Lampourde (Cazin 1868)

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Laminaire
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Lapsane


[563]

Nom accepté : Xanthium strumarium


LAMPOURDE. Xanthium strumarium. L.

Lappa minor, xanthium Dioscoridis. C. Bauh. — Xanthium, sive lappa minor. J. Bauh.

Petite bardane, — petit glouteron, — herbe aux écrouelles.

SYNANTHÉRÉES. — SÉNÉCIONIDÉES. Fam. nat. — SYNGÉNÉSIE POLYGAMIE SUPERFLUE. L.


Plante annuelle qui croît dans les fossés, au bord des mares, le long des haies et sur le bord des chemins.

Description. — Racine petite, blanchâtre, fibreuse. — Tige herbacée, simple ou peu rameuse, droite, de 30 à 45 centimètres, pubescente, un peu rude au toucher. — Feuilles pétiolées, alternes, cordiformes, anguleuses, pubescentes, à trois lobes obtus, dentées, d'un vert clair. — Fleurs d'un blanc verdâtre, axillaires, disposées en petites grappes et occupées supérieurement par les fleurs mâles réunies en tête, et intérieurement par les fleurs femelles, moins nombreuses, mais plus apparentes. — Fruits ovoïdes, hérissés de pointes crochues, biloculaires ; deux semences.

Les feuilles de lampourde, d'une saveur amère et astringente (ne rougissant pas le papier bleu), étaient jadis employées sous forme de suc ou d'extrait dans les maladies cutanées chroniques et dans celles du système lymphatique. On l'a vantée dans les dartres, le goître et même dans le cancer. On donnait le suc des feuilles à la dose de 180 gr. ou l'extrait à celle de 4 à 8 gr. L'infusion des feuilles dans le vin blanc fut longtemps en usage contre la gravelle. Les anciens se servaient de cette plante pour teindre leurs cheveux en jaune et en blond, couleur autrefois la plus estimée.

La petite bardane est tout à fait inusitée de nos jours. La turquette et la reine des prés étaient aussi complètement abandonnées ; on leur reconnaît de nouveau des propriétés qu'elles ont toujours possédées : il en sera peut-être de même de la lampourde. Cette raison suffit pour la rappeler aux praticiens qui ne dédaignent pas nos plantes indigènes, et justifier la petite place que nous avons cru devoir lui accorder. Il faut donner asile aux proscrits...

En médecine, comme en politique, ce qu'on livre aujourd'hui au mépris sera peut-être demain loué avec exagération.