Euphorbia convolvuloides (PROTA)

De PlantUse Français
Révision de 17 décembre 2014 à 13:39 par Michel Chauvet (discussion | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Euphorbia convolvuloides Hochst. ex Benth.


Protologue: Hook., Niger Fl. : 499 (1849).
Famille: Euphorbiaceae

Origine et répartition géographique

Euphorbia convolvuloides se rencontre dans les régions arides d’Afrique de l’Ouest, depuis la Mauritanie et le Sénégal jusqu’au Soudan.

Usages

Au Sénégal et au Ghana, l’infusion de plante se prend pour traiter l’urétrite et les maladies sexuellement transmissibles ; en Côte d’Ivoire, l’infusion s’emploie en collyre contre les affections oculaires. Au Nigeria, les feuilles broyées, mélangées à de l’huile de palme, s’appliquent sur les éruptions accompagnant la rougeole, la varicelle ou naguère la variole pour les assécher. Elles ont un pouvoir astringent et se prennent contre la diarrhée, et l’infusion de feuilles séchées se boit contre la dysenterie. A l’inverse, l’infusion de plante entière a des effets laxatifs et se prend par voie orale ou en lavement. L’extrait de plante se prend pour traiter la toux, le mal de gorge, l’asthme et la bronchite. La vapeur de latex dans de l’eau chaude s’inhale aussi pour traiter la toux et la bronchite. La pâte de feuilles fraîches mélangées à celles de Citrullus colocynthis (L.) Schrad., et parfois à d’autres plantes, s’applique sur les seins ou se donne en infusion pour accroître la production et la qualité du lait. Au Nigeria, on prétend que mastiquer la plante et l’avaler protège des piqûres de scorpion et des morsures de serpent ; on se passe sur les mains un mélange de plante, de salive et de jus de Calotropis procera (Aiton) R.Br. au même effet. Le latex serait un antidote aux piqûres de scorpion. La plante passe aussi pour narcotique et s’utilise en magie. Au Sénégal, l’infusion de plante est administrée en breuvage aux bovins pour traiter les infections urinaires.

Euphorbia convolvuloides est généralement brouté par le bétail.

Propriétés

Les parties aériennes ont un pouvoir astringent dû à la présence de tanins.

Description

Plante herbacée annuelle, monoïque, érigée, poilue, atteignant 40 cm de haut ; rameaux pendants aux extrémités, souvent rougeâtres. Feuilles opposées, distiques, simples ; stipules minuscules ; pétiole atteignant 1 mm de long ; limbe oblong à lancéolé, de 2–4 cm × 0, 5–1,5 cm, base légèrement inégale, cunéiforme, apex aigu, bords finement dentés. Inflorescence : groupes de fleurs terminaux ou axillaires appelés “cyathes”, disposés eux-mêmes en groupes denses, roses ; cyathe presque sessile, d’environ 1 mm × 1 mm, à involucre en coupe, à denses poils blancs, lobes triangulaires, minuscules, poilus, glandes 4, minuscules, arrondies, avec ou sans appendices, roses à bourrelet blanc, chaque involucre contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles sessiles, bractéoles linéaires, périanthe absent, étamine d’environ 0,5 mm de long ; fleurs femelles à pédicelle d’environ 1,5 mm de long, réfléchi chez le fruit, périanthe en bourrelet, ovaire supère, densément poilu, 3-loculaire, styles 3, minuscules. Fruit : capsule 3-lobée poilue d’environ 2 mm de diamètre, à 3 graines. Graines ovoïdes, d’environ 1,5 mm de long, à 4–5 angles aigus, blanchâtres ou rougeâtre pâle, sans caroncule. Plantule à germination épigée ; cotylédons presque sessiles, elliptiques ; épicotyle absent.

Autres données botaniques

Le genre Euphorbia comprend environ 2000 espèces et est présent dans le monde entier, avec au moins 750 espèces sur le continent africain et environ 150 espèces à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien. Euphorbia convolvuloides appartient au sous-genre Chamaesyce section Chamaesyce, groupe de plantes herbacées annuelles ou parfois vivaces à stipules bien visibles, se caractérisant en outre par une tige principale avortant au stade du semis, la plante étant ainsi constituée d’une inflorescence étendue ressemblant à une ombelle à ramification dichotome, aux bractées florales semblables à des feuilles normales, aux cyathes solitaires ou regroupés au maximum par 5 en denses cymes feuillées, à 4 glandes involucrales munies d’appendices pétaloïdes ou entières, et aux graines coniques dépourvues de caroncule.

Euphorbia kilwana

Euphorbia kilwana N.E.Br. (synonyme : Euphorbia convolvuloides var. integrifolia Pax) est présent en Tanzanie, au Malawi, au Zimbabwe et au Mozambique et ressemble étroitement à Euphorbia convolvuloides.

Euphorbia forskalii

Euphorbia forskalii J.Gay (synonyme : Euphorbia aegyptiaca Boiss.) appartient aussi à la section Chamaesyce et se rencontre sur les sols argileux dans toute l’Afrique de l’Ouest tropicale jusqu’en Somalie, et du nord de l’Afrique jusque dans la péninsule Arabique et la Turquie. Il est également présent en Namibie. Au Nigeria, on se sert d’extraits d’Euphorbia forskalii comme purgatif contre le ténia ; le latex s’applique sur les verrues, les écorchures, le ver de Guinée et les chiques. Au Nigeria et au Soudan, la plante écrasée avec un peu d’eau s’applique sur la tête et la nuque pour traiter les maux de tête, les fractures osseuses ou les œdèmes d’origine traumatique. Au Soudan, on passe du latex sur les seins comme galactagogue. Les moutons et les chèvres broutent la plante. Des extraits de plante entière à l’éther de pétrole s’avèrent très efficaces contre les escargots d’eau douce.

Plusieurs autres Euphorbia spp. n’appartenant pas à la section Chamaesyce sont utilisés en médecine en Afrique de l’Ouest.

Euphorbia baga

Euphorbia baga A.Chev. a un tubercule arrondi et de courtes tiges épaissies avec des touffes de feuilles lancéolées aiguës à l’apex. Il est présent depuis la Côte d’Ivoire et le Mali jusqu’au Nigeria, ainsi qu’au Soudan. Au Soudan, le latex ou la plante broyée servent de poison de pêche.

Euphorbia kerstingii

Euphorbia kerstingii Pax se rencontre du Togo au Cameroun. Il a des tiges annuelles atteignant 16 cm de long, sortant d’un rhizome ligneux. Les Kotokolis du Togo utilisent un extrait de plante pour refermer la fontanelle des nouveaux-nés.

Ecologie

Euphorbia convolvuloides est présent dans la savane, les terrains vagues et le long des routes, parfois comme adventice dans les cultures, habituellement sur sols sableux.

Gestion

Euphorbia convolvuloides peut être récolté pendant la saison des pluies, et séché en vue d’une utilisation ultérieure.

Ressources génétiques

Euphorbia convolvuloides est relativement commun sur son aire de répartition et rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Euphorbia convolvuloides a de nombreux usages médicinaux locaux mais son importance restera cantonnée au cadre local, à moins que des recherches chimiques et pharmacologiques ne viennent confirmer sa valeur médicinale.

Références principales

  • Adjanohoun, E.J., Adjakidjè, V., Ahyi, M.R.A., Aké Assi, L., Akoègninou, A., d’Almeida, J., Apovo, F., Boukef, K., Chadare, M., Cusset, G., Dramane, K., Eyme, J., Gassita, J.N., Gbaguidi, N., Goudote, E., Guinko, S., Houngnon, P., Lo, I., Keita, A., Kiniffo, H.V., Kone-Bamba, D., Musampa Nseyya, A., Saadou, M., Sodogandji, T., De Souza, S., Tchabi, A., Zinsou Dossa, C. & Zohoun, T., 1989. Contribution aux études ethnobotaniques et floristiques en République Populaire du Bénin. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 895 pp.
  • Brown, N.E., Hutchinson, J. & Prain, D., 1909–1913. Euphorbiaceae. In: Thiselton-Dyer, W.T. (Editor). Flora of tropical Africa. Volume 6(1). Lovell Reeve & Co., London, United Kingdom. pp. 441–1020.
  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Stäuble, N., 1986. Etude ethnobotanique des Euphorbiacées d’Afrique de l’Ouest. Journal of Ethnopharmacology 16: 23–103.

Autres références

  • Berhaut, J., 1975. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 3. Connaracées à Euphorbiacées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 634 pp.
  • Bouquet, A. & Debray, M., 1974. Plantes médicinales de la Côte d’Ivoire. Travaux et Documents No 32. ORSTOM, Paris, France. 231 pp.
  • Iwu, M.M., 1993. Handbook of African medicinal plants. CRC Press, Boca Raton, Florida, United States. 464 pp.
  • Keay, R.W.J., 1958. Euphorbiaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 364–423.
  • Le Bourgeois, T. & Merlier, H., 1995. Adventrop. Les adventices d’Afrique soudano-sahélienne. CIRAD-CA, Montpellier, France. 637 pp.
  • Manu, T.N.J., 2002. Medicinal plants used in the treatment of sexually transmitted diseases (STDS). B.Pharm. thesis, Faculty of Pharmacy, Kwame Nkrumah University of Science and Technology, Kumasi, Ghana. 63 pp.

Auteur(s)

  • O.M. Grace, PROTA Country Office United Kingdom, Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey TW9 3AB, United Kingdom

Citation correcte de cet article

Grace, O.M., 2008. Euphorbia convolvuloides Hochst. ex Benth. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 19 août 2022.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.