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Diplorhynchus condylocarpon (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Diplorhynchus condylocarpon (Müll.Arg.) Pichon


Protologue: Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, sér. 2, 19 : 368 (1947).
Famille: Apocynaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

  • Diplorhynchus mossambicensis Oliv. (1881).

Noms vernaculaires

  • Horn-pod tree, wild rubber (En).
  • Jasmineiro de Africa, jasmineiro de Cazengo (Po).
  • Mtogo (Sw).

Origine et répartition géographique

Diplorhynchus condylocarpon se rencontre depuis la R.D. du Congo et la Tanzanie jusqu’en Afrique du Sud, mais il est rare en Namibie et au Botswana.

Usages

Sur toute son aire de répartition, on utilise une décoction d’écorce de racines de Diplorhynchus condylocarpon pour traiter les indigestions, la diarrhée, la fièvre, les morsures de serpent, l’infertilité et les maladies vénériennes. En Tanzanie, une décoction de racines est utilisée pour traiter le prolapsus rectal, le diabète et l’inflammation des testicules ; en usage externe, elle sert à traiter les inflammations oculaires. Elle est également ingérée pour faciliter les accouchements. Au Malawi, une infusion de feuilles est utilisée pour traiter les maux de tête et d’estomac, et une décoction salée de racines est utilisée pour traiter la toux. Le latex est étalé sur les coupures. En Zambie, une décoction de racines est utilisée pour traiter la toux chronique, la pneumonie et la tuberculose pulmonaire. Le corps des malades atteints de rougeole est lavé à l’aide d’infusion de racines qui est également prise par voie orale. La poudre de racines est ingérée pour traiter l’anorexie ; mélangée à la bouillie, elle permet de traiter les douleurs du tube digestif.

Le bois de Diplorhynchus condylocarpon convient à la fabrication de décorations, de meubles, de clôtures, et il est également utilisé comme bois de feu et pour produire du charbon de bois. Diplorhynchus condylocarpon constitue la nourriture de la chenille comestible Brunaea alcinoe. En Zambie, les branches coupées servent d’aliment pour le bétail. Les fibres de l’écorce sont utilisées pour le tissage, de la même façon que celles du baobab (Adansonia digitata L.). En R.D. du Congo, le latex est utilisé pour réparer les pneus de bicyclettes et pour piéger les oiseaux. En Namibie, il est utilisé comme colle pour fixer les empennes et les pointes métalliques de flèches. En Afrique australe, le latex sert à enduire la peau des tambours pour en améliorer la tonalité.

Propriétés

Diplorhynchus condylocarpon contient des alcaloïdes aussi bien dans l’écorce de la tige que dans celle des racines, mais cette dernière est la plus riche. Ces alcaloïdes appartiennent à 3 groupes principaux : la yohimbine et son isomère la β-yohimbine ; la nor-macusine B (tombozine ou diplorrhyne), la stemmadenine et la condylocarpine ; et la 14-hydroxy-(–)-akuammicine (mossambine ou diplorhyncine) et la nor-fluorocurarine. La plupart de ces composants sont également présents chez d’autres Apocynaceae.

L’extrait aqueux des racines et des tiges est considéré comme un sympatholytique efficace. L’extrait à l’éthanol des racines n’a montré aucune activité antiplasmodiale in vitro.

Description

Arbuste ou petit arbre pouvant atteindre 12(–20) m de haut, à latex blanc ou jaune ; fût atteignant 50(–200) cm de diamètre ; écorce lisse à rugueuse, longitudinalement fissurée ou réticulée, grisâtre à brunâtre ou noirâtre. Feuilles opposées décussées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1–2 cm de long, poilu ; limbe obovale à elliptique, ovale ou presque circulaire, de 4–9 cm × 2–5 cm, base cunéiforme à obtuse, apex aigu, acuminé, arrondi ou émarginé, coriace, glabre à courtement poilu. Inflorescence : cyme thyrsoïde lâche à dense, terminale et à l’aisselle des feuilles supérieures ; pédoncule de 0,5–4 cm de long ; bractées minuscules, arrondies. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, très parfumées ; pédicelle de 0, 5–2,5 mm de long ; sépales connés à la base, ovales, aigus ; tube de la corolle cylindrique, de 2–3 mm × 1–1,5 mm, resserré à la gorge, lobes étroitement oblongs à étroitement ovales, d’environ 5 mm de long, arrondis à légèrement aigus, portant de nombreux poils glandulaires et une écaille entre la base des lobes, blancs à crème ; étamines insérées près du milieu du tube de la corolle et incluses, anthères d’environ 1 mm de long ; ovaire supère, constitué de 2 carpelles libres, obovoïdes, style mince, d’environ 1 mm de long, tête du pistil presque cylindrique, à poils laineux. Fruit constitué de 2 follicules obliquement oblongs, largement étalés, de 3–6,5 cm × 1–2 cm, cohérents à la base, apex brusquement incurvé, ligneux, vert ou brun pâle à brun foncé, à 2 valves, à 4 graines. Graines obliquement oblongues, de 3,5–4,5 cm de long, comprimées latéralement, brun foncé, portant à l’apex une grande aile transparente.

Autres données botaniques

Le genre Diplorhynchus ne comprend qu’une seule espèce.

Ecologie

Diplorhynchus condylocarpon se rencontre dans les forêts caducifoliées sèches, ainsi que sur les versants rocheux des collines, jusqu’à 1700 m d’altitude.

Gestion

La multiplication s’effectue par graines, boutures et transplantation de sauvageons. Les rejets poussent facilement à la base des troncs coupés. La coupe en taillis et l’émondage sont des modes de conduite adaptés.

Ressources génétiques

Diplorhynchus condylocarpon est répandu sur la majeure partie de son aire de répartition et il n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Diplorhynchus condylocarpon est une plante médicinale utile dans les communautés rurales. Au vu de ses nombreux usages médicinaux, de plus amples recherches sur ses propriétés pharmacologiques peuvent s’avérer utiles.

Références principales

  • Chilufya, H. & Tengnäs, B., 1996. Agroforestry extension manual for northern Zambia. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 120 + 124 pp.
  • Hedberg, I., Hedberg, O., Madati, P.J., Mshigeni, K.E., Mshiu, E.N. & Samuelsson, G., 1982. Inventory of plants used in traditional medicine in Tanzania. I. Plants of the families Acanthaceae-Cucurbitaceae. Journal of Ethnopharmacology 6(1): 29–60.
  • Leeuwenberg, A.J.M., Kupicha, F.K., Barink, M.M., Beentje, H.J., de Kruif, A.P.M., Plaizier, A.C. & Zwetsloot, H.J.C., 1985. Apocynaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 7, part 2. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 395–503.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Plaizier, A.C., 1980. A revision of Adenium Roem. & Schult. and of Diplorhynchus Welw. ex Fic. and Hiern (Apocynaceae). Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 80–12. Wageningen, Netherlands. 40 pp.

Autres références

  • Chhabra, S.C., Mahunnah, R.L.A. & Mshiu, E.N., 1987. Plants used in traditional medicine in eastern Tanzania. 1. Pteridophytes and Angiosperms (Acanthaceae to Canellaceae). Journal of Ethnopharmacology 21: 253–277.
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  • Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
  • Gelfand, M., Mavi, S., Drummond, R.B. & Ndemera, B., 1985. The traditional medical practitioner in Zimbabwe: his principles of practice and pharmacopoeia. Mambo Press, Gweru, Zimbabwe. 411 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Latham, P., 2004. Useful plants of Bas-Congo province, Democratic Republic of the Congo. DFID, London, United Kingdom. 320 pp.
  • Leger, S., 1997. The hidden gifts of nature: A description of today’s use of plants in West Bushmanland (Namibia). [Internet] DED, German Development Service, Windhoek, Namibia & Berlin, Germany. http://www.sigridleger.de/book/. March 2006.
  • Ndubani, P. & Höjer, B., 1999. Traditional healers and the treatment of sexually transmitted illnesses in rural Zambia. Journal of Ethnopharmacology 67: 15–25.
  • van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.

Auteur(s)

  • A. de Ruijter, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

de Ruijter, A., 2006. Diplorhynchus condylocarpon (Müll.Arg.) Pichon. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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