Coronille (Cazin 1868)

De PlantUse Français
Révision de 8 mars 2017 à 11:59 par Michel Chauvet (discussion | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : navigation, rechercher
Cornouiller
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Coronope
PLANCHE XVI : 1. Grande Consoude. 2. Coriandre. 3. Coronille. 4. Cyclame. 5. Cynoglosse.


[352]

Coronille

Nom accepté : Coronilla emerus


CORONILLE. Coronilla emerus. L.

Colutæa siliquosa minor. Bauh. — Coronilla cesalpini. Tourn.

Séné bâtard, — faux séné, — faux baguenaudier.

LÉGUMINEUSES. — HEDYSARÉES ; Fam. nat. — DIADELPHIE DÉCANDRIE. — L.


Cette plante (Pl. XVI) croît spontanément dans les climats tempérés de l'Europe, dans le midi et le centre de la France, dans les haies et dans les lieux ombragés. Elle est assez abondante aux environs de Montpellier. On la cultive dans les jardins. Pauqui[1] l'a trouvée en Picardie. Elle fournit à la teinture une matière colorante bleue.

Description. — Racine ligneuse, rameuse. — Tige de 1 mètre 50 centimètres environ ; rameaux verts, anguleux, tortus, faibles ; écorce ridée. — Feuilles alternes, ailées avec impaire ; folioles pétiolées, très-entières, cordiformes, opposées, d'un vert gai. — Fleur papilionacée, onglets plus longs que le calice ; étendard cordiforme,renversé, à peine plus long que les ailes, qui sont ovales, obtuses, réunies par le haut ; carène aplatie, aiguë, relevée, souvent plus courte que les ailes. — Calice petit, à quatre divisions égales. — Corolle d'un beau jaune, marquée de stries rouges, rassemblées au sommet des jeunes tiges en forme de petites couronnes, d'où vient le nom de Coronille (mai-juin). - Fruit : gousse cylindrique, à articulations monospermes.

Les gens de la campagne se purgent avec les folioles de la coronille. Je puis assurer qu'elles font autant d'effet que le séné, en augmentant la dose d'un tiers environ.


Coronille variée


CORONILLE BIGARRÉE, CORONILLE PANACHÉE, CORONILLE CHANGEANTE, FAUCILLE (Coronilla varia, L.). Croît dans les prés, les gazons, dans le midi de la France, en Bourgogne, aux environs de Paris (bois de Boulogne et de Romainville), etc. Je l'ai rencontrée dans les environs de Saint-Omer et dans quelques autres localités du Pas-de-Calais.

Description. — Tiges redressées ou couchées, herbacées. — Feuilles ailées à quinze ou vingt et une folioles ovales, oblongues, obtuses et mucronées au sommet ; stipules distinctes et placées des deux côtés de la feuille. — Fleurs mélangées de rose, de blanc et de violet.

[Nous citerons encore la coronille glauque, C. glauca, L. ; junciforme, C. lancea, L ; et couronnée, C. coronata, L.]

[Culture. — On propage les coronilles par semis faits au printemps, par drageons, marcottes ou boutures.]

Si l'on en croît Devaux[2] et le professeur Siéler, de Witemberg, cette plante serait dangereuse pour l'homme, sa décoction ayant causé la mort d'une personne qui en avait pris par mégarde. Lejeune, de Verviers, en a fait prendre à des chiens l'extrait et la décoction à des doses très-élevées, sans produire le moindre symptôme d'empoisonnement, et il en a pris lui-même jusqu'à 70 centigr. par jour, sans en ressentir d'autre effet qu'une sécrétion urinaire beaucoup plus abondante ; ce qui lui fait croire qu'on pourrait employer cette plante dans l'hydropisie. Un homme de quarante ans, atteint de leucophlegmatie, suite d'une transpiration supprimée, à qui ce médecin administra 6 gr. d'extrait de coronille bigarrée, guérit en cinq jours. Chez un vieillard de soixante ans, atteint d'un hydrothorax incurable, ce remède augmenta considérablement la quantité des urines, et amena du soulagement.

____________________

  1. Flore de la Somme, 1831.
  2. Journal de botanique, t. IV, p. 141.