Dioscoride: Introduction et commentaires

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Les divers manuscrits et éditions sont présentés dans la page générale sur Dioscoride.

Organisation du texte

Chaque livre fait l'objet d'une page : livre 1, livre 2, livre 3, livre 4, livre 5. Un index permet d'accéder rapidement à la notice cherchée.

La numérotation se lit comme suit : 1.4.2 se lit livre 1, chapitre 4, paragraphe 2. Nous avons omis la numérotation des lignes de Wellmann ; on retrouve ces lignes en passant en mode Modifier. En conséquence, nous n'avons pas éliminé les tirets correspondant aux mots coupés.

Le découpage en chapitres suit l'édition de Wellmann. Berendes (antérieur à Wellmann) en diffère, ainsi que Osbaldeston, qui ne fait que moderniser la traduction anglaise de Goodyer (1655). Nous mentionnons leurs numéros de chapitre.

Wellmann ajoute les paragraphes et les noms en diverses langues qui apparaissent dans des Dioscoride alphabétiques : (recensiones e codd. Vindob. med. gr. 1 + suppl. gr. 28 ; Laur. 73, 41 + 73, 16 + Vind. 93). Nous les avons placés comme Wellmann à la suite des notices correspondantes, précédées des sigles des manuscrits : RV, C, N.

  • C : Constantinopolitanus, maintenant Vindobonensis med. gr. 1 (Codex Aniciae Julianae) ;
  • N : Neapolitanus, maintenant Vindobonensis suppl. gr. 28 ;
  • R : archétype de C et N ;
  • V : Vindobonensis lat. 93

Identifications

Nous reproduisons telles quelles les identifications proposées par les traducteurs, en ajoutant si nécessaire le nom actuel.

  • Suzanne Amigues a effectué un assez grand nombre de traductions que nous reproduisons, et donné des identifications qui s'appuient sur sa connaissance de Théophraste et de la flore grecque.
  • Berendes commente abondamment les identifications des botanistes de la Renaissance, qui ont un intérêt pour l'histoire des noms botaniques, puisque Linné s'est appuyé sur elles pour choisir ses noms.
  • Beck apparaît comme la meilleure traduction anglaise actuelle. Son livre est facile à utiliser, car les entrées donnent le nom grec en caractères grecs et au nominatif, ainsi que l'identification botanique actuelle (reprise d'André et à défaut de Liddell-Scott, ce qui implique des vérifications : par exemple, le smilax kêpaia est identifié comme Vigna sinensis). Nous donnons ces identifications en priorité, en corrigeant les fautes d'orthographes ponctuelles, mais en laissant celles qui montrent que l'auteur n'est absolument pas botaniste, et n'a pas accordé une grande attention aux identifications.
  • Aufmesser semble avoir fait un bon travail, mais ce n'est visiblement pas un botaniste, et il retient souvent des identifications anciennes. Il voit par exemple un Phaseolus vulgaris dans le smilax kêpaia.
  • García Valdés présente des données intéressantes, mais n'innove guère. Pour le smilax kêpaia, elle répète que Liddell-Scott donne Phaseolus vulgaris, mais qu'André donne Vigna sinensis, ce qui est exact, mais avec une nomenclature obsolète.
  • Les identifications d'Osbaldeston semblent fantaisistes et non critiques. Elle mélange les noms pré-linnéens et linnéens. Nous laissons donc ce livre de côté sauf exception.

Les noms mis au nominatif singulier (sauf exception pour des nominatifs pluriels) sont placés dans un index pour faciliter leur recherche. Seuls les noms des entrées principales sont repris pour l'instant, et non les synonymes donnés par Dioscoride.

Traductions

Il n'y a pas eu depuis Matthiole d'édition en français. La tâche est certes longue et difficile, mais il en existe maintenant en anglais, allemand et espagnol.

Dans l’Histoire des plantes de Théophraste et dans la thèse d'Haloubi, Suzanne Amigues a traduit certains passages, que nous reproduirons au fur et à mesure.

Au cas par cas, nous nous efforcerons de réaliser d'autres traductions françaises, en nous appuyant sur le texte grec et les trois traductions mentionnées. Mais par prudence, nous ne traduirons que la première partie des notices consacrée à la description et la localisation des plantes. La deuxième partie qui porte sur les propriétés médicinales est plus redoutable, car les noms des maladies sont bien éloignés des maladies dénommées aujourd'hui, et son intérêt est moindre pour le botaniste.

Intérêt de la Materia Medica pour l'étymologie des noms botaniques

La botanique moderne a commencé à la Renaissance sous la forme de commentaires à Dioscoride. Peu à peu, les botanistes ont ajouté des plantes qu'ils ne trouvaient pas dans Dioscoride. Mais ils ont toujours cherché à s'appuyer sur les textes des Anciens, Dioscoride, mais aussi Théophraste et Galien pour les Grecs, Pline et les agronomes latins pour les Latins.

Il en résulte que les noms de Dioscoride sont massivement passés dans le latin botanique de la Renaissance, et ont été retenus par Linné. Ultérieurement, les botanistes ont pris Linné comme point de départ de la nomenclature botanique. Aujourd'hui encore, on doit consulter certains auteurs pré-linnéens parce qu'ils sont cités dans les protologues de Linné, mais pratiquement plus personne ne remonte aux Anciens.

Si à la Renaissance, l'étude de Dioscoride était le fait de botanistes pétris de culture classique qui savaient lire le latin, le grec et parfois l'arabe, il n'en est plus de même aujourd'hui. Les auteurs grecs sont devenus le domaine exclusif des hellénistes, et particulièrement des codicologues. La découverte de nouveaux manuscrits, nombreux pour ce qui est de Dioscoride, permet en principe de restituer au plus près les textes primitifs, mais la difficulté de leur étude fait qu'il n'y a guère plus d'une édition critique par siècle...

De plus, les hellénistes sont rarement de bons botanistes, et ont tendance à s'appuyer sur les botanistes des siècles passés. Il faut donc revoir de façon critique toutes les identifications.

Noms des plantes dans divers langues

La plupart ne font pas partie du texte initial. Un jeu de noms important est attribué au lexicographe alexandrin Pamphilos (premier siècle après J.-C.) et a été ajouté dans les Dioscoride alphabétiques.

Le premier problème posé est celui de l'identification des langues, qui mériterait une étude en soi. Nous reproduisons ci-après l'opinion de Berendes.

Les conditions de la collecte et de la reproduction des noms font qu'ils sont loin d'être fiables. Même pour une langue relativement bien connue, l'égyptien ancien, Berendes estime que leur intérêt est limité. Par contre, les noms portés plus tardivement en marge des manuscrits (en grec, latin, arabe ou persan) l'ont a priori été par des praticiens, après la chute de Constantinople.

  • Basmadijan, K. S., 1938. L'identification des noms des plantes du Codex Constantinopolitanus de Dioscoride. Journal Asiatique, 230 : 578-621.

Noms des langues

Ceci est une liste de travail !

  • Africain.
  • Arménien.
  • Athénien
  • Barbare (c'est-à-dire les habitants des côtes de la Mer Rouge).
  • Béotien.
  • Cappadocien.
  • Cilicien.
  • Cypriote.
  • Dace.
    • Bologa, V. L., 1930. I sinonimi daci delle piante descritte da Dioscoride possono servire alla ricostruzione della lingua daca ? Archeion, 12 : 166-170.
  • Dardanien.
  • Egyptien.
  • Espagnol.
  • Ethiopien.
  • Eubéen.
  • Galate.
  • Gaulois.
  • Italien.
  • Leucanien.
  • Marse. Deux peuples ont été appelés Marses, l'un dans les Apennins (Italie), et l'autre en Allemagne. Le premier a été latinisé bien avant notre ère, et leur langue devait donc être disparue du temps de Dioscoride. Il s'agirait donc du peuple germain, qui a été en guerre avec les Romains au début de notre ère.
  • Mysien (de Mysie, au sud de la mer de Marmara en Asie mineure)
  • Pontique.
  • Romain. On a là les noms latins transcrits en caractères grecs. Comme ils sont reconnaissables, le mieux est de leur redonner leur forme latine.
    • André, J., 1955. Les noms des plantes latins du Pseudo-Dioscoride. Latomus, 14 : 520-524.
  • Sicule.
  • Syrien.
  • Tusque. [? = Albanais, ou Etrusque]
    • Bertoldi V., 1936. Nomina tusca in Dioscoride. Studi Etruschi, 10: 295-320.

Noms d'auteurs

Ceci est une liste de travail !

  • médecins d'Andreas
  • Krateuas
  • Bessicum
  • Democrite
  • Istrici
  • Lucanica
  • Osthanis
  • Prophètes (égyptiens)
  • Pythagore
  • Zoroastre

Texte de Berendes

en français

"Quelques mots sur les synonymes. Ils sont surtout présentés sous forme de liste et sont attribués soit à des peuples entiers soit à des personnes particulières ; parmi les premiers, les Egyptiens, les Africains, les Arméniens, les Athéniens, les Barbares (c'est-à-dire les habitants des côtes de la Mer Rouge), Besser, les Béotiens, les Daces, les Dardaniens, les Eubéens, les Galates, les Gaulois, les Italiens, les Cappadociens, les Ciliciens, les Cypriotes, les Leucaniens, Mysiens [de Mysie, au sud de la mer de Maramara en Asie mineure], les Pontiques, les Romains, les Sicules, les Espagnols, les Syriens, les Tosques [? = Albanais], et parmi les seconds Andreas, Krateuas, Osthanes, les Prophètes avec leurs noms secrets, Pythagore, Zoroastre. La question est ouverte et le restera de savoir si les synonymes proviennent tous ou seulement en partie de Dioscoride - il est a priori exclu qu'ils les ait rassemblés lors de ses voyages -. Comme il a été signalé auparavant, quelques auteurs se sont consacrés spécialement à la nomenclature des plantes, les Ἀντιφράζοντες (qui expriment l'un par l'autre), comme ils s'appelaient eux-mêmes, ou les γράψαντες τὰς ὀνομασίας τῶν φαρμάκων (ceux qui notent les noms des médicaments), comme Galien (XIX, p. 105) les appelle, et dont Xénocrate et Pamphilos sont les plus connus. Plus d'un auteur pense que c'est à partir de leurs écrits que ce flot de mots a été placé par des mains tardives d'abord en marge des manuscrits de Dioscoride puis peu à peu dans le texte lui-même, car ils manquent dans une partie des manuscrits ou se trouvent en gloses dans la marge. Lambecius (Comment. de bibl. Caesar. Vindobon. ed. Haller, II p. 259) affirme qu'ils viennent de l'Histoire des plantes de Pamphilos, au sujet de laquelle Galien (XI p. 792 sqq.) n'est pas très élogieux dans son livre fondateur [...] Ackermann (in Fabricii bibl. graec. IV p. 681) les a d'abord tenus pour authentiques, avant de les considérer comme des extraits de l'Histoire des plantes d'un certain Apuleius Platonicus, qui d'après Meyer (Geschichte der Botanik II 316) a probablement vécu au Ve siècle. [...]

Les noms empruntés au pays du Nil ont un intérêt particulier en ce qui concerne les rapports (wegzuläugnenden ?) entre les médecines égyptienne et grecque. Plus d'un auteur s'est donc efforcé d'identifier les noms des plantes en égyptien ancien avec ceux transcrits en grec par Dioscoride, ainsi Lüring, Wiedemann, von Oefele, ce dernier ayant rassemblé 91 synonymes en deux tableaux (Lose Blätter zur altägypt. Medicin). Il en est sorti bien peu de choses ; Lüring lui-même (Die über die medicinischen Kenntnisse der alten Aegypter berichtenden Papyri, Leipzig 1888) s'affirme très sceptique sur la possibilité de l'identification. [...]

Il s'est avéré impossible, dans l'état actuel de la recherche sur Dioscoride, de porter un jugement d'ensemble bien fondé sur l'authenticité ou non des synonymes ; Wellmann (Hermes 1898, Die Pflanzennamen des Dioskurides, p. 360) est arrivé au résultat que les synonymes grecs sont tous authentiques, et les latins en partie." (Berendes, 1902)

en allemand

Einige Worte über die Synonyma. Sie werden meist in Registerform angeführt und theils ganzen Völkern, theils einzelnen Personen zugeschrieben; zu ersteren gehören die Aegypter, Afrikaner, Armenier, Athener, Barbaren (gemeint sind die Küstenbewohner des Rothen Meeres), Besser, Böotier, Dakier, Dardaner, Euböer, Galater, Gallier, Italer, Kappadoker, Kilikier, Kyprier, Leukanier, Mysier, Ponter, Römer, Sikuler, Spanier, Syrier, Thusker, zu den letzteren Andreas, Krateuas, Osthanes, die Propheten mit ihren Geheimnamen, Pythagoras, Zoroaster. Die Frage, ob die Synonyma sämmtlich oder auch nur zum Theil von Dioskurides herrühren - dass er sie auf seinen Reisen gesammelt habe, ist wohl von vornherein ausgeschlossen -, ist eine offene und wird auch eine offene bleiben. Wie schon früher angedeutet, beschäftigten sich einige Schriftsteller besonders mit der Nomenklatur der Pflanzen, die Ἀντιφράζοντες (die das Eine durch das Andere ausdrücken), wie sie sich selbst nannten, oder die γράψαντες τὰς ὀνομασίας τῶν φαρμάκων (welche die Namen der Mitel verzeichnen), wie Galen (XIX, p. 105) sie nennt, von denen Xenokrates, Pamphilos die bekanntesten sind. Aus den Schriften dieser, so nehmen Manche an, sei dieser Wortschwall von später Hand zunächst an den Rand der Dioskurides-Handschriften gefügt und allmählich in den Text selbst gekommen, da sie in einem Theile derselben wirklich fehlen oder als Glossen am Rande stehen. Lambecius (Comment. de bibl. Caesar. Vindobon. ed. Haller, II p. 259) behauptet, sie stammten aus der Pflanzengeschichte des Pamphilos, dem Galen (XI p. 792 sqq.) nicht viel Rühmliches ins Stammbuch schreibt [...] Ackermann (in Fabricii bibl. graec. IV p. 681) hielt sie früher für ächt, später erklärte er sie für Excerpte aus der Pflanzengeschichte eines angeblichen Apulejus Platonicus, der nach Meyer (Gesch. d. Bot. II 316) wahrscheinlich im 5. Jahrhundert lebte. [...]

Bei dem nicht wegzuläugnenden Zusammenhange zwischen der altägyptischen und griechischen Medicin haben die aus dem Nillande entlehnten Namen ein besonderes Interesse. Von manchen Seiten sind daher auch Versuche gemacht, die altägyptischen Pflanzennamen mit denen in griechischer Umschrift bei Dioskurides zu identificiren, so von Lüring, Wiedemann, v. Oefele, welcher auf zwei Tafel (Lose Blätter zur altägypt. Medicin) 91 Synonyma zusammenstellt. Es ist aber nicht viel dabei herausgekommen; Lüring selbst (Die über die medicinischen Kenntnisse der alten Aegypter berichtenden Papyri, Leipzig 1888) spricht sich sehr skeptisch über die Möglichkeit der Identificirung aus. [...]

Ein allgemeines, fest begründetes Urtheil über die Aechtheit oder Unächtheit der Synonyma ist bei dem jetzigen Stande der Dioskurides-Forschung nicht möglich gewesen; Wellmann (Hermes 1898, Die Pflanzennamen des Dioskurides, S. 360) ist zu dem Resultat gekommen, dass die griechischen Synonyma alle, die lateinischen zum Theil ächt sind." (Berendes, 1902)