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Euphorbia calyptrata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Euphorbia calyptrata Coss. & Kralik


Protologue: Bull. Soc. Bot. France 4: 495 (1857).
Famille: Euphorbiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 40

Origine et répartition géographique

Euphorbia calyptrata est présent en Mauritanie et dans toute l’Afrique du Nord.

Usages

Les Touaregs nomades du Sahara appliquent le latex sur les verrues et les pustules. Les feuilles fraîches broyées s’appliquent sur les morsures de serpent et les piqûres de scorpion. La poudre de feuilles séchées, mélangée avec du miel, s’applique sur les yeux contre la conjonctivite et le trachome, ou elle est cuite à l’huile et utilisée en massage sur la peau pour traiter la calvitie, les rhumatismes et les engourdissements dus au froid. La poudre de feuilles est appliquée sur les blessures infectées.

Le latex est très irritant pour la peau et caustique pour les yeux. Il a la réputation d’être très toxique et les nomades empêchent leurs chameaux de brouter la plante.

Propriétés

Des études montrent que l’extrait au méthanol brut, tant de racine que de cultures de cellules d’Euphorbia calyptrata, a une activité importante sur le système nerveux central (SNC). De ces deux extraits, l’extrait méthanolique brut de racine et l’extrait de cultures de cellules, ont été isolées les hélioscopinolides A, C, D et E. Ces diterpénoïdes, administrés par voie intrapéritonéale à des souris, ont eu différents effets sur le SNC. L’hélioscopinolide C a manifesté un net effet dépresseur, l’hélioscopinolide E un effet dépresseur modéré et de courte durée, tandis que les hélioscopinolides A et D ont eu au contraire un effet excitant.

Une biotransformation des alcaloïdes de l’ergot, la chanoclavine, l’agroclavine et l’élymoclavine, par des cultures de cellules d’Euphorbia calyptrata est actuellement tentée, pour obtenir des dérivés aux propriétés médicinales prometteuses.

Description

Plante herbacée monoïque, annuelle à vivace, glabre, atteignant 70 cm de haut, à racine pivotante charnue. Feuilles disposées en spirale, simples et entières, sessiles ; stipules absentes ; limbe linéaire, atteignant 10 cm de long, base s’amenuisant, apex 2–3-fide, aigu chez les feuilles supérieures. Inflorescence : groupes de fleurs terminaux ou axillaires appelés “cyathes”, sur de courtes pousses feuillées ; cyathe presque sessile, de 2–3 mm de diamètre, à involucre en coupe, lobes minuscules, glandes 4, transversalement ovales, à 2–4 courtes cornes ou 6–10-palmatifides, chaque involucre contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles. Fleurs unisexuées, verdâtres ; fleurs mâles sessiles, bractéoles bifides, périanthe absent, étamine d’environ 1,5 mm de long ; fleurs femelles à pédicelle d’environ 1,5 mm de long, réfléchi chez le fruit, périanthe en bourrelet, ovaire supère, glabre, 3-loculaire, styles 3, bifides. Fruit : capsule 3-lobée d’environ 5–6 mm de diamètre, contenant 3 graines. Graines coniques, de 2–2,5 mm de long, lisses, gris bleuâtre, grosse caroncule à 10–15 crêtes membraneuses.

La var. involucrata Batt. diffère de var. calyptrata par ses grandes bractées embrassantes.

Autres données botaniques

Le genre Euphorbia comprend environ 2000 espèces et est présent dans le monde entier, avec au moins 750 espèces sur le continent africain et environ 150 espèces à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien.

Euphorbia retusa

Euphorbia retusa Forssk. (synonyme : Euphorbia cornuta Pers.) est présent de la Mauritanie à l’ouest de l’Asie, en passant par le nord de l’Afrique. Les Touaregs appliquent le latex sur l’eczéma, les verrues, les cils incarnés et les piqûres de scorpion. En Arabie saoudite, les parties aériennes sont utilisées comme expectorant dans le traitement de la toux et l’asthme.

Ecologie

Euphorbia calyptrata se rencontre dans les endroits sableux et rocailleux, les oueds sableux et les sols sableux-boueux, parfois en masse.

Ressources génétiques

Euphorbia calyptrata est relativement commun dans son aire de répartition et n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Les hélioscopinolides isolés d’Euphorbia calyptrata ont mis en évidence une intéressante activité sur le système nerveux central. Un approfondissement des recherches sur la chimie et la pharmacologie est par conséquent nécessaire pour évaluer le potentiel d’Euphorbia calyptrata comme plante médicinale dans la mise au point de médicaments.

Références principales

  • Hammiche, V. & Maiza, K., 2006. Traditional medicine in Central Sahara: pharmacopoeia of Tassili N’ajjer. Journal of Ethnopharmacology 105: 358–367.
  • Jafri, S.M.H. & El-Gadi, A., 1982. Euphorbiaceae. In: Jafri, S.M.H. & El-Gadi, A. (Editors). Flora of Libya 89. Al Faateh University, Faculty of Science, Department of Botany, Tripoli, Libya. 54 pp.
  • Ozenda, P., 1977. Flore du Sahara. Deuxième édition. Centre National de la Recherche Scientifique, Paris, France. 622 pp.
  • Scigelova, M., Macek, T., Minghetti, A., Mackova, M., Sedmera, P., Prikrylova, V. & Kren, V., 1995. Biotransformation of ergot alkaloids by plant cell cultures with high peroxidise activity. Biotechnology Letters 17(11): 1213–1218.
  • Speroni, E., Coletti, B., Minghetti, A., Perellino, N.C., Guicciardi, A. & Vincieri, F.F., 1991. Activity on the CNS of crude extracts and of some diterpenoids isolated from Euphorbia calyptrata suspended cultures. Planta Medica 57(6): 531–535.

Autres références

  • Atiqur Rahman, M., Mossa, J.S., Al-Said, M.S. & Al-Yahya, M.A., 2004. Medicinal plant diversity in the flora of Saudi Arabia 1: a report on seven plant families. Fitoterapia 75: 149–161.
  • Borghi, D., Baumer, L., Ballabio, M., Arlandini, E., Crespi-Perellino, N., Minghetti, A. & Vincieri, F.F., 1991. Structure elucidation of helioscopinolides D and E from Euphorbia calyptrata cell cultures. Journal of Natural Products 54(6): 1503–1508.
  • Crespi-Perellino, N., Garofano, L., Arlandini, E. & Pinciroli, V., 1996. Identification of new diterpenoids from Euphorbia calyptrata cell cultures. Journal of Natural Products 59: 773–776.
  • Kren, V., Sedmera, P., Polasek, M., Minghetti, A. & Crespi-Perellino, N., 1996. Dimerization of lysergene by Euphorbia calyptrata cell cultures. Journal of Natural Products 59(6): 609–611.
  • Kren, V., Sedmera, P., Prikrylova, V., Minghetti, A., Crespi-Perellino, N., Polasek, M. & Macek, T., 1996. Biotransformation of chanoclavine by Euphorbia calyptrata cell culture. Journal of Natural Products 59(5): 481–484.
  • Minghetti, A., Crespi-Perellino, N., Garofano, L., Speroni, E. & Vincieri, F.F., 1996. Production of diterpenoids by Euphorbia calyptrata cell cultures. Phytochemistry 42(6): 1587–1589.
  • Sahara Nature, 2008. Euphorbia calyptrata. [Internet] Sahara Nature, France. http://www.sahara-nature.com/ plantes.php?aff=nom&plante=euphorbia%20calyptrata. March 2008.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2008. Euphorbia calyptrata Coss. & Kralik. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 14 août 2022.


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