Oudo (Potager d'un curieux, 1899)

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Oseille canaigre
Potager d'un curieux, Introduction
Oxalide crénelée


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Aralia cordata

Nom accepté : Aralia cordata

OUDO
Aralia cordata Thunb., Fl. Jap., p. 127.
A. edulis Sieb. et Zucc., Fl. jap., I, p. 57, tab. 25. Nom japonais : Udo ; noms chinois : Dotooki, Doka quatz, Dosjeri, Udo, (Kæmpf. amænit.).
Fam. des Araliacées.


Racine vivace, longue, charnue, épaisse ; tiges nombreuses, herbacées, atteignant souvent plus de 1 mètre de hauteur, les adultes glabres, les jeunes pubescentes ; pétioles engainants, à base dilatée et creusée en gouttière ; feuilles composées, à folioles ovales ou en cœur, acuminées, dentées en scie, pubescentes ; fleurs petites, verdâtres, réunies en ombelles globuleuses munies d'un petit involucre oligophylle, lesquelles sont disposées en grappe composée. Calice adhérent à l'ovaire, à limbe très court, à 5 dents ; corolle à 5 pétales; 5 étamines ; ovaire infère, à 5-10 loges ; 5 styles divergents ; fruit drupacé, d'un brun noirâtre, couronné par le calice et les styles, à 5-10 noyaux monospermes.

« L'Udô fleurit au mois d'août ; ses fruits mûrissent au mois de novembre. Ses tiges herbacées périssent dès les premières gelées de l'hiver.

« Cette plante est vraisemblablement venue de la Chine, où elle s'emploie comme remède sudorifique ; on la cultive par tout le Japon, dans les jardins et dans les champs.

« Elle se cultive essentiellement pour sa racine, qui est d'un goût agréable, aromatique et amer, et qu'on mange eu hiver assaisonnée à la manière de nos Scor-


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sonères. Les jeunes tiges servent comme un légume délicieux.

« Comme la plante prospère fort bien dans tout le Japon, elle s'acclimaterait tout aussi bien dans nos jardins ; c'est pourquoi il serait à désirer que, cultivée chez nous, elle augmentât le nombre de nos vivres végétaux par un mets agréable, fin et nourrissant. » (Siebold et Zuccarini, Flora Japonica, I, p. 57).

On lit, dans la Note explicative des objets exposés par l'École agricole et forestière de Komaba à l'Exposition universelle de 1889 (Ministère de l'Agriculture et du Commerce, Tokio, Japon) :

« L'Oudô (Aralia cordata). Pour le cultiver, on fait des fosses et on y met ses racines, après avoir donné l'engrais d'excréments de chevaux, répandu à la surface de la terre. Cette opération a lieu pendant la saison du grand froid. Les racines poussent des bourgeons blancs.

C'est un légume d'un goût délicat et d'une odeur agréable.» Notre excellent correspondant, M. le Dr H***, nous écrivait, le 25 avril 1879 : « La seule plante potagère que je regrette un peu de n'avoir pas apportée est une Araliacée appelée, au Japon, Oudô, Aralia cordata de Thunberg. On en récolte les jeunes pousses au printemps, à l'état sauvage, et on les mange cuites comme nous mangeons les Céleris et les Cardons. C'est très fort et très mauvais, comme l'est, du reste, le Céleri non blanchi ; mais l'Oudô, cultivé et blanchi sous des feuilles ou de la litière, est très bon, et il s'en fait au printemps une assez grande consommation. »

On remarquera que notre correspondant ne parle pas, comme Siebold, de l'emploi en cuisine des racines de l'Oudô.


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Dès 1879, nous avons demandé au Japon du plant d’Aralia cordata. Nous avons reçu, non du plant, mais des graines, au printemps de 1883 ; mais, pour obtenir la germination des semences d’Aralia, il faut les semer immédiatement après la récolte; les nôtres n'ont donc pas levé.

Grâce à l'entremise obligeante de MM. Vilmorin-Andrieux et Cie, nous avons reçu, quelques années plus tard, dix pieds en parfait état de la plante japonaise.

L'Oudô a parfaitement prospéré à Crosnes ; il s'est montré tout aussi rustique et d'une culture aussi facile que l’Aralia racemosa de l'Amérique du Nord, dont il diffère à peine, cultivé dans tous les jardins botaniques où l'on a beaucoup de peine à en limiter les touffes, tant il se montre envahissant.

Nous avons étiolé la plante, et les pousses obtenues avaient l'aspect d'Asperges de moyenne grosseur ; elles étaient blanches, très appétissantes. Malheureusement, la dégustation ne leur a pas été favorable; nous leur avons trouvé une saveur de térébenthine, faible il est vrai, mais cependant trop accentuée pour que ce légume puisse être adopté en Europe. Cet échec est d'autant plus regrettable que la plante est très productive et viendrait pour ainsi dire sans soins dans nos jardins.

Les jeunes feuilles hachées et cuites nous ont donné un légume aromatique acceptable, mais sans mérite particulier.


Stilbocarpa polaris

Nom accepté : Stilbocarpa polaris

Une autre Araliacée, le Stilbocarpa polaris Decaisne et Planchon (Aralia polaris Hombron et Jacquinot), mériterait d'être soumise à la culture expérimentale sous notre climat. C'est une plante vivace, originaire de la Nouvelle-Zélande et des îles Auckland et Campbell.


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Ses longs rhizomes sont charnus, sucrés, comestibles. On trouvera des renseignements sur cette plante dans la Flore de la Nouvelle-Zélande, par Hooker f., vol. I, p. 95, et Mueller, Select extra-tropical Plants, p. 324.