Cleome rutidosperma (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg



Cleome rutidosperma DC.




Protologue: Prodr. 1 : 241 (1824).
Famille: Capparaceae (APG: Brassicaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 30

Synonymes

Cleome ciliata Schumach. & Thonn. (1827).

Noms vernaculaires

Spiderplant, fringed spiderflower (En). Musambe (Po). Mgagani (Sw).

Origine et répartition géographique

Cleome rutidosperma est une adventice pantropicale des régions côtières. Il est très répandu du Sénégal à l’Angola, particulièrement dans les régions côtières, mais en s’étendant souvent profondément vers l’intérieur. On l’a parfois trouvé ailleurs en Afrique, par ex. comme adventice en Afrique de l’Est (Ouganda, Tanzanie). Au Nigeria, il est présent comme adventice dans les rizières. En Afrique de l’Ouest, il est parfois cultivé comme herbe potagère.

Usages

Les feuilles de Cleome rutidosperma sont récoltées dans la nature et consommées comme légume cuit ou ajoutées aux soupes. Elles ont un goût amer comme la moutarde et en Ouganda on y ajoute parfois du beurre clarifié (“ghee”) pour donner plus de goût. Il a des usages médicinaux similaires à Cleome gynandra L. Le jus de feuilles est appliqué au Ghana, au Gabon et en R.D. du Congo pour soigner le mal d’oreille et la surdité. Au Ghana, un extrait de feuilles est utilisé pour soigner les irritations de la peau et au Nigeria, il est utilisé pour traiter les convulsions. En Malaisie, la culture de Cleome rutidosperma en bord de champ peut être considérée comme une mesure de lutte contre les insectes, détournant l’oviposition de la teigne des crucifères (Plutella xylostella) des plantes cultivées. Dans certaines régions (par ex. les Philippines, l’Australie), Cleome rutidosperma est une adventice gênante.

Propriétés

Les feuilles fraîches de Cleome rutidosperma contiennent par 100 g de partie comestible : eau 81,0 g, énergie 239 kJ (57 kcal), protéines 5,5 g, lipides 0,9 g, glucides 10,1 g, fibres 1,7 g, Ca 454 mg, Mg 38 mg, P 59 mg, Fe 2,7 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968).

Description

Plante herbacée annuelle, érigée, atteignant 50 cm de haut, ramifiée depuis la base ; tige finement pubescente ou glanduleuse pubescente, vert-violacé. Feuilles alternes, 3-foliolées ; pétiole atteignant 7 cm de long ; folioles elliptiques, de 1–6 cm × 0,5–2,5 cm, glabres à légèrement sétuleuses-pubescentes. Inflorescence : grappe lâche, non distinctement démarquée ; bractées ressemblant aux feuilles. Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle atteignant 3,5 cm de long chez le fruit ; sépales linéaires à lancéolés, de 2–4,5 mm de long, glanduleux pubérulents ; pétales oblancéolés, de 6–11 mm de long, habituellement blancs, parfois rosés ; étamines 6 ; ovaire supère, cylindrique, 1-loculaire. Fruit : capsule cylindrique de 3–6 cm × 3–4 mm, à pédoncule de 5–13 mm de long, subglabre, déhiscente à 2 valves. Graines globuleuses-réniformes, d’environ 2 mm de diamètre, orange-brun-noir, à fines striures longitudinales et à côtes transversales irrégulières et basses.

Cleome comprend 150–200 espèces, dont la majeure partie se trouve en Amérique tropicale, alors qu’on en connaît environ 50 en Afrique tropicale. Il est classé dans la sous-famille Cleomoideae, parfois considérée comme une famille distincte, les Cleomaceae. Cleome rutidosperma est souvent confondu avec Cleome iberidella Welw. ex Oliv., qui est présent à des altitudes plus élevées (1000–1600 m) et est également parfois utilisé comme légume cuit. Il possède des inflorescences en grappes plus nettement démarquées, ses pétales sont d’une couleur plus foncée et la plante entière est beaucoup plus pubescente. Les deux espèces sont également proches d’une troisième espèce africaine à feuilles comestibles, présente à des altitudes élevées (1000–2000 m) : Cleome schimperi Pax. Il est possible que ces 3 taxons forment en fait une seule espèce complexe ayant différentes formes écologiques, car on a trouvé des spécimens intermédiaires.

Description

Croissance et développement

Ecologie

Cleome rutidosperma pousse principalement à de basses altitudes dans des conditions rudérales, humides et chaudes. Il est présent jusqu’à 400 m d’altitude, dans des régions à pluviométrie annuelle de 1700–3000 mm. Il est parfois présent comme adventice jusqu’à 1200 m d’altitude. On peut trouver des plantes en fleur et en fruit toute l’année, mais elles sont plus abondantes pendant la saison des pluies.

Multiplication et plantation

Ressources génétiques

Cleome rutidosperma est répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Cleome rutidosperma restera un légume d’importance locale seulement. Ses propriétés nutritionnelles et médicinales nécessitent davantage de recherche, de même que la taxinomie du complexe dont il fait partie.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
  • Elffers, J., Graham, R.A. & Dewolf, G.P., 1964. Capparidaceae. In: Hubbard, C.E. & Milne-Redhead, E. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 88 pp.
  • Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
  • van der Zon, A.P.M. & Grubben, G.J.H., 1976. Les légumes-feuilles spontanés et cultivés du Sud-Dahomey. Communication 65. Département des Recherches Agronomiques, Koninklijk Instituut voor de Tropen, Amsterdam, Netherlands. 111 pp.

Autres références

  • Busson, F., 1965. Plantes alimentaires de l’ouest Africain: étude botanique, biologique et chimique. Leconte, Marseille, France. 568 pp.
  • Hauman, L. & Wilczek, R., 1951. Capparidaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 2. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 454–521.
  • Kers, L.E., 1986. Capparidaceae. Flore du Cameroun. Volume 29. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 141 pp.
  • Kers, L.E., 2000. Capparidaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 74–120.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Wild, H. & Conçalves, M.L., 1973. Capparaceae. In: Fernandes, A. (Editor). Flora de Moçambique. No 12. Junta de Investigações do Ultramar, Lisbon, Portugal. 64 pp.
  • Wild, H., 1960. Capparidaceae. In: Exell, A.W. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 1, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 195–245.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 28 juin 2022.


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