Persicaire (Cazin 1868)

De PlantUse Français
Révision de 12 mai 2013 à 17:31 par COGNEAUX Christian (discussion | contributions) (Page créée avec « {{Tournepage |titre=Cazin, ''Traité des plantes médicinales'', 1868 |titrepageprécédente=Perce-neige (Cazin 1868) |nomcourt... »)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : navigation, rechercher
Perce-neige
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Persil


Sommaire

[810]

Persicaire

Voir la page [[]]

PERSICAIRE ACRE. Polygonum hydropiper. L.

Persicaria urens seu hydropiper. G. BAUH., TOURN. — Persicaria tiens m hydropiper. J. BAUH. — Persicaria vulgaris sive minor. PARK. Hydropiper. GER. — Persicaria urens. OFFIC.

Poivre d'eau,—polygone poivre d'eau,—renouée acre ou brûlante,— curage, — piment d'eau,

herbe saint Innocent.

POLTGONACÉES. Fam. nat. — OCTANDRIE TBIGMIE. L.

La persicaire, plante annuelle (PI. XXX), ainsi nommée à cause delà ressemblance de ses feuilles avec celles du pêcher, est très-commune. On la rencontre dans les lieux humides, les fossés, les marais, les terrains tour- beux.

Description. — Racines fibreuses. — Tige glabre, cylindrique, noueuse, souvent rougeâtre, un peu rameuse, droite, un peu flexueuse. — Feuilles simples, glabres, alternes, lancéolées, aiguës, médiocrement pétiolées, accompagnées de stipules courtes. tronquées, très-rarement ciliées. — Fleurs disposées en épis lâches, grêles, axiiiaires, simples ou à peine rameux, garnis de petites bractées écailleuses (juillet-octobre). - Calice blanchâtre ou rosé, point de corolle. — Six étamines incluses. - m.°,v" simple, libre, uniovulé, surmonté de deux ou trois styles, dont chacun est termine F un stigmate capité. — Fruit consistant en plusieurs akènes triangulaires, un peu primés, renfermés dans le calice.

Parties usitées. — L'herbe entière..

[Culture. — La plante sauvage suffit aux besoins de la médecine. La persicwe « Levant est cultivée comme plante d'ornement; toutes se reproduisent par graims.j

Récolte. ^- On peut la récolter pendant tout l'été, même pendant 'afrD*flj2 car la semence, par son àcreté, ajoute à l'action de la plante. Elle peitt "'y partie de ses propriétés par la dessiccation. Il vaut donc mieux l'employer 11» •

Propriétés physiques et chimiques. — La persicaire âcrej^uiojj

• (1) Dictionnaire des sciences médicales, t. XL, p. 210. downloadModeText.vue.download 840 sur 1308


• PERSICAIRE ACRE. 811

a saveur est acre, poivrée et même brûlante. Son suc rougit les couleurs bleues végétales, ce oui révèle un principe acide. Son infusion aqueuse, qui n'a pas l'âcreté de la plante verte noircit par le sulfate le fer. Elle teint les laines en jaune. (Elle contient une huile essénlïellé'siilfuréè.)

 ; - PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.

A.t'uiriMïUii. — En infusion, de 5 à 15 gr., 'par kilogramme d'eau. Pouareidéli ft'gr., en bols, pilules, etc.

Extrait, de 60 centigr. à 2 gr., dans un véhi--

cule approprié. A L'EXTÉMEOR. —15 à 30 gr. par kilogramme

d'eau, en lotions, fomentations, etc.

La persicaire aère est excitante et diurétique. On l'a conseillée dans les ïydropisiés; dans les engorgements viscéraux. Appliquée fraîche sur la pea^ elle est,' dit-on-rubéfiante et vésicante. On l'emploie à l'extérieur comme.détersive.

lia persicaire exerce sur l'économie une action stimulante manifeste. Son effet diurétique, tant vanté jadis, en l'administrant étendue dans une grande nuàiitité;d'eau, ne peut avoir lieu qu'autant que les reins sont dans un état d'àtBnië;la surexcitation de ces organes, non-seulement s'opposerait à cet eflétf iùàîs encore rendrait très-nuisible l'action de cette plante. La vertu liffiô'ntriptique qu'on lui a attribuée est illusoire. Elle a été toutefois utile, comme diurétique, dans la gravelle et le catarrhe vésical exempts d'ir- ritation ou d'inflammation, dans l'anasarque asthénique et l'oedème sans lésion du centre circulatoire ni irritation des voies digestives, dans les en- gorgements non inflammatoires du foie et de la rate. Ettmuller la regarde comme vermifuge, et, d'après Peyrilhe, donnée en poudre aux moutons, à la dose d'un gros dans du miel, elle détruit une espèce de ver auquel ces animaux sont exposés. La confiance des jeunes filles atteintes de chlorose ou d'aménorrhée a été quelquefois, suivant Tournefort, jusqu'à croire qu'il suffisait de porter cette plante dans leurs chaussures pour guérir (1). Eberle recommande l'emploi de la teinture de poivre d'eau (polygonum hydropi- prtAâespapurictatum), dans l'aménorrhée. Il est probable que l'espèce que nous possédons'eh Europe (hydropiper)i jouit des mêmes vertus.

L'usage interne de la persicaire, entièrement oublié de nos jours, mérite l'attention des thérapeutistes. Des faits soigneusement observés mettraient à même déprécier les avantages que son énergie indique, et lui rendraient lérangrju'elle paraît avoir occupe dans la matière médicale indigène, à une époque où la science n'était pas assez avancée pour préciser les circonstances pathologiques qui en réclament l'application. •

W'e^rieur, on peut, suivant Boerhaave, employer la persicaire comme

rul™nteir àl'état frais* lorsqu'on manque de moutarde.

uo^meelle irrite les tissus dénudés, elle convient comme détersive sur tes ulcères atoniques et scrofuleux. Je l'ai employée avec avantage, en pareil MpeiKf-associant en- décoction aqueuse ou vineuse aux feuilles de noyer.. «eacôhvient, eh décoction concentrée, pour favoriser la séparation des «cbaiesdahs la gangrène. Hévin faisait lotionner avec une décoction de persicaire-brûlante, aiguisée de sel commun, les ulcères sordides, dont les

nairs. étaient peu sensibles ou même en partie corrompues, afin, disait-il, «eaetemre et séparer ces chairs mollasses d'avec les chairs saines. La décoc- waaqueuse ou Tineuse de cette pjante a été, suivant Murray, employée en Sp^ 16 Contre l'odontalgie, les aphthes, l'angine, les ulcérations du Sfffi^J:des/fosses nasales. On a vanté aussi l'application de ses feuilles ritSMf l'eau, sur lès engorgements oedémateux et séreux, pour en favo- ^Mésplûtiqn.:;

. uchwaliiecommânde cette plante contre la gale. Linné dit qu'on em*

WAmerican Journ. ofmed. se, july 1846. downloadModeText.vue.download 841 sur 1308


812 PERSICAIRE AMPHIBIE.

ploie, en Norwége, ses feuilles cuites dans l'eau et appliquées à l'extérieu contre l'odontalgie. r

J'ai souvent mis en usage la persicaire à l'extérieur, comme résolutive et détersive, dans les engorgements glanduleux et lymphatiques. Je l'ai appli- quée avec succès sur un ulcère, à bords durs et calleux, situé à la partie inférieure de la jambe droite, chez un vieillard de soixante-neuf ans Je couvrais cet ulcère avec les feuilles cuites dans l'eau. L'action enfut prompte et très-satisfaisante ; au bout de huit jours, la détersion était complète. Dans un cas d'ulcère scrofuleux, dont la surface était recouverte d'une couche membraniforme épaisse, fétide, située à la partie inférieure et interne de la cuisse, chez une jeune fille de quatorze ans, j'ar employé avec succès, ponr la détersion de cet ulcère, parties égales de feuilles de noyer et de persi- caire. Un cultivateur du village de Doudeauville avait toute l'extrémité supé- rieure gauche gonflée, indolente et tendue, sans inflammation, à la suite d'un érysipèle dont elle avait été le siège deux mois auparavant. Levolumede celte extrémité, surtout àl'avanl-bras, était doublé. Je fis appliquer sur toute l'étendue du membre une décoction concentrée de feuilles fraîches de per- sicaire. L'effet de cette application réussit merveilleusement ; dès le lende- main, la résolution commençait à s'opérer, et au bout de huit à dix jours elle était complète.

La persicaire, je le répète, n'est point à négliger. Les vétérinaires de cam- pagne en font un grand usage à l'extérieur pour déterger les ulcères qui surviennent à la couronne du sabot, et clans les gonflements lymphatiques des articulations, après l'application du feu.

Le suc de cette plante pur, ou plus ou moins étendu dans l'eau ou la décoction de feuilles de noyer, convient mieux, à l'extérieur, lorsqu'il s'agit de combattre la gangrène et de stimuler avec énergie des ulcères sordides, des chairs blafardes et fongueuses.

PERSICAIRE DOUCE. — POLYGONE PERSICAIRE. — VRAIE PERSICAIRE. — PER- SICAIRE TACHETÉE. — FER-A-CHEVAL. — PILINGRE. — Polygonum persicaria.l. — Persicaria mitis maculosa et non maculosa. C. BAUH., TOURN. — Croit aux mêmes lieux que la précédente et lui ressemble beaucoup.

[Description. — Diffère de la persicaire acre par ses fleurs roses, assez grosses, en épis oblongs, cylindriques, compactes et dressés (août) ; par l'absence de poinls glan- duleux sur le calice, et par sa saveur douce.

La persicaire douoe a été considérée comme astringente, détersive et antiseptique. On l'a vantée contre la diarrhée, les hémorrhagies, les flueurs blanches passives, le scorbut, la jaunisse, la goutte vague, le rhumatisme chronique, etc. Tournefort la prescrit en décoction contre la gangrène. M décoction dans le gros vin rouge (deux poignées pour 1 kilogr.) est recom- mandée dans le Manuel des dames de Charité (i) comme un des meilleurs moyens d'arrêter la gangrène. On applique toutes les trois heures des com- presses imbibées de cette décoction chaude, que l'on humecte de temps en temps dans l'intervalle de chaque pansement. Ravelet (2) rapporte huit observations de gangrène traitée avec succès au moyen de la persicaire douce.

PERSICAIRE AMPHIBIE. — Persicaire acide. — Persicaria amplubnm,l-j Potamogeton salicis folio. C. BAUH. — Potamogeton seu fontahs persiw Foliis. J. BAUH. — Potamogeton angustifolium. GER. ' — Fontahs majoi■» gifolia. PARE. — Cette plante vivace croît abondamment dans les marais les lieux couverts d'eau. Lorsque les chaleurs de l'été dessèchent tes ew<«j >

(1) 5= édit., p. 241. Paris, 1760.

(2) Thèses de Strasbourg, 1806.


[813]

les ruisseaux, etc., et que cette plante est exposée à l'air après avoir flotté dans l'eau, elle subit des changements physiques qui la rendent méconnais- sable etlui ont fait donner, dans ce nouvel état, le nom de persicaire am- phibie terrestre.

Description. — Racine traçante. — Tiges rameuses, radicantes, nageantes ou terrestres. — Feuilles pétiolées, ovales-oblongues. — Fleurs roses, en épis compactes, -oblongs, cylindriques .et terminaux (juin-septembre). — Etamines saillantes. — Stylé bifide. -parties usitées. — La racine.

Récolte. — Cette racine doit être récoltée à la fin de l'été ou au commencement dé l'automne. Après l'avoir mondée, on la fait sécher, et on la fend comme la salse- pareille, à laquelle elle ressemble à tel point que dans plusieurs provinces, au rapport feGoste et Wilmet, les herboristes et les épiciers la vendent pour cette dernière.

[Culture. — Cette plante se propage par semis des fruits. Elle n'est cultivée que dans les jardins botaniques.] ,

bit: persicaire amphibie a été l'objet d'une dissertation particulière de îëan-Henri Schulze (1). Burtin (2) dit que la racine de cette plante est le mèÙÎeùr succédané de la salsepareille. Goste et Wilmet l'ont aussi substituée l'cèp dernière comme celle de houblon; ils en ont préparé un extrait aqueux, un extrait résineux, et un extrait gommo-résineux. La persicaire amphibie, comme plus mucilagineuse que le houblon, a fourni un huitième déplus,d'extrait gommeux ou aqueux, un sixième de moins d'extrait résineux, etl'autre, à proportion. Ces extraits, suivant les auteurs que nous venons de citer, ont eu un succès étonnant contre les écoulements gonorrhoïques^ àjadose de 78 centigr. matin et soir, en avalant par-dessus une tasse de forte."décoction dès mêmes racines, édulcorée avec un peu de sucre. Il faut continuer.ce remède de la sorte pendant quelque temps, suivant les circon- stances, le tempérament du malade et l'intensité de la maladie. On admi- nistre ces extraits en pilules de la manière suivante: extrait aqueux ou Jommo-résineux de persicaire amphibie, 16 gr.; parties égales de poudre déracine de persicaire et de gomme de gayac, quantité suffisante ; divisez enrpiiules de 25. à 30 centigr.

. .J'ai employé la racine de persicaire amphibie en décoction concentrée, Contre une large syphilide située à la partie supérieure interne des cuisses, chëz;.un .ouvrier âgé de trente ans, qui, un an auparavant, avait subi un traitement mercuriel mal dirigé. Cette dartre était survenue trois mois après là guérison d'un chancre au prépuce, que l'on avait touché fréquemment ^e;lè;hitrâte d'argent fondu. La décoction de racine de persicaire âm-

pBibié(Ï0O gr. pour 1,300 gr. d'eau réduits à 1 kilogr.), prise à la dose de

Jjerres,, d'heure en heure chaque matin, et continuée pendant un mois, a '.■JilPir'l'çto. faire disparaître peu à peu cette dermatose évidemment véné- /Hëiffië; .Depuis vingt ans que le malade est guéri, il n'y a eu aucune appa- rence derécidiye.

Cei sçul fait ne suffit pas pour constater les propriétés de la racine de

|eçsicaire;amphibie ; mais il est de nature à engager les praticiens à essayer 'emploi.de cette racine dans les cas où la salsepareille est indiquée. Cette

o;eraière est trop chère pour la médecine des pauvres.

f! hPèrslearia acida. Hal., 1735.

\A Mémoire couronné par l'Académie des sciences de Bruxelles, 1783.