Pericopsis angolensis (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
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Médicinal | |
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Fourrage | |
Pericopsis angolensis (Baker) Meeuwen
- Protologue: Bull. Jard. Bot. Etat 32(2) : 216 (1962).
- Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 18
Synonymes
- Afrormosia angolensis (Baker) Harms (1913).
Noms vernaculaires
- East African afrormosia (En).
- Pau ferro, gambo, muanga (Po).
- Muvanga, mbanga (Sw).
Origine et répartition géographique
Pericopsis angolensis est présent de l’est de la R.D. du Congo et du Rwanda jusqu’en Tanzanie, et vers le sud jusqu’en Zambie, en Angola, au Zimbabwe et au Mozambique.
Usages
Au Malawi, le bois, extrêmement durable, était tenu en haute estime pour les houes et les pilons, ainsi que pour les jantes et les moyeux des roues de wagon. Actuellement, le bois est utilisé pour les revêtements de sol et les panneaux, et il convient également à la construction lourde, aux traverses de chemin de fer, aux étais de mine, à la construction navale, aux châssis de véhicules, aux montants de clôtures, aux cuves, aux boiseries intérieures, à la menuiserie, la fabrication de meubles, à l’ébénisterie, aux manches, aux échelles, aux ustensiles agricoles, aux articles de sport, aux instruments de musique, aux jouets, aux bibelots, aux instruments de précision, à la sculpture et au tournage. Au Zimbabwe, Pericopsis angolensis est l’un des arbres les plus importants pour les montants utilisés dans la construction locale de maisons. Il est également utilisé comme bois de feu ; il est difficile à allumer mais fournit une chaleur intense et peu de cendres. On en fait de l’excellent charbon de bois.
En médecine traditionnelle, les racines, l’écorce et les feuilles sont couramment utilisées. La décoction de racine s’emploie pour stimuler la circulation sanguine, traiter la diarrhée, les affections bronchiques et pulmonaires, la nausée et les problèmes oculaires. On lui prête des vertus toniques, abortives et aphrodisiaques. La poudre de racine en usage externe s’emploie pour soulager la douleur et pour traiter les œdèmes et les tumeurs. La décoction ou la macération d’écorce se prend pour traiter la diarrhée, le mal de gorge, les maux de dents et en lavement des yeux. On boit le jus de feuilles comme vermifuge, et contre les maux de tête on applique les feuilles broyées en externe ou bien on inhale la vapeur d’une décoction de feuilles.
Production et commerce international
Pericopsis angolensis est un arbre trop disséminé ou au fût trop petit ou de forme trop médiocre pour autoriser une exploitation commerciale, sauf au Mozambique, où il a une importance locale sur le marché du bois d’œuvre. Le bois est vendu en petites quantités sur le marché international du bois d’œuvre, soit sous le nom de “muwanga”, soit en mélange avec le bois de Pericopsis elata (Harms) Meeuwen d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale sous le nom “afrormosia”.
Propriétés
Le bois de cœur est brun verdâtre, virant au brun foncé à presque noir au séchage. Il se démarque nettement de l’aubier, qui est gris blanchâtre à gris jaunâtre, et atteint 2,5 cm de large. Le bois est contrefil, le grain est moyennement fin. Le bois est étonnamment rayé, ou présente une figure spiralée. Il est huileux au toucher.
C’est un bois lourd, d’une densité d’environ 930–1030 kg/m³ à 12% d’humidité. Le bois sèche très lentement à l’air mais avec peu de détériorations, hormis de légères gerces de surface. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont faibles : 2,0% radialement et 2,8% tangentiellement. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service.
Le bois est très dur. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 80–106 N/mm², le module d’élasticité de 12 600–13 100 N/mm², la compression axiale de 64–73 N/mm², le cisaillement de 13–16 N/mm² et la dureté Janka de flanc de 9070–12 230 N.
Il est difficile à scier et à travailler en raison de sa densité élevée. Il est relativement difficile à raboter et l’angle d’attaque recommandé est de 20%, mais il a un fini lisse. Le bois supporte bien le clouage et le vissage, mais un pré-perçage est nécessaire. Le collage, la coloration et le polissage ne posent pas de problèmes. Le bois se tourne bien. Les caractéristiques de cintrage sont moyennes. Le bois est très durable et résistant aux champignons, aux termites et à tous les insectes foreurs, y compris les térébrants marins. Il a en outre une haute résistance à l’abrasion et aux produits chimiques. Au Malawi, où le bois de Pericopsis angolensis est considéré comme la plus durable des essences indigènes, des vestiges de houes fabriquées dans ce bois et âgées d’au moins 90 ans ont été découverts.
Falsifications et succédanés
Le bois de Pericopsis angolensis ressemble à celui de Pericopsis elata, mais il est légèrement plus lourd, plus sombre et plus durable. Il a une certaine ressemblance avec le bois de Baikiaea plurijuga Harms, un bois robuste et durable qui a les mêmes usages.
Description
- Arbre caducifolié de taille petite à moyenne atteignant 20(–27) m de haut ; fût dépourvu de branches sur une hauteur pouvant atteindre 7,5 m, souvent arqué ou tordu, jusqu’à 100 cm de diamètre ; surface de l’écorce gris blanchâtre à brun ivoire, initialement lisse mais ensuite fissurée irrégulièrement et s’écaillant en minces fragments laissant apparaître des plaques rouge-brun, écorce interne fibreuse, jaunâtre, fonçant rapidement à l’exposition ; jeunes rameaux poilus mais glabrescents.
- Feuilles alternes, composées imparipennées à 7–11(–13) folioles ; stipules en cuiller, de 5–6 mm de long, caduques ; ensemble pétiole et rachis de 10–21 cm de long ; stipelles filiformes, de 2–5 mm de long, caduques ; pétiolules de 2–4 mm de long ; folioles alternes, parfois presque opposées, ovales à elliptiques, de (2–)3,5–6,5(–9,5) cm × (1,5–) 2–3,5(–5) cm, cunéiformes à arrondies à la base, arrondies à émarginées à l’apex, poilues à glabres au-dessous, pennatinervées à 6–10 paires de nervures.
- Inflorescence : panicule atteignant 15 cm de long à l’extrémité d’une pousse, poilue ; bractées atteignant 1,5 mm de long, caduques.
- Fleurs bisexuées, papilionacées, blanchâtres veinées de violet à rose ou violacé ; pédicelle de 10–12 mm de long, mince ; calice campanulé, de 7–13 mm de long, à lobes bien plus longs que le tube, les 2 lobes supérieurs partiellement soudés, poilus ; corolle à étendard quasi circulaire, de 13–15 mm de diamètre, pourvu d’un onglet, pétales de l’aile et de la carène d’environ 18 mm de long ; étamines 10, libres, de 8–14 mm de long, glabres ; ovaire supère, aplati, d’environ 9 mm de long, poilu, style mince, recourbé vers le haut.
- Fruit : gousse oblongue-linéaire, aplatie, de 7–24 cm × 2–4 cm, courtement stipitée, légèrement ailée le long des bords, brun pâle, lisse, glabre ou parfois poilue, à nervures réticulées, indéhiscente, à 1–4 graines.
- Graines en forme de disque, de 12–15 mm de diamètre, rougeâtres.
Autres données botaniques
Le genre Pericopsis comprend 4 espèces, dont 3 en Afrique tropicale et 1 en Asie tropicale. Pericopsis angolensis est variable dans la pilosité des feuilles et des fruits, ce qui a conduit à distinguer des taxons intraspécifiques.
Pericopsis laxiflora (Benth.) Meeuwen est un petit arbre de savane présent du Sénégal au Soudan, qui a été considéré comme une sous-espèce de Pericopsis angolensis. Son bois est similaire et peut être utilisé pour les mêmes usages, mais on n’en trouve pas de grandes tailles. Pericopsis laxiflora est plus important comme plante médicinale.
Croissance et développement
En Afrique australe, Pericopsis angolensis fleurit de septembre à novembre, et les fruits mûrissent d’avril à mai. Les racines forment des nodules qui contiennent des bactéries fixatrices d’azote.
Ecologie
Pericopsis angolensis est commun par endroits dans les forêts claires décidues plus ou moins denses et les savanes arborées, jusqu’à 1650 m d’altitude. On le trouve souvent dans les forêts claires de miombo, en association avec des espèces de Brachystegia, Combretum et Terminalia. La présence de Pericopsis angolensis au Malawi serait l’indication d’un sol relativement fertile. Les arbres sont résistants aux incendies, mais sensibles au gel.
Multiplication et plantation
Dans des essais en Tanzanie, des semis ont eu une survie médiocre, généralement inférieure à 60%, mais la cause en demeure obscure.
Gestion
Dans les forêts claires de type miombo, où Pericopsis angolensis est commun, on pratique souvent un système de recépage. Pour la production de bois de feu, une rotation de recépage de 5 ans est possible, mais pour les perches, et certainement pour le bois d’œuvre de plus grande taille, il faut des cycles de rotation bien plus longs. Pericopsis angolensis réagit bien au recépage, bien qu’il produise souvent un grand nombre de petites pousses. Dans certaines régions, par ex. en Zambie, les arbres sont réputés trop durs à couper, et souvent laissés dans la forêt après l’abattage d’autres espèces.
Récolte
La dureté du bois est un sérieux inconvénient pour l’abattage à la hache, et un outillage plus moderne, notamment la tronçonneuse, est préférable.
Ressources génétiques
Pericopsis angolensis est répandu et localement commun ; il n’est donc pas menacé. Cependant, dans plusieurs régions, il est devenu vulnérable en raison d’une surexploitation, par ex. au Malawi, où les fûts sont massivement prélevés pour les perches et le bois de feu, et les racines et l’écorce pour la médecine traditionnelle. Dans ces régions, les grands arbres sont difficiles à trouver, tandis que les arbres de moindre qualité prédominent dans les peuplements restants.
Perspectives
Pericopsis angolensis produit un bois d’œuvre très apprécié. La principale restriction à une exploitation commerciale à grande échelle est son fût de petite taille et de forme souvent médiocre. Il y a encore trop peu d’informations sur les taux de croissance et les modes de gestion appropriés pour élaborer des modèles d’exploitation durable de perches et de bois de feu grâce au recépage. La récolte de l’écorce et des racines à des fins médicinales est souvent destructrice pour l’arbre, et le développement et la promotion de techniques de récolte qui ne tuent pas les arbres sont nécessaires. Eu égard à sa vaste utilisation en médecine traditionnelle, la rareté des données sur ses propriétés phytochimiques et pharmacologiques est surprenante.
Références principales
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Autres références
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Sources de l'illustration
- Coates Palgrave, O.H., 1957. Trees of Central Africa. National Publications Trust, Rhodesia and Nyasaland, Salisbury, Southern Rhodesia. 466 pp.
- Gillett, J.B., Polhill, R.M., Verdcourt, B., Schubert, B.G., Milne-Redhead, E., & Brummitt, R.K., 1971. Leguminosae (Parts 3–4), subfamily Papilionoideae (1–2). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 1108 pp.
Auteur(s)
- A.U. Lumbile, Botswana College of Agriculture, Private Bag 0027, Gaborone, Botswana
- O. Oagile, Botswana College of Agriculture, Private Bag 0027, Gaborone, Botswana
Citation correcte de cet article
Lumbile, A.U. & Oagile, O., 2008. Pericopsis angolensis (Baker) Meeuwen. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 5 avril 2025.
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