Combretum aculeatum (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Céréale / légume sec | |
Légume | |
Glucides / amidon | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
Bois de feu | |
Fourrage | |
Auxiliaire | |
Fibre | |
Sécurité alimentaire | |
Combretum aculeatum Vent.
- Protologue: Choix Pl. t. 58 (1808).
- Famille: Combretaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 26
Synonymes
- Poivrea aculeata DC. (1828).
Origine et répartition géographique
Combretum aculeatum se rencontre dans les zones sahéliennes et soudano-sahéliennes depuis la Mauritanie et le Sénégal jusqu’à l’Erythrée et de là vers le sud jusqu’en Ouganda et en Tanzanie. Il est également présent au Maroc, en Arabie saoudite et au Yémen.
Usages
Les rameaux sont utilisés pour faire des paniers de bât et des corbeilles pour le vannage ou la pêche. Au Kenya, les branches résistantes et souples sont prisées pour faire des lattes dans la construction des huttes, alors que les tiges plus épaisses sont transformées en cannes pour la marche. Au Tchad, les rameaux sont également incorporés dans les parois en torchis, et ils sont utilisés comme fouet.
Les feuilles fraîches et tombées, les fruits et les graines sont un fourrage important, très apprécié par les ruminants. En zone soudanienne, Combretum aculeatum est souvent une des plus importantes sources d’aliment pour les petits ruminants, ce qui a donné à la plante le nom d’ “arachide des chèvres” dans certaines régions. Le bois est un bon carburant et une bonne source de charbon de bois ; ses braises produisent de la chaleur longtemps sans avoir à attiser le feu. Les Fulsés au Burkina Faso n’utilisent le bois que pour griller de la viande de sacrifices. Les feuilles et les graines sont parfois consommées, principalement comme aliment de famine. Combretum aculeatum est parfois cultivé comme haie vive. Les fleurs sont butinées par les abeilles.
Différentes parties de la plante sont utilisées en médecine africaine traditionnelle. Les racines sont utilisées comme purgatif et vermifuge, et pour le traitement des blessures, des maux d’estomac, des coliques, de la gonorrhée, de la perte de l’appétit et de la lèpre. Les Soces du Sénégal utilisent la décoction de racine pour traiter le catarrhe. Les Sérères du Sénégal utilisent le jus du centre de la tige pour traiter les troubles oculaires. L’écorce de tige est utilisée pour guérir des blessures. Au Soudan, un extrait de l’écorce, des feuilles ou des graines se prend pour traiter la tuberculose cutanée, ou bien une préparation de racines est appliquée comme cataplasme. Au Sénégal, la décoction de feuilles est absorbée pour favoriser la miction en cas de maladies vénériennes et d’obstruction de l’urètre. En Ethiopie, les feuilles sont utilisées comme vermifuge. Les rameaux sont utilisés pour faciliter la dentition chez les enfants et pour traiter les problèmes oculaires. Des rameaux feuillés sont appliqués contre la dysenterie et les feuilles également contre la gonorrhée. Les graines arrêtent le hoquet et soulagent la constipation.
De très nombreux usages médico-magiques (contre la stérilité chez les femmes et les désordres mentaux), magiques ou religieux (attirer les poissons) de Combretum aculeatum ont été signalés.
Production et commerce international
Combretum aculeatum est vendu localement.
Propriétés
Dans une analyse au Burkina Faso, la composition des pousses broutées à base de Combretum aculeatum par 100 g de feuilles vertes séchées (teneur en matière sèche de 90,7%) était la suivante : matière organique 91,0 g, protéines brutes 16,1 g, fibres au détergent neutre 28,5 g, fibres au détergent acide 21,7 g, lignine 3,8 g, tanin 6,8 g. Une analyse au Niger a indiqué par 100 g de matière sèche : protéines brutes 9,5 g, fibres au détergent neutre 33 g, fibres au détergent acide 27 g, cendres 6 g. Au Niger, des moutons autorisés à brouter Combretum aculeatum 1–2 heures par jour en plus de leur ration standard ont subi une absorption d’aliment réduite, une moins bonne digestion et un gain de poids vif réduit par rapport aux animaux du groupe témoin. Cependant, dans un essai au Burkina Faso, des moutons et des chèvres nourris avec les pailles de sorgho ont réagi favorablement à l’ajout de fourrage de Combretum aculeatum. Le gain de poids vif chez les moutons était presque le double de celui des chèvres.
Description
Arbuste grimpant atteignant 8 m de haut ou, en absence de soutien, arbuste compact ou coureur atteignant 4,5 m de haut ; jeunes rameaux gris à roux pubescents, pousses plus âgées à écorce jaune-brun à rouge foncé ; écorce interne verdâtre ou jaune pâle. Feuilles alternes ou subopposées ; pétiole jusqu’à 1,5 cm de long, habituellement persistant et formant des épines recourbées atteignant 17(–30) mm de long ; limbe largement elliptique à obovale, atteignant 7(–8,5) cm × 5 cm, base cunéiforme, apex rétus à courtement acuminé, légèrement à densément pubescent sur les deux faces, nervures latérales en 4–6 paires, relativement saillantes au-dessous. Inflorescence : courtes grappes axillaires d’environ 2 cm de long. Fleurs bisexuées, 5-mères, parfumées ; réceptacle inférieur de 4–8 mm de long, étranglé au-dessus et au-dessous de l’ovaire, tomenteux ; réceptacle supérieur urcéolé-campanulé, de (3–)4–6 mm × 3–4 mm, pubescent ; sépales deltés, parfois atténués, verdâtres ou rouges ; pétales oblancéolés à obovales, de 4–8 mm × 1–2 mm, blancs, légèrement pubescents à l’extérieur ; étamines 10, en 2 cercles, filets de 4–10 mm de long, anthères d’environ 7 mm de long ; ovaire infère, style d’environ 8 mm de long. Fruit indéhiscent, à 5 ailes, à contour obovale, atteignant 27 mm × 23 mm, apex émarginé ; corps courtement pubescent ; ailes papyracées, d’environ 5 mm de large, violacées et un peu brillantes à l’état jeune, jaune-brun à maturité ; stipe de 6–12 mm de long. Graines d’environ 1 cm de long, beige brunâtre.
Autres données botaniques
Combretum est un vaste genre, comprenant environ 250 espèces réparties dans les régions tropicales et subtropicales du monde entier. Environ 140 espèces existent en Afrique tropicale. Combretum aculeatum est parfois confondu avec Combretum acutum Laws à cause de ses fleurs blanches, mais ce dernier à des jeunes rameaux violacés.
Croissance et développement
Contrairement à de nombreuses autres espèces du genre Combretum, Combretum aculeatum se reproduit bien de graines. L’humidité du sol a une forte influence sur la croissance et le développement. La floraison débute à la fin de la saison sèche ou au début de la saison des pluies. La disponibilité en eau et le temps et la durée de floraison sont étroitement liés ; on a enregistré des floraisons de 40–110 jours. Les plantes peuvent fleurir et fructifier au même moment. L’apparition des nouvelles feuilles semble dépendre moins de la disponibilité en eau dans le sol.
Ecologie
Combretum aculeatum se rencontre du niveau de la mer jusqu’à 2000 m d’altitude dans des régions à pluviométrie annuelle de 250–800 mm, sur des sols pierreux, sableux ou argileux, parfois sur les termitières. Il est présent dans les savanes arbustives, les fourrés, la savane arborée à Acacia et Commiphora, parfois sur les versants ou le long des rivières. On signale qu’il supporte l’immersion, mais dans les régions inondées en saison du Soudan, il se limite aux termitières, qui se situent habituellement au-dessus du niveau des crues. Combretum aculeatum est brouté par de nombreux herbivores mais évité par les éléphants. Les parties aériennes de la plante sont sensibles au feu ; il en résulte que les plantes n’ont souvent que des rameaux annuels.
Multiplication et plantation
La multiplication à partir de graines est possible en pépinière. Les fruits sont récoltés en secouant les rameaux portant les fruits. On laisse habituellement les graines dans les fruits au moins jusqu’au semis. Les fruits débarrassés de leurs ailes sont faciles à manipuler et sont souvent utilisés. Les graines sont orthodoxes et se stockent bien, bien qu’on signale que des graines fraîches doivent être utilisées pour la plantation. Le poids de 1000 graines est d’environ 60 g. Les graines germent bien, avec un taux de germination de 60–80%. Les semis sont prêts pour le repiquage après environ 3 mois. La croissance initiale est vigoureuse, à condition que les plantes soient protégées du broutage. La multiplication végétative est possible par drageons et division du rhizome.
Gestion
Combretum aculeatum est généralement récolté à partir de peuplements naturels. Au Mali, il est protégé dans les champs et planté autour des habitations en tant que haie vive et comme source de fourrage. Il réagit bien au recépage.
Traitement après récolte
Les feuilles et les fruits sont parfois séchés au soleil et stockés pour une utilisation lors de la saison sèche.
Ressources génétiques
Combretum aculeatum est répandu et commun. Rien n’indique qu’il soit concerné par l’érosion génétique, bien qu’il soit par endroits surpâturé à tel point que la régénération est compromise.
Perspectives
Dans de nombreux pays subsahariens, Combretum aculeatum est une espèce hautement prioritaire dans les actions de gestion et de conservation. Afin d’en améliorer le nombre et la productivité, il faudrait porter plus d’attention à la gestion dans différents systèmes d’utilisation des terres. Sa multiplication facile fait de cette espèce une candidate favorable pour la plantation, par exemple pour faire des haies à brouter dans les zones sahéliennes et soudano-sahéliennes. Pour se faire, il faut sélectionner des types à croissance rapide et à forte appétence.
Références principales
- Arbonnier, M., 2000. Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d’Afrique de l’Ouest. CIRAD, MNHN, UICN. 541 pp.
- Baumer, M., 1983. Notes on trees and shrubs in arid and semi-arid regions. Ecological management of arid and semi-arid rangelands in Africa and the Near and Middle East (EMASAR) - Phase 2. FAO, Rome, Italy. 270 pp.
- Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
- Bein, E., Habte, B., Jaber, A., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1996. Useful trees and shrubs in Eritrea: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook No 12. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 422 pp.
- Bosma, R.H. & Bicaba, M.Z., 1997. Effect of addition of leaves from Combretum aculeatum and Leucaena leucocephala on digestion of sorghum stover by sheep and goats. Small Ruminant Research 24(3): 167–173.
- Keay, R.W.J., 1954. Combretaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 1. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 264–281.
- Liben, L., 1983. Combretaceae. Flore du Cameroun. Volume 25. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 97 pp.
- SEPASAL, 2010. Combretum aculeatum. [Internet] Survey of Economic Plants for Arid and Semi-Arid Lands (SEPASAL) database. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. http://www.kew.org/ ceb/sepasal/. May 2010.
- von Maydell, H.-J., 1983. Arbres et arbustes du Sahel: leurs caractéristiques et leurs utilisations. Schriftenreihe der GTZ 147. Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ) GmbH, Eschborn, Germany. 531 pp.
- Wickens, G.E., 1973. Combretaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 99 pp.
Autres références
- Allegria, J., Hermans, J.G. & Minnick, G., 1986. Systèmes de sondage pour déterminer la quantité en bois de chauffe des Combretacées dans la forêt classée de Guesselbodi, Niger. Ministère de l’Hydraulique et de l’Environnement, Niamey, Niger. 37 p.
- Anttila, L.S., Alakoski-Johansson, G.M. & Johansson, S.G., 1993. Browse preference of Orma livestock and chemical composition of Prosopis juliflora and nine indigenous woody species in Bura, Eastern Kenya. Forestry in irrigation schemes with special reference to Kenya. East African Agricultural and Forestry Journal 58, Special Issue: 83–90.
- Bailly, C., Barrier, C., Clément, J., Goudet, J.P. & Hamel, O., 1982. Les problèmes de la satisfaction des besoins en bois en Afrique tropicale sèche. Bois et Forêts des Tropiques 197: 23–43.
- Bekele-Tesemma, A., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1993. Useful trees and shrubs for Ethiopia: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook No 5. Regional Soil Conservation Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 474 pp.
- Boukoungou, E.G. & de Framond, H., 1988. Dynamique du peuplement et évolution de la productivité des formations naturelles en forêt classée de Gonse, Burkina-Faso. Bois et Forêts des Tropiques 218: 63–70.
- Calabrò, S., d’Urso, S., Banoin, M., Piccolo, V. & Infascelli, A., 2007. Nutritional characteristics of forages from Niger. Italian Journal of Animal Science 6, Suppl. 1: 272–274.
- Chira, R.M. & Kinyamario, J.I., 2009. Growth response of woody species to elephant foraging in Mwea National Reserve, Kenya. African Journal of Ecology 47(4): 598–605.
- Gillet, H., 1990. Flore et végétation de la réserve de faune de Mahazed Assaid, miméogr. Laboratoire du Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 91 pp.
- Heermans, J.G., 1986. The Guesselbodi experiment: bushland management in Niger. Rural Africana 23/24: 67–77.
- Jackson, J.K., Taylor, G.F. & Conde-Wane, C., 1983. Gestion des ressources forestières naturelles dans la région du Sahel. OECD, Paris, France. 114 pp.
- Le Houérou, H.N. (Editor), 1980. Browse in Africa: the current state of knowledge. Papers presented at the International Symposium on Browse in Africa, Addis Ababa, April 8–12, 1980, and other submissions. International Livestock Centre for Africa, Addis Ababa, Ethiopia. 491 pp.
- Le Houérou, H.N., 1989. The grazing land ecosystems of the African Sahel. Ecological studies 75. Springer-Verlag, Berlin, Germany. 282 p.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Orwa, C., Mutua, A., Kindt, R., Jamnadass, R. & Simons, A., 2009. Agroforestree database: a tree reference and selection guide. version 4.0. [Internet] World Agroforestry Centre (ICRAF), Nairobi, Kenya. http://www.worldagroforestry.org/ resources/databases/ agroforestree. April 2010.
- Ruelland, S., 1988. Dictionnaire tupuri-français-anglais (région de Mindaoré, Tchad). Peeters Publishers, Paris, France. 344 pp.
- Sacandé, M. & Pritchard, H.W., 2004. Seed research network on African trees for conservation and sustainable use. Forest Genetic Resources 31: 31–36.
- Sangaré, M., Fernandez-Rivera, S., Hiernaux, P. & Pandey, V.S., 2003. The effect of supplementation with fresh browse of Ziziphus mauritiana or Combretum aculeatum on feed intake, nitrogen utilization and growth of grazing range sheep. Tropical Animal Health and Production 35(5): 465–76.
- Thiombiano, A., Wittig, R. & Guinko, S., 2003. Conditions de la multiplication sexuée chez des Combretaceae du Burkina Faso. Revue d’Ecologie 58(4): 361–379.
- Thulin, M., 1993. Combretaceae. In: Thulin, M. (Editor). Flora of Somalia. Volume 1. Pteridophyta; Gymnospermae; Angiospermae (Annonaceae-Fabaceae). Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 247–254.
- Touzeau, J., 1973. Les arbres fourragers de la zone sahélienne de l’Afrique. Thèse Doct. Vétérinaire, Université Paul Sabatier, Toulouse, 125 pp.
Sources de l'illustration
- Thulin, M., 1993. Combretaceae. In: Thulin, M. (Editor). Flora of Somalia. Volume 1. Pteridophyta; Gymnospermae; Angiospermae (Annonaceae-Fabaceae). Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 247–254.
- Vollesen, K., 1995. Combretaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 2. Canellaceae to Euphorbiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 115–132.
Auteur(s)
- S. Konsala, Institut Supérieur du Sahel, Université de Maroua, B.P. 46, Maroua, Cameroun
- G. Todou, Ecole Normale Supérieure, Université de Maroua, B.P. 55, Maroua, Cameroun
Consulté le 5 avril 2025.
- Voir cette page sur la base de données Prota4U.