Plantain d'eau (Cazin 1868)

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Plantain
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Platane


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Nom accepté : Alisma plantago-aquatica


PLANTAIN D'EAU. Alisma plantago. L.

Alisma plantago aquatica. Gærtn. — Plantago aquatica. Tourn.

Plantain aquatique, — fluteau plantagine, — fluteau trigone, — fluteau à feuilles de plantain, — pain de crapaud ou de grenouille.

ALISMACÉES. Fam. nat. — HEXANDRIE POLYGYNIE. L.


Le plantain d'eau, plante vivace, croît en abondance au bord des rivières, des étangs et des mares, surtout dans nos départements du Nord.

Description. — Plante vivace. — Tige : hampe droite, nue, cylindrique, haute de 40 à 50 centimètres, simple en bas, divisée à la partie supérieure en rameam verticillés terminés par une sorte de panicule rameuse. — Feuilles longuement pétiolées, radicales, disposées en rosette, ovales, un peu cordiformes, entières, nerveuses et aiguës. — Fleurs petites, nombreuses, d'une couleur rosée (juin-septembre). — Calice à six divisions, dont trois intérieures pétaloïdes. — Etamines, le plus souvent au nombre de six,


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quelquefois plus. — Ovaires comprimés, obtus, rangés en cercle, très-nombreux. — Fruits : capsules nombreuses, monospermes, indéhiscentes.

Parties usitées. — La racine et les feuilles.

Récolte. — La racine se récolte en automne ; les feuilles, un peu avant la floraison.

Propriétés physiques et chimiques. — La racine du plantain aquatique est âcre et paraît contenir de la fécule. (On y a signalé un corps mal défini jusqu'à présent, l’alismine.)

Cette plante était sans usage en médecine, lorsqu'en 1817 une notice du savant Leswin annonça qu'un ancien soldat aurait non-seulement préservé de la rage des hommes et des animaux qui avaient été mordus par des chiens enragés, mais encore aurait guéri, au moyen de cette plante, l'hydrophobie déclarée.

Depuis lors, Burdach a publié des observations de guérison ; mais des praticiens français dignes de foi ont affirmé n'avoir obtenu aucun résultat positif de l'emploi du plantain d'eau comme antihydrophobique. (I1 paraît jouir d'une certaine efficacité dans la chorée et l'épilepsie.)

Les feuilles de cette plante, appliquées sur la peau, la rubéfient légèrement. Cependant les Kalmouks en mangent les tubercules, et Fée[1] en a ingéré une assez grande quantité sans en éprouver le moindre accident.

Dehaen parle du plantain d'eau comme d'un diurétique propre à remplacer l’uva ursi, soit en décoction à la dose d'une poignée, soit en poudre (les feuilles) à la dose de 4 gr. Wauters[2] dit aussi avoir employé le plantain d'eau en poudre avec succès dans un cas de douleurs néphrétiques avec hématurie, émission difficile des urines, etc., et chez un tailleur atteint de fréquentes rétentions d'urine avec douleur, rétraction du testicule, érection involontaire et sentiment de constriction au pénis. Wauters prescrivit à ce dernier l'infusion aqueuse du plantain d'eau, et obtint dans l'espace de huit jours une grande amélioration.

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  1. Histoire naturelle pharmaceutique, t. I, p. 311.
  2. Dissertation botanico-médicale, p. 79.