Salicaire (Cazin 1868) : Différence entre versions

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[[File:Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes (Pl. XXXVI) (6459827741).jpg|thumb|PLANCHE XXXVI : 1. Safran. 2. Salicaire. 3. Sanicle. 4. Saponaire. 5. Sauge.]]
  
  

Version actuelle en date du 8 mars 2017 à 21:58

Safran
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Salicorne
PLANCHE XXXVI : 1. Safran. 2. Salicaire. 3. Sanicle. 4. Saponaire. 5. Sauge.


[945]

Nom accepté : Lythrum salicaria


SALICAIRE. Lythrum salicaria. L.

Lysimachia spicata purpurea. C. Bauh. — Salicaria vulgaris purpurea. Tourn.

Lysimachie rouge, — salicaire commune, — salicaire à épis, — salicaire officinale.

LYTHRACÉES. Fam. nat. — DODECANDRIE MONOGYNIE. L.


Cette plante (Pl. XXXVI) est très-commune au bord des rivières et des étangs, dans les endroits marécageux, où elle montre ses belles fleurs rouges.

Description. — Racine ligneuse, grosse, pivotante. — Tiges de 60 centimètres à 1 mètre, dressées, quadrangulaires, rameuses supérieurement. — Feuilles opposées, rarement ternées, sessiles, lancéolées, légèrement pubescentes en dessous. — Fleurs rouges, verticillées, presque sessiles, rassemblées en épis terminaux sur des pédoncules communs, axillaires, très-courts (juin-juillet). — Calice tubuleux, strié, de huit à douze divisions. — Corolle à six pétales insérés au tube du calice. — Douze étamines, un style et un stigmate. — Fruit : capsule oblongue, biloculaire, contenant des semences nombreuses.

Parties usitées. — La racine, les feuilles et les sommités fleuries.

Récolte. — On doit les récolter en juin et juillet, par un temps sec, et les sécher au soleil et à l'étuve.

[Culture. — Cette plante se multiplie de drageons plantés en terre très-humide, ou sur le bord des eaux, mais au soleil.]

Propriétés physiques et chimiques. — Cette plante est inodore ; sa saveur est herbacée, mucilagineuse et légèrement astringente ; les fleurs ont une saveur un peu sucrée.


[946]

Les propriétés chimiques et physiques de la salicaire révèlent à peine une légère astringence. Cependant on l'a conseillée contre la diarrhée atonigue, la dysenterie chronique, la leucorrhée, l'hématurie passive, etc. On la donne en décoction (30 à 60 gr. par kilogr. d'eau), ou en poudre (4 à 8 gr. et plus)

Dehaen[1] administrait cette plante en poudre, à la dose de 4 gr. deux fois par jour, dans la diarrhée et la dysenterie. Blom[2], dans une épidémie de dysenterie qui régna en Suisse, l'employa avec succès en décoction. Vicat affirme avoir guéri, au moyen de son infusion théiforme, une dysenterie qui avait résisté à une foule de moyens. Gardanne[3] s'en est bien trouvé dans une épidémie de dysenterie qui régna à Lyon. Murray (op. cit.) l'a vantée dans le flux lientérique. Hast et Stork en ont obtenu de bons effets dans la diarrhée et la dysenterie. Sagar [4] l'a employée dans la leucorrhée, le crachement de sang, etc. Quarin administrait dans la dysenterie le mélange de 6 gr. de poudre de salicaire, de 500 gr. d'eau de coquelicot et de 30 gr. de sirop de guimauve. Hufeland met la salicaire au nombre des médicaments dont l'expérience a le mieux établi l'efficacité contre la diarrhée habituelle ou chronique. Fouquet, dans un mémoire composé sur cette plante en 1793, et publié depuis par Desgenettes, préconise cette plante dans la diarrhée, la dysenterie et tous les flux immodérés ; il l'administrait en poudre à la dose de 15 à 30 grains (75 centigr. à 1 gr. 50 centigr.) ou en décoction, à celle d'une poignée ou deux pour une livre et demie d'eau (750 gr.). D'autres médecins l'ont vantée dans les hémorrhagies passives, les écoulements muqueux.

Pin a employé la salicaire avec succès dans un grand nombre de cas de diarrhée chez les pauvres. Les malades prenaient chaque jour un litre de décoction concentrée, préparée avec 60 gr. de salicaire sèche ou 160 gr. de la plante fraîche. Quatre ou huit jours de traitement ont suffi le plus ordinairement dans les cas de diarrhée ancienne[5].

Les faits que je viens de rapporter m'ont engagé à essayer la salicaire dans l'épidémie de dysenterie qui a régné à Boulogne en 1854. Je dois dire que j'en ai retiré des avantages appréciables vers la fin de la maladie, lorsqu'il se joignait à la débilité un état persistant d'irritation intestinale se manifestant irrégulièrement et provoquant le retour de selles plus ou moins abondantes. Je suis aujourd'hui moins prévenu contre cette plante, que je ne l'étais lors de la publication de la première édition de cet ouvrage.

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  1. Rat. med., part. IV, p. 195.
  2. Murray, Opere citato, t. III, p. 512.
  3. Gazette de santé, 1773.
  4. Dissert. de salicaria.
  5. Gazette des hôpitaux, 1857.