Cardamine (Cazin 1868) : Différence entre versions

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[[File:Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes (Pl. XII) (6459814969).jpg|thumb|PLANCHE XII : 1. Câprier. 2. Cardamine. 3. Carline. 4. Carthame. 5. Carvi.]]
  
  

Version actuelle en date du 8 mars 2017 à 00:38

Capucine
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Carline
PLANCHE XII : 1. Câprier. 2. Cardamine. 3. Carline. 4. Carthame. 5. Carvi.


[250]

Nom accepté : Cardamine pratensis


CARDAMINE. Cardamine pratensis. L.

Nasturtium pratense. Bauh. — Cardamine pratensis magno flore. Tourn.

Cresson des prés, — cresson élégant, — cresson sauvage, — passerage sauvage.

CRUCIFÈRES. — ARABIDÉES. Fam. nat. — Tétradynamie Siliqueuse. L.


La cardamine (Pl. XII), plante vivace, se trouve abondamment dans les prairies basses et humides, dans les marais, le long des fossés. Les moutons et les chèvres aiment à brouter la cardamine ; les vaches, les chevaux et les cochons la négligent. Les abeilles et la phalène aurore, dit Wellich[1], vont puiser le suc de ses fleurs.

Description. — Racine : souche à rhizome presque horizontal, blanchâtre, dur, fibreux. — Tige droite, herbacée, simple, cylindrique, glabre, de 20 à 25 centimètres de hauteur. — Feuilles alternes, ailées, avec impaire ; les radicales composées de cinq à neuf folioles arrondies, subanguleuses, et d'autant plus grandes qu'elles se rapprochent du sommet de la feuille ; les feuilles caulinaires à folioles plus nombreuses, étroites, lancéolées et même linéaires. — Fleurs d'un blanc rosé ou lilas, disposées en corymbe ou en grappe terminale, lâche (avril-mai). — Calice à quatre sépales ovales, dressés, trois fois moins longs que les pétales. — Six étamines, dont deux extérieures plus courtes (tétradynames), toutes plus courtes de moitié que les pétales. — Anthères arquées et sagittées. — Un ovaire supérieur dépourvu de style, et surmonté d'un stigmate en tête obtuse. — Fruit : silique allongée, linéaire, comprimée, à deux valves, qui s'ouvrent avec facilité en se roulant sur elles-mêmes de bas en haut, et divisées par une cloison en deux loges qui renferment des graines nombreuses et arrondies.

Parties usitées. — La plante et les sommités fleuries.

[Culture. — La cardamine spontanée suffirait grandement aux besoins de la médecine. Dans les jardins, elle demande une terre franche, humide ; on la propage par graines semées au printemps en place ou en pépinière, soit encore par boutures ou par éclats de pieds.]

Récolte. — Comme toutes les crucifères, elle est plus énergique à l'état frais qu'à celui de dessiccation.

[Propriétés physiques et chimiques. — La cardamine des prés jouit des mêmes propriétés que le cresson, et paraît avoir la même composition. Elle en a l'odeur et la saveur. La cardamine amère (C. amara, L.) renferme un principe amer. Les graines sont oléagineuses.]


PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.


A L'INTÉRIEUR. — Décoction ou infusion, 30 à 60 gr. par kilogramme d'eau.
Suc exprimé, 30 à 100 gr., en potions, dans un bouillon, dans la tisane, etc.

Feuilles pulvérisées, 1 à 4 gr.
A L'EXTÉRIEUR. — Suc délayé ou décoction, en gargarisme antiscorbutique.


La cardamine peut remplacer le cresson et le cochléaria comme antiscorbutique. George Baker[2] rapporte plusieurs observations qui sembleraient constater les bons effets de cette plante dans certaines affections nerveuses et convulsives, et notamment dans la chorée, l'hystérie et l'épilepsie. Ce médecin l'administrait en poudre à la dose de 1 gr.20 centigr. à 4 gr., deux fois par jour. « Quelque respectable que soit l'autorité de ce praticien, dit Biett[3], on ne saurait ajouter foi à de semblables faits sans une sorte de répugnance, puisque aucune expérience ultérieure ne les a confirmés. » Heberden prétend que les fleurs calment les douleurs de la goutte. J'ai vu employer la cardamine dans l'asthme comme expectorante, chez un vieillard. Il éprouvait beaucoup de soulagement en prenant la décoction aqueuse de la plante fraîche avec une suffisante quantité de miel.

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  1. Domestic. encyclop., t. III, 1802, p. 58.
  2. Medical transactions, t. I, p. 442.
  3. Dictionnaire des sciences médicales, t. IV, p. 57.