Melon (Cazin 1868)

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Mélisse
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Menthe


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Nom accepté : Cucumis melo


MELON. Cucumis melo. L.
CUCURBITACÉES. Fam. nat. — MONOÉCIE MONADELPHIE. L.


Cette plante, du genre courge ou citrouille, est trop connue pour nécessiter une description.

Propriétés physiques et chimiques. — La chair du melon, seule partie employée, est recherchée comme aliment. Elle est savoureuse, douce, sucrée, et convient, mangée avec modération, aux personnes irritables, d'un tempérament bilieux ou sanguin, ayant l'estomac robuste ; elle est nuisible aux individus délicats, aux tempéraments lymphatiques et froids, aux convalescents, aux vieillards, à tous ceux qui ne digèrent qu'avec peine. Un médecin regardait les accidents causés par ce fruit comme si fréquents et si graves, qu'ayant fait construire une maison superbe des richesses qu'il avait acquises par l'exercice de sa profession, il ne craignit pas de faire écrire en lettres d'or le distique suivant au-dessus de la porte :

Les concombres et le melon
M'ont fait bâtir cette maison.

Simon Pauli, de qui nous empruntons cette anecdote, ajoute, d'après Louis Nonnius[1] « que quatre empereurs sont morts pour s'être livrés avec trop peu de discrétion à leur goût pour ce fruit. »

On rend le melon d'une digestion plus facile par l'addition du sel, du sucre, du poivre, de la cannelle, etc.[2].— Les ménagères cueillent les melons avant leur maturité pour les conserver dans le vinaigre à la manière des cornichons. La pulpe mûre de ce

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  1. De re cibaria.
  2. Loiseleur-Deslongchamps et Marquis, Dictionnaire des sciences médicales, t. XXXIII, p. 204.


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fruit sert, avec le sucre, la cannelle, le girofle, à faire d'excellentes compotes ; son écorce même, confite au sucre, est agréable.

La pulpe du melon, dans laquelle réside essentiellement l'arôme qui le caractérise, est composée d'une grande quantité de mucilage, et de quelques vestiges d'un principe résineux qui se trouve en plus ou moins grande quantité dans les fruits des autres cucurbitacées. C'est peut-être dans ce principe résineux que réside la propriété laxative de ce fruit.

Le melon occupe dans la matière médicale une place beaucoup moins distinguée que parmi les substances alimentaires. Sa chair, bien mûre et de bonne qualité, est rafraîchissante, désaltérante ; elle calme l'irritation de poitrine, celle des voies digestives et urinaires. Son suc, par conséquent, peut être administré dans tous les cas où les antiphlogistiques sont indiqués. Les hemorrhoïdaires sont soulagés par le melon, qui les rafraîchit, les tempère, les relâche. Borelli prétend avoir guéri de véritables phthisies par l'usage du melon, ce qui n'est pas croyable. Murray rapporte qu'une femme fut guérie de la phthisie pulmonaire en mangeant du melon en grande quantité. Il y a eu très-probablement, dans ces faits, erreur de diagnostic. Ségalas a conseillé ce fruit aux graveleux. Cependant il ne peut être diurétique qu'en tempérant la disposition phlegmasique des reins. A l'extérieur, le melon est appliqué à froid, comme calmant, sur les parties enflammées, les brûlures récentes, les plaies douloureuses, les contusions, etc. Cuite et chaude, la pulpe du melon a servi à faire des cataplasmes émollients. Suivant Lange, un suppositoire fait avec un morceau de melon ou de concombre a quelquefois arrêté un flux hémorrhoïdal trop abondant.

Les semences de melon font partie des quatre semences froides majeures. Elles sont douces, huileuses, émulsives. On en prépare des boissons, des émulsions qui sont adoucissantes, calmantes, pectorales ; mais il faut qu'elles soient fraîches, car elles rancissent promptement. La dose, pour ces préparations, varie de 60 à 125 gr. et plus.