Crassocephalum rubens (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Crassocephalum rubens (Juss. ex Jacq.) S.Moore




Protologue: Journ. Bot. 50 : 212 (1912).
Famille: Asteraceae (Compositae)
Nombre de chromosomes: 2n = 10, 12

Synonymes

Senecio rubens Juss. ex Jacq. (1776), Gynura cernua Benth. (1849), Crassocephalum sarcobasis (DC.) S.Moore (1912).

Noms vernaculaires

Brède yorouba (Fr). Yoruban bologi (En).

Origine et répartition géographique

On rencontre Crassocephalum rubens dans toute l’Afrique tropicale y compris les îles de l’océan Indien, où il a probablement été introduit ; on le signale aussi au Lesotho, en Afrique du Sud et au Yémen.

Usages

Les feuilles de Crassocephalum rubens sont couramment consommées dans le sud-ouest du Nigeria, un peu moins dans d’autres zones humides d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Elles sont mucilagineuses et utilisées pour des potages et des sauces. En Ouganda, les feuilles sont séchées, hachées puis cuites avec des pois ou des haricots. Au Malawi, on cuit les feuilles et les jeunes pousses avec de l’arachide et des tomates.

On utilise Crassocephalum rubens en médecine comme stomachique et pour traiter les problèmes de foie et les rhumes, et à usage externe pour traiter les brûlures, les douleurs oculaires (filariose), le mal d’oreille, la lèpre et le cancer du sein. En Afrique de l’Est, il est utilisé comme antidote contre toute forme d’empoisonnement. Comme l’ail, on dit que la plante entière repousse les crocodiles.

Propriétés

On décrit sa saveur de différentes façons, allant de “douce” (Ouganda) à “légèrement piquante” (Malawi). On caractérise l’odeur des feuilles comme “mauvaise” (Ouganda) à “agréable” (Afrique de l’Ouest). Les feuilles fraîches contiennent par 100 g de partie comestible : eau 79,9 g, énergie 269 kJ (64 kcal), protéines 3,2 g, lipides 0,7 g, glucides 14,0 g, fibres 1,0 g, Ca 260 mg, P 52 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968). Des traces d’alcaloïdes ont été relevées dans les tiges et les feuilles ainsi qu’une grande quantité de tanins dans les racines.

Description

Plante herbacée annuelle, érigée, atteignant 80 cm de haut. Feuilles disposées en spirale, sessiles ; stipules absentes ; limbe des feuilles inférieures elliptique, oblancéolé ou obovale, de 4,5–16 cm × 2–5 cm, soit non lobé, soit 2–4-lobé ou rarement pennatilobé ; limbe des feuilles supérieures étroitement lancéolé, elliptique ou ovale, non lobé ou 6–8-lobé. Inflorescence : capitule, jusqu’à 18 capitules disposés en corymbe terminal. Fleurs bisexuées, égales ; corolle tubulaire, de 8–10 mm de long, bleu violet pâle, mauve ou violette. Fruit : akène côtelé, atteignant 2,5 mm de long, surmonté d’un pappus de poils blancs de 8–12 mm de long.

En Afrique tropicale, Crassocephalum comprend environ 24 espèces, parmi lesquelles de nombreuses ont des usages médicinaux. Le genre est placé dans la tribu des Senecioneae. Jusqu’à peu, Crassocephalum rubens et Crassocephalum sarcobasis étaient considérées comme des espèces distinctes avec une variation considérable au sein de chaque espèce. La variabilité a donné 2 types distincts au nord du Sierra Leone. La différence de goût au Malawi implique que l’on consomme certains types régulièrement, alors qu’on en consomme d’autres uniquement en période de pénurie. On ne comprend pas encore tout à fait cette variabilité.

Description

Croissance et développement

Ecologie

Crassocephalum rubens est présent comme adventice dans les champs, au bord des rivières et aux abords des routes, la plupart du temps à des altitudes élevées. En Ouganda, il préfère des limons sableux et on le trouve jusqu’à 1800 m dans les régions où la pluviométrie annuelle est de 1000–1600 mm.

Multiplication et plantation

Gestion

La culture de Crassocephalum rubens est limitée au sud-ouest du Nigeria. On le cultive sur des sols bien drainés à forte teneur en matière organique. Il doit être tuteuré et ombragé et on le cultive souvent parmi les cacaoyers. Il est multiplié par boutures de tiges de 20–25 cm de long, que l’on obtient à partir des pousses mûres. La production de feuilles est favorisée par l’élimination des pousses en fleurs.

Ressources génétiques

Comme Crassocephalum rubens est répandu dans les tropiques, il n’est pas menacé d’extinction. Localement cependant, par exemple au Cameroun, il a pratiquement disparu à cause d’une sur-exploitation, et sa culture au Nigeria semble constituer une réponse à sa moindre disponibilité dans la nature.

Perspectives

La recherche concernant son usage comme légume bénéficierait d’une meilleure compréhension de la variabilité intraspécifique. Une sélection pour des caractéristiques désirables semble envisageable. Bien qu’il soit souvent considéré comme une adventice, on peut facilement l’éliminer et la promotion de sa culture comme légume ou comme plante médicinale ne devrait pas aggraver les problèmes de mauvaises herbes.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Hind, D.J.N., Jeffrey, C. & Scott, A.J., 1993. Composées. In: Bosser, J., Guého, J. & Jeffrey, C. (Editors). Flore des Mascareignes. Famille 109. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM), Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 261 pp.
  • Humbert, H., 1963. Composées (Compositae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 189, tome 3. Firmin-Didot et cie., Paris, France. pp. 623–911.
  • Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Raji, J.A., Agboola, A.A. & Adeoye, G., 1995. A diagnostic survey of farm resources and farm produce of the peasant farmers of the south-western Nigeria. International Journal of Tropical Agriculture 13 (1–4): 1–11.
  • Schippers, R.R., 2000. African indigenous vegetables. An overview of the cultivated species. Natural Resources Institute/ACP-EU Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation, Chatham, United Kingdom. 214 pp.

Autres références

  • Adams, C.D., 1963. Compositae. In: Hepper, F.N. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 225–297.
  • Berhaut, J., 1974. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 2. Balanophoracées à Composées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 695 pp.
  • Jeffrey, C., 1986. The Senecioneae in east tropical Africa. Notes on Compositae 4. Kew Bulletin 41(4): 873–943.
  • Lemmens, R.H.M.J., 2003. Crassocephalum crepidioides (Benth.) S. Moore. In: Lemmens, R.H.M.J. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(3). Medicinal and poisonous plants 3. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 140–141.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Stevels, J.M.C., 1990. Légumes traditionnels du Cameroun: une étude agrobotanique. Wageningen Agricultural University Papers 90–1. Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 262 pp.
  • Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 2 juillet 2022.


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