Cleome monophylla (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Cleome monophylla L.


Protologue: Sp. pl. 2 : 672 (1753).
Famille: Capparaceae (APG: Brassicaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Noms vernaculaires

  • Spiderplant, spindle pot, bastard mustard (En).

Origine et répartition géographique

Cleome monophylla est répandu en Afrique tropicale et subtropicale, y compris Madagascar et d’autres îles de l’océan Indien. On le trouve également en Inde et au Sri Lanka.

Usages

Bien que la plante fraîche de Cleome monophylla ait une odeur déplaisante et un goût âcre, il est localement utilisé comme légume en Afrique. Il est très apprécié en Afrique australe mais surtout lorsque de meilleurs légumes ne sont pas disponibles. C’est en particulier les jeunes feuilles et les pousses, mais parfois toutes les parties aériennes, qui sont utilisées comme légume cuit ou comme condiment, seules ou en mélange avec d’autres légumes, et ajoutées à un aliment de base. En Tanzanie, on a utilisé les graines pour préparer une huile végétale similaire à celle de moutarde.

Au Nigeria, les feuilles écrasées sont frottées sur la tête contre les maux de tête, et la feuille finement broyée est posée sur les yeux pour extraire des particules irritantes. En Tanzanie, les feuilles séchées et broyées sont appliquées sur les plaies, et les racines sont mastiquées pour soigner la toux. La plante entière est utilisée à usage externe pour traiter les enflures. En Inde, les feuilles et les graines, seules ou en mélange, sont appliquées sur les ulcères, les furoncles et les blessures pour prévenir la formation de pus. Le jus de plante, additionné d’un peu d’eau, est un remède courant contre les inflammations de l’oreille et c’est un produit sudorifique en cas de fièvre. Les graines ont des propriétés vermifuges, rubéfiantes et vésicantes.

Propriétés

La teneur en nutriments de Cleome monophylla par 100 g (cuit) est la suivante : énergie 73 kJ (17 kcal), protéines 3,0 g, fibres 2,7 g, Ca 1,9 mg, Fe 9,24 mg, Zn 0,43 mg, β-carotène 3,98 mg, folate 50,5 μg, acide ascorbique 13,2 mg (Nesamvuni, C., Steyn, N.P. & Potgieter, 2001). Certaines personnes préfèrent Cleome monophylla à Cleome gynandra car on le dit moins amer. En Ouganda, on recommande de le cuire un jour avant de le manger pour permettre la dégradation d’enzymes légèrement toxiques. C’est probablement à cause de son odeur et de son goût que le bétail ne le broute pas facilement.

Une huile essentielle extraite de Cleome monophylla a montré un effet répulsif contre la tique Rhipicephalus appendiculatus et le charançon du maïs (Sitophilus zeamais), comparable à celui du produit commercial répulsif des arthropodes, la diéthyltoluamide (Deet). Parmi les 14 composants de l’huile, les principaux sont : terpénolène (14%), 1-α-terpénéol (10%), pentacosane (9%), (α et β)-humulène (8%), phytol (5%) et 2-dodécanone (4%). Les composés les plus répulsifs sont le 1-α-terpénéol et 2-dodécanone.

Description

  • Plante herbacée annuelle érigée ou étalée atteignant 1 m de haut ; tige densément couverte de poils courts glandulaires et de poils longs non-glandulaires.
  • Feuilles alternes, simples ; pétiole atteignant 2,5 cm de long ; limbe habituellement lancéolé ou oblong, parfois ovale ou linéaire-lancéolé, de 1,5–7 cm × 0,7–3 cm, bord entier, pubescent sur les deux faces avec des poils comme ceux de la tige.
  • Inflorescence : grappe terminale ne comportant que quelques fleurs, atteignant 35 cm de long chez le fruit.
  • Fleurs bisexuées, petites, 4-mères ; pédicelle atteignant 1 cm de long ; sépales étroitement lancéolés, de 3–5 mm de long ; pétales libres, obovales à oblancéolés, de 3–9 mm × 1,5–2 mm, se rétrécissant à la base en un onglet mince environ aussi long que les sépales, roses à violets ; étamines 5–6, les deux étamines internes un peu plus longues que les externes, filets de 5–6 mm de long ; ovaire supère, 1-loculaire, pubescent, style court, stigmate capité.
  • Fruit : capsule fusiforme, de 3–9 cm × 2–3 mm, à pédoncule atteignant 4 mm de long, densément couverte de poils glandulaires et non-glandulaires, complètement déhiscente à 2 valves.
  • Graines aplaties à subglobuleuses, de 1,5–2 mm de diamètre, brun foncé à fines striures longitudinales et à côtes transversales basses.

Cleome comprend 150–200 espèces, dont la majeure partie se trouve en Amérique tropicale, alors qu’on en connaît environ 50 en Afrique tropicale. Il est classé dans la sous-famille des Cleomoideae, qui est parfois considérée comme une famille distincte, les Cleomaceae. Cleome monophylla est facilement reconnaissable à ses feuilles simples et entières.

Ecologie

Cleome monophylla est présent dans la savane herbeuse sèche, la forêt caducifoliée et le bush, les berges des lacs, les terrains perturbés et comme adventice des cultures, du niveau de la mer jusqu’à 2100 m d’altitude. En Ouganda, il pousse dans des régions à pluviométrie annuelle de 700–1200 mm. Dans les régions sèches, il pousse souvent sur des sols sableux humides pendant la saison des pluies, mais il tolère une grande variété de sols.

Gestion

Cleome monophylla est récolté dans la nature et n’est pas cultivé. Cependant, la multiplication est possible par graines et les méthodes de culture sont similaires à celles de Cleome gynandra, mais sa culture commerciale offre peu d’intérêt du fait de la petite taille des feuilles. Au Malawi, Cleome monophylla est une plante-hôte du puceron du tabac.

Ressources génétiques

Cleome monophylla est répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Cleome monophylla restera un légume secondaire d’importance locale. Ses propriétés nutritionnelles, médicinales et insecticides méritent davantage de recherche.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
  • Kers, L.E., 1986. Capparidaceae. Flore du Cameroun. Volume 29. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 141 pp.
  • Nesamvuni, C., Steyn, N.P. & Potgieter, M.J., 2001. Nutritional value of wild, leafy plants consumed by the Vhavenda. South African Journal of Science 97: 51–54.
  • Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
  • Schippers, R.R., 2000. African indigenous vegetables. An overview of the cultivated species. Natural Resources Institute/ACP-EU Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation, Chatham, United Kingdom. 214 pp.

Autres références

  • Elffers, J., Graham, R.A. & Dewolf, G.P., 1964. Capparidaceae. In: Hubbard, C.E. & Milne-Redhead, E. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 88 pp.
  • Hauman, L. & Wilczek, R., 1951. Capparidaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 2. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 454–521.
  • Kers, L.E., 2000. Capparidaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 74–120.
  • Maundu, P.M., Ngugi, G.W. & Kabuye, C.H.S., 1999. Traditional food plants of Kenya. Kenya Resource Centre for Indigenous Knowledge (KENRIK), Nairobi, Kenya. 270 pp.
  • Ndungu, M., Lwande, W., Hassanali, A., Moreka, L. & Chhabra, S.C., 1995. Cleome monophylla essential oil and its constituents as tick (Rhipicephalus appendiculatus) and maize weevil (Sitophilus zeamais) repellents. Entomologia Experimentalis et Applicata 76(3): 217–222.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
  • Wild, H., 1960. Capparidaceae. In: Exell, A.W. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 1, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 195–245.
  • Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 19 août 2022.