R (Recueil de Dambourney)

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Recueil de procédés et d'expériences sur les teintures solides
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RAISINS NOIRS

RAISINS NOIRS. Trois onces de ces raisins bien mûrs égrappés, cuits pendant une demi-heure dans une demi-pinte d'eau, procurent un bain bien rosé. Les laines de mes divers apprêts n'y ont néanmoins pris que des nuances noisettes rembrunies & sans éclat.


RAVENELLE

RAVENELLE de grande espèce à fleurs doubles, (Cheiri Grandiflorus Multiplex.) Le bois d'une forte tige étant très jaune, je me flattai d'en obtenir quelque bonne couleur ; mais les laines ont conservé leur blancheur dans le bain que j'en formai.


REINE DES PRÉS

REINE DES PRÉS, (Spirœa Ulmaria.) Une médiocre poignée de ses feuilles & tiges fleuries, hachée & cuite pendant une heure dans trois-quarts de pinte d'eau, m'a procuré un bain d'odeur stiptique, austère & d'un jaune-franc. Un gros de laine LF, en demi-heure sans bouillir, & [311] cinq minutes de bouillon, y acquiert un citron-jaune brillant qui résiste aux deux épreuves. Une seconde mise dans le déchet prend, au bouillon, un jaune plus mat, également solide.

Dans un pareil bain neuf un gros de laine AT acquiert, au long bouillon, un musc-doré ; mais cette laine y contracte beaucoup de rigidité. La plante, séchée à l'ombre, ne fournit plus que des brunitures, ou des ombres de jaune qui, poussées au long bouillon, deviennent des noisettes & nuances de musc. Cette plante vivace est, comme l'on sait, très commune au bord des rivières & dans les prés humides ou leurs fossés.


REINE MARGUERITE

REINE MARGUERITE, (Aster Sinensis.) Une poignée de ses feuilles & tiges en boutons, hachée, cuite pendant une heure dans trois-quarts de pinte d'eau, m'a produit un bain de couleur olive-foncée. Un gros de laine LF a pris d'abord dans sa colature un jaune-citron, puis, en deux heures de bouillon, un véritable jaune, & [312] en quatre heures, une belle nuance de vigogne-dorée. Ce bain exhale vers sa fin l'odeur des fleurs de tubéreuse.

Cette plante annuelle, & notamment l'espèce à fleurs simples dont j'ai usé, se multiplierait aisément par ses graines. Je regrette de ne l'avoir point employée séchée à l'ombre pour la rendre facile à conserver & disponible en toutes saisons.


RENONCULE JAUNE

RENONCULE JAUNE à fleurs simples, (Ranunculus acris.) Une poignée de la plante en fleurs, écrasée dans le mortier, & cuite pendant trois-quarts-d'heure dans trois-quarts de pinte d'eau, procure un bain jaune sale qui d'abord répand l'odeur de la réglisse. Un gros de laine LF n'y prend qu'au long bouillon un musc-olivâtre qui résiste aux deux épreuves pendant six heures.


RENOUÉE

RENOUÉE, (Polygonum Aviculare.) La plante entière, traitée de même, donne un bain jaune-trouble qui, au long bouillon, communique une bonne vigogne solide.


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RHAMNOÏDES

RHAMNOÏDES, (Hippophae Rhamnoïdes.) Trois onces de ses brindilles en feuilles, hachées, cuites pendant une heure dans trois-quarts de pinte d'eau, m'ont procuré sur un gros de laine LF, en trois à quatre heures de bouillon, une belle nuance de noisette-rosée de peu inférieure à celle de l’Eleagnus.

Quoique cet arbrisseau se plaise dans les terrains frais, & notamment sur les rives de la mer, en basse Normandie, il réussit presque partout, & jusque dans les sables, pourvu qu'ils aient du fonds. On le multiplie à volonté par ses semences, marcottes & boutures.


RHUS DE VIRGINIE

RHUS DE VIRGINIE, (Rhus Virginianum.) Deux onces de son bois coloré, hachées & cuites pendant une heure, m'ont donné un beau bain dans lequel un gros de laines LF a pris, en demi-heure sans bouillir, un riche jaune-orangé. La même laine réabattue dans un nouveau bain pareil y acquiert une belle nuance aurore presque capucine également solide. On lui [314] donne encore plus de fonds en ajoutant au dernier bain dix-huit grains de garance en poudre.

Les feuilles deviennent rouges vers la fin de l'automne, & j'ai beaucoup espéré de leur bain maron-doré ; mais la laine d'apprêt LF n'y a contracté qu'un citron-verdâtre.

Aucun arbre n'est plus facile à multiplier que celui-ci par la quantité de drageons enracinés & de rejets qu'il pousse en toutes sortes de terreins.


ROMARIN

ROMARIN, (Rosmarinus Officinalis.) Trois onces de ses brindilles en feuilles, hachées, cuites dans une pinte d'eau pendant une heure & demie, m'ont fourni un bain jaune-foncé dans lequel un gros de laine LF a pris, au premier bouillon, un jaune-ravenelle-opaque, & en trois heures, un musc-olivâtre.


RONCE COMMUNE

RONCE COMMUNE, (Rubus Fruticosus.) Trois onces de ses racines hachées, cuites pendant une heure & demie dans une pinte d'eau, ont communiqué à un gros de laine [315] LF une nuance jaune-foncée, mais opaque, bruniture ou ombre de jaune. J'ai ajouté à ce bain réduit un peu de vitriol de fer & de gomme. Il en est résulté une assez bonne encre à écrire : ce qui me porte à espérer que ces racines seraient un bon supplément à la noix de galle & au sumac.

Les fruits mûrs donnent une décoction rouge foncée que la dissolution d'étain vire en écarlate. C'est un très singulier rapport entre les effets sur ce colorant & celui de la Cochenille. Cependant la laine LF n'y prend qu'un mordoré solide. Je crois important de l'essayer avec des laines de divers apprêts. Peut-être trouvera-t-on celui qui convient pour en obtenir un rouge vif, & l'on serait bien dédommagé de ses peines.


ROSEAU

ROSEAU à balais, (Arundo Calamagrostis.) On m'avait écrit que les Tartares obtiennent de ses panicules un vert très éclatant ; mais toutes les laines que j'ai abattues dans ce bain y ont à peine perdu leur blancheur.


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ROSE-D'INDE

ROSE-D'INDE, (Tagetes Erecta.) Deux onces de ses belles fleurs fraîches avec leurs calices donnent un bain jaune dont l'odeur atroce & nidoreuse diminue peu à peu jusqu'à devenir celle d'une compote d'abricots. Un gros de laine LF y prend, entre chaud & bouillon, une riche couleur de souci qui ne bringe point, résiste au savon & au vinaigre à froid, mais le savon chaud du feutrage le fait un peu tourner à la nuance de canelle.

Les feuilles & tiges fraîches, dépouillées de leurs fleurs, donnent un bain moins riche qui communique de même à la laine, sans bouillir, un beau jaune moins souci, mais qui ne se dément ni au vinaigre ni au feutrage.

Il convient d'employer toute la plante quand les premières fleurs sont épanouies. La teinte en est plus gaie, plus égale & plus solide.

Les deux déchets, mêlés ensemble, donnent encore subitement, à un gros de laine LF, un jaune-doré que le premier bouil- [317] lon ne ternit point ; puis au long bouillon un musc-jaunâtre transparent très assuré, mais qui rend la laine un peu rigide.

Les plantes, en premières fleurs, séchées à l'ombre, ont donné un bain jaune-doré d'une odeur désagréable, quoique pénétrante. Un gros de laine LF y a contracté de même, sans bouillir, un jaune-aurore transparent & tel à très-peu-près que celui qu'on obtient de la plante fraîche.

C'est un excellent ingrédient qu'on doit multiplier en le semant en plein champ. Il prend son accroissement en trois mois. En cueillant la plante en fleur, & la faisant sécher à l'ombre, on la gardera par bottes au grenier pour en user au besoin.


ROSIER-CANELLE

ROSIER-CANELLE, (Rosa Cinnamonea.) Ses jeunes branches hachées, cuite pendant une heure, ont donné un bain jaune-aurore dans lequel un gros de laine LF a pris, au long bouillon, une jolie nuance de Nankin canelle.


ROSIER à fleurs jaunes

ROSIER à fleurs jaunes, (Rosa Lutea.) Les mêmes parties, traitées de même, [318] donnent un bain jaune-clair qui s'intensifie au bouillon, & communique enfin à la laine LF un bon musc-clair-doré.


RHUE

RHUE, (Ruta grave-olens.) Trois onces de ses feuilles & tiges vertes, meurtries dans le mortier, cuites pendant une heure dans trois-quarts de pinte d'eau, fournissent un bain jaune-verdâtre qui sent d'abord l'odeur propre de la plante, mais que le bouillon change en celle des fleurs du tubéreuse assez forte pour incommoder dans un endroit clos. Un gros de laine LF y acquiert, entre chaud & bouillon, une couleur de soufre, ou de citron-verdâtre, & au long bouillon une nuance de merd'oie, l'un & l'autre solides.