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Euphorbia candelabrum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Euphorbia candelabrum Kotschy


Protologue: Mitt. Geogr. Ges. Wien 1: 169 (1857).
Famille: Euphorbiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 56

Synonymes

  • Euphorbia reinhartii Volk. (1899).

Noms vernaculaires

  • Euphorbe candélabre (Fr).
  • Candelabra tree, tree euphorbia (En).
  • Mtungutungii, mtongotongo, mtupa, mtomwu (Sw).

Origine et répartition géographique

Euphorbia candelabrum se rencontre depuis le Soudan, l’Ethiopie et la Somalie jusqu’en R.D. du Congo et au Zimbabwe.

Usages

Le latex est très toxique et peut rendre aveugle lorsqu’il entre en contact avec les yeux. Il provoque également des cloques et il est irritant pour la peau et les muqueuses. En Afrique centrale, on prend quelques gouttes de latex diluées dans de l’eau pour traiter la toux et la tuberculose, ou pour ses vertus émétiques et abortives. Il s’applique également sur les plaies, les écorchures et les verrues. Les Massaïs Loitas le mélangent à de la graisse, dont ils frictionnent le corps pour traiter le paludisme. La décoction de moelle des rameaux est administrée aux femmes juste après l’accouchement pour expulser le placenta. Au Kenya et en Tanzanie, on fait cuire les racines à l’eau avec du poulet ou de la viande, ou avec les liquides gastriques d’une chèvre ou d’une vache abattue, et on boit le liquide comme émétique puissant pour traiter les maux d’estomac, la constipation sévère et la stérilité. Ajouté à de la bouillie, le latex se prend comme puissant purgatif, ainsi que pour traiter l’infection au VIH. Au Kenya, le latex s’applique également sur les plaies et les écorchures du bétail. Les cendres de tige réduites en poudre servent à traiter les infections oculaires. Le latex est un ingrédient de poison de flèche. Les rameaux frais écrasés se jettent dans les trous d’eau et les cours d’eau comme poison pour la pêche et servent à empoisonner les animaux sauvages.

Les tiges peuvent servir de bois de feu, mais la fumée est irritante. Le bois, léger et durable, est utilisé pour fabriquer des toitures, des tables, des portes, des allumettes, des caisses, des mortiers, des instruments de musique et des selles. On fend le tronc en deux, on l’évide et on le réassemble pour fabriquer des ruches. Les branches coupées servent de clôture et se replantent pour l’ombrage. Les fleurs d’Euphorbia candelabrum produisent une grande quantité de nectar, mais le miel provoque une sensation de brûlure dans la bouche, qui s’intensifie lorsqu’on boit de l’eau. Le latex poisseux sert de glu à oiseaux.

Propriétés

Le latex d’Euphorbia candelabrum contient des esters diterpènes d’ingénol, hautement irritants. L’ingénol et ses dérivés manifestent une activité promotrice de tumeurs, mais aussi une activité anti-VIH et antileucémique. La recherche est surtout orientée vers la synthèse et l’évaluation biologique d’analogues de l’ingénol et de leurs dérivés. Le latex contient également environ 12,5% de caoutchouc. Dans l’essai de sensibilisation sur l’oreille de souris menée avec du latex provenant de plantes cultivées au Royaume-Uni, l’irritation constatée était modérée, avec une ID50 = 1,6 μg / 5 ml au bout de 4 heures ; ceci est similaire au latex d’Euphorbia tirucalli L., mais bien moindre que le latex d’Euphorbia ingens E.Mey. ex Boiss. L’extrait à l’éthanol de la tige a fait ressortir une toxicité faible lors de l’essai à l’Artemia.

Description

Petit arbre monoïque, succulent, atteignant 12(–20) m de haut, à latex abondant ; fût atteignant 90 cm de diamètre ; écorce grise, grossièrement fissurée ; branches persistantes dès 3 m de haut environ, presque érigées, se ramifiant une seconde fois, formant une grande cime largement arrondie, branches terminales charnues, de 5–10 cm de diamètre, étranglées à intervalles réguliers en segments oblongs de 15–25 cm de long, habituellement quadrangulaires, à ailes atteignant 2,5 cm de large, bord des angles entier à denté, à dents superficielles espacées de 1–1,5 cm ; boucliers d’épines en triangle obtus, d’environ 8 mm × 7 mm, devenant vite liégeux, à 2 paires d’épines, 1 paire robuste, d’environ 5 mm de long, 1 paire (stipulaire) triangulaire, d’environ 1,5 mm de long, souple, tombant rapidement. Feuilles à l’extrémité des rameaux, sur 4 rangs, sessiles ; stipules se transformant en petites épines ; limbe deltoïde, d’environ 5 mm × 5 mm, tombant rapidement, chez les jeunes plantes atteignant environ 7 cm × 1,5 cm. Inflorescence : cymes axillaires, par groupes de 1–6 à l’extrémité des rameaux, constituées de groupes de fleurs appelés “cyathes” ; pédoncule de 5–20 mm de long, rameaux 2, d’environ 5 mm de long ; bractées 2, d’environ 5 mm de long ; cyathes d’environ 4 mm × 9 mm, à involucre en coupe, lobes d’environ 2,5 mm de long, glandes 5, transversalement elliptiques, d’environ 2 mm × 4 mm, jaune doré, chaque involucre contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles sessiles, périanthe absent, étamine d’environ 6 mm de long ; fleurs femelles à pédicelle d’environ 5 mm de long chez le fruit, périanthe irrégulièrement 3-lobé, lobes filiformes, de 2–4 mm de long, ovaire supère, glabre, (2–)3-loculaire, styles (2–)3, d’environ 3 mm de long, soudés à la base, apex bifide. Fruit : capsule presque globuleuse, faiblement (2–)3-lobée, d’environ 8 mm × 12 mm, charnue, verte virant au rouge, se durcissant avant la déhiscence, à (2–)3 graines. Graines presque globuleuses, d’environ 3 mm de diamètre, brun grisâtre moucheté de brun pâle, lisses.

Autres données botaniques

Le genre Euphorbia comprend environ 2000 espèces et est présent dans le monde entier, avec au moins 750 espèces sur le continent africain et environ 150 espèces à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien. Euphorbia candelabrum appartient au sous-genre Euphorbia, section Euphorbia, vaste groupe caractérisé par des tiges succulentes et souvent anguleuses, des stipules modifiées en petites épines (ou absentes), un bouclier d’épines comportant une paire supplémentaire d’épines (parfois soudées en une seule épine), des inflorescences axillaires et des graines sans caroncule. Euphorbia candelabrum comprend 2 variétés ; var. bilocularis (N.E.Br.) S.Carter a des fruits 2-loculaires, au lieu des fruits 3-loculaires de var. candelabrum.

Euphorbia candelabrum, très semblable à Euphorbia ingens originaire d’Afrique australe, est peut-être conspécifique à ce dernier. Les branches d’Euphorbia ingens sont généralement segmentées de façon plus nette et en segments plus courts, les dents qui bordent les angles sont en général plus espacées et les extrémités des branches portent moins d’inflorescences.

Euphorbia abyssinica

Euphorbia conspicua N.E.Br. (synonyme : Euphorbia candelabrum Welw. non Kotschy), arbre atteignant 15 m de haut et endémique de l’ouest de l’Angola, ressemble lui aussi beaucoup à Euphorbia candelabrum, de même qu’Euphorbia abyssinica J.F.Gmel. (synonyme : Euphorbia obovalifolia A.Rich.), présent du Soudan jusqu’à Djibouti et en Somalie. En Ethiopie, la décoction d’écorce de tige d’Euphorbia abyssinica se prend pour traiter les troubles gastro-intestinaux. Le latex se prend dans du lait ou se consomme avec du pain pour traiter la gonorrhée ou l’ascaridiase. Il s’applique sur les plaies pour hâter la cicatrisation. Il sert contre les tiques du bétail. Le bois, tendre, de couleur jaune, sert de bois de feu et pour confectionner des toitures, des allumettes, des caisses, des tables et des selles.

Euphorbia ampliphylla

Euphorbia ampliphylla Pax (synonyme : Euphorbia obovalifolia auct. non A.Rich.) est un arbre des forêts d’altitude poussant sur une aire qui va de l’Ethiopie et de la Somalie jusqu’au Malawi et en Zambie. En Ethiopie, la rage se traite avec un peu de latex, pris oralement, probablement dans de l’eau. Au Kenya, la décoction de bois se donne pour traiter les maux d’estomac pendant l’accouchement.

Ecologie

Euphorbia candelabrum est un arbre surprenant, qui pousse dans les savanes arborées claires sèches, tant décidues que sempervirentes, sur les pentes rocailleuses, parfois sur les termitières, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2200 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Euphorbia candelabrum peut se multiplier par graines et par boutures de tige. Les graines germent aisément sitôt tombées des arbres. Il est nécessaire de faire sécher les boutures quelques jours avant de mettre en terre, sinon elles pourrissent. Il vaut mieux les planter lorsque la pluie est sur le point de cesser, dans un sol bien drainé.

Gestion

Cultivé comme haie vive, Euphorbia candelabrum a besoin d’être continuellement renforcé par d’autres individus.

Récolte

Le latex ou les branches peuvent se récolter au fil des besoins.

Ressources génétiques

Euphorbia candelabrum, relativement commun dans sa vaste aire de répartition, n’est pas menacé d’érosion génétique. Comme espèce succulente d’Euphorbia, son commerce international est régulé selon l’annexe 2 de la CITES.

Perspectives

Malgré ses nombreux usages en médecine traditionnelle, on sait peut de choses sur la chimie et la pharmacologie d’Euphorbia candelabrum. Il contient des esters diterpènes d’ingénol cancérogènes, qui imposent la prudence dans l’utilisation du latex.

Plusieurs Euphorbia spp. ayant la taille d’un arbre et présents en Afrique tropicale ressemblent beaucoup à Euphorbia candelabrum. Il se peut qu’ils soient conspécifiques et un travail de terrain détaillé est nécessaire pour déterminer leur statut.

Références principales

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  • ITDG & IIRR, 1996. Ethnoveterinary medicine in Kenya. A field manual of traditional animal health care practice. Intermediate Technology Development Group and International Institute of Rural Reconstruction, Nairobi, Kenya. 226 pp.
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  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
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Autres références

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  • Giday, M., Teklehaymanot, T., Animut, A. & Mekonnen, Y., 2007. Medicinal plants of the Shinasha, Agew-awi and Amhara peoples in northwest Ethiopia. Journal of Ethnopharmacology 110: 516–525.
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  • Teklehaymanot, T., Giday, M., Medhin, G. & Mekonnen, Y., 2007. Knowledge and use of medicinal plants by people around Debre Libanos monastery in Ethiopia. Journal of Ethnopharmacology 111: 271–283.
  • Yamada, T., 1999. A report of the ethnobotany of the Nyindu in the eastern part of the former Zaire. African Study Monographs 20(1): 1–72.

Sources de l'illustration

  • Bekele-Tesemma, A., 2007. Useful trees and shrubs for Ethiopia: identification, propagation and management for 17 agroclimatic zones. Technical Manual No 6. RELMA in ICRAF Project, Nairobi, Kenya. 552 pp.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2008. Euphorbia candelabrum Trémaux ex Kotschy. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 26 novembre 2022.


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