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Anémone pulsatille (Pharmacopée malagasy)

Andrakadraka
Rakoto, Boiteau, Mouton, Eléments de pharmacopée malagasy
Aneth
Figure 50 : Anémone pulsatille : 1. Aspect de la plante avec fleurs et fruits ; 2. Détail de la fleur vue en coupe ; 3. Diagramme floral ; 4. Détail d'un akène.

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Notice 37 - ANÉMONE PULSATILLE


Nom scientifique : Pulsatilla vulgaris Miller (Renonculacées)

(Synonymes : Anemone Pulsatilla Linné ; Anemone sylvestris Willd ; Anemone collina Salisb. ; Anemone pratensis Withering ; Anemone punica Sism. ; Anemone acutipetala Schleich. ; Anemone rubra Lamk. ; Anemone Jancsewskii Giraudias ; Anemone intermedia Scult. ; Anemone pisciensis Sism. ; Pulsatilla pulsatilla Lions. ; Pulsatilla amoena Jordan ; P. aperta Schur. ; P. Hackelii Pohl ; P. nigella Jord. ; P. propera Jord. ; P. intermedia Sweet ; P. media Rogent ; P. recta Gilibert ; P. transsylvanica Schur.).

Voir sur cette synonymie très complexe et sur les nombreuses confusions faites à propos de cette plante, l'étude du Dr P.E. Cattorini in Fitoterapia, 28e année, 1957, p. 777-784 et 792-802 (en italien).

Description

Petite plante herbacée de 10 à 30 centimètres de haut, à tiges garnies de poils courts. Feuilles insérées à la base des tiges, longuement pétiolées, pennatipartites, divisées en très nombreux segments linéaires étroits. Les tiges fertiles portent un involucre de bractées sessiles, linéaires, en forme de lanières, poilues.

Fleurs violacées, dressées ou un peu penchées, solitaires et terminales. Le pédoncule, qui ne mesure que quelques centimètres quand la fleur est épanouie, s'allonge beaucoup jusqu'à la maturité des fruits. La fleur comprend six grands sépales pétaloïdes colorés, velus à leur face extérieure ; pas de pétales ; de nombreuses étamines, en nombre indéfini, à anthères jaunes, extrorses, libres, insérées sur le réceptacle convexe ou subconique ; un grand nombre de carpelles monoovulés, également insérés sur le réceptacle, pourvus chacun d'un style plumeux persistant. Chaque carpelle se développe en un petit akène velu, surmonté du style accru qui se transforme en une sorte d'aigrette aidant à la dispersion par le vent (d'où le nom d'herbe au vent, parfois donné à la plante).


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Caractéristique des prairies et pelouses de la zone préalpine et des autres montagnes d'Europe, cette espèce n'existe pas à Madagascar et plusieurs essais pour l'acclimater ont été infructueux.

Composition chimique

Les constituants essentiels de la Pulsatille sont l’anémonine ou « camphre d'anémone », substance cristallisée, de formule C10H8O4, P.F. = 158°, soluble dans l'éther ; l'acide anémoninique, C10H12O5, soluble dans l'alcool et l'acétate d'éthyle, très faiblement soluble dans l'eau froide, présentant deux formes isomères optiques ; et enfin une saponine qui accroît les propriétés vésicantes de la plante, surtout quand celle-ci est à l'état frais. Sur l'anémonine qui a été isolée de plusieurs plantes malagasy, on pourra consulter les travaux suivants :

  • Asahina (Y.) et Fujita (A.) in Acta Phytochim. (Japon), 1, 1922, p. 1-42 ;
  • Zechner (L.) et Wohlmuth (H.) in Scientia Pharm., 22, 1954, p. 73-89.

Propriétés pharmacologiques

Les fleurs et feuilles de la pulsatille sont utilisées en thérapeutique depuis l'antiquité (Dioscoride, Galien, etc.). Elles étaient encore inscrites au Codex français 1949.

La plante sèche conserve des propriétés sédatives, antispasmodiques et désinfectantes. L'anémonine isolée inhibe d'ailleurs le développement des microbes : Bacille de Löffler, staphylocoque, streptocoque, colibacille, etc., quand elle est ajoutée aux milieux de culture à des concentrations comprises entre 1/12 500e et 1/25 000e.

Elle est moins dangereuse que la plante fraîche qui est douée d'une action vésicante énergique et peut provoquer des phlyctènes lorsqu'elle est simplement appliquée sur la peau après avoir été écrasée.

Le Codex français 1949 donnait la formule suivante pour la préparation de l'alcoolature de la plante fraîche :


grammes
Pulsatille, plante fraîche avec feuilles et fleurs 1000
Alcool à 95° 1000


Contuser la plante, ajouter l'alcool et faire macérer pendant huit jours en vase clos, en agitant de temps à autre. Passer avec expression et filtrer.


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Cette alcoolature, dont l'emploi est réservé aux adultes, est administrée dans les dysménorrhées ou les retards des règles ainsi que dans les états spasmodiques gastro-intestinaux.

Posologie : 20 à 40 gouttes d'alcoolature en vingt-quatre heures, à administrer en plusieurs fois.

Observation : ce médicament était inscrit aux substances dangereuses (tableau C). Il n'a pas été maintenu dans l'édition nouvelle (1965) du Codex français. Mais la Pulsatille demeure une drogue utilisée dans plusieurs autres pays et sert encore de base à diverses préparations pharmaceutiques.

Équivalents malagasy

Comme nous l'avons vu, l'anémonine a été identifiée parmi les constituants de l'afotany — (voir notice 10 supra).

On peut aussi utiliser, dans certaines indications de la Pulsatille, notamment contre les spasmes gastro-intestinaux, une préparation de Fotsivolomanokana, Clematis anethifolia Hooker, mais cette espèce, plus dangereuse encore que la Pulsatille, ne saurait être manipulée sans précaution (voir ultérieurement la notice consacrée à cette plante).