Fenugrec (Cazin 1868)

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Fenouil
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Fève
PLANCHE XVIII : 1. Ellébore noir. 2. Eupatoire. 3. Epurge. 4. Fenu-grec. 5. Filipendule.


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Nom accepté : Trigonella foenum-graecum


FENU-GREC. Trigonella fœnum græcum. L.

Fœnum græcum sativum. Bauh. T.

Trigonelle, — senegré.

LÉGUMINEUSES. — LOTÉES. Fam. nat. — DIADELPHIE DÉCANDRIE. L.


Le fenu-grec (Pl. XVIII), très-commun dans l'ancienne Grèce et en Egypte, où on le cultive, se rencontre dans plusieurs des départements méridionaux de la France, dans les champs et sur les bords des chemins. On cultive cette plante comme fourrage dans quelques parties du Languedoc et du Dauphiné. Sa culture demande peu de soins. Il suffit, pour la semer, dit Pline, de scarifier le sol. C'est une nourriture excellente pour les animaux, dont elle entretient la vigueur, l'embonpoint et la santé. Les femmes égyptiennes font usage des semences cuites dans du lait pour se donner de la fraîcheur.

Description. — Raçines grêles, allongées, fibreuses. — Tige droite, herbacée, fistuleuse, haute de 50 à 70 centimètres. — Feuilles médiocrement pétiolées, composées de 3 folioles de forme ovale, arrondies à leur sommet, rétrécies à leur base. — Fleurs jaunâtres, axillaires, solitaires, quelquefois géminées (juin-juillet). — Calice tubuleux presque diaphane, à cinq sépales égaux. — Corolle papilionacée, à carène très-courte, à ailes un peu ouvertes. — Quarante étamines diadelphes. — Ovaire simple à une seule loge multiovulée. — Un style et un stygmate simples. — Fruit : gousse étroite, longue d'environ 6 centimètres, contenant douze ou quinze semences brunes ou jaunâtres.

Parties usitées. — Les semences, la plante entière.

[Culture. — Le fenu-grec est plutôt cultivé comme plante fourragère que comme plante médicinale ; il demande une bonne exposition et une terre légère et chaude ; on le sème en place au printemps, il ne demande ensuite que des soins ordinaires.]


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Récolte. — Ne présente rien de particulier. Il faut choisir cette graine récente, grosse, de couleur jaune ; la vétusté la rend obscure ou brune.

Propriétés physiques et chimiques. — Les semences répandent une odeur fragrante analogue à celle du mélilot. Leur saveur, mucilagineuse, se rapproche de celle des pois : 30 gr. de ces semences donnent par l'ébullilion la consistance mucilagineuse à 500 gr. d'eau. Elles recèlent en outre, en petite quantité, un principe légèrement actif d'où provient leur odeur. [Ce principe est le même que celui que l'on trouve dans 1a fève tonka, le mélilot, etc., on le nomme coumarine.] (C10 H3 O2).


PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.


A L'INTÉRIEUR. — Semences, décoction, 30 gr. par 500 gr. d'eau pour tisane.

A L'EXTÉRIEUR. — Semences, décoction 60 à 120 gr. par 1,000 gr. d'eau, pour lotions, lavements, injections.

Farine, en cataplasme.
Les principales compositions où l'on fait entrer le fenu-grec sont le sirop de marrube blanc, l'huile de mucilage, les farines émollientes, l'onguent d'althea, le mondificatif de résine, l'onguent martiatum.


La grande quantité de mucilage que contiennent les graines de fenu-grec les rend adoucissantes, émollientes, lubrifiantes. On peut employer leur décoction avec avantage à l'intérieur et en lavement, pour apaiser l'irritation de l'appareil digestif dans les diarrhées, la dysenterie, l'empoisonnement produit par des substances corrosives, la gastro-entérite chronique, etc. Mais c'est surtout à l'extérieur qu'on emploie les semences de fenu-grec, en décoction dans l'ophthalmie, les aphthes, les gerçures de lèvres et du mamelon. En cataplasme, la graine de fenu-grec convient pour calmer la douleur et favoriser la résolution dans le phlegmon et autres inflammations externes.