractaire, elle en hâte la cuisson. Son usage prolongé fait maigrir les sujets obèses, sans causer d’accident. On la mange cuite et crue. Sprengel prétend que l’orobanche des anciens est indubitablement l’Orobanche caryophyllea. Fraas en fait l’Orobanche grandiflora. Les traducteurs allemands ont lu om-bandji xxx; mais nous pensons qu’il faut lire orobankhi xxx, d’après les règles habituelles de transcription du grec en arabe, règles dont ces deux traducteurs ne se sont aucunement préoccupés. Nous verrons plus loin (au n° 146o) le turatthîth, plante dont le nom est généralement employé pour désigner l’orobanche, Nous ne savons où Dietz a trouvé que c’était là un mot latin.

Ofâdiâ

202 Ofâdiâ, ELATERIUM.

C’est, le suc d’elaterium. Nous en parlerons à l’article kittha’l-himâr (n° 1740.) Plusieurs manuscrits, ainsi que Galland, donnent la leçon oumadâ aūmādā.

Oréiasalînon

203 Oréiasalînon – OREOSELINON.

Ce mot veut dire « ache des montagnes » attendu qu’en grec oréia xxx, signifie «montagne.» et salînos «ache.» Nous parlerons à la lettre kâf, (Voyez le n° 1902.)

Olirâ

204 Olirâ, Olyra.

C’est une espèce de graine comestible, connue sous le nom de canîb kanīb , dans le langage du Yémen. Il en sera question à la lettre kâf. (Voyez le n° 1979.)

Sontheimer a écrit oulidsa xxx, tout en écrivant en regard la synonymie olyra. Nous ne comprenons pas ce respect superstitieux pour des fautes de copistes. Les traducteurs de Sérapion et d’Avicenne n’ont, hélas que trop chargé la nomenclature arabe de ces défectuosités. Galland écrit oleida.

Okîmon

205 Okîmon, OCYMUM.

C’est le nom grec du badroudj bāḏrūǧ « basilic. » Il en sera question à la lettre ba. (Voyez le n° 223.)

Oudor

206 Oudor, EAU.

C’est l’eau, en grec. Il en sera question à la lettre mîm. (Voyez le n° 2065.)

Onoméli

207 Onoméli, ŒNOMEL.

Le sens de ce mot est : du vin et du miel.

DIOSCORIDES, livre V. C’est une boisson dont la meilleure se prépare avec du vin vieux et austère, et du miel de bonne qualité. Préparé de cette manière, il n’est que légèrement intumescent, et peut être employé de bonne heure. Quant à celui qui est déjà ancien, il nourrit le corps. Celui qui n’est ni trop jeune ni trop vieux relâche le ventre et fait uriner. Pris après le repas, il a des inconvénients. Au début, au contraire, il arrête d’abord l’appétit pour l’exciter ensuite. Généralement on le prépare de cette manière : on prend deux amphores ǧartaīn, de vin et une amphore de miel. Quelques personnes font cuire le miel avec le vin, puis le transvasent pour en user bientôt. Il en est qui, voulant lui donner une propriété laxative (le grec dit pour cause d’économie), prennent six setiers xxx xxx, de vin doux bouilli, et le mélangent avec un setier de miel, puis le laissent refroidir pour le transvaser. De cette manière, il reste doux.

L’oinomeli des Grecs est le mulsum des Latins. Pline cite un certain Pollion Romilius, du temps d’Auguste, qui dépassa cent ans, et ne se nourrissait que de pain trempé dans du vin miellé.

Otonna

208 Otonna, OTHONNA.

DIOSCORIDES, II, 213. Il y en a qui disent que c’est le suc de la grande chélidoine (il faut lire al-ākbar, au lieu de al-āsūd); d’autres que c’est le suc du glaucium; d’autres que c’est le suc du pavot cornu. Il en est qui prétendent que c’est un mélange de suc d’anagallis bleue, de suc de jusquianie et de suc de pavot. D’autres veulent que ce soit le suc d’une plante qui croit dans le pays des Troglodytes, et qui s’appelle otonna. On dit que cette plante croît dans le pays arabe, du côté de l’Egypte. Cette plante a les feuilles pareilles à celles de la roquette, percées de trous nombreux, comme rongées par les mites, chargées de peu d’humidité et légères. La fleur a la couleur du safran et ses pétales assez grands pour qu’on y voie une espèce d’anémone. On en obtient un suc âcre qui entre dans les préparations pour les yeux et alors qu’on veut les débarrasser de leurs impuretés. Il fait cesser l’obscurité de la vue. On dit qu’une humeur dégoutte de cette plante, qu’on la recueille, et qu’après l’avoir purifiée en enlevant la terre et les pierres qui s’y sont attachées, on en prépare des tablettes qui ont le même emploi que le suc lui-même. Quelques-uns prétendent que l’otonna est une pierre de la Thébaïde, de couleur cuivrée, petite, piquant la langue, pénétrante et astringente.

On n’a pu déterminer jusqu’à présent l’othonna de Dioscorides. Sprengel préfère, entre quelques autres plantes, le Tagates erecta. Fée et Littré lui font observer que les tagetes sont tous originaires de l’Amérique, ce qui est une dispute de mots, puisque Forskal a trouvé ce qu’il appelle Tagetes erecta en Egypte et en Arabie. Fée pense que ce pourrait être une argémone.

Imérokalis

209 Imérokalis, HEMEROCALLIS.

C’est le lys jaune. Il m’a été montré (xxx) par Cheref ed-Din Ibn el-Kâdi ’1-Fadhel, qui l’apporta de Damas au Caire. — DIOSCORIDES, III, 127. On l’appelle aussi hemerocatallacton. Il a la tige et les feuilles du lys, toutefois vertes, à l’instar du porreau. Sa fleur se comporte comme celle du lys, alors que s’en fait la déhiscence; elle est d’un jaune bien prononcé. La racine ressemble à celle du bolbos, sinon qu’elle est plus grande. Cette racine, triturée et administrée avec du miel, ou bien portée en suppositoire avec de la laine, fait couler de la matrice de la sérosité et du sang. La feuille, triturée et employée en cataplasme, calme les douleurs aiguës des mamelles après l’accouchement, ainsi que les inflammations de l’œil. On applique avec succès sur les brûlures la feuille et la racine contuses. — GALIEN, livre VI. La racine de cette plante a la forme et les propriétés de celle du lys. Elle est pareillement bonne contre les brûlures. Cela tient à ce qu’elle est légèrement résolutive et astringente.

La synonymie de cette plante est contestée. Sprengel cite l’Hemerocallis fulva et les Lilium bulbiferum el martagon. Fraas a adopté l’Hemerocallis fulva et M. Fée le Pancratium maritimum. Dietz a lu d’une façon singulière le mot xxx. Il y a vu une nouvelle dénomination qu’il a transformée, en xxx, Lilium cathaïcum. Le Kâdi ‘1-Fadhel, père de Cheref ed-Din, était ministre et chef juge au service du sullan Salâh ed-Dîn (Saladin).

Imionîtis

210 Imionîtis, Hémionite.

DIOSCORIDES, III, 142. Il y a des gens qui l’appellent asplenion. Sa feuille ressemble à celle du dracontion (plante du genre louf xxx). Elle a la forme d’un croissant. Ses racines sont nombreuses et grêles, et elle n’a ni tige, ni fleur, ni fruit. Elle pousse dans les endroits rocheux. Elle est douée d’une saveur astringente. Prise avec du vinaigre, elle résout les tumeurs de la rate.

Sprengel fait de cette plante l‘Asplenium hemionilis, et Fraas le Scolopendrium hemionitis.

Iérâ botanè

211 Iérâ botanè, Verveine, Ιερα βοτανη.

DIOSCORIDES, IV, 61. Il y en a qui lui donnent le nom de peristérion xxx. C’est une plante qui a des rameaux longs d’environ une coudée ou un peu plus et anguleux, sur lesquels sont des feuilles espacées, pareilles à celles du chêne, sinon qu’elles sont plus petites et ont le limbe divisé. Leur saveur est douce. La racine est quelque peu allongée. Cette racine et les feuilles de la plante, administrées avec du vin et employées en cataplasme, sont efficaces contre les morsures de serpents. La feuille, prise à la dose de deux drachmes et à jeun avec trois oboles d’encens et un cotyle de vin vieux chauffé pendant quatre jours de suite, est efficace contre l’ictère. La feuille calme les tumeurs pituitaires chroniques (œdèmes) et les abcès chauds, et purifie les ulcères sordides. La décoction de la plante dans du vin, employée comme gargarisme, guérit les ulcères des parties latérales de la base de la langue et empêche les ulcères malins de se propager dans la bouche. On dit que si l’on répand de la décoction de cette plante dans une réunion de personnes assemblées pour boire, la conversation et les caractères en sont avantageusement excités. On donne aux personnes affectées de fièvre tierce le troisième nœud de cette plante, à partir du sol, avec les feuilles qui l’entourent. Cette plante a reçu le nom qu’elle porte, parce qu’elle est employée dans les purifications et portée sur le corps comme amulette. (Son nom signifie « plante sainte et honorable. »)

Il s’agit ici de la deuxième espèce de verveine de Dioscorides, qu’il appelle Peristereôn huptios, Verhena supina, en latin. Fraas fait de cette espèce l’officinalis, contrairement à Sprengel. Sontheimer a singulièrement défiguré le titre de ce paragraphe, sous la forme aiara nuthali xxx xxx. Nous répéterons encore que, dans ces transcriptions arabes, l’alif n’a de valeur que par le kesra qui l’accompagne, et qu’il faut toujours corriger les fautes de copistes au lieu de les adopter aveuglément. Voyez aussi le n° 1046.

Aithiobis

212 Aithiobis, ÆTHIOPIS.

DIOSCORIDES, IV, 103. C’est une plante qui a les feuilles pareilles à celles du verbascum, très velues et étalées sur la terre. La tige est cannée, rude, épaisse, pareille à celle de l’arction, portant des rejetons nombreux, issus d’une souche unique, longs et épais, qui, en se desséchant, deviennent noirs et atteignent la dureté de la corne. On la rencontre abondamment sur le territoire de la ville de Messène et sur le mont Ida xxx. La décoction de cette plante est utile contre la scialique, la pleurésie xxx, l’hémoptysie et les aspérités de la gorge. On prépare aussi avec la plante et du miel un looch que l’on administre contre les mêmes affections.

Le titre est mal écrit dans notre manuscrit. Nous avons adopté la leçon du manuscrit 1071. Sprengel et Fraas font, de l’œthiopis la Salvia œthiopis. Le texte grec donne la mélisse avant l’arction, et Sontheimer a pareillement trouvé la mélisse dans son manuscrit. Dans la traduction arabe de Dioscorides, une note d’Ibn el-Beïthâr dit que c’est un marum sauvage.

Idéia riza

213 Idéia riza, IDÆA RADIX, Ιδαια ριζα

DIOSCORIDES, IV, 44. Cette plante a des feuilles pareilles à celles du myrte sauvage (houx); près d’elles est un produit filamenteux, pareil aux vrilles de la vigne, qui s’attache aux objets voisins et porte les fleurs de cette plante. — GALIEN, livre VI. Cette plante est douée de beaucoup d’astringence. L’expérience prouve que son action est en raison de cette propriété; aussi l’emploie-t-on contre les hémorragies, le dévoiement, les ulcères intestinaux, les écoulements utérins et autres affections pareilles. Elle agit ainsi tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. — DIOSCORIDES. La racine est très astringente; elle convient toutes les fois que les astringents sont indiqués. On l’administre contre le dévoiement, les écoulements utérins chroniques. Elle suspend les hémorragies, quelle qu’en soit la provenance.

On ne s’accorde pas sur la détermination de cette plante. Les uns y voient le Vitis idæa, d’autres le Ruscus hypophyllum, d’autres, et Sprengel est de ce nombre l’Uvularia amplexifolia.

Indîkon

214 Indîkon, INDICUM.

Ce nom veut dire indien dans la langue grecque. On l’appelle aussi forfîr. — DIOSCORIDES, V, 107. Il en est une espèce qui semble de l’écume de roseaux indiens, et une autre que l’on emploie en teinture. C’est quelque chose qui apparaît sur le coquillage à pourpre; les teinturiers l’amassent et le font sécher. Le meilleur est noir, aqueux et mou. Il fait partie des médicaments légèrement refroidissants. Il résout les tumeurs pituitaires (œdèmes), ainsi que les abcès chauds, purifie et réprime les ulcères.

L’indicum des anciens est l’indigo des modernes. La provenance indiquée par Dioscorides prouve son ignorance relativement à une substance qui venait d’aussi loin. Nous verrons l’indigo à l’article nîledj (n° 2244).

Irighéron

215 Irighéron, ERIGERON.

Les herboristes espagnols le connaissent aussi sous le nom de yerba xxx. — DIOSCORIDES, IV, 95. C’est une plante qui a la tige haute d’environ une coudée, d’une couleur tirant au rouge. Elle a la feuille incisée, pareille à celle de la roquette, sinon qu’elle est beaucoup plus petite. L’odeur de sa fleur se rapproche de celle de la pomme; elle s’ouvre rapidement et l’on voit s’élever dans son milieu quelque chose de délié comme des cheveux. Au printemps, cette fleur est blanche, et le sens du nom qu’elle porte est vieux au printemps. Sa racine n’est pas employée en médecine. La plante croît surtout dans les lieux où l’eau croupit et autour des villes. — GALIEN, livre VI. Les propriétés de celte plante sont complexes. Elle est réfrigérante et légèrement résolutive. — DIOSCORIDES. La feuille et la plante sont réfrigérantes; aussi les emploie-t-on soit seules, soit avec du vin doux, contre les inflammations des testicules et du siège, sous forme de cataplasmes. Associées à l’encens pulvérisé, on les emploie pour les blessures des nerfs et d’autres organes. Les filaments qui se trouvent au centre de la fleur provoquent de la suffocation.

L’erigeron des Grecs est le senecio des Latins, le Senecio vulgaris des modernes. Nous avons des doutes sur le synonyme espagnol donné par Ibn el-Beithâr. Sontheimer et Galland ont lu ṯrīā, leçon que nous repoussons. Dielz a lu berba berbā. Nous pensons qu’il faut lire yerba īarbā, par la raison que le séneçon se dit encore en espagnol hierba cana, ce qui rappelle l’arabe xxx xxx. On lit, du reste, dans Dioscorides que les Romains l’appelaient aussi herbula. Tout l’article de Dioscorides n’est pas reproduit, et la traduction arabe est souvent infidèle ou tronquée.

Irissa

216 Irissa, IRIS, Ιρις.

C’est le lis azuré xxx xxx. L’éminent Galien n’en a pas parlé du tout dans ses Simples. — DIOSCORIDES commence son livre premier par cette plante. Il dit que sa feuille ressemble à celle du glaïeul kasīfīūn, sinon qu’elle est plus grande, plus large et plus grasse. Sa tige porte des fleurs penchées, opposées l’une à l’autre, et de couleurs variées. Il en est de blanches, de jaunes, de pourprées, d’azurées. C’est en raison de cette diversité de couleurs qu’on lui a donné le nom d’iris qui veut dire « arc-en-ciel. » Elle a une racine dure, noueuse et odoriférante. Quand on la récolte, il faut la faire sécher à l’ombre, suspendue par des fils de lin. La meilleure espèce est celle qui vient (d’Illyrie et) de Macédoine xxx. II faut choisir celle qui a la, racine dense, courte, difficile à rompre, de couleur rougeâtre, dont l’odeur est vive et franche, sans mélange d’humidité, qui pique la langue et provoque la toux. Quant à l’espèce de Libye (il faut lire xxx, au lieu de xxx), ses propriétés sont inférieures à celles dont nous venons de parler. En vieillissant, l’iris est piqué et troué par les vers, cependant il n’en est que plus odorant. Les propriétés de l’iris sont d’être échauffant et subtilisant. Il convient à la toux. Il atténue et facilite l’expectoration des humeurs de la poitrine. Pris à la dose de sept drachmes avec de l’eau miellée, il évacue les chymes grossiers, pituitaires et biliaires. Il provoque le larmoiement et calme les coliques. Pris avec du vinaigre, il est utile contre les morsures de serpents, les affections de la rate et les convulsions. Il est employé contre le refroidissement, les frissons et les pertes séminales. Pris avec du vin, il excite l’écoulement des règles. Bouilli avec de l’eau, il est employé en fomentations par les femmes et avec succès contre les douleurs utérines; il ramollit les parties indurées et dégage les orifices obstrués. On en prépare aussi des lavements contre la sciatique. Il fait pousser des chairs dans les fistules et les ulcères profonds. On en prépare des pessaires qui ont la propriété d’expulser le fœtus. Bouilli et appliqué sur les scrofules et les tumeurs chroniques indurées, il les ramollit; il comble la cavité des ulcères, trituré et employé topiquement. Il les purifie si on l’associe au miel pour en pratiquer des embrocations. Il fait pousser des chairs sur les os dénudés. Employé en cataplasme sur la tête avec du vinaigre et de l’huile de roses, il est utile contre la céphalalgie. Associé à deux fois son poids d’ellébore blanc, on en fait un liniment contre les lentilles et les taches laiteuses. Il entre dans les pessaires, les onguents et les huiles employés contre la lassitude. En somme, il jouit de propriétés nombreuses. — AVICENNE. Il est chaud et sec à la fin du second degré. Il est utile contre les ruptures et la faiblesse des nerfs. Il calme les douleurs absides du foie et de la rate. Sa décoction calme les douleurs dentaires et resserre les gencives. On l’emploie en bains de siège contre les indurations et les douleurs algides de la matrice. On fait avec son huile des frictions contre la lassitude. Instillée dans l’oreille, elle suspend le bourdonnement, ainsi que les écoulements. L’huile d’iris dilate les pores des hémorroïdes. — RAZES, dans son Traité des Succédanés, On remplace l’iris pour évacuer la sérosité par trois fois son poids de mézéréum avec trois onces de suc de mandragore.

Sprengel voit dans l’iris de Dioscoridcs les espèces actuelles de Germanie ou de Florence. Les mots soussen asmandjouni, xxx xxx, sont persans, et signifient lys céleste ou azuré. Dietz a lu : c’est la racine du lys. Ainsi que le dit Ibn el-Beithâr, Galien ne mentionne pas l’iris dans son traité des médicaments simples, mais il en parle ailleurs. Notre version arabe correspond de point en point à la version de Matthiole, mais elle diffère considérablement de celle de Sprengel. A la fin de l’article, Dietz a lu lqāḥ (flos palmœ), au lieu de lfāḥ, mandragore-

Aihougân

217 Aihougân, ROQUETTE.

On dit que c’est la roquette sauvage xxx xxx. —Abou ‘l-Abbâs En-Nebâty. C’est une plante connue des Arabes. Je l’ai vue dans la vallée d’A’roûs. Sa feuille tient le milieu entre celle de l’arroche sarmaq et celle du chou. Il sort de la naissance des feuilles des tiges, longues d’environ la hauteur de l’homme, plus ou moins, pareilles de forme et de couleur à celles de l’arroche. Elles se divisent en rameaux qui portent à leurs sommets des fleurs pareilles à celles du chou, mais plus petites. Le fruit ressemble aussi à celui de l’arroche xxx xxx, sinon qu’il est plus grand et plus large; son extrémité est pointue. Il contient des graines pareilles à celles du chou, mais un peu plus petites. Le goût de la plante est celui de la roquette et de la moutarde blanche, de même que l’odeur. Abou Hanîfa et d’autres en ont parlé, mais sa description n’est pas complète.

Ibn el-Beithâr nous dit que cette plante est la roquette sauvage, mais il ne s’ensuit pas que cette plante soit une eruca, ce serait peut-être plutôt, vu sa grande taille, une espèce de moutarde. Nous croyons que l’auteur lui-même n’avait pas d’opinion faite, ce qu’il exprime à la fin du paragraphe par les termes xxx xxx xxx. On lit dans le ms. 1071 une note empruntée à Abou Ziâd par Abou Hanîfa, et suivant laquelle le vrai nom de la roquette sérait nehok xxx, mot auquel Lebid, un des auteurs des Moallaka, aurait donné la forme de aihogân al-āīhuqān, pour satisfaire à la prosodie.

Aïda’

218 Aïda’, SANG-DRAGON.

On prétend que c’est le dem el-akhoueïn. — ABOU HANIFA ED-DINAOURI. Un Arabe m’a dit que l’aïda’ était une gomme rouge, apportée de Socotra, qui servait à guérir les plaies. Il sera question du sang-dragon à la lettre dal. (Voyez le n° 882.)

Oïyel

219 Oïyel, CERF.

GALIEN, des Aliments. La chair de cerf donne un sang épais et elle est d’une digestion difficile. — AVICENNE. Les chairs de cerf, bien que lourdes, passent promptement. Elles sont aussi diurétiques. — RAZES, dans son Traité sur les moyens de corriger les aliments. Quant à la chair de cerf, le mieux serait de s’en abstenir, surtout si elle est récente, si elle provient de la chasse, et que la chasse se soit faite par un temps chaud et qu’il ne se soit pas passé quelque temps depuis. Il ne faut pas non plus boire beaucoup d’eau. Ces chairs sont funestes en de semblables conditions. Cette chair est mauvaise et lourde. Il faut la corriger par beaucoup de garum, y ajouter de la graisse, prendre des boissons laxatives, comme du sirop de figues, des pénides, de l’eau miellée. On peut rapprocher de ces chairs celles de mouflon al-kabāš al-ǧabalīat , que l’on corrigera de la même manière celles de cerf. — DIOSCORIDES, livre II. La corne de cerf brûlée est prise à la dose de deux cuillerées xxx, c’est-à-dire d’un mithkal, est utile contre les crachements de sang, les ulcères intestinaux, le dévoiement chronique, l’ictère et les douleurs de la vessie. (Ibn el-Beithâr ajoute la gomme adragante, qui ne se trouve pas dans l’original.) Elle convient aux femmes contre les écoulements utérins chroniques, associée à quelque breuvage convenable. On coupe en morceaux la corne, on la met dans un vase d’argile qu’on lute, et on la fait cuire au four jusqu’à ce qu’elle blanchisse, ensuite on la lave comme on lave la cadmie xxx. Elle convient contre l’ophthalmie purulente, et déterge les ulcères de l’œil. Employée comme dentifrice, elle purifie les dents. Employée en fumigations, elle chasse les reptiles. Bouillie avec du vinaigre, elle calme les douleurs dentaires. — IBN ZOHR, dans son livre des Propriétés. La corne de cerf brûlée, triturée et blanchie, associée au vinaigre, est employée avec succès en lotions au soleil contre l’impétigo et la lèpre, et elle guérit pareillement les gerçures des pieds et des mains, associée à du beurre. On en fait aussi avec succès des applications sur les aphthes des enfants. On l’administre avec un succès rapide contre les affections de la rate. On dit que la femme enceinte qui en porte allaite sans douleur. Employée en frictions sur les mamelles et les aines, elle fait couler les règles. — DIOSCORIDES. La présure de cerf, portée par une femme pendant trois jours après les règles, empêche la conception. —AUTRE. La graisse de cerf agit promptement contre les convulsions. — IBN ZOHR. La peau de cerf, portée par un homme, en écarte les serpents. C’est un fait d’expérience. — DIOSCORIDES. Le sang frit est utile contre les ulcères intestinaux et le flux intestinal chronique. C’est un antidote contre les poisons dits toxiques xxx, c’est-à-dire le poison des flèches arméniennes. La verge de cerf desséchée, triturée et administrée à l’intérieur, est salutaire contre la morsure de vipère. — AUTRE. On dit que le sang de cerf pris en boisson brise les calculs de la vessie. La verge de cerf desséchée, râpée et administrée avec du vin, excite au coït et provoque des érections. Un homme qui la porte à son bras n’a rien à craindre des serpents ni de la vipère, pas même leur approche. — IBN ZOHR, livre des Propriétés. Le cerf n’a pas de fiel. Quand il est blessé, il mange du dictame xxx , et les flèches tombent. Sa queue brûlée, triturée, associée au vin et employée en frictions sur les mâles et les étalons des autres animaux, les met aussitôt en rut. On dit que le bézoar xxx (badzeher) animal est une pierre que l’on trouve dans son cœur. C’est un antidote merveilleux contre tous les poisons. J’en parlerai à la lettre ba. On dit que les fumigations faites avec le sabot de cerf font mourir les sangsues à l’instant, et que c’est un fait d’expérience.