== Anis ==
Nom accepté : ''[[Pimpinella anisum]]''
<center>'''ANIS.''' ''Pimpinella anisum.''
''Anisum herbariis.'' BAUHBauh. — ''Apium anisum dictum, semine suaveolente.'' T.
Anis vert, — boucage à fruits suaves, — anis boucage, — pimpinelle anis.
OMBELLIFÈRES. — AMMINÉES. Fam. nat. — PENTANDRIE DIGYHIEDIGYNIE. L. </center>
Plante annuelle, qui croît spontanément en Egypte, en Turquie, en Sicile, en Italie. On la cultive en France, principalement en Touraine et dans les départements méridionaux, où l'on en fait des semis considérables.
'''Description.''' — Racine fusiforme, fibreuse, blanchâtre. — Tige de 30 à 40 centimètres, herbacée, cylindrique, creuse, rameuse, pubescente. — Feuilles alternes, amplexicaules, glabres ; les radicales pétiolées, trifoliées, dentées ; les moyennes ailées, subréniformes, arrondies, incisées ou dentées ; les supérieures en découpures d'autant plus étroites et pointues, qu'elles sont plus près du sommet. — Fleurs blanches, petites,
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'''Parties usitées.''' — Les fruits, improprement appelés semences.
'''Culture, récolte.''' — L'anis se plaît plus particulièrement dans les terrains sablonneux et calcaires ; il réussit beaucoup mieux sur les coteaux qu'à toute autre exposition. Comme le froid lui est très-nuisible, on ne doit le semer qu'au printemps, lorsque lès les gelées ne sont plus à craindre. La terre, préparée par de bons labours, doit être aussi meuble que possible. On sème à la volée, et on ne recouvre la graine que légèrement. On aide la germination par des arrosements, qu'il faut continuer autant que possible si la saison est sèche. On sarcle dès que la graine est levée ; un second sarclage est nécessaire avant l'époque de la floraison. Quelquefois les racines repoussent encore la seconde année, bien que cette plante soit ordinairement annuelle.
On commence ordinairement la récolte des fruits d'anis au mois d'août ; mais elle a lieu successivement. Il faut cueillir les bouquets à mesure qu'ils brunissent, en choisissant pour cela un beau jour et sans attendre la chute de la rosée ; on les bat au fléau comme le blé. Le fruit est ensuite vanné, pour le rendre bien net ; et pour lui conserver son arôme on le préserve de l'action de l'air en le renfermant dans des sacs que l'on place dans un lieu sec.
[On falsifie souvent l'essence d'anis avec des huiles fixes, du blanc de baleine, de la cire ou de la paraffine ; on reconnaît cette fraude par l'alcool très-concentré qui ne dissout pas toutes ces matières et qui dissout l'essence d'anis.
L’essence d’anis peut être représentée par C<small><supsub>20</sup></smallsub> H<small><supsub>12</sup></smallsub> O<small><supsub>2</sup></smallsub> ; elle est le point de départ d'une série chimique fort importante ; traitée par l'acide azotique, elle produit un mélange huileux d'hydrure d'anisyle = C<small><supsub>16</sup></smallsub> H<small><supsub>7</sup></smallsub> O<small><supsub>4</sup></smallsub> et d'acide anisique = C<small><supsub>16</sup></smallsub> H<small><supsub>5</sup></smallsub> O<small><supsub>7</sup></smallsub> HO.]
'''PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.'''
A L'INTÉRIEUR. — Infusion, de 8 à 15 gr. par kilogramme d'eau bouillante<center>PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.</center>
Eau distillée, 15 à 100 gr., en potion.
Teinture (1 sur 4 d'alcool à 32 degrés), 4 à 15 gr. en potion.
Huile essentielle, 2 à 6 gouttes dans une potion.
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| style="padding:0.5em; width:300px; text-align:left; border-right: solid 1px black;" |
A L'INTÉRIEUR. — Infusion, de 8 à 15 gr. par kilogramme d'eau bouillante.<br \>
Eau distillée, 15 à 100 gr., en potion.<br \>
Teinture (1 sur 4 d'alcool à 32 degrés), 4 à 15 gr. en potion.<br \>
Huile essentielle, 2 à 6 gouttes dans une potion.<br \>
Oléosaccharum (huile essentielle, 1 sur 100 de sucre).
| style="padding:0.5em; width:300px; text-align:left;" |
Sirop (1 d'eau distillée sur 2 de sucre), 30 à 60 gr. en potion.<br \>
Poudre, 1 à 8 gr. mêlés avec du sucre ou délayés dans l'eau ou le vin.<br \>
Extrait, 1 à 2 gr.<br \><br \>
A L'EXTÉRIEUR. — Infusion, en fomentations, lotions, etc.
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Sirop (1 d'eau distillée sur 2 de sucre), 30 à 60 gr. en potion.
Poudre, 1 à 8 gr. mêlés avec du sucre ou délayés dans l'eau ou le vin.
Extrait, 1 à 2 gr.
A L'EXTÉRIEUR. — Infusion, en fomentations, lotions, etc.
L’anis entre dans l'eau générale, le sirop d'Érysimum composé, le sirop d'armoise composé, le sirop de roses pâles composé, l'électuaire lénitif, la confection Hamech, la thériaque, l'aniso, les pilules de Morton, et écossaises d'Anderson, l'esprit carminatif de Sylvius, etc. L'huile essentielle d'anis entre dans le baume de soufre anisé.
diques, les tranchées des enfants, la dyspepsie, les céphalalgies nerveuses et celles qui paraissent dépendre d'un mauvais état des voies digestives, les vertiges, les éblouissements et tous les troubles nerveux du cerveau et des sens : de là le titre de céphalique donné à ce fruit.
S'il faut en croire le rapport de Trew, une ou deux gouttes d'huile essentielle d'anis peuvent donner la mort à un pigeon, et quelques gouttes ont produit chez un homme un délire subit qui n'a été dissipé que par l'usage des émétiques (1)<ref>Richard, ''Dictionnaire de médecine'', article ANIS.</ref>.
(Pour Foussagrives, il suffit d'en introduire quelques gouttes dans l'estomac de chiens de diverses tailles, pour déterminer chez ces animaux des accidents quelquefois foudroyants. Bouchardat avait déjà prouvé que 2 gouttes dans 1 litre d'eau suffisent pour tuer un grand nombre de poissons. Une dose un peu plus forte fait périr les grenouilles, les salamandres, etc.) (2)<ref>Bouchardat, ''Annuaire de thérapeutique'', 1860, p. 89.</ref>.
L'anis a toujours occupé une place distinguée dans la matière médicale. Dioscoride mentionne sa qualité échauffante et le proclame comme diurétique, excitant, carminatif, aphrodisiaque, galactopoïétique ; il le dit propre à calmer la céphalalgie, à modérer les fleurs blanches, à étancher la soif des hydropiques, à corriger la mauvaise haleine. En sait-on davantage aujourd’hui ?
A l'extérieur, cette semence est vantée comme résolutive contre les en-
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_______________________ (1) Richard, ''Dictionnaire de médecine'', article ANIS. (2) Bouchardat, ''Annuaire de thérapeutique'', 1860, p. 89.<references/>
gorgements laiteux et les ecchymoses, en fomentations, lotions, cataplasmes.
== Anis étoilé == Nom accepté : ''[[Illicium verum]]'' [L’anis étoilé ou badiane (''illicium Illicium anisatum'', magnoliacées), de la Chine, renferme une essence qui jouit de toutes les propriétés de celles de l'anis vert.]
[[Catégorie:Cazin 1868]]