Les témoins (cookies) nous aident à fournir nos services. En utilisant nos services, vous acceptez notre utilisation des témoins.

Caesalpinia benthamiana (PROTA)

Révision de 30 octobre 2014 à 22:04 par Michel Chauvet (discussion | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)
Révision de 30 octobre 2014 à 22:04 par Michel Chauvet (discussion | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Caesalpinia benthamiana (Baill.) Herend. & Zarucchi


Protologue: Ann. Missouri Bot. Gard. 77(4) : 854 (1990).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae).

Synonymes

  • Mezoneuron benthamianum Baill. (1866).

Origine et répartition géographique

Caesalpinia benthamiana est répandu en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, où il est présent du Sénégal au Gabon.

Usages

Au Sénégal, on prend les racines séchées en infusion ou en bain pour lutter contre les états de malaise général. Au Sénégal, en Guinée et au Nigeria, une décoction de racines, d’écorce et de feuilles sert à soigner l’incontinence urinaire. En Guinée, les jeunes feuilles se mâchent comme dépuratif et comme masticatoire. En Côte d’Ivoire, on fait tomber dans l’œil des gouttes de liquide provenant de la tige de Caesalpinia benthamiana pour soigner les inflammations et la cataracte. En Côte d’Ivoire et au Nigeria, la tige et les racines servent à l’hygiène dentaire, à soulager les maux dentaires et comme aphrodisiaque. Les feuilles s’appliquent sous forme de pâte pour traiter les morsures de serpent. Au Sénégal, en Sierra Leone et au Ghana, on traite les plaies, les infections de la peau, les hémorroïdes et les ulcères avec un macéré aqueux de rameaux feuillés, de purée de feuilles ou de cendres de feuilles. Modérément laxatives, les feuilles s’utilisent pour soigner les coliques. Les personnes atteintes d’ankylostome ou de ver de Guinée se traitent en ingérant des jeunes feuilles. Aux patients souffrant d’impuissance liée à des maladies vénériennes, on prescrit un macéré de rameaux feuillés. Les racines se boivent en décoction pour soigner la dysenterie. On ajoute les racines à du vin de palme, dont elles renforcent les effets ou les propriétés aphrodisiaques.

En Gambie, Caesalpinia benthamiana se cultive en haies autour des jardins pour les rendre impénétrables. Coupées, les tiges rendent une eau bonne à boire.

Propriétés

De l’acide gallique et des gallates dérivés ont été isolés à partir des feuilles de Caesalpinia benthamiana. L’acide gallique et son méthylester (méthylgallate) inhibent la croissance des bactéries Gram-négatives et des bactéries Gram-positives, mais les autres gallates dérivés ne suppriment que les bactéries Gram-positives. Les extraits au white spirit, au chloroforme ou à l’éthanol des racines de Caesalpinia benthamiana ont fait ressortir une activité antimicrobienne sur toutes sortes d’organismes. En outre, on a observé une potentialisation quadruple et double de la norfloxacine, un antibiotique standard utilisé pour combattre Staphylococcus aureus, d’une part pour l’extrait à l’éthanol et d’autre part pour l’extrait au white spirit. Les extraits au white spirit et les extraits au chloroforme manifestent une forte activité de piégeage des radicaux libres.

Description

Arbuste grimpant ou rampant à tiges atteignant 20 m de long et jusqu’à 8 cm de diamètre, pourvues d’épines recourbées. Feuilles alternes, composées bipennées, à 5–6 paires de pennes ; stipules petites, indistinctes ; pétiole de 5–10 cm de long, renflé à la base, rachis de 15–20 cm de long à épines recourbées, surtout à la base des pennes ; folioles alternes, environ 5 paires par penne, elliptiques, de 3–4 cm × 1,5–2,5 cm, base et apex arrondis, glabres. Inflorescence : grappe terminale ramifiée ou non, atteignant 20 cm de long, poilue, densément fleurie. Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères ; pédicelle de 5–10 mm de long ; sépales libres, inégaux, sépale inférieur cucullé et embrassant les autres ; pétales libres, inégaux, de 2–2,5 cm de large, jaunes, pétale supérieur plus grand que les autres ; étamines 10, libres, d’environ 11 mm de long, poilues ; ovaire supère, style mince. Fruit : gousse linéaire-oblongue, aplatie, d’environ 10 cm × 2–2,5 cm, mince, réfléchie, indéhiscente, ailée le long de la suture supérieure, aile de 3–5 mm de large, rouge vif à rose, à 4–6 graines.

Autres données botaniques

Le genre Caesalpinia est pantropical et comprend environ 200 espèces, dont la plupart sont indigènes d’Amérique tropicale. En Afrique tropicale, environ 25 espèces sont indigènes, naturalisées ou cultivées. Les limites du genre Caesalpinia ont longtemps fait l’objet de controverse. L’ancien genre Mezoneuron, qui se distingue par ses minces gousses ailées, est maintenant considéré comme le sous-genre Mezoneuron, inclus dans Caesalpinia.

Caesalpinia hildebrandtii

Caesalpinia hildebrandtii (Vatke) Baill., endémique de Madagascar, est utilisé comme contrepoison.

Caesalpinia cucullata

Caesalpinia cucullata Roxb., plante médicinale originaire d’Asie, a été introduite en Tanzanie où elle sert pour soigner les convulsions et les crampes. On en a isolé du picéatannol, du trans-resvératrol, de l’apigénine et de la scirpusine A. On a montré que le picéatannol et le trans-resvératrol (des hydroxystilbènes) avaient des effets chimiopréventifs contre le cancer.

Ecologie

Caesalpinia benthamiana est présent dans les endroits humides et rudéraux des forêts décidues claires et sèches et des savanes, mais il est surtout commun dans les forêts-galeries et aux bords des routes.

Ressources génétiques

Caesalpinia benthamiana est répandu dans les milieux perturbés et n’est apparemment pas menacé de surexploitation. Etant donné que son principal intérêt réside dans les feuilles, son exploitation durable est possible.

Perspectives

Les usages en médecine traditionnelle de Caesalpinia benthamiana n’ont été reliés à ses propriétés pharmacologiques que récemment. Caesalpinia benthamiana et ses plus proches cousins sont des sources potentielles de composés capables de venir à bout de bactéries résistantes à plusieurs médicaments, et ils ont des chances de susciter ou de retenir l’intérêt des pharmacologues.

Références principales

  • Berhaut, J., 1975. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 4. Ficoidées à Légumineuses. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 625 pp.
  • Binutu, O.A. & Cordell, G.A., 2000. Gallic acid derivatives from Mezoneuron benthamianum leaves. Pharmaceutical Biology 38(3): 284–286.
  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • Dickson, R.A., Houghton, P.J., Hylands, P.J. & Gibbons, S., 2006., 2006. Antimicrobial, resistance-modifying effects, antioxidant and free radical scavenging activities of Mezoneuron benthamianum Baill., Securinega virosa Roxb. & Willd. and Microglossa pyrifolia Lam. Phytotherapy Research 20(1): 41–45.
  • Keay, R.W.J., Hoyle, A.C. & Duvigneaud, P., 1958. Caesalpiniaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 439–484.

Autres références

  • Abbiw, D.K., 1990. Useful plants of Ghana: West African uses of wild and cultivated plants. Intermediate Technology Publications, London and Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 337 pp.
  • Adjanohoun, E.J. & Aké Assi, L., 1979. Contribution au recensement des plantes médicinales de Côte d’Ivoire. Centre National de Floristique, Abidjan, Côte d’Ivoire. 358 pp.
  • du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.
  • Herendeen, P.S. & Zarucchi, J.L., 1990. Validation of Caesalpinia subgenus Mezoneuron (Desf.) Vidal and new combinations in Caesalpinia for two species of Mezoneuron from Africa. Annals of the Missouri Botanical Garden 77(4): 854–855.
  • Jain, S.K., 1991. Dictionary of Indian folk medicine and ethnobotany: a reference manual of man - plant relationships, ethnic groups and ethnobotanists in India. Vedams Books, New Delhi, India. 311 pp.
  • Lee, S.K., Mbwambo, Z.H., Chung, H., Luyengi, L., Gamez, E.J., Mehta, R.G., Kinghorn, A.D. & Pezzuto, J.M., 1998. Evaluation of the antioxidant potential of natural products. Combinatorial Chemistry and High Throughput Screening 1(1): 35–46.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Tra Bi, F.H., Kouamé, F.N. & Traoré, D., 2005. Utilisation of climbers in two forest reserves in West Côte d’Ivoire. In: Bongers, F., Parren, M.P.E. & Traoré, D. (Editors). Forest climbing plants of West Africa. Diversity, ecology and management. CABI Publishing, Wallingford, United Kingdom. pp. 167–181.
  • Wilczek, R., Léonard, J., Hauman, L., Hoyle, A.C., Steyaert, R., Gilbert, G. & Boutique, R., 1952. Caesalpiniaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 3. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 234–554.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2007. Caesalpinia benthamiana (Baill.) Herend. & Zarucchi. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.
Lire dans une autre langue