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Tabac (Cazin 1868)

109 octets ajoutés, 15 septembre 2014 à 20:00
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(2) (L'origine des différents noms qu'on a donnés à la plante qui nous occupe offre un certain intérêt. Les Indiens lui donnaient le nom de ''petum''. Tabac, vient de 1'île de Tabago(Mexique), où les Espagnols l'ont d'abord découverte. Ce que nous avons dit plus haut expliquesuffisamment l'appellation de ''nicotiane'', que lui donna le duc de Guise. Le présent que Nicoten fit à Catherine de Médicis lui valut celle d’''herbe à la reine'', de ''Catherinaire''. Ses autres noms historiques lui vinrent de ce que le cardinal de Sainte-Croix, nonce du pape en Portugal, et Nicolas de Tornabon, légat en France, introduisirent la plante en Italie.)
'''Culture et récolte'''. — La culture et la récolte du tabac, soumis au monopole et surveillés par l'administration des contributions indirectes, est du domaine de l'agriculture (1).
'''Propriétés physiques et chimiques'''. — Le tabac est peu odorant tant qu'il est vert ; ses feuilles ont une saveur amère et acreâcre. A l'état de dessiccation, son odeur est très-pénétrante, et agréable pour certaines personnes ; d'après l'analyse de Vauquelin, les feuilles de tabac renferment de l'albumine, du malate acide de chaux, de l'acide acétique, du chlorure de potassium, du chlorydrate d'ammoniaque, un principe âcre volatile nommé depuis ''nicotine'', et qu'on prépare en distillant les feuilles de tabac avec la potasse ou la soude. Les feuilles fraîches de tabac contiennent, d'après Posselt et Reimann, une base alcaline végétale (''nicotine''), une huile volatile particulière (''nicotianine''), de l'extractif, de la gomme, de la chlorophylle, de l'albumine végétale, du gluten, de l'amidon, de l'acide malique, du chlorhydrate d'ammoniaque, du chlorure de potassium, du nitrate de potasse et quelques autres sels.
[La nicotine = C<sup>20</sup>H<sup>14</sup>Az<sup>2</sup>, étudiée depuis par Boutron et Henry, Barral, Melsens, Schlœsing, T. Wertheim, Wurtz, Kékulé et Planta, Raewsky, etc., est un alcali organique, liquide, incolore, brunissant à l'air, d'une odeur dont l'âcreté est exagérée par
Pendant la combustion du tabac, surtout lorsqu'il est humide, il se dépose une huile
empyreumatique ; c'est cette huile qui constitue en grande partie ce que l'on nomme
vulgairement le jus de culot de la pipe. Le cigare imbibé de salive, lorsqu'il est ternitenudirectement entre les dents, en produit aussi souvent. D'après Richard, cette huile em-pyreumatique empyreumatique serait produite par la décomposition de quelques principes de la plante.
En résumé, la fumée de tabac telle qu'elle sort de la pipe est un mélange d'air, d'a-cide acide carbonique, d'oxyde de carbone et de particules de matières carbonisées, dans le-quel lequel on retrouve une quantité notable de nicotine (environ 7 pour 100), avec des traces
d'huile empyreumatique et d'ammoniaque, lorsque le tabac est humide.)
PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.
A L'INTÉRIEUR. — Infusion, 75 centigr. à 2 gr.par 500 gr. d'eau bouillante, comme éméto-cathartique (rarement employé). Vin (1 de feuilles sur 12 de vin), de 25 cen-tigr. à 2 gr. Sirop (8 de sucre sur 6 d'hydromel, 1 d'oxy-mel et 12 de sucre, ou 1 de tabac sur 12d'eau, 2 de.réglisse, 24 d'eau et 16 de miel),de 10 à 30 gr., comme purgatif et vermi-fuge. Extrait, de 3 à 20 centigr., comme altérant;de 10 à 50 centigr., comme émétique. Teinture de Fowler (32 gr. de feuilles pour500 gr. d'eau en macération au bain-marie;à 120 gr. de cette infusion, ajoutez 60 gr.d'alcool), de 40 à 200 gouttes progressive-ment. A L'EXTÉRIEUR. — Décoction, de 10 à 30 gr.par kilogramme d'eau, pour lotions, fomen-tations, etc.; feuilles en cataplasme<center>PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.</center>
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| style="padding:0.5em; width:300px; text-align:left; border-right: solid 1px black;" |
A L'INTÉRIEUR. — Infusion, 75 centigr. à 2 gr. par 500 gr. d'eau bouillante, comme émétocathartique (rarement employé).<br \>
Vin (1 de feuilles sur 12 de vin), de 25 centigr. à 2 gr.<br \>
Sirop (8 de sucre sur 6 d'hydromel, 1 d'oxymel et 12 de sucre, ou 1 de tabac sur 12
d'eau, 2 de réglisse, 24 d'eau et 16 de miel), de 10 à 30 gr., comme purgatif et vermifuge.<br \>
Extrait, de 3 à 20 centigr., comme altérant ; de 10 à 50 centigr., comme émétique.<br \>
Teinture de Fowler (32 gr. de feuilles pour 500 gr. d'eau en macération au bain-marie ; à 120 gr. de cette infusion, ajoutez 60 gr. d'alcool), de 40 à 200 gouttes progressivement.<br \>
A L'EXTÉRIEUR. — Décoction, de 10 à 30 gr. par kilogramme d'eau, pour lotions, fomentations, etc. ; feuilles en cataplasme.<br \>
Suc (1 sur 3 d'axonge), pour pommade, etc.
| style="padding:0.5em; width:300px; text-align:left;" |
Poudre (2 gr. pour 30 gr. d'axonge), en frictions.<br \>
Fumée de tabac, en injections dans le rectum (1) ou dirigée sur des parties affectées de névralgie, de rhumatisme, de goutte.<br \>
Poudre (2 grNICOTINE. pour — A L'INTÉRIEUR. - De 1 13 gouttes dans un véhicule approprié, par jour, à doses fractionnées et graduellement. Rarement employée et demandant une grande circonspection. Voyez page 1061.)<br \>A L'EXTÉRIEUR. — De 10 à 30 gouttes, en injection dans la vessie.<br \>Teinture de nicotine : nicotine, 1 gr. d'axonge); alcool faible, 30 gr. On en fric-imbibe des compresses qu'on applique sur les parties douloureuses.<br \>tionsLe tabac entre dans la composition du baume tranquille, dans le sirop de Quercetan et autres préparations aujourd'hui inusitées.|}
Fumée (1) On a inventé un grand nombre d'appareils fumigatoires pour introduire la fumée de tabac, en injections dans le rec-tum (1) ou dirigée sur des parties affectéesrectum. Le plus simple de névralgie, tous et le meilleur est celui de rhumatisme, Gaubius. Il consiste dans un soufflet de gouttecuisine dont le tuyau est garni de cuir pour ne pas blesser l'intestin, et à l'âme duquel on adapte un entonnoir. La fumée, reçue dans ce dernier et introduite dans le soufflet, est pressée ensuite doucement dans le rectum.
(NICOTINE. — A LLes exemples d'INTÉRIEUR. - De 1 13gouttes dans un véhicule approprié, empoisonnement parjour, à doses fractionnées le tabac et graduellement.Rarement employée ses préparations fourmillent dans les ouvrages classiques et demandant unegrande circonspection. Voj'ez page 1061.)A L'EXTÉRIEUR. — De 10 à 30 gouttes, en in-jection dans la vessie.Teinture de nicotine : nicotine, 1 gr.; alcoolfaible, 30 gr. On en imbibe des com-presses qu'on applique sur les parties dou-loureusesrecueils périodiques.
Le Les émanations du tabac entre peuvent suffire pour produire des douleurs de tête intenses, des vertiges, des tremblements, des vomissements opiniâtres. Ramazzini cite le fait d'une jeune fille qui eut tous les symptômes initiaux de cet empoisonnement pour s'être reposée sur des paquets de tabac en carde. Fourcroy, dans la composition dubaume tranquilletraduction de l'ouvrage de ce dernier auteur, dans rapporte le sirop cas de Querce-tan et autres préparations aujourdla petite fille d'hui inu-un marchand de tabac qui mourut dans desconvulsions affreuses pour avoir couché dans un endroit où on en avait râpésitéesune grande quantité.
(1) On a inventé un grand nombre dIntroduit dans l'appareils fumigatoires pour introduire la fumée estomac, son effet primitif ou direct est de ta-bac dans le rectumdéterminer de l'irritation, des nausées, des vomissements, des coliques violentes, des déjections alvines abondantes, l'inflammation du tube digestif. Le plus simple Lorsqu'il est absorbé, il agit sur le système nerveux et produit des vertiges, du trouble de tous la vue, une céphalalgie persistante et le meilleur est celui un état profond de Gaubius. Il consistedans prostration accompagné de sueurs froides, alternant avec un soufflet état convulsif ou des tremblements de cuisine dont tout le tuyau est garni de cuir pour ne pas blesser corps. Quelquefois il augmente l'intestinaction des reins ou celle de la peau, et àl'âme duquel on adapte un entonnoirprovoque une diurèse douloureuse ou des sueurs abondantes. La fumée, reçue dans ce dernier S'il a été pris en assez grande quantité et introduite dans lesouffletque la mort s'ensuive, est pressée ensuite doucement dans le rectum.
(Les exemples d'empoisonnement par le tabac et ses préparations four-
millent dans les ouvrages classiques et les recueils périodiques.
Les émanations du tabac peuvent suffire pour produire des douleurs detête intenses, des vertiges, des tremblements, des vomissements opiniâtres.Ramazzini cite le fait d'une jeune fille qui eut tous les symptômes initiauxde cet empoisonnement pour s'être reposée sur des paquets de tabac encarde. Fourcroy, dans la traduction de l'ouvrage de ce dernier auteur, rap-porte le cas de la petite fille d'un marchand de tabac qui mourut dans desconvulsions affreuses pour avoir couché dans un endroit où on en avait râpeune grande quantité. r[1045]
celle-ci est précédée d' Introduit dans l'estomac, son effet primitif ou direct est un moment de déterminerde l'irritationcalme trompeur, des nauséesmais le malade pâlit, des vomissementss'anémie profondément, des coliques violentes, nedéjections alvines abondantes, ls'inflammation du tube digestif. Lorsqu îtoeabsorbé, il agit sur le système nerveux affaisse insensiblement et produit des vertiges, du trouDde la vue, une s'céphalalgie persistante et un état profond de Prostr,accompagné de sueurs froides, alternant avec un état convulsif ou des trblements de tout le corpséteint. Quelquefois il augmente A l'action autopsie on trouve des rei"jLcelle de la peau, et provoque une diurèse douloureuse ou des sueurs adantes. Straces d'il inflammation sur les parties avec lesquelles le poison a été pris mis en assez grande quantité et que la mort s ensu ,downloadModeTextcontact.vue(Voyez NICOTINE p.download 1074 sur 13081060.)
Les effets que nous venons de décrire et dont l'étude physiologique sera complétée dans le courant de l'article, et au paragraphe traitant de la nicotine, sont également produits par le tabac en substance, par sa décoction, par son extrait aqueux, par son huile empyreumatique, par sa fumée, mais avec des degrés divers d'intensité ; ils ont également lieu, soit qu'il soit introduit dans l'estomac ou dans le rectum (dans ce dernier cas, une dose moindre suffit), soit qu'il soit appliqué sur des surfaces dénudées ou simplement sur la peau excoriée. Murray rapporte l'histoire de trois enfants qui moururent en vingt-quatre heures, au milieu des convulsions, pour avoir eu la tête frictionnée avec un liniment composé de tabac, dans l'intention de les guérir de la teigne. L’''Abeille médicale'' (mai 1858) rapporte un fait analogue, terminé par le retour à la santé, où l'huile empyreumatique de tabac employée en frictions sur un herpès tonsurans avait déterminé les plus graves accidents. Fourcroy a noté des symptômes d'empoisonnement causé par l'usage de la décoction de tabac en lotions contre la gale.)
TABACLe traitement de l'empoisonnement par le tabac est à peu près le même que celui que nous avons indiqué à l'article BELLADONE, p. 136. Toutefois le principe irritant de la nicotiane produit souvent une angiothénie, avec état pléthorique général ou local qui nécessite impérieusement l'emploi de la saignée et des antiphlogistiques. Les vomissements violents et opiniâtres, plus particuliers à l'action de cette solanée, et dispensant de l'administration des vomitifs, réclament l'emploi de l'opium quand la congestion cérébrale n'en contre-indique pas l'usage, ou lorsque celle-ci a été combattue par les émissions sanguines. Si, après la disparition des symptômes nerveux, une vive réaction donne lieu à une inflammation plus ou moins intense, on devra la combattre par les saignées locales, les boissons mucilagineuses et abondantes, les bains, etc. Ici, comme toujours, la nature des effets produits peut seule diriger le médecin dans l'emploi des ressources que lui offre la thérapeutique. 1045
■celle-ci(Sans contredit, l'action nuisible du tabac ne se manifeste jamais plus souvent que lorsque cet agent est précédée d'un moment de calme trompeur, mais le malade pâ-lit, s'anémie profondément, s'affaisse insensiblement et s'éteint. A introduit dans l'autop-sie on trouve des traces d'inflammation sur les parties avec lesquelles lepoison a été mis en contact. (Voyez NICOTINE p. 1060économie par une habitude volontairement contractée.)
Les effets que nous venons de décrire et dont lL'étude physiologique seracomplétée usage du tabac est tellement répandu dans le courant de l'article, nos campagnes et au paragraphe traitant de parmi la nico-tineclasse indigente des villes, sont également produits par que le tabac en substance, par sa décoction,par son extrait aqueux, par son huile empyreumatique, par sa fumée, maisavec des degrés divers d'intensité; ils ont également lieumalheureux supporte plutôt la privation du pain que celle de cette plante, soit qu'il soit in-troduit dans l'estomac ou dans le rectum (dans ce dernier casmâche, une dosemoindre suffit), soit qu'il soit appliqué sur des surfaces dénudées fume ou sim-plement sur la peau excoriéeprise. Murray rapporte lL'histoire ouvrier prend sur son salaire de trois enfantsquoi satisfaire une habitude qui moururent en vingt-quatre heures, au milieu des convulsions, pouravoir eu la tête frictionnée avec un Uniment composé lui fait perdre beaucoup de tabactemps et le rend lourd, dans l'in-tention de les guérir de la teigne. L'Abeille médicale (mai 1858) rapporte unfait analogue, terminé par le retour moins apte à la santé, où l'huile empyreumatiquede tabac employée en frictions sur un herpès tonsurans avait déterminé lesplus graves accidents. Fourcroy a noté des symptômes d'empoisonnementuausê par l'usage de la décoction de tabac en lotions contre la galese livrer au travail.)
''Les priseurs''. — Le traitement de l'empoisonnement par le tabac est à peu près le mêmeque celui que nous avons indiqué à l'article BELLADONEpriser, p. 136. Toutefois leprincipe irritant de quelquefois conseillé comme moyen thérapeutique, appliqué sur la niçotiane produit souvent une angiothéniemuqueuse olfactive, avec étatpléthorique général ou local qui nécessite impérieusement ly détermine un sentiment de titillation et de picotement suivi d'emploi une sécrétion plus abondante, non-seulement des glandes de lasaignée et pituitaire, mais aussi des anliphlogistiques. Les vomissements violents et opiniâtresglandes voisines, plusparticuliers à l'moins que les parties ne soient accoutumées à son action de cette solanéepar un long usage. Le plus souvent, et dispensant de l'administration desvomitifsen effet, réclament l'emploi habitude de priser devient une servitude, un besoin impérieux ; mais l'opium quand la congestion cérébrale n'irritation répétée que cause le tabac enpoudrecontre-indique pas affaiblit l'usageodorat, l'hyperémie qu'il produit prédispose aux affections ulcératives ou hyperplasiques (polypes). Puis, lorsque celle-ci l'usage a été combattue par les émis-sions sanguines. Siproduit l'émoussement, après le priseur doit aspirer fortement le tabac pour le faire monter à la disparition partie supérieure des symptômes nerveuxfosses nasales, une viveréaction donne lieu à une inflammation plus ou moins intense, on devrala combattre par les saignées locales, les boissons mucilagineuses et abon-dantes, les bains, etcpituitaire conserve encore quelque sensibilité. Ici, comme toujoursDe là, par suite de la nature descente des effets produitspeut seule diriger mucosités, une partie de ce tabac tombe dans le médecin pharynx, dans l'emploi des ressources que lui offre œsophage et finalement dans l'estomac. Dans ces organes, il agit à lafois comme irritant et comme poison âcre, etthérapeutiqueproduit l'inflammation.
(Sans contredit, l'action nuisible du tabac ne se manifeste jamais plus
souvent que lorsque cet agent est introduit dans l'économie par une habi-
tude volontairement contractée.
L'usage du tabac est tellement répandu dans nos campagnes et parmi la. classe indigente des villes, que le malheureux supporte plutôt la privationnu pain que celle de cette plante, qu'il mâche, fume ou prise. L'ouvrierprend sur son salaire de quoi satisfaire une habitude qui lui fait perdrebeaucoup de temps et le rend lourd, moins apte à se livrer au travail.Ms priseurs. — Le tabac à priser, quelquefois conseillé comme moyenthérapeutique, appliqué sur la muqueuse olfactive, y détermine un senti-ment de titillation et de picotement suivi d'une sécrétion plus abondante,non-seulement des glandes de la pituitaire, mais aussi des glandes voisines,a moins que les parties ne soient accoutumées à son action par un long"sage. Le plus souvent, en effet, l'habitude de priser devient une servitude,îff -M- 0" 1 imPérieux; mais l'irritation répétée que cause le tabac en poudreanaibht l'odorat, l'hyperémie qu'il produit prédispose aux affections ulcé-ratives ou hyperplasiques (polypes). Puis, lorsque l'usage a produit l'émous-«ement, le priseur doit aspirer fortement le tabac pour le faire monter à laPa™.s«périeure des fosses nasales, ou la pituitaire conserve encore quelquelaV î De là' Par suite de la descente des mucosités, une partie de cewnac tombe dans le pharynx, dans l'oesophage et finalement dans l'estomac.„2 ^.organes, il agit à la fois comme irritant et comme poison acre, etProduit l'inflammation.downloadModeText.vue.download 1075 sur 1308[1046]
(Les effets secondaires de l'habitude de priser sont des vertiges, des maux de tête, des tremblements et même l'apoplexie.)
1046 TABACMon père fut appelé au mois de novembre 1858 au pensionnat de M. Taverne, de Boulogne-sur-Mer, pour secourir un jeune Anglais âgé de dix ans, atteint de violents vomissements, de défaillances, d'anxiété précordiale avec petitesse du pouls, pâleur de la face, crampes, etc., symptômes déterminés par l'action de deux prises de tabac successivement introduites dans le nez et tombées dans l'arrière-bouche. Cet état alarmant n'a cédé peu à peu, dans l'espace de quinze heures, qu'à l'usage très-abondant d'une décoction de graine de lin et de tête de pavot. Le malade est resté faible, chancelant comme après l'ivresse pendant près de huit jours.
J. Lanzoni (Les effets secondaires de 1) rapporte l'histoire d'un soldat qui avait contracté une telle habitude de priser sont des vertigesprendre du tabac, des mauxqu'il en consommait jusqu'à trois onces par jour ; à l'âge de têtetrente-deux ans, des tremblements et il commença à être atteint de vertiges bientôt suivis d'une apoplexie violente qui l'emporta. Le même auteur cite encore le cas d'une personne que l'apoplexieusage immodéré du tabac d'Espagne rendit aveugle et ensuite paralytique.Les grands priseurs tombent quelquefois dans une espèce d'imbécillité. « J'ai connu, dit Mérat (2), de ces priseurs intrépides qui étaient dans une sorte d'abattement continuel, qui, la bouche béante et les narines étoupées d'une croûte noire de cette poudre, ne savaient que fouiller sans cesse dans leur tabatière, et conservaient tout juste assez d'instinct pour cette action machinale.
Mon père fut appelé au mois de novembre 18S8 au pensionnat deM.Tavernede Boulogne-sur-Mer, pour secourir un jeune Anglais âgé de dix ans, atteintde violents vomissements, de défaillances, d(Aux incrédules qui nieraient l'anxiété précordiale avec peti-tesse absorption du pouls, pâleur de la face, crampes, etc., symptômes déterminés parl'action de deux prises de tabac successivement introduites dans le nez poison ettombées dans ses effets délétères sur l'arrière-bouche. Cet état alarmant néconomie qu'a cédé peu à peuelle empoisonne graduellement, dansl'espace nous pourrions encore citer le cas si remarquable de quinze heures, qu'paralysie observée sur un médecin dont la disparition ou la réapparition était due à la suppression ou à la reprise de l'usage très-abondant d'une décoction habitude ; en dernier ressort, on leur mettrait sous les yeux les résultats remarquables des analyses minutieuses degraine Morin (de lin Rouen), qui a trouvé dans les organes (foie et de tête de pavot. Le malade est resté faiblepoumons), chancelantcomme après ld'ivresse pendant près un vieux priseur invétéré des quantités notables de huit joursnicotine (3).
J. Lanzoni (1) rapporte l'histoire d'un soldat Les chiqueurs''. — Ceux qui avait contracté une tellehabitude de prendre du mâchent le tabac, quet, si l'il on en consommait jusquexcepte la population maritime, c'à trois onces est le petit nombre, n'éprouvent pas souvent de mauvais effets de leur sale habitude, parjourla raison qu'ils rejettent la salive ; à s'ils en faisaient autrement et l'âge de trente-deux ansavalaient, il commença à être atteint de vertigesbientôt suivis d'une apoplexie violente ils éprouveraient les mêmes effets que ceux qui ingèrent l'emportainfusion de la plante. Le même auteur citeencore le cas dL'une personne que absorption est à peu près nulle dans la muqueuse buccale, surtout lorsqu'elle est intacte. Malheureusement l'usage immodéré du tabac dprolongé de la chique l'Espagnerendit aveugle irrite souvent, et ensuite paralytiqueil peut alors se produire des phénomènes d'intoxication. Les grands priseurs tombent quelqueIls ont été très-fois dans une espèce rarement notés. W. Scott a publié (4) un cas d'imbécillité. « J'ai connuempoisonnement par cette voie, dit Mératsuivi de mort après sept jours. Marchal (2de Calvi), a signalé un cas de ces pri-seurs intrépides qui étaient dans une sorte d'abattement continuel, qui, labouche béante et les narines étoupées d'une croûte noire de cette poudre,ne savaient que fouiller sans cesse dans leur tabatière, et conservaient toutjuste assez paralysis agitans'' auquel il n'attribuait pas d'instinct pour cette action machinaleautre cause.
D'après une statistique de Bergeron, citée par L. Figuier (Aux incrédules qui nieraient 5), le cancer de l'absorption du poison et ses effets délétèressur estomac est plus fréquent chez l'économie qu'elle empoisonne graduellementhomme que chez la femme, nous pourrions encoreciter le cas si remarquable de paralysie observée sur un médecin dont et il faut en chercher ladisparition ou la réapparition était due à la suppression ou à la reprise del'habitude; en dernier ressort, on leur mettrait sous cause dans les yeux les résultatsremarquables des analyses minutieuses funestes effets de Morin (de Rouen), qui a trouvédans la chique. Il ne faudrait pourtant pas oublier que les organes (foie et poumons), d'un vieux priseur invétéré des quantitésnotables de nicotine (3)hommes boivent plus que la femme.
''Les chiqueursfumeurs''. — Ceux Les effets du tabac sont surtout très-manifestes chez les fumeurs inexpérimentés ou chez ceux qui mâchent le tabac, et, si l'on en excepte pour la po-pulation maritimepremière fois, csont enveloppés d'est le petit nombre, n'éprouventpas souvent une atmosphère chargée de mau-vais effets fumée de leur sale habitude, par la raison qu'ils rejettent la salive; s'ilsen faisaient autrement et l'avalaient, ils éprouveraient les mêmes effets tabac. Les accidents sont plus fréquents dans ce cas queceux qui ingèrent dans l'infusion acte de la plante. L'absorption est à peu près nulledans la muqueuse buccalepriser parce que, surtout lorsqu'elle est intacte. Malheureusementainsi que l'usage prolongé de la chique l'irrite souvent, et il peut alors se produiredes phénomènes d'intoxication. Ils ont été très-rarement notés. W. Scott apublié (4) un cas d'empoisonnement par cette voie, suivi de mort après septjours. Marchai (de Calvi) a signalé un cas de paralysis agitans auquel il nat-tribuait pas d'autre cause.
D'après une statistique de (Bergeron, citée par L. Figuier (S), le cancerde l'estomac est plus fréquent chez l'homme que chez la femme, et il fauten chercher la cause dans les funestes effets de la chique. Il ne faudraitpourtant pas oublier que les hommes boivent plus que la femme. Les fumeurs. — Les effets du tabac sont surtout très-manifestes chez lesfumeurs inexpérimentés ou chez ceux qui, pour la première fois, sont en-veloppés d'une atmosphère chargée de fumée de tabac. Les accidents sontplus fréquents dans ce cas que dans l'acte de priser parce que, ainsi que____________________
(1) ''Journal d'Allemagne'', 1730, p. 179.
(2) ''Dictionnaire des sciences médicales'', t. LIV. . .. ■„„ u.
(3) ''Recueil des travaux de l'Académie de Rouen '' et ''Gazette hebdomadaire de memmhcembrel861. médecine'', rdécembre l861.
(4) ''Medic. mirror'', cité par le ''Journal de médecine et de chirurgie pratiques'', iw-1867.
(5) ''Année scientifique'', dixième année, 1866, p. 257.downloadModeText.vue.download 1076 sur 1308
TABAC. [1047]
fait remarquer Bichat dans son ''Cours manuel de matière médicale'', le poisonpasse avec l'air dans les voies aériennes. Ce poison, lorsqu'on n'en a pasl'habitude, peut produire les phénomènes les plus divers, depuis l'indispo-sition indisposition la plus légère jusqu'à l'intoxication aiguë et la mort.
De la langueur, un malaise général, de la sécheresse à la gorge, un troubledans les idées se produisent plus ou moins rapidement. Surviennent ensuitede la pesanteur à la tête, des vertiges, des tintements d'oreille, des défail-lancesdéfaillances ; puis le sujet est pris de tremblements nerveux; sa face décolorée secouvre d'une sueur froide et visqueuse ; il se produit de fréquentes enviesd'uriner, des nausées, des douleurs gastralgiques. Ces phénomènes sont lesavant-coureurs du vomissement, qui rarement amène du soulagement. Le•pouls pouls est petit, fréquent, serré et intermittent; la respiration est laborieuseet suspirieuse ; puis des coliques aiguës déchirent les entrailles et se termi-nent terminent par des évacuations alvines abondantes et fétides. Le calme revientalors, mais la faiblesse subsiste; le sommeil se produit, et le réveil amèneun soulagement qui n'est troublé que par une céphalalgie sus-orbitaire plusou.moins intense.
Les symptômes ne s'arrêtent pas toujours là; il se produit des symptômesplus graves de congestion cérébrale dont la paralysie est le résultat. Cesphénomènes peuvent amener la mort. On connaît le fait relatif aux deuxfrères dont parle Helwig, qui moururent dans un état léthargique pour avoirvidé, en fumant, l'un dix-sept et l'autre dix-huit pipes de tabac. MarshallHall rapporte qu'un jeune homme fut pris de crampes et de convulsionspour avoir fumé dix pipes. Ce sont là des faits exceptionnels, et commeexcès'et comme effets produits. Le tabac n'est réellement nuisible que lors-que lorsque l'habitude est invétérée. On observe chez les fumeurs de profession desaltérations locales de la muqueuse buccale et des symptômes généraux, quifrappent les appareils de la digestion, de la circulation, de la respirationet de l'innervation.
Le fumeur éprouve une sensation continuelle de chaleur dans la bouche
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