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Cissampelos owariensis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Cissampelos owariensis P.Beauv. ex DC.


Protologue: Prodr. 1: 100 (1824).
Famille: Menispermaceae

Synonymes

  • Cissampelos pareira L. var. owariensis (P.Beauv. ex DC.) Oliv. (1868).

Noms vernaculaires

  • Liane amère, liane corde, liane serpent (Fr).
  • Kishiki cha buga, mkasisi cha mkiwa, mlagalaga (Sw).

Origine et répartition géographique

Cissampelos owariensis est présent de la Sierra Leone jusqu’en Ouganda et vers le sud jusqu’en Angola, en Zambie et au Mozambique.

Usages

Cissampelos owariensis, Cissampelos mucronata A.Rich. et Cissampelos pareira L. ont souvent été confondus ; étant donné qu’ils ont des usages analogues, il est souvent impossible d’attribuer sans équivoque des usages à une espèce particulière.

Dans toute l’aire de répartition de Cissampelos owariensis, le rhizome amer, les feuilles et les tiges se prennent en infusion pour soigner les affections gastro-intestinales du type diarrhée, dysenterie, colique, vers intestinaux et problèmes digestifs, ainsi que les problèmes urogénitaux comme les troubles menstruels, les maladies vénériennes, l’infertilité, pour déclencher les contractions de l’utérus et entamer le travail ou bien l’avortement et pour expulser le placenta. Les femmes Binis, au Nigeria, utilisent les feuilles pour favoriser la croissance fœtale.

Les feuilles et les rhizomes, ou bien leurs cendres, sont très utilisés sous différentes formes pour traiter les abcès, les ulcères et la gale, et également comme hémostatique. Au Nigeria, le jus des feuilles s’instille dans le nez ou l’œil pour soigner les maux de tête. Au Congo, la décoction de tiges mélangées aux feuilles d’autres plantes s’utilise en lotion pour traiter les plaies. En R.D. du Congo, le jus des feuilles est appliqué sur les œdèmes, et se prend comme stomachique. La macération de plante s’applique sur les morsures de serpent. La décoction de rhizome, macérée dans de l’huile de palme, se prend contre les hémorroïdes. Dans le sud-est de la Tanzanie, on applique du rhizome râpé sur les morsures de serpent. Les parties aériennes sont un ingrédient de potions pour traiter l’amnésie et les psychoses et entrent dans la préparation de toniques. La décoction de feuilles broyées est utilisée en médecine vétérinaire pour traiter la diarrhée. Au Nigeria, le rhizome est parfois utilisé dans la préparation de poisons de flèche.

Les tiges servent de matériau de ligature en vannerie. La plante est parfois cultivée comme ornementale.

Production et commerce international

La plante est couramment vendue sur les marchés locaux. Elle peut pénétrer sur des marchés plus importants sous l’appellation “pareira brava”. Mais le vrai “pareira brava” vient de l’espèce sud-américaine Chondrodendron tomentosum Ruiz & Pav. ; dans certains pays africains, la vente de Cissampelos pareira est autorisée sous ce nom, et il peut arriver qu’il y ait des confusions avec Cissampelos owariensis.

Propriétés

Bien que les propriétés chimiques et pharmacologiques de plusieurs Cissampelos spp. aient fait l’objet d’études approfondies et que des activités prometteuses aient été mises en évidence, ces aspects n’ont pratiquement pas été étudiés pour Cissampelos owariensis. Mais l’importante utilisation de la plante en médecine traditionnelle laisse penser qu’elle contient probablement des composés similaires, tels que des alcaloïdes bisbenzylisoquinoliniques.

Des extraits bruts à l’éthanol de feuilles et de rhizomes de Cissampelos owariensis en application topique sur des adultes d’Acanthoscelides obtectus (ravageur des haricots), de Sitophilus oryzae (ravageur des grains de riz stockés) et de Prostephanus truncatus (ravageur du maïs et du manioc) ont entraîné une mortalité importante chez ces coléoptères. Les poudres et les purins issus des graines ou des feuilles ont été également très efficaces contre ces deux derniers ravageurs lorsqu’on les mélange aux grains, à raison de 1% g/g.

Description

Liane dioïque, rhizomateuse ; tige et rameaux à poils étalés. Feuilles disposées en spirale, simples, peltées ; stipules absentes ; pétiole de 4–16 cm de long, inséré à 1–2 cm de la base du limbe ; limbe largement ovale à circulaire, parfois largement triangulaire, de 6–12 cm de diamètre, base arrondie à presque cordée, apex obtus et mucroné, papyracé, de pilosité variable, 5–7-palmatinervé. Inflorescence : cyme umbelliforme, axillaire, solitaire ou en groupes ; inflorescence mâle disposée en fausse grappe atteignant 40 cm de long, inflorescence femelle disposée en fausse grappe atteignant 35 cm de long ; pédoncule de 0,5–3 cm de long, poilu ; bractées arrondies ou réniformes, atteignant 4 cm de diamètre, s’élargissant chez le fruit, blanchâtres, poilues. Fleurs unisexuées ; pédicelle d’environ 1 mm de long ; fleurs mâles à 4(–5) sépales obovales, étalés, de 1–1,5 mm × 0,5–1 mm, poilus à l’extérieur, corolle en coupe, d’environ 1 mm de long, étamines 2–5, filets soudés ; fleurs femelles à 1 sépale, de 1–2 mm × 0,5–1 mm, pétales 1(–3), réniformes, d’environ 1 mm de long, ovaire supère, de 1–1,5 mm de long, poilu, 1-loculaire. Fruit : drupe obovoïde de 4–6 mm × 4–5 mm, poilue, rouge à maturité, noyau ligneux à côtes verruqueuses, contenant 1 graine.

Autres données botaniques

Le genre Cissampelos comprend environ 20 espèces, 7 en Amérique tropicale et 13 en Afrique tropicale. Cissampelos pareira est la seule espèce qui ait une répartition pantropicale.

Croissance et développement

Cissampelos owariensis a une forme de feuille, une pilosité et une taille d’inflorescence très variables. La floraison a lieu à la fin de la saison sèche et au début de la saison des pluies, au Bénin de janvier à mai. Les fruits mûrissent durant la saison sèche.

Ecologie

Cissampelos owariensis est présent dans la forêt de basses terres et les ripisylves, également dans la forêt secondaire ; on le trouve fréquemment aussi dans les clairières, les vergers, les champs et les haies, surtout sur sols humides, jusqu’à 900 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Cissampelos owariensis ne se multiplie que par graines.

Gestion

On le trouve parfois comme plante médicinale dans les jardins familiaux, surtout dans les régions côtières.

Récolte

Le matériel végétal se récolte dans la nature toute l’année, selon les besoins.

Traitement après récolte

Le matériel récolté peut être séché en vue d’un usage ultérieur.

Ressources génétiques

Cissampelos owariensis possède une vaste aire de répartition et il n’est pas menacé d’érosion génétique. Au regard de l’importance qu’il a sur le plan médicinal et de sa vaste répartition, la mise en place d’une collection de ressources génétiques représentative est recommandée.

Perspectives

Cissampelos owariensis a de nombreux usages médicinaux, semblables à plusieurs autres Cissampelos spp. Mais peu d’études chimiques et pharmacologiques ont été effectuées sur Cissampelos owariensis et la poursuite des recherches est donc justifiée. Si les activités biologiques sont confirmées, des études biologiques et écologiques sont nécessaires en vue de sa domestication, afin d’assurer son exploitation durable.

Références principales

  • Baerts, M. & Lehmann, J., 2006. Cissampelos owariensis. [Internet]. Prelude Medicinal Plants Database. Metafro-Infosys, Royal Museum for Central Africa, Tervuren, Belgium http://www.metafro.be/prelude. November 2007.
  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Neuwinger, H.D., 1996. African ethnobotany: poisons and drugs. Chapman & Hall, London, United Kingdom. 941 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Niber, B.T., 1994. The ability of powders and slurries from ten plant species to protect stored grain from attack by Prostephanus truncatus Horn (Coleoptera: Bostrichidae) and Sitophilus oryzae L. (Coleoptera: Curculionidae). Journal of Stored Products Research 30(4): 297–301.
  • Troupin, G., 1960. Menispermaceae. In: Exell, A.W. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 1, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 150–171.

Autres références

  • Chifundera, K., 1987. Antivenomous plants used in the Zairean pharmacopoeia. African Study Monographs 7: 21–35.
  • Igoli, J.O., Ogaji, O.G., Tor-Anyiin, T.A. & Igoli, N.P., 2005. Traditional medicine practice amongst the Igede people of Nigeria. Part 2. African Journal of Traditional, Complementary and Alternative Medicines 2(2): 134–152.
  • Keay, R.W.J. & Troupin, G., 1954. Menispermaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 1. 2nd Edition. Crown Agents for Overseas Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 66–77.
  • Maas, A., 1991. Inventaire des produits traditionnels contre la diarrhée des petits ruminants. Enquête dans le département du Mono. Rapport de stage. Direction de la recherche agronomique. Projet de recherche appliquée en milieu réel. République du Bénin, Ministère du Développement Rural, Cotonou, Benin. 39 pp.
  • Niber, B.T., Helenius, J. & Varis, A.L., 1992. Toxicity of plant extracts to three storage beetles (Coleoptera). Journal of Applied Entomology 113: 202–208.
  • Troupin, G., 1951. Menispermaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 2. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 202–255.
  • Troupin, G., 1962. Monographie des Menispermaceae africaines. Mémoires in-8. Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer, Classe des Sciences Naturelles et Médicales, Nouvelle série 8(2), Brussels, Belgium. 313 pp.
  • Wome, B., 1985. Recherches ethnopharmacognosiques sur les plantes médicinales utilisées en médecine traditionnelle à Kisangani (Haut-Zaïre). PhD thesis, Faculty of Sciences, University of Brussels, Brussels, Belgium. 561 pp.

Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • D.M. Mosango, c/o Laboratory of Natural Sciences, Lycée Français Jean Monnet de Bruxelles (LFB), Avenue du Lycée Français 9, 1180 Brussels, Belgium

Citation correcte de cet article

Mosango, D.M., 2008. Cissampelos owariensis P.Beauv. ex DC. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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