Gremil (Cazin 1868)

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Gratiole
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Grenadier


[496]

Nom accepté : Lithospermum officinale


GREMIL. Lithospermum officinale. L.

Lithospermum sive milium solis. J. Bauh. — Lithospermum majus erectum. C. Bauh.

Herbe aux perles.

BORRAGINÉES. Fam. nat. — PENTANDRIE MONOGYNIE. L.


Cette plante vivace se trouve au bord des chemins, aux lieux incultes, dans les bois secs et élevés.

Description. — Tiges droites, rameuses, rudes, de 60 centimètres environ. - Feuilles lancéolées, alternes, sessiles, rudes et munies de plusieurs nervures, d'un vert foncé, celles du haut de la tige plus petites et plus étroites. — Fleurs blanchâtres, axillaires, solitaires, courtement pédonculées (juin-juillet-août). — Calice à cinq divisions profondes, linéaires. — Corolle un peu plus longue, à cinq lobes arrondis ; gorge dépourvue d'appendices. — Cinq étamines courtes. — Style plus long, stigmate bifide. — Quatre akènes osseux, petits, luisants et d'un blanc de perle.

[Parties usitées. — Les fruits.

Culture. — Le gremil vient dans les terrains secs et arides, on le multiplie de graines.]

Le gremil, plante inodore, mais d'une saveur acerbe et désagréable, était regardé par les anciens comme lithontriptique, à cause, dit-on, de la consistance pierreuse de ses graines. Les semences, d'une saveur visqueuse, douceâtre, mucilagineuse, étaient regardées surtout comme possédant de grandes vertus. Suivant Dioscoride, on s'en servait pour dissoudre les calculs des reins et de la vessie. Matthiole dit que deux grammes (8 gr.) de semence de gremil, donnés en poudre dans du lait de femme, aident à délivrer celles qui sont en travail d'enfantement. Les modernes ont regardé les semences de cette plante comme inertes. Voilà la part de l'exagération et de l'erreur. — Voici, maintenant, celle de la vérité : « Certes, dit Roques, ce n'est point un remède puissant ; on peut néanmoins l'employer dans le catarrhe aigu de l'appareil urinaire, où il produira tous les effets des substances mucilagineuses. Il ne faut point dédaigner les herbes salutaires qui croissent sons nos pas. Les vieillards graveleux qui habitent les champs et qui éprouvent des irritations dans les voies urinaires recevront quelque soulagements de l'émulsion suivante : semences de gremil, dures et d'une couleur argentée, 15 gr. ; sucre blanc, 30 gr. Triturez dans un mortier, en y versant peu à peu 500 gr. d'infusion de fleurs de mauve. On ajoute quelquefois à cette liqueur 50 à 60 centigr. de nitrate de potasse. »

J. Bauhin, au rapport de Ray, avait déjà fait justice de la merveilleuse propriété attribuée à la semence de gremil de briser et d'expulser les calculs vésicaux, et réduit à leur juste valeur les médicaments prétendus lithontriptiques : Ego quidem (inquit J. Bauhinus) non existimo nec hoc semen, nec ullum aliud remedium calculos frangere : pituitam et crassos humores, avenulos et calculos glutinantes dissolvi et pelli hoc semine concedo.

La plante entière de gremil, qui, ainsi que sa saveur l'indique, contient d'autres principes que le mucilage renfermé dans ses semences, a une action stimulante réelle sur les reins. Employée en décoction (30 à 45 gr. pour 1 kilogr. d'eau) à la dose de deux verres chaque matin, elle produisit une diurèse abondante chez un cultivateur habitant le voisinage des tourbières de l'Ardrésis, et atteint d'une infiltration séreuse, suite d'une fièvre intermittente négligée. Le malade était complètement désenflé après dix jours de l'usage de ce remède, que plusieurs personnes qui en avaient retiré le même avantage lui avaient conseillé.