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Le Criquet pèlerin, Desert Locust chez les Anglo-saxons, est un organisme adapté à la vie dans les déserts chauds de l’Ancien Monde. Sa stratégie est simple : il supporte l’adversité écométéorologique à l’état de jeune ailé nomadisant à la recherche de biotopes favorables, susceptibles d’assurer sa reproduction. Ces biotopes correspondent à des sites plus ou moins humides en zone désertique, qui s’étendent de l’ouest mauritanien à la frontière indo-pakistanaise, en passant par les pourtours de la mer Rouge. Ils permettent au Criquet pèlerin d’accéder à la maturité sexuelle, de pondre puis d’assurer une réussite aussi bonne que possible du développement larvaire.
 
Cet insecte est grégariapte. La densité des populations influe sur son mode de développement : en faible densité (350 à 500 ailés/hectare), il évolue en phase solitaire ; en forte densité, il passe en phase grégaire, formant des bandes larvaires et des essaims. La transformation d’une phase à l’autre est progressive et l’on admet qu’il faut 3 à 5 générations pour passer de la phase solitaire à la phase grégaire, alors que 2 générations suffisent pour passer de la phase grégaire à la phase solitaire. Ces états intermédiaires sont qualifiés de transiens (congregans ou degregans suivant l’état de la phase d’origine, respectivement solitaire ou grégaire). Le changement de phase induit de profondes modifications tant biologiques que physiologiques, comportementales, anatomiques, etc. Les solitaires sont inoffensifs et nettement déserticoles alors que les grégaires préfèrent les régions périphériques du désert (Maghreb et Sahel, si l’on considère la partie occidentale de l’Afrique), les essaims et les bandes larvaires y ravageant les cultures.
 
L’enjeu de la lutte antiacridienne préconisée par la FAO est de rendre la lutte préventive durablement opérationnelle afin d’éliminer les premières populations qui peuvent enclencher le phénomène de transformation phasaire susceptible de conduire à la grégarisation. La transformation phasaire ne se produit pas de façon aléatoire mais dans des régions bien identifiées (les aires grégarigènes) et dans des biotopes bien particuliers : les foyers de grégarisation. Les biotopes du Criquet pèlerin peuvent être plus ou moins favorables à la grégarisation selon les conditions écométéorologiques qui y règnent. Ces conditions résultent de trois composantes :
 
• la composante météorologique, dont la pluviosité est le facteur principal, régissant l’essentiel des apports hydriques responsables de l’évolution de la végétation et des réserves hydriques. La température joue également un rôle important tant sur le développement et l’évolution du couvert végétal que sur la vitesse de développement de l’insecte ;
• la composante structurelle ou topographique, qui régit les apports hydriques en redistribuant les eaux de surface. Elle va influer sur la composition floristique, la structure et la phénologie du tapis végétal, étroitement dépendantes du bilan hydrique local ;