Ozoroa insignis (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Fruit | |
Huile essentielle / exsudat | |
Médicinal | |
Bois de feu | |
Ornemental | |
Fourrage | |
Sécurité alimentaire | |
Ozoroa insignis Delile
- Protologue: Ann. Sci. Nat., sér. 2, 20 : 91, t. 1, f. 3 (1843).
- Famille: Anacardiaceae
Synonymes
- Heeria insignis (Delile) Kuntze (1891),
- Heeria reticulata (Baker f.) Engl. (1906),
- Ozoroa reticulata (Baker f.) R.Fern. & A.Fern. (1965).
Noms vernaculaires
- Tropical resin tree, currant resin tree (En).
- Mwalika, mzabibu mwitu (Sw).
Origine et répartition géographique
Ozoroa insignis est largement répandu dans toute l’Afrique tropicale subsaharienne, du Sénégal vers l’est jusqu’à l’Erythrée et au Yémen, et vers le sud jusqu’en Namibie. On le trouve aussi en Afrique du Sud et au Swaziland.
Usages
Le bois d’Ozoroa insignis est utilisé en sculpture et pour des poteaux, mais surtout comme bois de feu et pour la fabrication du charbon de bois. Le charbon de bois est de très bonne qualité et peut même être utilisé pour fabriquer de la poudre à canon. Les fruits sont parfois consommés et ils sont également broyés et utilisés par les femmes zouloues pour parfumer leurs cheveux. Au Kenya, une décoction de la racine et de l’écorce est utilisée pour traiter les maladies des reins et du foie, les douleurs thoraciques et les diarrhées, et au Zimbabwe pour traiter la schistosomose. Dans différentes régions d’Afrique, les racines et l’écorce sont utilisées comme vermifuge. Au Mali, les racines sont utilisées pour le traitement des ulcères et des hernies, les feuilles pour traiter les otites, les coliques et la dysenterie, les douleurs musculaires et la fièvre, tandis que des décoctions de branches feuillées sont appliquées après l’accouchement et pour traiter l’hypertension. L’écorce est utilisée au Soudan pour traiter les infections de la gorge. Au Mali, des cure-dents d’Ozoroa insignis sont considérés comme un talisman infaillible pour attirer les femmes.
Propriétés
Le bois d’Ozoroa insignis est de couleur rouge, solide et dur et durable, mais facile à travailler. Il est résistant aux termites. Les extraits d’écorce et de racine se sont montrés létaux envers les schistosomes qui provoquent la schistosomose urinaire. Les résultats d’essais avec des hamsters infectés par les cercaires de Schistosoma haematobium ont indiqué que des extraits bruts d’Ozoroa insignis administrés oralement sont létaux pour les schistosomes adultes. Le criblage des extraits au Zimbabwe a montré que l’écorce de racine et les feuilles donnaient les meilleurs résultats contre les vers solitaires. Les petites branches séchées à l’air collectées au Kenya contenaient un composant bio-actif, l’acide 6-pentadecylsalicylique, toxique pour les larves d’artémia (Artemia salina).
Description
- Arbuste fortement ramifié ou arbre de petite à moyenne taille, jusqu’à 15 m de haut, dioïque, à sève laiteuse; fût cylindrique, parfois tortueux, jusqu’à 50 cm de diamètre; écorce grise, liégeuse, fortement fissurée, tranche rougeâtre; rameaux pubérulents à velus jaunâtres.
- Feuilles alternes ou en subverticilles de 3, simples; stipules absentes; pétiole long de (1–)1,5–3(–5) cm, subcylindrique, légèrement sillonné au-dessus, densément velu à pubérulent; limbe de forme variable, généralement oblong à lancéolé ou oblong-elliptique, de (5,5–)7–22(–27,5) cm × 2–8,5 cm, coriace ou subcoriace, base arrondie ou cunéiforme, apex obtus ou aigu et mucroné, entier, nervures latérales étroitement parallèles, surface supérieure glabre ou pubérulente à velue uniquement sur les nervures, surface inférieure habituellement densément poilue.
- Inflorescence: panicule terminale ou axillaire, fortement ramifiée, jusqu’à 17 cm de long; bractées subulées, de 3–4(–10) mm de long.
- Fleurs unisexuées, 5-mères; pédicelle de 1–1,5 mm de long, articulé près de l’apex; sépales ovales à ovales-triangulaires, de 1,5–3,7 mm × 0,7–1,5 mm, aigus, dorsalement velus à poils couchés; pétales oblongs, de 2–4 mm × 1–2 mm, blanchâtres à jaunâtres, apex obtus, plats, dorsalement poilus ou velus à poils couchés; fleurs mâles avec 5 étamines ayant des filets subulés et des anthères dorsifixes, linéaires-oblongues à ovales, ovaire vestigial; fleurs femelles avec ovaire supère, globuleux-comprimé, uniloculaire ayant 3 styles et stigmates capités, staminodes petits.
- Fruit: drupe, transversalement ellipsoïde, comprimée, de 6–8 mm × 8–11 mm, initialement rouge, devenant noire et luisante.
Autres données botaniques
Ozoroa comprend environ 40 espèces, la plupart d’entre elles se trouvant en Afrique australe. Les espèces sont souvent difficiles à distinguer les unes des autres. Ozoroa insignis est dans la section Ozoroa qui comprend les espèces d’arbres et d’arbustes avec des pétioles de plus de 5 mm de long, des panicules terminales plutôt larges et des pétales plats ou concaves lorsqu’ils sont complètement développés. Ozoroa insignis est subdivisé en 3 sous-espèces: subsp. insignis avec des feuilles étroites couvertes en dessous par des poils argentés couchés, présente depuis l’Afrique de l’Ouest jusqu’en Ethiopie, en Somalie et au Yémen; subsp. latifolia (Engl.) R.Fern. & A.Fern. avec des feuilles plus larges couvertes en dessous par des poils couchés, présente dans les régions côtières depuis le Sénégal jusqu’en Angola; et subsp. reticulata (Oliv.) J.B.Gillett avec des feuilles plus larges couvertes en dessous par des poils couchés courts ainsi que par des poils longs et étalés, présente du sud du Soudan et du Kenya jusqu’en Afrique du Sud. Des intermédiaires entre les sous-espèces et aussi entre Ozoroa insignis et Ozoroa obovata (Oliv.) R.Fern. & A.Fern. ont été décrits dans différentes régions. La délimitation d’Ozoroa insignis nécessite plus d’études taxonomiques.
Ecologie
Ozoroa insignis se rencontre dans les savanes arborées et dans les forêts ouvertes, s’étendant dans les forêts plus sèches et les forêts caducifoliées dans les régions à fortes précipitations, souvent sur des terrains escarpés, des sols dénudés et des pentes rocheuses. Il se rencontre depuis le niveau de la mer jusqu’à 2200 m d’altitude.
Multiplication et plantation
Ozoroa insignis peut être multiplié par graines ou par drageons. Le poids de 1000 graines est d’environ 25 g. La germination est généralement bonne et prend 3 semaines. La graine ne peut pas être stockée car elle perd sa viabilité en quelques semaines.
Récolte
Ozoroa insignis peut être recépé, mais aucune information sur la repousse n’est disponible.
Ressources génétiques
Le risque d’érosion génétique est considéré comme faible étant donné le caractère commun et la très large répartition d’Ozoroa insignis.
Perspectives
Il est probable que le bois d’Ozoroa insignis continuera à être utilisé comme combustible et dans la production de charbon de bois. Cependant, il n’y a pas d’indication montrant qu’il deviendra un composant de plantation forestière pour le bois de feu ni pour le bois d’œuvre.
Références principales
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- Bein, E., Habte, B., Jaber, A., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1996. Useful trees and shrubs in Eritrea: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook No 12. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 422 pp.
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- Mølgaard, P., Nielsen, S.B., Rasmussen, D.E., Drummond, R.B., Makaza, N. & Andreassen, J., 2001. Anthelmintic screening of Zimbabwean plants traditionally used against schistosomiasis. Journal of Ethnopharmacology 74: 257–264.
- Ndamba, J., Nyazema, N., Makaza, N., Anderson, C. & Kaondera, K.C., 1994. Traditional herbal remedies used for the treatment of urinary schistosomiasis in Zimbabwe. Journal of Ethnopharmacology 42: 125–132.
- Palmer, E. & Pitman, N., 1972–1974. Trees of southern Africa, covering all known indigenous species in the Republic of South Africa, South-West Africa, Botswana, Lesotho and Swaziland. 3 volumes. Balkema, Cape Town, South Africa. 2235 pp.
Autres références
- Ayedoun, M.A., Moudachirou, M., Garneau, F.X., Gagnon, H., Jean, F.I., Tomi, F. & Cassanova, J., 1998. Constituents of the leaf and flower oils of Heeria insignis Del. from Benin. Journal of Essential Oil Research 10: 529–539.
- Fernandes, R.B., 1966. Estudos nas Anacardiaceae Africanas. 1 - Contribuição para o conhecimento do género Ozoroa Del. Garcia de Orta, Revista da Junta de Investigações do Ultramar 14: 19–60.
- Ichikawa, N., undated. Ozoroa reticulata. [Internet] Database Aflora. Center for African Area Studies, Kyoto University, Kyoto, Japan. http://jambo.africa.kyoto-u.ac.jp. January 2002.
- Kokwaro, J.O. & Gillett, J.B., 1980. Notes on the Anacardiaceae of Eastern Africa. Kew Bulletin 34: 745–760.
- Malgras, R.P.D., 1992. Arbres et arbustes guérisseurs des savanes maliennes. A.C.C.T. & Éditions Karthala, Paris, France. 478 pp.
- van der Veken, P., 1960. Anacardiaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 9. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 5–108.
Sources de l'illustration
- Gilbert, M.G., 1989. Anacardiaceae (including Pistaciaceae). In: Hedberg, I. & Edwards, S. (Editors). Flora of Ethiopia. Volume 3. Pittosporaceae to Araliaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 513–532.
- Kokwaro, J.O., 1986. Anacardiaceae. In: Polhill, R.M. (Editor), 1986. Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 59 pp.
Auteur(s)
- L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 5 avril 2025.
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