Soldanelle (Cazin 1868) : Différence entre versions

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[[File:Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes (Pl. XXXVIII) (6459828963).jpg|thumb|PLANCHE XXXVIII : 1. Scrofulaire. 2. Seigle ergoté. 3. Soldanelle. 4. Staphisaigre. 5. Stramonium.]]
  
 
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Nom accepté : ''[[Convolvulus soldanella]]''
 
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SOLDANELLE. ConvoJvulus soldanella. L.
 
  
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Liseron soldanelle, — chou marin.
  
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(Ambleteuse, Wimereux, etc).
 
  
Description. — Racines minces, allongées, blanchâtres. — Tiges rameuses,
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Cette plante vivace (Pl. XXXVIII) croît sur les bords de la mer, dans les sables, depuis Bayonne jusqu'à Dunkerque, et depuis Antibes jusqu'à Perpignan. Je l'ai souvent récoltée sur les sables maritimes du Boulonnais (Ambleteuse, Wimereux, etc).
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Parties usitées.— Les feuilles, la racine, et la résine qu'on en retire.
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'''Description'''. — Racines minces, allongées, blanchâtres. — Tiges rameuses, étalées, couchées sur la terre, pliantes, longues de 20 à 25 centimètres. — Feuilles alternes, longuement pétiolées, réniformes, un peu épaisses, échancrées à la base, d'un vert un peu foncé. — Fleurs grandes, solitaires, rosées, rayées de blanc, un peu foncées, portées sur de longs pédoncules axillaires (mai-juin). — Calice à cinq divisions profondes, ovales, arrondies. — Corolle tubulée, à limbe ouvert légèrement denté. — Cinq étamines plus courtes que la corolle, à anthères allongées et aplaties. — Un style filiforme à stigmate bifide. — Fruit : capsule biloculaire à quatre semences arrondies.
  
Béeolte. — La racine doit être séchée avec précaution.
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'''Parties usitées'''.— Les feuilles, la racine, et la résine qu'on en retire.
  
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'''Propriétés physiques et chimiques'''. — Les parties herbacées de ce végétal contiennent un suc lactescent un peu âcre, amer et salé. La racine contient, d'après Planche<ref>''Journal de pharmacie'', 1824.</ref>, de la résine, de l'extrait gommeux, de l'amidon, des sels, de la silice, etc,
  
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La soldanelle était employée autrefois comme purgatif drastique contre les hydropisies passives, les engorgements atoniques des viscères abdominaux, la constipation par inertie des intestins, etc.
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un remède excellent contre l'hydropisie. Forestus<ref>''Observations médicales'', p. 162.</ref>, Gabriel Fallope et Fernel<ref>''Universa medicina'', p. 256. Genève, in-fo!io, 1680.</ref> la considéraient aussi comme un bon hydragogue. Elle était très employée en Hollande, du temps de Boerhaave : ''Apud Batavos maritimos habetur pro divino medicamento'', dit cet illustre médecin<ref>''Tract. de virib. medicam.'', p. 318. Paris, in-12, 1740.</ref>. Lieutaud en parle oomme d'un purgatif hydragogue peu usité. Ce n'est donc pas à Loiseleur-Deslongchamps, comme le disent Trousseau et Pidoux, que l'on doit d'avoir introduit cette plante dans la matière médicale.
  
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Les feuilles en décoction ont un effet infidèle. On doit employer la poudre des feuilles ou des racines, ou mieux la résine, qui est un purgatif insipide et qui, dans tous les cas, peut remplacer le jalap, la scammonée. Les habitants des bords de la mer se purgent avec le suc de cette plante, qu'ils prennent à la dose d'une cuillerée à café à une cuillerée à bouche, suivant l'âge, dans un bouillon ou dans une tasse d'eau miellée. Buchoz<ref>''Dictionnnire universel des plantes'', t. III, p. 301.</ref> dit qu'en Provence on se purge avec un bouillon fait avec un collet de mouton et une poignée et demie de feuilles de soldanelle. Ferrein regarde cette plante comme un bon anthelminthique.
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La soldanelle ne mérite pas l'oubli dans lequel elle est tombée. Loiseleur-Deslongchamps a mis hors de doute sa propriété purgative. Sur quatre malades auxquels il donna les feuilles sèches en décoction, deux ont été très-bien purgés ; les deux autres n'ont éprouvé aucun effet. La racine en poudre (50 à 60 centigr.) ayant été ensuite administrée par le même praticien à vingt-quatre malades, ils eurent depuis une jusqu'à douze évacuations alvines. Treize malades ont pris la teinture (24 à 30 gr.) et dix la résine de soldanelle (75 centigr. à 1 gr. 20 centigr.) ; tous ont éprouvé des effets semblables à ceux des meilleurs purgatifs.
Deslongchamps, comme le disent Trousseau et Pidoux, que l'on doit d'avoir"
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Les feuilles en décoction ont un effet infidèle. On doit employer la poudre
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J'ai fait un fréquent usage, comme purgatif, de la teinture de soldanelle ; elle m'a tout aussi bien réussi que l'eau-de-vie allemande ou teinture de jalap composée du Codex.
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poignée et demie de feuilles de soldanelle. Ferrein regarde cette plante
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comme un bon anthelminthique.
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La soldanelle ne mérite pas l'oubli dans lequel elle est tombée. Loiseleur-
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Deslongchamps a mis hors de doute sa propriété purgative. Sur quatre ma-
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(50 à 60 centigr.) ayant été ensuite administrée par le même praticien à
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vingt-quatre malades, ils eurent depuis une jusqu'à douze évacuations
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alvines. Treize malades ont pris la teinture (24 à 30 gr.) et dix la résine de
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soldanelle (75 centigr. à 1 gr. 20 centigr.); tous ont éprouvé des effets sem-
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blables à ceux des meilleurs purgatifs.
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" J'ai fait un fréquent usage, comme purgatif, de la teinture de soldanelle;
 
elle m'a tout aussi bien réussi que l'eau-de-vie allemande ou teinture de
 
jalap composée du Codex.
 
  
 
[[Catégorie:Cazin 1868]]
 
[[Catégorie:Cazin 1868]]

Version actuelle en date du 8 mars 2017 à 22:12

Sison
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Sorbier
PLANCHE XXXVIII : 1. Scrofulaire. 2. Seigle ergoté. 3. Soldanelle. 4. Staphisaigre. 5. Stramonium.


[1013]

Nom accepté : Convolvulus soldanella


SOLDANELLE. Convolvulus soldanella. L.

Soldanella maritima minor. C. Bauh. — Soldanella. Dod. — Convolvulus maritimus nostras rotundifolius. Tourn. — Soldanella seu brassica marina. Offic.

Liseron soldanelle, — chou marin.

CONVOLVULACÉES. Fam. nat. — PENTANDRIE MONOGYNIE. L.


Cette plante vivace (Pl. XXXVIII) croît sur les bords de la mer, dans les sables, depuis Bayonne jusqu'à Dunkerque, et depuis Antibes jusqu'à Perpignan. Je l'ai souvent récoltée sur les sables maritimes du Boulonnais (Ambleteuse, Wimereux, etc).

Description. — Racines minces, allongées, blanchâtres. — Tiges rameuses, étalées, couchées sur la terre, pliantes, longues de 20 à 25 centimètres. — Feuilles alternes, longuement pétiolées, réniformes, un peu épaisses, échancrées à la base, d'un vert un peu foncé. — Fleurs grandes, solitaires, rosées, rayées de blanc, un peu foncées, portées sur de longs pédoncules axillaires (mai-juin). — Calice à cinq divisions profondes, ovales, arrondies. — Corolle tubulée, à limbe ouvert légèrement denté. — Cinq étamines plus courtes que la corolle, à anthères allongées et aplaties. — Un style filiforme à stigmate bifide. — Fruit : capsule biloculaire à quatre semences arrondies.

Parties usitées.— Les feuilles, la racine, et la résine qu'on en retire.

Récolte. — La racine doit être séchée avec précaution.

[Culture. - La soldanelle demande une terre légère et sablonneuse. On la propage de graines semées en place.]

Propriétés physiques et chimiques. — Les parties herbacées de ce végétal contiennent un suc lactescent un peu âcre, amer et salé. La racine contient, d'après Planche[1], de la résine, de l'extrait gommeux, de l'amidon, des sels, de la silice, etc,


PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.


A L'INTÉRIEUR. — Décoction des feuilles sèches, de 10 à 15 gr. par 300 gr. d'eau.
Feuilles en poudre, de l à 4 gr., en bols, pilules, etc.

Racine en poudre, de 2 à 4 gr., en bols, pilules, suspension liquide, etc.
Résine, de 75 centigr. à 2 gr., dissoute dans l'alcool.


La soldanelle était employée autrefois comme purgatif drastique contre les hydropisies passives, les engorgements atoniques des viscères abdominaux, la constipation par inertie des intestins, etc.

Matthiole employait la décoction de cette plante avec la rhubarbe comme

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  1. Journal de pharmacie, 1824.


[1014]

un remède excellent contre l'hydropisie. Forestus[1], Gabriel Fallope et Fernel[2] la considéraient aussi comme un bon hydragogue. Elle était très employée en Hollande, du temps de Boerhaave : Apud Batavos maritimos habetur pro divino medicamento, dit cet illustre médecin[3]. Lieutaud en parle oomme d'un purgatif hydragogue peu usité. Ce n'est donc pas à Loiseleur-Deslongchamps, comme le disent Trousseau et Pidoux, que l'on doit d'avoir introduit cette plante dans la matière médicale.

Les feuilles en décoction ont un effet infidèle. On doit employer la poudre des feuilles ou des racines, ou mieux la résine, qui est un purgatif insipide et qui, dans tous les cas, peut remplacer le jalap, la scammonée. Les habitants des bords de la mer se purgent avec le suc de cette plante, qu'ils prennent à la dose d'une cuillerée à café à une cuillerée à bouche, suivant l'âge, dans un bouillon ou dans une tasse d'eau miellée. Buchoz[4] dit qu'en Provence on se purge avec un bouillon fait avec un collet de mouton et une poignée et demie de feuilles de soldanelle. Ferrein regarde cette plante comme un bon anthelminthique.

La soldanelle ne mérite pas l'oubli dans lequel elle est tombée. Loiseleur-Deslongchamps a mis hors de doute sa propriété purgative. Sur quatre malades auxquels il donna les feuilles sèches en décoction, deux ont été très-bien purgés ; les deux autres n'ont éprouvé aucun effet. La racine en poudre (50 à 60 centigr.) ayant été ensuite administrée par le même praticien à vingt-quatre malades, ils eurent depuis une jusqu'à douze évacuations alvines. Treize malades ont pris la teinture (24 à 30 gr.) et dix la résine de soldanelle (75 centigr. à 1 gr. 20 centigr.) ; tous ont éprouvé des effets semblables à ceux des meilleurs purgatifs.

J'ai fait un fréquent usage, comme purgatif, de la teinture de soldanelle ; elle m'a tout aussi bien réussi que l'eau-de-vie allemande ou teinture de jalap composée du Codex.

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  1. Observations médicales, p. 162.
  2. Universa medicina, p. 256. Genève, in-fo!io, 1680.
  3. Tract. de virib. medicam., p. 318. Paris, in-12, 1740.
  4. Dictionnnire universel des plantes, t. III, p. 301.