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G (Audier, L’herbier du village)

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Anne Audier, L’herbier du village (2012)
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Garance

Rubia peregrina

La rube, cette plante grimpante aux feuilles ovales, luisantes, persistantes, hérissées d’aiguillons crochus, n’est pas rare dans les haies et les bois. Elle est utilisée en médecine populaire.

À Champagne, toutes les parties de la plante en infusion ou en décoction, favorisent la circulation du sang (24). À Yves, dans le canton de Rochefort, la décoction de rube permet de lutter contre l’hypertension (70). Il en est de même à Sainte-Gemme mais la plante doit être obligatoirement récoltée dans les bois et à une époque où elle n’a pas de fruits car ses baies sont un poison redouté (20).

On utilise dans le même but la seule racine de rube qui aurait des vertus très énergiques. Le traitement ne dure que trois jours par mois alors qu’on est obligé de prendre tous les jours la tisane faite avec les parties aériennes de la plante. Une malade de la localité, qui aurait prolongé la cure aurait dû, ensuite, être soignée pour sa tension anormalement basse (20).

Gaillet gratteron

Galium aparine

Cette plante grimpante, accrochante, est très commune dans les haies et aux lisières des bois. Autrefois, les petites filles s’en faisaient des guirlandes et des traînes, en particulier pour jouer à la mariée (6).

Gaillet jaune

Galium verum

Est plus rare dans les haies, au bord des champs, près des chemins. Il manque en certains endroits.

Genêt

Sarothamnus scoparius = Cytisus scoparius

Cet arbrisseau est très répandu dans les bois et dans les landes. Ses tiges, qui sèchent vite, remplacent avantageusement la brande comme allume-feu. On les utilise aussi pour faire des balais d’écurie.

Le genêt fut utilisé comme fibre textile pendant la guerre de 1939-1945 aux environs de Port-d’Envaux mais cette petite industrie disparut de la région dès 1945 (38).

Dans la région de Royan, on ne doit pas rentrer de bouquets de genêt à la maison, ces fleurs portent malheur. Le genêt des teinturiers est assez rare dans les terrains sablonneux et arides.

Genévrier

Juniperus communis

Le genévrier, qui croît dans les même lieux que la brande est beaucoup plus rare.

On le choisit parfois comme arbre de Noël ou pour décorer les crèches dans les églises et il arrive qu’on le transplante dans les jardins pour sa valeur ornementale. Certains, cependant, l’accusent d’attirer les mouches vertes (6).

À Chaniers, près de Saintes, les lapins à qui l’on donne une fois par semaine un repas de branchettes de genévrier deviennent résistants aux maladies (23).

Gentiane pneumonanthe

Gentiana pneumonanthe

La grande gentiane pneumonenthu croît dans les tourbières de Cadeuil où elle est de plus en plus rare.

Géranium cultivé

Pelargonium sp.

Le géranium et le géranium-lierre se trouvent dans tous les jardins. Le nom de cette plante est souvent altéré en géraniome par attraction de géraumon ou giraumon (citrouille allongée).

Géraniums sauvages

(géranium herbe-à-Robert, géranium à feuilles rondes, géranium colombin…), Geranium spp.

Ils sont communs dans les jardins, les cultures, les taillis. Le géranium sanguin est beaucoup plus rare dans certains lieux sablonneux.

Germandrée

Teucrium chamaedrys Le petit chêne ou petit châgne, cette jolie plante aux fleurs roses, aux petites feuilles lobées rappelant celles du chêne, luisantes et persistantes, n’est pas facile à trouver aux lisières des bois et sous les haies, en terrain sec et pierreux. On l’aurait utilisée autrefois en tisanes pour lutter contre la fièvre.

Gesse sauvage

Lathyrus latifolius

Assez commune dans les taillis, aux lisières des bois, le long des routes, dans les haies, la gesse sauvage est souvent transplantée dans les jardins où elle grimpe dans les grillages et sur les tonnelles. L’aspect de ses fleurs l’a fait appeler pois-de-senteur bien qu’elle n’ait aucune odeur.

Gesse aphaca

Lathyrus aphaca

Délicate petite plante à fleurs jaunes, n’est pas rare au bord des chemins et dans les haies.

Giroflée quarantaine

La giroflée est moins cultivée qu’autrefois. Pour avoir des fleurs doubles, on dit qu’il faut les semer le jour du Vendredi Saint (49), mais comme il faut laisser reposer la terre, ce jour-là, on tourne la difficulté en opérant la veille, le Jeudi Saint. D’autres éliminent du semis toutes les jeunes plantes aux feuilles vertes car ce seraient celles à feuilles jaunes qui donneraient des fleurs doubles (70).

Giroflée brune

Cheiranthus cheiri = Erysimum cheiri

Le kéri fleurit au printemps sur les murs de nos églises, les ruines de nos châteaux. On cultive dans les jardins l’espèce à fleurs rouge brun, très odorantes.

Glaïeul

Gladiolus segetum

Ce petit glaïeul sauvage à fleurs carminées était déjà rare au temps de Lloyd dans les moissons sur calcaire. On ne le trouve plus que dans certains jardins où on l’a recueilli pour la beauté délicate de ses fleurs en épi.

Glycine

Glycine sp. = Wisteria sinensis

Cette liane dont la force de torsion est telle qu’elle peut, à la longue, desceller des barreaux de fer, est souvent plantée le long des façades et des grilles qu’elle décore, au printemps, de ses franges de fleurs mauves à l’odeur suave. La glycine de Chine est seule cultivée.

Gnaphale

Gnaphalium spp.

« Des griffes-de-chat, tu trouves ça dans les sables » (7).

Graminées fourragères

Dans les prés naturels croissent différentes graminées, plus ou moins abondantes selon la nature du sol, plus ou moins appréciées pour la nourriture du bétail, mais depuis que les paysans sèment des graines sélectionnées pour renouveler les prairies, beaucoup ne connaissent plus que les noms français, voire les noms scientifiques de ces végétaux. Certaines, cependant, ont gardé leur identité locale et, en général, ce ne sont pas les plus appréciées.

  • L’harb’bianche : la flouve Anthoxanthum odoratum, considérée comme un fourrage de médiocre qualité (67).
  • L’auge : qui pousse surtout dans les prés de marais. Graminée dure, excellente pour les moutons (7).
  • L’orgeou : herbe très dure qui ne pousse que dans les marais salants et ressemble à l’Agrostis. Ce fourrage était très apprécié des chevaux à qui on le réservait (67).
  • La sernughe : l’Agrostis.
  • Les chapelets : l’avoine à bulbe.
  • Le lignou : Agropyron repens = Elymus repens.
  • La sarmazelle : Cynodon dactylon.
  • Les langues-de-femmes, la brise, Briza media, assez rare dans les près secs, se trouve surtout au bord des chemins.
  • La mioque, digitaire, Digitaria sanguinalis, qui envahit volontiers jardins et cultures.
  • L’avouène-folle, la folle avoine, Avena fatua.
  • L’étran’ye-chevaux, le brome des toits, Bromus tectorum (7).
  • Les forçats, l’orge faux-seigle, Hordeum murinum.

Outre son rôle essentiel pour l’alimentation du bétail, le foin, surtout le foin de marais, était utilisé en médecine populaire. En association avec diverses plantes aromatiques, marjolaine, sauge, romarin, lierre terrestre, mais aussi lierre de muraille, on en faisait une décoction où l’on baignait les membres douloureux ce qui devait procurer, sinon la guérison, du moins un soulagement (24).

Le foin, sans provenance définie, guérissait aussi les engelures selon un procédé magique. Il suffisait d’en porter dans ses sabots pendant quelques jours et de le déposer ensuite dans le trou d’évier ou dans le chai d’un voisin pour lui faire attraper le mal (24).

On a vu que les tiges souterraines de la sarmazelle, en décoction donnaient une boisson diurétique. On aurait aussi, avant 1914, utilisé dans le même but les bulbes des chapelets.

Grémil officinal

Lithospermum officinale

On trouve l’herbe-aux-perles aux lisières des bois. Sans être rare, elle n’y est cependant pas très commune.

Groseillier

Ribes rubrum

Il était bien rare, autrefois, de voir un jardin sans groseilliers. On n’en rencontre pas fréquemment de nos jours et beaucoup de ménagères ont tendance à préférer la groseille blanche, moins acide. Les groseilles rouges et blanches ne sont pas souvent mangées fraîches. On en fait des gelées très appréciées où l’on peut les employer en mélange.

On se sert aussi de la gelée de groseilles en médecine populaire pour badigeonner les brûlures (4-5 et 6).

Groseillier à maquereaux

Ribes uva-crispa

Le gresollier est plus rare que le groseillier car ses fruits, les gresolles, qu’elles soient blanches, verdâtres ou rougeâtres, ne sont pas très estimés. En général, on les abandonne aux enfants.

C’était surtout pour ses rameaux épineux qu’il était autrefois cultivé car l’une de ses branchettes munies de ses épines était jointe aux essences traditionnelles portées à la bénédiction des Rameaux. (Cette pratique est signalée vers 1900 à Saint-Symphorien, vers 1940 à Pont-l’Abbé). Les bergères s’en servaient pour piquer l’enflure du chien mordu par un serpent (69 et 19) ou le remeuil de leurs oueilles atteint de maladie (7), (le rumeuil = le pis).

Gui

Viscum album

Le gui pousse en abondance sur les pommiers, les peupliers, les acacias, les aubépines, les aubiers ou saules blancs. On le trouve moins fréquemment sur le poirier, l’aulne, le noisetier, le frêne, le tilleul.

Il est rarissime ou inexistant sur le chêne, l’orme, le noyer, le bouleau, le cerisier, le pêcher, le châtaignier. Cependant, sur un chêne pédonculé du Bois-Bouchet, on pouvait voir, vers 1960, trois petites touffes de gui et, vers 1990, une autre est apparue sur un bouleau. Après quelques années, elle devait dépérir et disparaître.

Autrefois, jusque vers 1930, on ne rentrait jamais ni le gui ni le houx à la maison : ils portaient malheur. Pour le gui, peut-être faut-il voir là la conséquence des condamnations de l’Eglise qui lutta longtemps, dans les campagnes, contre les survivances du paganisme et pouvait trouver suspecte la plante sacrée de nos pères les Gaulois. Cependant, le gui est utilisé en médecine populaire.

Vers 1920, à Champagne, cinq ou neuf feuilles en décoction permettaient de lutter contre l’albuminurie mais ce qui devait obligatoirement avoir été pris sur une aubépine, peut-être parce que ses feuilles lobées présentent une certaine ressemblance avec celles du chêne (24).

À Sainte-Gemme (1964), c’est le gui de pommier qui, en décoction avec du buis, combattait l’hypertension.

Enfin, la décoction de gui de noyer serait souveraine pour favoriser la repousse des cheveux et nul ne peut contester l’efficacité du remède, le gui de noyer étant à peu près introuvable (10).

Guimauve

Althaea officinalis

C’est au marais gât qu’il faut aller, en juillet, cueillir la guimauve qui est assez rare, ailleurs, en terrain argileux. Autrefois, bien des ménagères en plantaient une touffe dans leur jardin pour la récolter plus commodément.

En infusion, ses fleurs combattent à la fois le rhume et les douleurs d’estomac (24-1 et 6). Cette vertu lénifiante se trouve aussi dans la racine. Attachée au bout d’un cordon, on la suspendait au cou de l’enfant que tourmentait sa dentition. Il pouvait la mordiller pour calmer l’agacement des gencives (4).

Durant la guerre de 1939-1945, les tiges de guimauve furent utilisées comme plantes textiles. On les récolta à cet effet dans les marais de Saint-Jean-d’Angle (113).