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Scabieuse (Cazin 1868)

Saxifrage
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Sceau de Notre-Dame
PLANCHE XXXVII : 1. Saxifrage. 2. Scabieuse. 3. Sceau de Salomon. 4. Scille. 5. Scolopendre.


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Scabieuse des champs

Nom accepté : Knautia arvensis


SCABIEUSE. Scabiosa arvensis. L.

Scabiosa pratensis hirsuta, quæ officinarum. C. Bauh., Tourn. — Scabiosa major vulgaris. Ger. — Scabiosa major communior hirsuta, laciniata, et non laciniata. J. Bauh.

Scabieuse des prés, — scabieuse des champs.

DIPSACÉES. — Fam. nat. — TÉTRANDRIE MONOGYNIE. L.


La scabieuse des champs (Pl. XXXVII), plante vivace, est très-commune. On la rencontre partout, le long des chemins, dans les prés, etc. Elle est cultivée comme fourrage dans quelques cantons des Cévenncs. Elle engraisse et rafraîchit les bestiaux, particulièrement les moulons, qui en sont très-friands. — Plusieurs jolies variétés de scabieuse sont cultivées dans les jardins pour la beauté de leurs fleurs.

Description. — Racines courtes, peu fibreuses, presque simples, blanchâtres, peu épaisses. — Tiges dressées, cylindriques, légèrement fisluleuses, velues, peu ramifiées, hautes de 60 à 70 centimètres. — Feuilles pétiolées, opposées, plus ou moins velues et ciliées ; les radicales lancéolées, allongées, légèrement dentées à leur contour ; les caulinaires ailées ou pinnatifides. — Fleurs d'un bleu rougeâtre ou violacé, terminales, portées sur de longs pédoncules simples et velus (juillet-octobre). — Calice commun à folioles lancéolées, verdâtres et velues, placées sur un réceptacle hérissé de poils ou d'écailles. — Calice propre double. — Corolle tubulée, à quatre lobes inégaux. — Quatre étamines attachées à la base du tube de la corolle. — Un ovaire surmonté d'un style filiforme et d'un stigmate échancré. — Fruit : akènes ovales, renfermées dans les deux calices persistants et surmontés d'une aigrette.

Parties usitées. — La racine, l'herbe et les fleurs.

Récolte. — On la récolte en juin ou juillet.

[Culture. — Les scabieuses sont tellement répandues dans les prairies, les bois et les champs qu'il est inutile de les cultiver ; elles viennent dans tous les sols. Elles se propagent très-rapidement, on les multiplie par semis de graines fait au printemps.]

Propriétés physiques et chimiques. — Toutes les parties de cette plante sont inodores et ont une légère amertume et un peu d'astringence. Du reste, elle n'offre rien de remarquable sous le rapport de ses propriétés chimiques.

La scabieuse était autrefois regardée comme sudorifique, dépurative, etc., et employée dans les affections cutanées[1], la phthisie pulmonaire, la fin

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  1. Le nom de scabiosa rappelle la propriété antipsorique attribuée longtemps à cette plante. — Urbanus per se nescit pretium scabiosæ, dit l'Ecole de Salerne.


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des pleurésies et des pneumonies, l'empyème, les catarrhes chroniques, les flueurs blanches, les fièvres malignes, les vertiges, la syphilis, et autres maladies aussi différentes par leur siège que par leur nature.

Malgré l'autorité de Boerhaave, qui accordait beaucoup d'avantages à la décoction miellée de scabieuse dans le traitement des pleurésies et des pneumonies parvenues à leur dernière période, je ne puis distinguer cette plante d'une multitude d'autres végétaux analogues, et dont l'action est si faible, les effets si peu appréciables, qu'on peut les employer dans les maladies du caractère le plus opposé, avec la même apparence de succès. Les bains préparés avec la scabieuse n'ont pas été plus efficaces que son usage à l'intérieur. Cependant cette plante, que l'on peut regarder comme un faible tonique, est encore prescrite par quelques médecins. On la met principalement en usage dans les maladies chroniques de la peau, telles que les dartres, la teigne, la lèpre, etc. Biett prescrivait contre ces affections une tisane composée de 500 gr. d'infusion de scabieuse, de 2 gr. d'acide sulfurique et de 100 gr. de sirop de guimauve. Geoffroy vante la propriété antidartreuse du sirop préparé avec le suc exprimé de la plante fraîche.


Scabieuse succise

Nom accepté : Succisa pratensis


SCABIEUSE SUCCISE. SUCCISE. SCABIEUSE TRONQUÉE. MORS DU DIABLE. REMORS DU DIABLE. Scabiosa succisa. L. ; Morsus diaboli. Ger. ; Morsus diaboli vulgaris flore purpureo. Park. ; Succisa glabra. C. Bauh. ; Scabiosa folio integro hirsuta. Tourn. — Cette variété de scabieuse se rencontre dans les pâturages, dans les prés un peu humides, les clairières des bois.

Description. — Racine verticale, très-courte, à fibres radicales, épaisses, avec une échancrure qui la fait paraître comme mordue, d'où le nom de mors du diable. — Tiges de 60 centimètres à 1 mètre, droites, rougeâtres, rameuses en haut, arrondies, pubescentes. — Feuilles pétiolées, ovales-lancéolées, opposées, sessiles, entières, velues, vertes en dessus, d'une teinte plus pâle en dessous. — Fleurs d'un pourpre bleuâtre, rarement blanches, toutes égales, à corolle à quatre divisions, réunies en tête souvent au nombre de trois sur un réceptacle garni de paillettes (juillet-octobre).

La succise a les mêmes propriétés que la scabieuse dos champs, mais à un plus haut degré si l'on en juge par son astringence et son amertume. Cependant elle a été bien moins employée.


Scabieuse des bois

Nom accepté : Knautia integrifolia


LA SCABIEUSE DES BOIS (Scabiosa sylvatica. L.), dont les feuilles sont grandes, dentées, d'un vert-brun, traversées par une nervure blanche, les fleurs terminales d'un bleu rougeâtre, les semences velues, peut remplacer dans la matière médicale la scabieuse des champs.