Ehretia obtusifolia (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
Bois de feu | |
Fourrage | |
Ehretia obtusifolia A.DC.
- Protologue: Prodr. 9 : 507 (1845).
- Famille: Boraginaceae
Synonymes
- Ehretia coerulea Gürke (1900).
Noms vernaculaires
- Sandpaper bush, big-leaved puzzle bush (En).
- Mkilika (Sw).
Origine et répartition géographique
Ehretia obtusifolia se rencontre dans presque tous les pays d’Afrique orientale et australe et à Madagascar. Il s’étend en Asie jusqu’au Pakistan et au nord-ouest de l’Inde.
Usages
Au Zimbabwe, les feuilles d’Ehretia obtusifolia sont utilisées en infusion pour traiter les maux de gorge, et on en frotte les gencives des jeunes enfants qui ont une poussée de dents douloureuse. Au Zimbabwe également, on ajoute des racines réduites en poudre à de la bouillie pour traiter les menstruations douloureuses et l’infertilité des femmes, et on donne une infusion de racines contre la rétention du placenta. Au Zimbabwe et en Tanzanie, on prend une décoction de racines comme antalgique, en particulier contre les douleurs abdominales. Au Zimbabwe, le bois est utilisé pour confectionner des pilons pour piler les grains. Au Pakistan, les feuilles sont utilisées comme fourrage, et le bois comme combustible.
Propriétés
Ehretia obtusifolia a jusqu’à présent échappé à l’attention de la recherche pharmacologique, mais plusieurs espèces asiatiques du genre (par ex. Ehretia philippinensis DC.) ont fait l’objet d’essais et d’analyses. Dans des essais sur des souris, un extrait brut d’écorce de la tige d’Ehretia philippinensis s’est révélé modérément toxique lorsqu’il était administré en injection intrapéritonéale, et légèrement toxique lorsqu’il était administré par voie orale. On a également observé une diminution de l’activité motrice et une légère action analgésique. Des extraits d’écorce de la tige ont montré une action inhibitrice contre le composé 48/80, puissant libérateur d’histamine. L’acide rosmarinique a été identifié comme étant le composant actif. Un extrait d’écorce de la tige a été également testé sur des modèles animaux pour déterminer son action anti-inflammatoire, qui s’est avérée comparable en puissance à celle de l’aspirine prise comme référence. On en a isolé cinq cyanoglucosides : ehrétiosides A1, A2, A3 et B, et simmondsine.
Description
Arbuste ou petit arbre caducifolié atteignant 6 m de hauteur ; souvent rampant ou à plusieurs ramifications partant de la base ; écorce grise. Feuilles alternes, simples ; pétiole jusqu’à 2 cm de long ; limbe elliptique, elliptique-oblong ou obovale, de 1–9(–11) cm × 0,5–6(–8,5) cm, pubescent à velouteux ; base cunéiforme ; apex obtus à courtement acuminé. Inflorescence : cyme corymbiforme, terminale ou sur de courtes pousses latérales, d’environ 2,5 cm de large, à nombreuses fleurs, axes à pubescence glandulaire dense. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, odorantes ; pédicelle jusqu’à 4,5 mm de long ; lobes du calice ovales, elliptiques ou étroitement triangulaires, de 2 mm × 1 mm, pubérulents, joints seulement à la base ; corolle rose, bleue, lilas pâle ou mauve, tube cylindrique, de 4–4,5 mm de long, lobes étroitement triangulaires à oblongs, de 3–4,5 mm × 1 mm, aigus ou obtus ; étamines exsertes sur 2–4 mm ; ovaire supère, 2-loculaire, style de 3–6 mm de long, profondément fourchu. Fruit : drupe sphérique de 5–6 mm de diamètre, orange ou rouge, se fendant en deux pyrènes contenant chacun 2 graines.
Autres données botaniques
Le genre Ehretia comprend environ 33 espèces, dont la plupart poussent dans les régions tropicales et subtropicales de l’Ancien Monde, et quelques-unes en Amérique centrale et aux Antilles. Le genre Ehretia est parfois placé dans la petite famille des Ehretiaceae. Plusieurs autres espèces africaines d’Ehretia sont employées en médecine traditionnelle ainsi que pour leur bois. Une décoction de racines d’Ehretia bakeri Britten, espèce restreinte au Kenya et à la Tanzanie, est employée au Kenya pour soigner la blennorragie. Ehretia coerulea est parfois considérée comme une espèce distincte, différant par son inflorescence beaucoup plus ramifiée et sa corolle bleue à bleu violacé (au lieu du tube blanc et des lobes mauves ou bleus d’Ehretia obtusifolia). Cependant, comme les deux espèces se rencontrent au Zimbabwe et qu’il n’apparaît pas clairement à laquelle se rapporte l’information sur les usages, on les a maintenues ensemble ici, considérant Ehretia coerulea comme synonyme d’Ehretia obtusifolia.
Ecologie
Ehretia obtusifolia se rencontre dans les forêts claires, les savanes boisées et les fourrés, souvent sur des sites rocheux à des altitudes de 700–1500 m.
Ressources génétiques
Ehretia obtusifolia est répandu mais n’est manifestement pas commune dans la plus grande partie de son aire. A Madagascar, l’espèce n’est connue que par 4 collectes, c’est pourquoi elle est considérée comme étant “en danger” selon les catégories de la Liste rouge de l’UICN.
Perspectives
Une étude pharmacologique d’Ehretia obtusifolia pourrait s’avérer utile, du fait que certaines espèces asiatiques du genre Ehretia renferment des composés ayant des actions intéressantes.
Références principales
- Gelfand, M., Mavi, S., Drummond, R.B. & Ndemera, B., 1985. The traditional medical practitioner in Zimbabwe: his principles of practice and pharmacopoeia. Mambo Press, Gweru, Zimbabwe. 411 pp.
- Schmelzer, G.H., 2003. Ehretia philippinensis A. DC. In: Lemmens, R.H.M.J. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(3). Medicinal and poisonous plants 3. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 182–183.
- Verdcourt, B., 1991. Boraginaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 125 pp.
Autres références
- Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
- Hutchings, A., Haxton Scott, A., Lewis, G. & Cunningham, A., 1996. Zulu medicinal plants: an inventory. University of Natal Press, Pietermaritzburg, South Africa. 450 pp.
- Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
- Martins, E.S. & Brummitt, R.K., 1990. Boraginaceae. In: Launert, E. & Pope, G.V. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 7, part 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 59–110.
- Retief, E. & van Wyk, A.E., 2001. The genus Ehretia (Boraginaceae: Ehretioideae) in southern Africa. Bothalia 31(1): 9–23.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Bosch, C.H., 2006. Ehretia obtusifolia DC. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.
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