Les témoins (cookies) nous aident à fournir nos services. En utilisant nos services, vous acceptez notre utilisation des témoins.

Anthocleista nobilis (PROTA)

Révision de 28 octobre 2014 à 22:31 par Michel Chauvet (discussion | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)
Révision de 28 octobre 2014 à 22:31 par Michel Chauvet (discussion | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Auxiliaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Anthocleista nobilis G.Don


Protologue: Gen. hist. 4: 68 (1838).
Famille: Loganiaceae (APG: Gentianaceae)

Noms vernaculaires

  • Anthocleista majestueux, arbre chou (Fr).
  • Cabbage tree, cabbage palm (En).

Origine et répartition géographique

Anthocleista nobilis est présent du Sénégal jusqu’en Centrafrique. Il est possible qu’on le trouve également au Bénin, au Gabon et au Congo.

Usages

Anthocleista nobilis est couramment utilisé dans toute son aire de répartition pour ses puissantes vertus purgatives et diurétiques. La décoction de racine est généralement prise pour traiter la constipation et pour ses vertus emménagogues et abortives. Elle s’utilise en lotion, en bain ou en bain de vapeur pour traiter la lèpre, les maladies vénériennes, les œdèmes et l’éléphantiasis du scrotum. En Sierra Leone, la décoction de racines se prend avec du citron contre l’hépatite.

La pulpe d’écorce s’emploie en lavement pour traiter les parasites intestinaux. La décoction d’écorce se boit ou s’utilise en bain de vapeur pour traiter la fièvre, les maux d’estomac, la lèpre, la gonorrhée et la dysménorrhée. Au Sénégal, au Liberia et au Ghana, l’écorce de tige ou bien la poudre des jeunes rameaux verts s’appliquent frais ou en pâte sur les plaies, les abcès ou les plaies ulcérées. En Côte d’Ivoire, les Oubis utilisent la décoction de l’écorce de rameaux et de feuilles, avec celles de Thaumatococcus daniellii (Bennet) Benth., en gouttes nasales pour traiter les maux de tête. L’écorce de rameau d’Anthocleista nobilis et de Zanthoxylum gilletii (De Wild.) P.G.Waterman réduite en pâte et en application locale sert à traiter les rhumatismes. Au Liberia, l’infusion d’écorce se donne aux chiens souffrant de diarrhée.

Un cataplasme, confectionné avec de jeunes feuilles broyées avec de la terre provenant d’un foyer et avec de l’eau, a la réputation de favoriser la fermeture de la fontanelle chez les bébés. La décoction de feuilles se boit pour soigner les maux de ventre d’origine utérine.

Le bois est utilisé en menuiserie générale, pour faire de petits outils et du contreplaqué. Au Liberia, les grumes épineuses servent à l’aménagement de chausse-trappes pour les animaux. Au Ghana, la potasse du bois est utilisée pour fabriquer du savon.

Dans le nord de la Côte d’Ivoire, Anthocleista nobilis se plante pour protéger le sol contre l’érosion.

Production et commerce international

L’écorce et les racines séchées sont vendues sur les marchés locaux. Le bois d’œuvre possède une certaine valeur économique. Les graines et l’écorce sont exportées depuis le Ghana à destination des pays industrialisés.

Propriétés

Anthocleista nobilis contient des xanthones et des sécoïridoïdes tels que l’anthocléistol. L’écorce contient un alcaloïde quinolique, la brucine, et un hétéroside monoterpénique, le loganoside (loganine). La brucine est un dérivé de la strychnine. En chimie, la brucine et la strychnine servent couramment d’agents dans la résolution chirale. Le loganoside joue un rôle important dans la synthèse partielle d’alcaloïdes tels que la quinine, la réserpine et la strychnine. Un extrait à l’alcool de l’écorce de la racine a montré un effet hypoglycémique. On a signalé des activités hypotensive et hypoglycémique dans le traitement d’adultes diabétiques obèses atteints d’hypertension. L’écorce a des propriétés antimicrobiennes et anti-inflammatoires. L’extrait à l’éthanol de l’écorce a manifesté un effet relaxant sur l’iléum isolé de cobayes et une activité antihépatotoxique chez les souris. Des empoisonnements accidentels ont eu lieu, se traduisant par les symptômes suivants : colique, constipation opiniâtre, affaiblissement de l’estomac ou spasme du pylore, tremblement fibrillaire, pâleur prononcée de la peau et faiblesse cardiaque.

Le bois est ivoire ou blanc jaunâtre, plus ou moins lustré, léger et tendre mais ferme, facile à couper et donnant un fini lisse ; il ne résiste pas à la putréfaction. Le fil est droit ou irrégulier, le grain moyennement grossier.

Falsifications et succédanés

Plusieurs espèces d’Anthocleista ont des usages médicinaux similaires et les autres espèces ouest-africaines d’Anthocleista peuvent remplacer Anthocleista nobilis. L’écorce séchée des différentes espèces est très difficile à différencier lorsqu’elle est vendue sur les marchés.

Description

Arbre de taille petite à moyenne atteignant 18(–30) m de haut ; tronc dépourvu de branches sur 15 m de hauteur, atteignant 45(–90) cm de diamètre ; écorce lisse, gris pâle, écorce interne jaune crème et granuleuse ; rameaux à 2 épines au-dessus de l’aisselle des feuilles. Feuilles opposées, serrées à l’extrémité des ramilles, simples ; pétiole de 1–6 cm de long, auriculé ; limbe oblong-elliptique, obovale-elliptique à oblancéolé, de 7–35 cm × 4–12 cm, faisant jusqu’à 150 cm × 25 cm chez les jeunes plantes, base longuement décurrente, apex arrondi, bord ondulé et recourbé. Inflorescence : cyme dichasiale dressée, terminale, de 12–60 cm de long, à nombreuses fleurs ; pédoncule et rameaux crème ou verts, épaissis aux nœuds. Fleurs bisexuées, régulières ; sépales 4, libres, orbiculaires à ovales-elliptiques, de 7–10 mm de long ; corolle à tube cylindrique de 30–45 mm de long, charnue, lobes 11–14, oblongs-lancéolés, de 9–12 mm de long, obtus à arrondis, étalés, blancs ; étamines aussi nombreuses que les lobes de la corolle et alternant avec eux, exsertes, filets fusionnés ; ovaire supère, obovoïde, de 6–7 mm × 3–4 mm, 4-loculaire. Fruit : baie ellipsoïde de 3–4 cm × 2–2,5 cm, à paroi épaisse, verte, contenant de nombreuses graines. Graines obliquement ovoïdes-globuleuses, de 2–2,5 mm × 1,5–2 mm, brun foncé.

Autres données botaniques

Le genre Anthocleista comprend 14 espèces et se rencontre en Afrique tropicale, y compris les Comores et Madagascar.

Croissance et développement

Anthocleista nobilis fleurit toute l’année.

Ecologie

Anthocleista nobilis est un arbre de la canopée inférieure des forêts tropicales pluviales et semi-décidues. Il est commun dans les clairières, jusqu’à 1200 m d’altitude. Il pousse sur les sols bien drainés où la pluviométrie annuelle est de 1100–2000 mm, dans des régions où les températures ne dépassent pas 35°C.

Gestion

Anthocleista nobilis n’est que rarement cultivé. Cependant, en Afrique de l’Ouest, on le laisse souvent pousser à proximité des maisons à des fins médicinales.

Récolte

Les feuilles se cueillent sur les jeunes arbres ou en grimpant dans les plus âgés. L’écorce s’obtient par tranchage ou arrachage au coutelas. On déterre les racines lorsque le sol peut se travailler.

Traitement après récolte

La récolte est séchée au soleil et conservée emballée, ou écrasée et mise en ballots. Le matériau végétal est parfois réduit en poudre une fois sec.

Ressources génétiques

Anthocleista nobilis est un élément commun des forêts perturbées d’Afrique de l’Ouest et n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

A ce jour, aucune tentative pour cultiver Anthocleista nobilis à des fins médicinales n’a été faite. Il est souhaitable d’améliorer la productivité de la plante et de mettre au point des systèmes de gestion en vue d’une utilisation durable. Un approfondissement des recherches sur la composition chimique et les activités pharmacologiques des composants d’Anthocleista nobilis semble justifié.

Références principales

  • Abbiw, D.K., 1990. Useful plants of Ghana: West African uses of wild and cultivated plants. Intermediate Technology Publications, London and Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 337 pp.
  • FAO, 1986. Some medicinal forest plants of Africa and Latin America. FAO Forestry Paper 67. Rome, Italy. 252 pp.
  • Jensen, S.R., 1992. Systematic implications of the distribution of iridoids and other chemical compounds in the Loganiaceae and other families of the Asteridae. Annals of the Missouri Botanical Garden 70: 284–302.
  • Jensen, S.R. & Schripsema, J., 2002. Chemotaxonomy and pharmacology of Gentianaceae. In: Struwe, L. & Albert, V. (Editors). Gentianaceae - Systematics and Natural History. Cambridge University Press, United Kingdom. pp. 573–631.
  • Leeuwenberg, A.J.M., 1961. The Loganiaceae of Africa. 1. Anthocleista. Acta Botanica Neerlandica 10: 1–53.
  • Leeuwenberg, A.J.M. (Editor), 1980. Angiospermae: Ordnung Gentiales. Fam. Loganiaceae. Die natürlichen Pflanzenfamilien. Second Edition. Band 28 b-1. Duncker & Humblot, Berlin, Germany. 255 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Madubunyi, I.I. & Asuzu, I.U., 1995. Pharmacological screening of Anthocleista nobilis root bark. International Journal of Pharmacognosy 34(1): 28–33.

Autres références

  • Berhaut, J., 1979. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 6. Linacées à Nymphéacées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 636 pp.
  • Bouquet, A. & Debray, M., 1974. Plantes médicinales de la Côte d’Ivoire. Travaux et Documents No 32. ORSTOM, Paris, France. 231 pp.
  • Dalziel, J.M., 1937. The useful plants of West Tropical Africa. Crown Agents for Overseas Governments and Administrations, London, United Kingdom. 612 pp.
  • Kerharo, J., 1971. Recherches ethnopharmacognosiques sur les plantes médicinales et toxiques de la pharmacopée sénégalaise traditionnelle. Thèse de doctorat d’état, Faculté de Pharmacie, Bordeaux, France. 285 pp.
  • Oliver-Bever, B., 1986. Medicinal plants in tropical West Africa. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom. 375 pp.

Sources de l'illustration

  • Leeuwenberg, A.J.M., 1961. The Loganiaceae of Africa. 1. Anthocleista. Acta Botanica Neerlandica 10: 1–53.

Auteur(s)

  • D.M. Mosango, c/o Laboratory of Natural Sciences, Lycée Français Jean Monnet de Bruxelles (LFB), Avenue du Lycée Français 9, 1180 Brussels, Belgium

Citation correcte de cet article

Mosango, D.M., 2007. Anthocleista nobilis G.Don. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.
Lire dans une autre langue