Ceropegia lugardae (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Glucides / amidon | |
Huile essentielle / exsudat | |
Médicinal | |
Sécurité alimentaire | |
Statut de conservation | |
Ceropegia lugardae N.E.Br.
- Protologue: Gard. Chron. Ser. 3, 30 : 302 (1901).
- Famille: Asclepiadaceae (APG: Apocynaceae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 22
Noms vernaculaires
- Ceropegia (En).
Origine et répartition géographique
Ceropegia lugardae est présent au Kenya, en Tanzanie, en Angola, en Namibie, au Botswana, au Zimbabwe, au Mozambique et dans le nord de l’Afrique du Sud.
Usages
En Tanzanie, on utilise les racines contre les morsures de serpent, en les mastiquant fraîches ou en les écrasant pour les appliquer directement. Le jus de racine s’avale dans le même but.
Au Zimbabwe et en Namibie, les racines charnues sont lavées et consommées crues, cuites ou grillées. Elles constituent également une source d’eau pour les voyageurs en période de sécheresse. En Namibie, les chasseurs bochimans frictionnent les cordes de leurs arcs avec les feuilles pour les rendre lisses et souples. La tige, les racines et les fruits s’attachent sur le corps comme amulette pendant la chasse.
Botanique
Plante herbacée volubile, glabre, atteignant 10 m de long, à racines charnues cylindriques ; tige de 3–5 mm de diamètre, annuelle ou vivace, à odeur âcre. Feuilles opposées, simples, légèrement charnues et entières ; pétiole atteignant 4 cm de long ; limbe étroitement ovale à largement ovale-elliptique, de 1,5–5,5 cm × 0,6–2 cm, base cordée, auriculée, apex acuminé. Inflorescence : cyme axillaire ombelliforme, à 2–9 fleurs, fleurs s’ouvrant successivement ; pédoncule de 0,5–5 cm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 1–2 cm de long ; sépales lancéolés, de 3–6 mm de long, aigus, mouchetés de rougeâtre ; corolle de 4–6,5 cm de long, verdâtre-blanchâtre-jaunâtre mouchetée de brun-rouge, tube à gonflement ovoïde dans la partie basale, verdâtre, intérieur pourpre, poilu, partie supérieure cylindrique, d’environ 3 mm de diamètre, droite à fléchie, s’évasant peu à peu pour atteindre 12–16 mm de diamètre à l’embouchure, lobes linéaires à ovales à partir d’une base carénée triangulaire, de 8–35 mm de long, rétrécis dans le milieu, repliés le long de la nervure médiane, soudés aux extrémités, droits à spiralés, souvent surmontés d’une structure supplémentaire en forme de cage, verdâtres à marques réticulées rougeâtres, bord à poils longs ; couronne externe largement en coupe, de 4–5 mm de diamètre, vert blanchâtre à violet, lobes internes de la couronne violets, ovales, d’environ 1,5 mm de long, formant des poches, brunâtres ; étamines réunies en une colonne staminale. Fruit : paire de follicules ; chaque follicule étroitement fusiforme, de 10–25 cm × 4–5 mm.
Le genre Ceropegia, le plus important de la tribu Ceropegieae, comprend environ 180 espèces dans les tropiques de l’Ancien Monde. La répartition de Ceropegia s’étend de l’Afrique de l’Ouest jusqu’en Australie, avec deux principaux centres de répartition : l’Afrique de l’Est et du Sud-Est (115 espèces) et l’Inde (40 espèces) ; il y a en outre deux autres centres, l’un à Madagascar (20 espèces) et l’autre en Chine (17 espèces). L’extrême variabilité de la morphologie florale dans ce genre a donné lieu à la création de plus de 500 noms de taxons différents, dont une grande partie est tombée en synonymie. L’idée qui prévaut à ce jour d’espèces relativement peu nombreuses mais variables est de plus en plus confirmée par les données moléculaires qui démontrent très peu de divergences au plan génétique, même entre des variantes de morphologies assez différentes, comme on en voit dans le complexe Ceropegia aristolochioides Decne. Sur le plan morphologique, Ceropegia ressemble à Riocreuxia, et il est paraphylétique avec Brachystelma. Ceropegia lugardiae R.Br. est une variation orthographique commune de Ceropegia lugardae.
De nombreuses espèces de Ceropegia ont des tubercules comestibles et sont traitées à part.
Ceropegia aristolochioides
Plusieurs espèces de Ceropegia ont également des usages médicinaux, notamment Ceropegia aristolochioides, espèce répandue en Afrique tropicale. Au Nigeria, la décoction de parties aériennes s’applique sur la peau pour soigner les démangeaisons. Au Sénégal et en Ethiopie, le tubercule est cuit et consommé.
Ceropegia stenantha
Ceropegia stenantha K.Schum. est présent du Soudan jusqu’en Namibie et dans le nord de l’Afrique du Sud. En Tanzanie, la décoction de racine se prend pour traiter les problèmes d’estomac chez les jeunes enfants. Au Zimbabwe, la racine se mastique et on avale le jus pour conjurer le mauvais sort.
Ceropegia linearis
Ceropegia linearis E.Mey. ssp. woodii (Schltr.) H.Huber (synonyme : Ceropegia woodii Schltr.) est présent dans la nature au Kenya, au Zimbabwe et en Afrique du Sud. En Afrique du Sud, la décoction de tiges feuillées se prend pour traiter les douleurs à la poitrine. La plante est également cultivée couramment dans le monde entier comme plante ornementale en suspensions sous le nom de “chaîne de cœurs” et il en existe différents cultivars. Les tubercules de la tige servent de porte-greffe pour greffer les plantes à tiges succulentes difficiles à cultiver.
Ecologie
Ceropegia lugardae est présent en savane boisée, à 900–1300 m d’altitude. Ceropegia lugardae fleurit avant l’apparition des nouvelles feuilles.
Ressources génétiques
Ceropegia lugardae est une espèce extrêmement variable et largement répartie, et il est peu probable qu’elle soit menacée d’érosion génétique. Bien que les Ceropegia spp. ne sont en général pas communes dans leur aire de répartition, elles ont été retirées de l’annexe 2 de la liste du CITES car on n’a pas signalé de commerce international légal ou illégal. De nombreuses espèces sont rares ou menacées, mais pas par les échanges commerciaux.
Perspectives
Ceropegia lugardae conservera une importance locale comme plante médicinale, à moins que la recherche chimique et pharmacologique ne révèle des résultats intéressants. Il se peut qu’elle ait un certain avenir comme plante ornementale.
Références principales
- Dyer, R.A., 1980. Asclepiadaceae (Brachystelma, Ceropegia, Riocreuxia). In: Leistner, O. (Editor). Flora of southern Africa Vol. 27(4). Government Printer, Pretoria. pp. 1–91.
- Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
- Meve, U. & Liede-Schumann, S., 2007. Ceropegia (Apocynaceae, Ceropegieae, Stapeliinae): paraphyletic but still taxonomically sound. Annals of the Missouri Botanical Garden 94(2): 393–406.
- SEPASAL, 2009. Ceropegia lugardiae. [Internet] Survey of Economic Plants for Arid and Semi-Arid Lands (SEPASAL) database. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. http://www.kew.org/ ceb/sepasal/. July 2009.
Autres références
- Adjanohoun, E.J., Ahyi, M.R.A., Aké Assi, L., Dan Dicko, L., Daouda, H., Delmas, M., de Souza, S., Garba, M., Guinko, S., Kayonga, A., N'Golo, D., Raynal, J. & Saadou, M., 1985. Médecine traditionnelle et pharmacopée - Contribution aux études ethnobotaniques et floristiques au Niger. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 250 pp.
- Berhaut, J., 1971. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 1. Acanthacées à Avicenniacées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 626 pp.
- Gelfand, M., Mavi, S., Drummond, R.B. & Ndemera, B., 1985. The traditional medical practitioner in Zimbabwe: his principles of practice and pharmacopoeia. Mambo Press, Gweru, Zimbabwe. 411 pp.
- McGaw, L.J., Lall, N., Meyer, J.J.M. & Eloff, J.N., 2008. The potential of South African plants against Mycobacterium infections. Journal of Ethnopharmacology 119: 482–500.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2010. Ceropegia lugardae N.E.Br. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 3 avril 2025.
- Voir cette page sur la base de données Prota4U.