Cistanche phelypaea

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Cistanche phelypaea (L.) Cout.

alt=Description de l'image CistanchePhelypaea.jpg.
Ordre Lamiales
Famille Orobanchaceae
Genre Cistanche

2n = 40

Origine : sud de la Méditerranée, Sahara

sauvage


Résumé des usages
  • jeunes pousses consommées en asperges
  • tige souterraine consommée après broyage, fermentation et séchage
  • racine consommée comme aliment de famine
  • médicinal
  • tinctorial


Description

  • plante pérenne, de 20-50 cm de haut
  • tige simple de 7-30 mm de diamètre, glabre, jaune à gris violet, à partie souterraine grosse et charnue
  • feuilles ovales-lancéolées, glabres, obtuses, à bord scarieux, marron, de 20-30 mm de long
  • inflorescence dense, cylindrique, de 15-30 cm de long
  • corolle campanulée courbe, de 30-50 mm de long, jaune vif ou parfois violet clair, glabre

La plante est commune au Sahara et dans les mileux dunaires littoraux.

Noms populaires

espagnol jopo, jopo amarillo, jopo de zorro, mata pujera, pijo de lobo
catalan frare groc (Alicante)
arabe
  • danoun, denouss, barnouk, ouars, deriss, kharès, tertout el kelab, zebb el qaâ, fetekchen, zebb er roumi, zebb el nasrani (Le Floc'h)
  • ddanūn (!)
  • l-gendūr (Tissint)
  • zobb al-ārḍ (!) (litt. : phallus de terre)
  • zobb an-naṣranī (litt. : phallus de chrétien)
  • zobb el-qā’ (Arabie, Soudan, Defflers, 1894) (litt. : phallus des plateaux) : qā’ désigne, en Arabie, les plateaux argilo-sablonneux.
  • ẓīl eṭ-ṭa’leb (Haouz, Nègre, 1961-1962) (litt. : queue de renard) (Bellakhdar, 1997)
berbère
  • idergis, abouchel-n-tekkouk (Le Floc'h)
  • ṭarṯūt (Tissint)
  • īderġis, deris (Laoust, 1920) (Bellakhdar, 1997)
tamachek zimzellil, temzellit, ahéliouine (Le Floc'h)
  • Voir l'étymologie de Cistanche et phelypaea
  • Pour Corominas, jopo est une variante de hopo, enprunté à l'ancien français hope (aujourd'hui houppe), jopo de zorro étant ainsi la "queue de renard". Quant à pijo, (traité sous pijota), ce serait un nom populaire du phallus, analogue au français pine.

Classification

Cistanche phelypaea (L.) Cout. (1913)

basionyme :

  • Lathraea phelypaea L. (1753)

synonyme :

  • Phelipaea lutea Desf. (1798)
  • Cistanche tinctoria (Forssk.) Beck (1904)

Histoire

Usages

Excellente description dans Moissons du désert, Gast (2000)

Cette Cistanche parasite en général des Salsolacées mais parfois aussi les plantes des genres Zygophyllum et Limoniastrum.

A. - Une fraction de cette espèce parasite, est consommée assez fréquemment par les populations nomades mais ce n'est pas là son seul usage, la pharmacopée traditionnelle lui reconnaîssant des propriétés antidiarrhéïques et diurétiques. BOUQUET (1938) souligne que l'on recueille Phelipaea violacea correspondant, dans les populations rurales, aux nombreuses dénominations.

Les recettes de préparation de cette cistanche pour l'alimentation humaine sont variables selon la portion consommée de la plante.

Selon BOUQUET (1938), on arrache de préférence la plante avant l'épanouissement des fleurs ; la hampe florale, blanche, char­nue, avec à sa base un renflement volumineux, est coupée au dessous de la zone où naissent les fleurs. Cette partie de la plante se consom­me fraîche, cuite à l'eau à la façon des asperges, ou séchée puis mise en poudre et mélangée à de la farine d'orge.

GALAN (1951) a révélé qu'en cas de disette les nomades consomment Cistanche phelypaea dont ils mangent les parties souterraines charnues cuites sous la cendre ou bouillies.

La consommation des parties souterraines de Cistanche phelypaea (« danoun ») est notée pour la région de Ouargla par DOREAU (1961) ; LARRIDAUD (1952) rapporte le même usage en signalant qu'il concerne également C. violacea. PASSAGER et DOREY (1958) précisent cet emploi en soulignant que l'espèce est mangée cuite sous la cendre ou bouillie et que le séchage au soleil en permet la conservation.

C'est sans conteste au Sahara que cette espèce (tam. = ahliou ; ar. = danoun) est encore la plus utilisée, et il suffit pour s'en convaincre d'examiner les nombreuses notes de GAST (1968) à son sujet. Il indique ainsi :

- qu'on ne consomme que rarement la partie la plus vieille de la racine,

- que donc seule la partie souterraine de la tige (tam. = akou­nef, ikounefen) cueillie avant le flétrissement est mangée et qu'elle est préparée comme un légume, soit bouillie à l'eau, soit rôtie à la braise mais que toutefois un rouissage de plusieurs jours est toujours nécessaire pour atténuer la forte amertume de la pulpe. Cette portion « consommable » séchée, broyée, recouverte de feuilles de Pulicaria crispa Forrsk. (tam. = tametfert), pressée et que l'on laisse macérer et sécher perd son amertume. Cette préparation réduite ensuite en farine peut, en mélange ou non avec d'autres farines ou avec des dat­tes, servir à la fabrication de bouillies ou de galettes. Ce même produit peut, après rouissage, être conservé sans dommage durant 1 à 6 ans,

- que les pousses aériennes encore blanches sont cueillies, éplu­chées, trempées dans l'eau puis cuites à l'eau salée et agré­mentées de piment. A cette soupe, et pour l'épaissir, on ajou­te des graines de mil ou du blé concassé et si possible un peu de beurre fondu,

- qu'en cas de disette, la partie « consommable » étant déjà consommée, on mange aussi sous forme de bouillie et malgré son mauvais goût, la vieille racine dite « doriten ».

M. - Selon BOUQUET, la farine obtenue à partir de la portion de tige située entre la base des fleurs et le « rhizome » passe pour avoir des propriétés antidiarrhéïques, on l'emploie, délayée de lait de chamelle, en cataplasmes contre les contusions. La plante consom­mée crue (par les Chambâa et les Touaregs) est considérée diurétique.

Au Fezzan, LETHIELLEUX (1948) mentionne que les popula­tions consomment sous forme de farine, qu'ils préconisent contre la diarrhée, la partie renflée de la tige contenant, au moment où elle sort de terre, beaucoup d'amidon.

D. - Phelypaea lutea (Desf.) commune en Erythrée (Ethiopie) (TROT­TER, 1915) est utilisée en teinture et donne une couleur jaune. Le Floc'h, 1983, Ethnobotanique tunisienne.

A titre plus anecdotique, on peut sucer la base des fleurs sucrée.

Références

  • Bellakhdar, Jamal, 1997. La pharmacopée marocaine traditionnelle. Médecine arabe ancienne et savoirs populaires. Paris, Ibis Press. 764 p. 12 pl. sur Pl@ntUse
  • Gast, Marceau, 2000. Moissons du désert. Utilisation des ressources naturelles au Sahara central. Paris, Ibis Press. 160 p. voir la notice

Liens