Camus, Livre d'heures d'Anne de Bretagne, 1894

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Camus, Jules, 1894. Les noms des plantes du Livre d'heures d'Anne de Bretagne. Journal de Botanique, 8 (19-23). 325-336, 345-352, 366-375, 396-401. en ligne sur BHL (pp. 331-340, 351-358, 372-381, 402-407 du pdf)

Les commentaires sont reproduits dans l'ordre des folios à la page Livre d'heures d'Anne de Bretagne, identifications.

Première partie (pp. 325-336)

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Nous possédons encore un assez grand nombre d'anciens manuscrits sur velin, ornés de peintures représentant des végétaux, mais la perle du genre est sans contredit le célèbre Livre d'Heures de la reine Anne de Bretagne, exécuté dans les premières années du XVIe siècle, et conservé actuellement à la Bibliothèque nationale de Paris (Ms. lat. 9474).

Ce n'est pas ici le lieu de donner une description complète de cet admirable livre, surtout après ce qui en a été dit par Leroux de Lincy dans le second volume de sa « Vie d'Anne de Bretagne », ainsi que par M. L. Delisle dans le tome III du « Cabinet des manuscrits ». Aussi nous limiterons-nous à parler des seules miniatures décorant les marges, miniatures qui, dans leur ensemble, forment, comme on l'a dit, « un véritable herbier peint par un artiste de talent » (1).

Ces miniatures, au nombre de 337, nous offrent des rameaux de plantes les plus diverses, avec des fleurs ou des fruits, auxquels viennent s'ajouter des insectes de toutes sortes : papillons, chenilles, libellules, coléoptères, etc. En général, on ne trouve, sur une même page, qu'une seule plante, peinte à la gouache, sur fond d'or, dans un rectangle de 165 x 45 mm.,

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1. A. Molinier, Les manuscrits et les miniatures, p. 270. Paris, 1892.


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occupant la marge extérieure du texte. Cependant en maint endroit l'enluminure s'étend sur les marges voisines, et alors l'on a parfois deux rameaux de la même espèce, ou bien deux d'espèces différentes. Chaque plante est accompagnée, au-dessus, d'un nom latin, et au-dessous, d'un nom français, écrits en lettres gothiques ; il n'y a d'exceptions que pour quelques cas dont il sera parlé plus loin.

Leroux de Lincy, et d'autres auteurs après lui, ont attribué les miniatures de ce manuscrit à l'enlumineur Jean Poyet ; mais grâce à la découverte fortuite, faite il y a quelques années, d'un mandat de paiement donné à Blois, en 1508, par la reine Anne, nous savons aujourd'hui qu'elles sont dues au peintre Jean Bourdichon (1), qui travailla longtemps à cet ouvrage, et reçut en récompense de sa peine « la somme de mil cinquante livres tournois en six cens escuz d'or » (2).

Le grand mérite de cet artiste, c'est d'avoir renoncé à la flore de convention imaginée par les enlumineurs du moyen âge, pour s'inspirer directement de la nature. Au lieu de s'en tenir aux roses, aux lis, aux pavots et à quelques autres fleurs communes qui reviennent si souvent dans les manuscrits de ses devanciers, Bourdichon a copié les plantes les plus variées qui croissaient autour de lui, dans les champs, les bois et les jardins de la Touraine, réunissant une collection de plus de trois cents espèces, la plupart dessinées d'après des sujets vivants. Et pour quelques-unes d'entre elles, telles que l'œillet, la renoncule, l'ancolie, etc., il ne s'est pas contenté de les peindre sous leur aspect ordinaire à l'état spontané, mais il a voulu aussi en reproduire quelquefois les variétés cultivées, à fleurs doubles, à fleurs blanches, etc.

Néanmoins si Jean Bourdichon peint les végétaux d'après

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1. Jean Bourdichon, né en 1457, a été le premier peintre du roi depuis Louis XI, en 1484, jusqu'à François Ier, en 1520. — Tout me porte à penser que c'est de son atelier que sont sortis les deux beaux manuscrits sur velin de la Bibliothèque nationale de Turin (L, III, 1, 2), contenant la traduction française d'Appien d'Alexandrie (La guerre des Romains), par Claude de Seyssel. Les nombreuses plantes peintes dans les bordures de ces deux volumes ont, tant par la facture du dessin que par la vivacité des couleurs, une ressemblance frappante avec celles des Heures de la reine Anne. Néanmoins, il faut le dire, ces dernières ont été exécutées avec un plus grand soin.

2. M. André Steyert, à qui l'on doit cette découverte, a publié le mandement en entier, et y a ajouté un commentaire fort intéressant, dans les Nouvelles archives de l'Art, 2e série, t. II, pp. 1-11. Paris, 1880.


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nature, il le fait, non en botaniste, mais en artiste qui se préoccupe beaucoup moins de l'exactitude de sa peinture que de l'effet qu'elle devra produire. En conséquence il n'a aucun scrupule à altérer la forme des feuilles ou la teinte des corolles, lorsque son goût artistique le lui suggère. Ainsi la prédilection qu'il semble avoir pour l'azur le pousse à donner parfois cette couleur aux fleurs de l'œillet, du cresson, du perce-neige, à la coquille du colimaçon, au corps et aux ailes de la coccinelle, de la macroglosse, etc. Enfin, ce qui est plus grave, il s'est laissé aller à peindre quelques plantes de pure fantaisie. Ces faits, on le comprend, rendent, dans certains cas, l'identification fort malaisée, voire même impossible, si bien que de temps à autre il arrive que l'on en est réduit à faire des conjectures très vagues touchant la fleur ou l'arbuste qui a pu donner origine à telle ou telle miniature de l'artiste. Mais ce sont là des exceptions ; la grande majorité ne donnent lieu à aucun doute pour la détermination, sinon de l'espèce, au moins du genre de la plante représentée.

Passant maintenant à l'examen des dénominations jointes aux enluminures, nous voyons de suite que celui qui les a fournies ne connaissait guère les plantes que par leurs noms français. En effet les appellations données ici comme latines sont, pour le plus grand nombre, ou des corruptions de termes déjà employés par les anciens (salidonia, bassameta, negella, butonica, etc.), ou bien des barbarismes (brutex, clavelarie, batizora. catolleria, florigeria, milastea, etc.), dont beaucoup dérivent du français (bruneta, andiva, florenceola, blancheola, morella, muguetum, bouqueta, etc.). Quant aux noms français, ils correspondent en général assez bien à l'espèce figurée, et plusieurs d'entre eux offrent un certain intérêt au point de vue philologique. Nous y trouvons quelques métathèses et diverses permutations de consonnes qui devaient être alors fréquentes dans les parlers du Berry et de la Touraine ; tels sont prevanche (pervenche), querson (cresson), forment (froment), guernades (grenades), serires (cerises), nourilles (nousilles, noisettes), freres (fraises), primeveize (primevère), sarrarine (sarrasine), galiot (gariot, benoite), melinot (melilot), nantilles (lentilles, etc.). D'autre part l'on rencontre parmi ces dénominations populaires de nombreux termes caractéristiques, comme annunceau, bar-


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belee, blanchete, brunete, boutecornille, bouquetee, boustonnee, colettes, confee, escarlette, feuillagiee, flamettes, fleurencelle, frelles, grivolee, menuettes, panserolle, peterolle, percillee, pironnee, remanbrance, rigolet, tavelee, trible, et autres analogues que nous verrons ensuite.

Le scribe chargé de copier ces noms latins et français l'a fait apparemment sans y rien comprendre, car les erreurs se multiplient à chaque instant sous sa plume. La plupart, il est vrai, s'expliquent par la facilité avec laquelle on devait confondre certaines lettres de l'écriture gothique. Il écrit par exemple : primelorum pour prunelorum ; munita : minuta ; pascinaca : pastinaca ; stalogie : scalogie; lestus : lestue ; janettee : janettes ; arolle : arosse ; mental : mentas ; boriago : borrago ; etc., sans parler de fautes de lecture telles que citinum pour citronium, lancerlata pour lanceolata, etc.

Au siècle dernier, les Heures d'Anne de Bretagne avaient déjà attiré l'attention d'un naturaliste bien connu, Antoine de Jussieu, chef de toute une dynastie de botanistes. Ayant obtenu du jeune roi Louis XV la permission d'emporter chez lui et d'étudier à son aise le précieux manuscrit, ce savant en fit l'objet d'une communication lue à l'Académie des sciences, le 14 novembre 1722. Ce court mémoire intitulé : Réflexions sur diverses dénominations françoises des plantes qui sont dépeintes dans un manuscrit du Cabinet du Roi, n'a pas été inséré dans le Recueil de l'Académie. Il a été publié seulement de nos jours par M. L. Lalanne, qui a été assez heureux pour en retrouver la copie (1). A. de Jussieu y donne d'abord une description du manuscrit, et dit que les miniatures font connaître une vingtaine d'espèces à ajouter à celles que connaissaient les anciens et les Arabes, mais que toutes les plantes figurées sont des plus communes. Il fait ensuite observer que les noms latins ont été fournis probablement par quelque apothicaire ignorant ; puis, considérant que la langue française est sujette à des changements continuels et que les noms des plantes varient suivant les provinces, il recommande l'emploi du latin pour conserver les dénominations d'une manière stable. En outre, il note à propos des noms français contenus dans ce manuscrit « l'usage qu'on peut

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1. Voy. Bulletin historique du Comité des travaux historiques, pp. 227-236. Paris, 1886.


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en faire pour enrichir un glossaire de notre langue ». Enfin il termine en annonçant qu'il remet à la « Compagnie » un catalogue de ces plantes avec les noms qu'elles portent dans ce Livre d'Heures et ceux qu'elles ont reçus depuis.

Ce catalogue n'a pas été, comme le mémoire susdit, transcrit sur les registres des procès-verbaux de l'Académie, mais nous en possédons le brouillon, provenant sans doute des papiers laissés par A. de Jussieu après sa mort. Il a été acquis dans ces dernières années par la Bibliothèque nationale de Paris (Nouvelles acquisitions françaises, 5052, pp. 152-176). C'est un cahier autographe, négligemment écrit, où se montrent diverses ratures et quelques additions au crayon rouge. L'identification des plantes y est faite au moyen de la nomenclature de Tournefort, des deux Bauhin, de Lobel, etc. Mais l'auteur a laissé un assez grand nombre de plantes indéterminées, se limitant à faire suivre leur ancien nom d'un quid ? En outre, nous devons dire que sa transcription des dénominations latines et françaises du manuscrit laisse beaucoup à désirer quant à l'exactitude.

En 1859, M. L. Curmer a publié avec un luxe extraordinaire la reproduction en chomolithographie du Livre d'Heures d'Anne de Bretagne, en y ajoutant un second volume qui contient la traduction française des prières, et un travail de M. J. Decaisne sur les plantes représentées dans les encadrements.

Cette magnifique édition, tirée seulement à 850 exemplaires, a été exécutée avec le plus grand soin. Certaines teintes des miniatures ne sont peut-être pas rendues avec la précision voulue, mais le dessin est presque toujours irréprochable comme copie. Il en est de même des noms joints aux plantes ; pourtant, en les comparant avec ceux du manuscrit, j'y ai relevé quelques fautes de lecture, telles persars, p. 30 ; freree, 109 ; paseinaca, 136 ; trissolium, 140 ; pulegui, 170 ; et guernadee, 241, au lieu de peisars, freres, pascinaca, triffolium, pulegiu, guernades.

Pour ce qui est du second volume, on voit que l'éditeur y attachait fort peu d'importance, puisqu'il nous dit, parlant de la traduction des prières et du catalogue de M. Decaisne : « Ces deux additions sont combinées de telle sorte que MM. les souscripteurs pourront les conserver ou les supprimer à leur gré (1). »

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1. Il y a dans ce volume de singulières erreurs typographiques. Ainsi, l'on y a


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Il semblerait que M. Decaisne ait pensé de même en s'occupant du travail dont l'avait chargé M. Curmer, car son « Catalogue » fourmille de fautes de tous genres; et l'on serait tenté de douter qu'il ait été composé par lui, d'autant plus que cette étude ne porte aucun nom d'auteur. D'abord je note qu'à plus de soixante-dix endroits les noms de plantes du manuscrit ont été inexactement transcrits. Le savant botaniste n'avait sans doute jamais eu auparavant de texte en lettres gothiques sous les yeux. Aussi lit-il, 36, Cymballes pour Symballes ; 253, Aminceau pour Annunceau ; 77, Argena pour Nygena ; 417, Stacea pour Flacea, etc. Le signe d'abréviations pour la terminaison us lui étant inconnu, il transforme, 76, Tassus barbatus en Tassarum barbatum ; 182, ma[s]culus en maculatus. Cette manière de lire l'a conduit à une fausse identification dans un cas assez curieux. Lisant, à la page 288, le nom Piqueloux, il interprète ce mot par Pied-de-loup et en conclut que la plante figurée est un Lycopus, tandis que le manuscrit porte Rigueloux et que la miniature représente une menthe sauvage presque semblable à celle qui, deux pages plus loin, est appelée Rigault, et est analogue à une autre menthe nommée ailleurs (170) Rigolet. M. Decaisne a un faible pour les étymologies, et il en propose quelques-unes assez bizarres : ainsi il tire (p. 125) jacea du verbe jacere, être couché sur le sol ; selon lui, le mot américain petun (p. 181) dérive du celtique comme betonica, et il en est de même du latin morus (p. 276) ; il explique que le nom matelas a été donné au Typha angustifolia (p. 259) « par allusion à la nature souple et élastique de ses épis », ne sachant pas que matelas ou matras, en ancien français, était le nom d'une sorte de flèche. Malheureusement cette recherche l'empêche de reconnaître à la page 70, la plante peinte au-dessus du nom français picot. Voyant dans ce mot une communauté d'origine avec le verbe piquer, il se persuade que le peintre a figuré le Geum urbanum, qui, d'après lui, aurait été ainsi nommé à cause des piquants (!) de ses fruits. Or la miniature en question représente, à n'en pas douter, une renoncule des prés, appelée encore aujourd'hui picot dans les patois du

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mis, comme date de l'édition, MDCCCXLI, au lieu de 1859. Puis, en imprimant le travail de M. Decaisne, on en a oublié les douze premiers articles qui ont dû être renvoyés à la fm de l'ouvrage.


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Centre ; et nous savons que picot équivaut à pied-de-coq. Parfois ses erreurs de détermination semblent résulter de simples distractions, comme lorsqu'il nous donne, 115, Origanum vulgare ; 139, Anchusa italica ; 260, Lythrum salicaria, pour l'identification de bonnes figures de l'Origanum majorana, du Lycopsis arvensis et de l’Hyssopus officinalis. Mais, on le voit d'après ce qui précède, M. Decaisne a fait cette étude avec la plus grande insouciance ; il suffirait d'ailleurs pour le prouver de dire qu'à la page 112, il a identifié les fleurs du Centaurea cyanus avec celles du Cratægus oxyacantha, ayant apparemment brouillé ses notes par suite de la ressemblance du mot Aubefin, ancien nom du bluet, avec aubepin, aubépine. Toutefois quelques-unes de ses erreurs d'identification résultent peut-être de certaines teintes peu exactes des reproductions chromolithographiques de l'édition Curmer. Car M. Decaisne ne s'est pas servi du manuscrit pour son travail ; nous en avons la preuve à la page 341, où il prend pour des « prunes de mirabelles » des fruits qui sont figurés sans nom français dans l'édition, mais qui, dans l'original des « Heures », portent le nom d’abricotz, encore lisible, quoiqu'en partie effacée.

C'est sans doute par inadvertance que M. Lalanne (loc. cit., p. 236) a dit, en parlant des déterminations données par Jussieu et par Decaisne : « Autant que j'ai pu m'en assurer, les identifications des noms sont les mêmes chez les deux auteurs. » En effet, sans parler des différences d'espèces pour une même figure, ni des cas où l'un des deux botanistes considère la plante représentée comme imaginaire ou indéterminable, tandis que l'autre croit la reconnaître, il y a plus de quarante miniatures pour chacune desquelles Jussieu et Decaisne ont indiqué des genres tout à fait différents et souvent très éloignés.

Or ce sont ces diverses considérations qui m'ont engagé à reprendre, à la Bibliothèque nationale, l'étude des plantes peintes dans le fameux Livre d'Anne de Bretagne. Grâce à la bienveillante recommandation de M. L. Delisle, j'ai pu obtenir d'avoir à la fois sous les yeux (ce qui n'est pas facile) le manuscrit original des Heures, le catalogue inédit de Jussieu, celui de Decaisne, la reproduction chromolithographique de Curmer, et la publication de M. Lalanne. Un travail de cette nature est toujours chose délicate, on le conçoit ; aussi, dans certains cas douteux, ne


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croyant pas devoir me fier seulement à mes propres vues, j'ai eu recours à l'amitié de M. le Dr Edm. Bonnet, qui a bien voulu revoir et rectifier quelques-unes de mes identifications, en me fournissant diverses indications dont j'ai profité. Qu'il me soit permis de lui en exprimer ici ma sincère reconnaissance.

Pour plus de simplicité, je présente le tableau des plantes en suivant l'ordre alphabétique des anciens noms français écrits au-dessous des miniatures, et je fais précéder chacun d'eux d'un nombre qui est celui de la pagination adoptée dans l'édition Curmer. Cette pagination, qui était aussi celle de Jussieu, commence au verso du premier feuillet, là où se trouve peint l'écu mi-parti de France et de Bretagne.


TABLEAU
des Plantes figurées dans les Heures d'Anne de Bretagne


P. 341. Abricotz. — Grisolominis. — Armeniaca vulgaris T. Abricots. — Les fruits ne sont pas de la grandeur naturelle, et le nom français n'a pas été reproduit dans l'édition Curmer ; c'est ce qui fait que Decaisne a cru reconnaître ici les « Prunes de mirabelles ».

P. 283. Agripal. — Urtica mortua. — Lamium maculatum L. Lamier tacheté. — Les fleurs sont mal peintes. Jussieu a donné pour l'identification « mélisse sauvage, MelissaTragi », tandis que Decaisne a proposé les genres Stachys et Melittis.

P. 187. Aigremoyne. — Agrimonia. — Les fleurs ne sont pas bien dessinées ; pourtant il est probable que l'auteur a voulu représenter, non l'aigremoine, comme le pensait Jussieu, mais bien le Potentilla anserina L. Bec d'oie, ainsi que le dit Decaisne.

P. 229. Ailletz. — Species sordi. — Muscari comosum Mill. Ail à toupet. — Cette espèce porte aujourd'hui le nom d'aillot en Normandie, d'après M. C. Joret (Fl. pop. de la Norm., p. 190).

P. 458. Alixandre. — Alixandrie. — Peut-être le Brassica campestris L. chou à feuilles rudes. En tout cas il ne s'agit pas ici de l'Athamantha macedonica Spr., nommée alexandri dans le « Circa instans » (1) et dans d'autres traités du moyen âge.

P. 204. Aluysne. — Absinthium. — Artemisia absinthium L. Absinthe aluine. — Ce dernier nom français vient de aloen, ancienne forme de aloes (voy. « Circa instans », n° 18), l'amertume de l'absinthe ayant été comparée à celle de l'Aloe vulgaris Lk.

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1. Je renvoie le lecteur au Mémoire que j'ai publié dans le Recueil de l'Académie de Modène, en 1886, sous le titre : « L'opera salernitana Circa instans ed il testo primitivo del Grant herbier en francoys. »


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P. 442. Amaroustes. — Amarusca. — Anthemis arvensis L. Œil-de-vache, confondue avec l'A. cotula L., qui porte encore de nos jours les noms de maroute et amaroute.

P. 124. Ancoli[e]s blanches.— Angelica alba. — Aquilegia vulgaris L. flore albo. Ancolie à fleurs blanches.

P. 85. Ancolies doubles. — Angelica. — Aquilegia vulgaris L. fl. pleno. Ancolie à fleurs doubles.

P. 57. Ancollies. — Angelica. — Aquilegia vulgaris L. Ancolie commune (fleurs violacées).

P. 24. Andive. — Andiva. — Lactuca scariola L. Escarole. — Jussieu donne « laitue sauvage » et Decaisne : Senecio jacobæa L.

P. 253. Anunceau. — Species cardo. — ? — Jussieu y voit le Cirsium anglicum de Lobel, et Decaisne une Centaurea.

P. 289. Aparitoyre. — Papetaria (l. Paretaria). — Parietaria officinalis L. Pariétaire. — L'a initial de aparitoyre résulte de l'agglutination de l'article la avec paritoyre.

P. 169. Apoustumee. — Boraginum silvestre. — Echium vulgare L. Vipérine, herbe aux vipères. — L'ancien nom apoustumee vient de ce que les tubercules qui couvrent la tige et les feuilles de la vipérine ont été comparés à de petits apostèmes.

P. 459. Arbucil. — Arbustum. — Probablement le Solidago virga aurea L., la grande verge dorée. Jussieu croyait y reconnaître le Senecio Jacobea.

P. 247. Arglantier. — Bdegar. — Rosa canina L. Eglantier. — Ici l'artiste a représenté seulement les fruits ; ailleurs il a peint les fleurs avec le nom de « Roses sauvages ». La forme arglantier, restée dans quelques patois, pourrait bien être due à une fausse lecture de l'ancienne graphie aiglantier ; c'est ainsi que par suite d'une erreur du même genre, ce manuscrit offre boriago pour borrago (voy. Bourrochez).

P. 280. L'Arolle. — Atriples. — Atriplex hortensis L. Arroche-épinard. — Ici de nouveau je serais tenté de voir dans arolle une fausse leçon de arosse, à cause de la ressemblance de l et s dans certains types d'écriture. Le patois normand a encore arousse pour arroche.

P. 303. Artebeuf. — Resta bovis. — Ononis repens L. ou O. spinosa L. Arrête-bœuf, bugrane (dans le Vexin français, bougrande). — La forme artebeuf n'est apparemment qu'un lapsus du scribe pour arête beuf.

P. 47. Aspic. — Species lavandule. — Lavandula spica L. Lavande.

P. 112. Aubefin. — Species batizora. — Centaurea cyanus L.


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Bleuet. — Cfr. « Botecornille ». Ce terme de batizora semblerait provenir de quelque dérivé de « baptiser », comme si le capitule du bluet eût été comparé à une sorte de goupillon. Mais Ruel (De nat. stirpium, p. 594) nous dit que cette plante a été nommée par les Italiens Baptisecula, « quoniam secantibus et metentibus officiat, retusa in occursu eius falce : nam et seculam veteres falcem dixerunt » . Dalechamp donne blaptisecula, Junius dans son « Nomenclator » : baptisocula, et le Dict. bot. de Targioni Tozzetti offre les formes italiennes battisecola, battisegola, battisecula. D'autres auteurs ont batisocele, batisocere ; enfin Matthioli appelle le bluet battisuocere (un martinet pour les belles-mères ?).

P. 179. Aubefin en croix. — Albafeni. — Specularia speculum Alph. DC. Miroir de Vénus. — Jussieu la nomme « roucette ».

P. 80. Aubepin. — Alba spina. — Cratægus oxyacantha L. Aubépine.

P. 284. Aulx. — Alium domesticum. — Allium sativum L. Ail cultivé.

P. 192. Avoyne. — Avena. — Avena sativa L. Avoine.

P. 226. Aymart. — Amartini. — Rhinanthus major Ehrh. Crête-de-coq.

P. 297. Baguenaudes. — Species sene. — Colutea arborescens L. Baguenaudier, faux séné.

P. 467. Balsamite. — Barsamita. — Espèce de sauge, difficile à déterminer. Probablement la Salvia verbenaca L.

P. 254. Barbane. — Matricaria. — Labiée à fleurs bleues mal dessinées. Jussieu propose le genre Ballota pour l'identification, et Decaisne le Marrubium. Le premier nous semble plus près de la vérité.

P. 452. Barbelee. — Barbarea. — Sagittaria sagittæfolia L. Fléchière. — L'on sait que l'on appelait jadis barbelée la flèche dont la pointe était garnie de deux dents ; les feuilles auriculées de la susdite plante représentent bien la figure de cette arme.

P. 475. Barsines. — Barsinus. — Atropa belladona L. Belladone.

P. 150. Baselic. — Ozimum. — Ocimum basilicum L. Basilic commun,

P. 162. Basme. — Bassameta. — Peut-être le Mentha ocimoïdes Hast. — Jussieu identifie la plante figurée avec le « Baume des jardins » disant que c'est le Mentha hortensis verticillata, ocimi odore de C. Bauhin. Je ne sais sur quoi s'est appuyé Decaisne pour trouver dans cette miniature le Ballota nigra. — Le mot baume, forme moderne de basme, est resté dans quelques patois comme nom de diverses


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espèces de menthe (voy. Joret, op. cit., pp. 148-150). L'appellation latine bassameta est simplement une corruption de balsamum et menta.

P. 279. Bassinetz. — Pata lupina. — Caltha palustris L. Populage, souci des marais. — Aujourd'hui le terme de bassinet ou bacinet (litt. petit bassin) désigne diverses espèces de renoncules.

P. 89. Bec de sygogne. — Herba Roberti. — Geranium Robertianum L. Herbe à Robert. — Selon quelques-uns, le nom Robert serait ici une altération populaire de ruber. Les tiges et les feuilles rougeâtres de la plante rendent cette explication assez plausible.

P. 91. Bec d'oyseau. — Avi rostrium (l. Avium rostrum). Stellaria holostea L. Langue d'oiseau.

P. 12. Becq de grue. — Clavelarie. — Erodium cicutarium L'Her. Cicutaire, aiguille de berger, et, d'après Jussieu « Bec de grue ». — Le nom latin du moyen âge clavelarie, dérivé de clavis ou de clavus, nous indique que les carpelles de cette espèce ont été comparés à des chevillettes.

P. 160. Bertonique. — Betonica. — Campanula medium L. Campanule carillon.

P. 135. Blanche futaine. — Catoleri. — Viburnum lantana L. Mancienne (la plante est mal dessinée). Jussieu voit le « lilas blanc » (Lilac vulgaris Lam.). La Mancienne était appelée au XVIe siècle, blanche pute et blanche putain (Dalechamp). — Catoleri est probablement un dérivé de catus, comme Catolleria (voy. Pullan).

P. 203. Blanche putain. — Fatoleri (l. Catoleri ?). — Viburnum opulus L. Viorne obier, que Jussieu appelle « Pain mollet ».

P. 262. Blanchete. — Blancheola. — Helianthemum pulverulentum DC. Helianthème à feuilles grisâtres.

P. 26. Blé de Turquie. — Bladus Turquie. — Polygonum fagopyrum L. Sarrasin. — Autant que je sache, nous avons ici la plus ancienne mention du sarrasin en France. Du reste cette plante avait été introduite en Europe peu de temps avant la Renaissance (voy. De Candolle, Origine des plantes cultivées, p. 280). Dans la chronique de J. Stavelot, écrite à Liège vers la moitié du XVe siècle, il est parlé de « bleis persiens » qui probablement ne sont autres que nos blés sarrasins.

(A suivre.)


Deuxième partie (pp. 345-352)

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(Suite)

P. 434. Blectes. — Blecta. — Beta vulgaris L. Bette. — Pour Jussieu c'est la « patience » .

P. 20. grenez de Bletes. — Cicle. — Atriplex hortensis L. Arroche.

P. 256. Boullatz. — Terebintus. — Betula alba L. Bouleau ; Jussieu écrit : boulot.

P. 42. Botecornille. — Batizora. — Centaurea Cyanus L. Bluet. — Cornille doit être ici synonyme de cornet, et le nom s'applique sans doute à la forme des fleurs de la circonférence du capitule.


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P. 474. Bouquetee. — Bouqueta. — Iberis umbellata L. Iberide.

P. 37. Bourrochez.— Boriago (l. Borrago). — Borrago officinalis L, — Bourrache.

P. 471. Boustonee. — Species glilis. — Mauvais dessin de Cynoglossum officinale L. Langue de chien. — La détermination Omphalodes linifolia Mœnch, donnée par Decaisne est inadmissible. — Le nom de « Boustonnée » a été donné à cette plante à cause de la réunion des carpelles formant une sorte de bouton.

P. 200. Boutecornille. — Specie batizora. — Centaurea cyanus L. fl. albo. Bluet à fleurs blanches.

P. 444. Bouys. — Boyci. — Buxus sempervirens L. Buis.

P. 250. Bruere menue (e). — Brutex munita (l. minuta). — Calluna vulgaris Salisb. Petite bruyère. — « Bruère » est resté dans le patois du Berry.

P. 441. menue Bruere. — Brutey. — Bruyère à balais. Erica scoparia L.

P. 246. perse Brunete. — Species bruneta. — Très probablement Veronica spicata L. Véronique à épis. Decaisne y voyait le V. serpyllifolia L. et Jussieu un Polygala fl. cæruleo.

P. 209. Brunetee. — Bruneta. — Circæa lutetiana L. Herbe aux sorcières. P. 286. Bruyère. — Alius bipharium. — Erica cinerea L. Bruyère cendrée.

P. 180. Bugleuse. — Buglossa. — Anchusa italica Retz. Buglosse, langue de bœuf.

P. 275. Burse pasteur. — Bursa pastoris. — Capsella bursa-pastoris Mœnch. Bourse à pasteur.

P. 181. Butoysne. — Butonica. — Betonica officinalis L. Bétoine.

P. 164. Calabistry. — Gallicum minus. — Espèce de sauge difficile à déterminer. D'après Jussieu, l'artiste aurait ici représenté la « toute bonne » (Salvia sclarea L.) ; Decaisne y voit la S. pratensis L. Cette dernière identification paraît la plus vraisemblable.

P. 28. Camamille. — Camamilla. — Matricaria chamomilla L. Camomille.

P. 217. Carainges. — Alkecangi. — Physalis alkekengi L. Coqueret. — Le mot carainges est très probablement une erreur du copiste, au lieu de cacainges. (Cfr. l'italien kekengi, qui se trouve déjà dans Matthioli).

P. 177. Chanvre fumelle. — Canabs. — Canabis sativa L. Chanvre (grappes de fleurs mâles).


[347]

P. 182. Chanvre mâle. — Canabs ma[s]culus. — Cannabis sativa L. Chanvre (grappes de fleurs femelles). — L'emploi à contresens des mots « chanvre mâle et chanvre femelle », habituel chez les anciens botanistes, a été constaté encore de nos jours dans tout le bassin du Rhône par M. le Dr Saint-Lager (Recherches historiques sur les mots « plantes mâles et plantes femelles », p. 19. Paris, 1884).

P. 152. Chardonnetz. — Virga pastoris. — Dipsacus sylvestris Mill. Cardère sauvage. — C'est à tort que Jussieu dit « chardon à foulon ».

P. 174. Chardons ras. — Specie cardo. — Cirsium eriophorum Scop. Chardon des ânes.

P. 155. Chardons. — Species cardo. — Deux carduées indéterminables.

P. 172. Chardons jausnes. — Species cardo. — Kentrophyllum lanatum DC. Chardon béni jaune.

P. 252. Chardons vergez. — Species cardo. — Figure défectueuse du Silybum Marianum Gært. Chardon Marie, ou comme le dit Jussieu, « chardon Nostre-Dame ». Pour Decaisne, ce serait l’Onopordon acanthium.

P. 249. Chastaignes. — Castanearum. — Castanea vulgaris Lam. Chataignes.

P. 324. Chatons. — Flos silicis. — Salix capræa L. Chatons femelles de saule. (Cfr. « mitons de saule ».)

P. 207. Chausses trapes. — Specie spina. — Eryngium campestre L. Panicaut, chardon Roland.

P. 261. Chesnarde. — Alius quinque digiti me. — Pulsatilla vulgaris Mill. Anémone pulsatille.

P. 176. du Chesne. — Glandus. — Quercus sessiliflora Sm. Glands de rouvre.

P. 157. Chevrefueil. — Caprifolium. — Lonicera etrusca Santi. Chèvrefeuille d'Etrurie.

P. 46. Clochettes. — Simbalaria. — Agraphis nutans Link. Jacinthe des bois.

P. 119. de la Cocqueree. — Species scolatri. Solanum mamale. — Solanum dulcamara L. Morelle douce-amère.

P. 321. franc Coings. — Citrinum (l. citonium). — Cydonia vulgaris Pers. Fruits du coignassier.

P. 293. Colependre. — Scolopandria. — Scolopendrium officinale Sm. Scolopendre, langue-de-cerf.

P. 114. Colettes. — Species behen. — Lychnis sylvestris DC. Lychnide des bois.

P. 405. Comoust. — Species caprifoli. — Plante difficile à


[348]

déterminer ; mais l'identification « troesne » (Ligustrum vulgare L.) que donne Jussieu satisfait plus que celle de Decaisne, Lonicera nigra L. Peut-être faut-il lire cornoust (?) au lieu de comoust.

P. 409. Concombres. — Cucumer. — Cucumis sativus L. Concombres.

P. 205. Confee fumelle. — Consolida minor. — Symphytum officinale L. flore albo. Consoude à fleurs blanches.

P. 213. Confee male. — Species consolida. — Symphytum officinale L. fl. roseo. Consoude à fleurs roses.

P. 41. grant Consode. — Consolida maior. — Leucanthemum vulgare Lam. Grande marguerite.

P. 137. petite Consode. — Consolida media. — Achillea ptarmica L. — Achillée sternutatoire.

P. 98. Coquelourdes. — Species negella.— Lychnis dioica DC. Floquet. (Cfr. « Janettes ».)

P. 83. Coquu. — Species prima veri. — Primula officinalis Jq. Primevère, coucou.

P. 450. Coriande. — Coriandrium. — Coriandrum sativum L. Coriandre.

P. 357. Cormier. — Sorbe. — Sorbus domestica L. Sorbier, cormier (fruits).

P. 449. Cornilles. — Cornus. — Cornus mas L. Fleurs de cornouiller.

P. 132. Cornuettes. — Satyrion. — Orchis laxifiora Lam. (?) Orchis à fleurs lâches, variété à fleurs roses.

P. 298. Coudelou. — Cauda lupi. — La graminée, représentée ici, est certainement un Phleum ou un Alopecurus, marsette ou vulpine, mais il est impossible de l'identifier d'une manière plus précise. — Coudelou est pour coue de loup ; la forme coue (queue) existe encore dans le patois du Berry.

P. 268. Croisée. — Cruciata. — Galium cruciatum Scop. Croisette.

P. 146. Damoyselles. — Simbaleria. — Digitalis purpurea L. Gant de Notre-Dame.

P. 195. Dens de lion. — Dentes leonis. — Taraxacum officinale Vill. Pissenlit.

P. 188. Epurge. — Catapucia. — Euphorbia lathyris L. Epurge, petite catapuce.

P. 468. Escarlete. — Centum grana. — Ombellifère indéterminable. Jussieu propose l’Anethum hortense de C. Bauhin ; Decaisne, le genre Caucalis.


[349]

P. 266. Escariole. — Scariola. — Cichorium intybus L. Chicorée sauvage.

P. 292. Eschallotes. — Stalogie (l. scalogie). — Allium ascalonicum L. Echalote.

P. 78. Esclaire. — Salidonia. — Chelidonium majus L. Chélidoine, grande éclaire.

P. 315. grande Esclere. — Menuta. — Glaucium luteum Scop. Glaucienne jaune. Jussieu l'appelle « Pavot cornu ».

P. 220. Espine noyre. — Primelorum (l. Prunelarum). — Prunus spinosa L. Prunellier (fleurs). — L'ancien nom de « nerprun » que donne Jussieu s'est conservé, il est vrai, dans quelques localités pour désigner le prunellier et aussi le troëne (voy. Joret, o. c., 59, 129), mais en général on ne l'applique plus guère qu'au Rhamnus catharticus L.

P. 389. Faverolles. — Faberole. — Phaseolus vulgaris L. Haricots. — La figure de cette espèce dans un manuscrit de 1508 est intéressante au point de vue historique, car, selon Alph. de Candolle (Orig. des pl. cult., p. 275) : on n'est pas complètement sûr que Phaseolus vulgaris fût connu en Europe avant la découverte de l'Amérique. »

P. 208. Feullagiee. — Florigeria. — Melampyrum arvense L. Queue-de-renard, rougeole.

P. 81. Feuves. — Faba. — Faba vulgaris Mch. Fleurs et gousses de fèves.

P. 52. Flambe. — Yris. — Iris germanica L. Iris violet.

P. 66. Flamettes. — Jacea nigra. — Lychnis flos-cuculi L. Fleur de coucou. — Flamette est le diminutif de flamme conservé dans oriflamme ; c'est-à-dire que les pétales de la jolie fleurette ont été, par une heureuse comparaison, regardés comme de petits étendards roses.

P. 242. Fleur de Marion. — Camixpitheos. — Veronica teucrium L. Véronique teucriette.

P. 255. Fleurencelle.— Florenceola. — Campanulacée indéterminable. Decaisne propose le Phyteuma orbiculare.

P. 51. Fleur negee. — (Le nom latin manque dans le manuscrit.) — Enluminure fantaisiste formée de fleurs bleues d'œillet simple sur des tiges de coquelicot.

P. 448. Fogere bastarde. — Osmundum. — Polystichum filix-mas Roth. Fougère mâle.

P. 191. Forment. — Triticum. — Triticum vulgare Vill. Froment, blé ordinaire.

P. 151. Fougère. — Felix. — Pteris aquilina L. Grande fougère.


[350]

P. 333. Foysnez. — Fagus. — Fagus sylvatica L. Faînes, fruits du hêtre.

P. 41. Framboyses. — Fraxibasia. — Rubus idæus L. Framboises.

P. 417. des Frelles. — Flacea. — Bidens tripartita L. Chanvre d'eau. — Flacea pourrait bien être pour filacea, mot qui aurait été formé sur le français filace (filasse).

P. 447. du Frellon (1). — Brusci. — Ruscus aculeatus L. Fragon, houx-frelon (fruits). — La plante a été nommée frelon, à cause des rameaux à pointes qui piquent comme l'insecte de même nom. Quant au nom moderne fragon, c'est tout simplement le latin fragum, fraise, écrit selon l'ancienne prononciation qui a donné origanon, basilicon, phelandrion, etc., dans les anciens textes.

P. 109. Freres. — Fragula. — Fragaria vesca L. Fraises.

P. 309. Fumeterre. — Fumus terre. — Fumaria officinalis L. Fumeterre officinale.

P. 215. Galiot. — Galiofilata. — Geum urbanum L. Benoîte commune, appelée aussi jadis gariofilée et galiofilée. Cette plante est du reste nommée galliot ou galiot dans la plupart des traités de botanique du XVIe siècle.

P. 167. Ganc blanc. — Species urtica alba. — Lamium album L. Lamier blanc, ortie blanche. — La forme ganc, au lieu de gant, est due certainement ici, comme ailleurs, à la confusion du c et du t dans l'écriture gothique.

P. 58. Gant nostre Dame. — Species urtica mortua. — Lamium purpureum L. Lamier pourpre.

P. 212. Garencelle. — Spergula. — Galium verum L. Caille-lait jaune. — Le nom de Garencelle a été donné à cette plante à cause de sa ressemblance avec la garance.

P. 216. Garest. — Burgena. — Evonymus europæus L. Fusain, bonnet de prêtre (fruits). — Cette espèce s'appelle aujourd'hui galais, dans la Champagne.

P. 16. Garoffle. — Specie cardo. — Cynara scolymus L. Artichaut. — Garoffle est une erreur du copiste pour carciofle, d'où est venu carchouflier (voy. Littré, Dicl.).

P. 310. Gaude. — Gauda. — Reseda luteola L. Gaude, herbe à jaunir.

P. 110. Genestz. — Genesta. — Sarothamnus scoparius K. Genêt à balais.

_______________________

1. Ce mot, de même que deux ou trois autres (Senexon, Neole), est écrit en bleu, et semblerait avoir été ajouté par une autre main que celle du scribe ordinaire.


[351]

P. 211. Geneterolle. — Species geneste. — Genista tinctoria L., Genestrolle.

P. 263. Geniesvre. — Juniperus. — Juniperus communis L., Genévrier,

P. 51. Glais d'eau. — Acorus. — Iris pseudacorus L. Flambe d'eau, iris jaune.

P. 168. Gloustrons. — Bardana. — Lappa major DC. Bardane, glouteron.

P. 108. Goudestz. — Corrigiola. — Convolvulus sepium L. Grand liseron.

P. 462. Grace gelline. — Gallina. — Il est probable que l'artiste a voulu représenter ici le Xanthium strumarium L. (Lampourde, grapilles), comme le croyait Jussieu. Decaisne pencherait pour un Chenopodium, mais cette opinion ne nous paraît guère fondée.

P. 472. Gratereau. — Verrolium. — Galium tricorne Wilh. La couleur violacée donnée aux fleurs de ce gaillet est fantaisiste.

P. 329. Grouselliers. — Rhamnus. — Ribes uva-crispa L. Groseilles à maquereaux.

P. 14. Grousse testes. — Cephagrossum. — Scabiosa arvensis L. Scabieuse des champs. — Pour Jussieu, la figure représente l'Aster atticus cærul. vulg. de C. Bauhin.

P. 102. Gripaume. — Catula. — Leonurus Cardiaca L. Agripaume. — Le nom latin catula, petite chatte, a été donné à cette fleur sans doute à cause de la villosité de sa corolle.

P. 236. Grivolee. — Species satyrion. — Orchis fusca Jacq. Variété de l'Orchis pourpre. — L'espèce est dite grivolée (ancienne forme de grivelée), parce que son labelle est moucheté comme le plumage des grives.

P. 241. Guernades. — Mala grenata. — Punica granatum L. Fruits du grenadier, grenades.

P. 111. Guiroflee. — Species tunici. — Dianthus caryophyllus L. Œillet giroflée (fleurs simples).

P. 165. Guiroflee jausne. — Species keyri. — Cheiranthus cheiri L. Giroflée des murailles.

P. 244. Guis de chesne. — Vistus (l. viscus) quercinus. — Viscum album L. Gui.

P. 463. Guymauves. — Bismalve. — Althæa officinalis L. Guimauve.

P. 453. Gyon. — Species blete. — Apparemment le Chenopodium album L., anserine blanche ; mais la figure est médiocre et douteuse. Les dénominations de « blete » et blitum album, dont se sert

352

Jussieu, se rapportent certainement à la même ansérine. Quant à Decaisne, il voit ici un Amarantus.

P. 194. Hache. — Apium. — Levisticum officinale K. Livèche.

(A suivre.)


Troisième partie (pp. 366-375)

[366]

(Suite.)

P. 107. Hanon. — Jacea nigra. — Centaurea jacea L. Centaurée des prés. — Hanon est encore aujourd'hui, en Normandie, le nom de cette centaurée et de plusieurs autres espèces voisines, telles que C. nigra, C. Scabiosa, etc. M. Joret (Patois du Bessin, p. 113) rapproche hanon de han (Cyperus longus, souchet) en donnant comme racine l'allemand hanf, chanvre. Je crois plutôt que hanon est le diminutif du vieux français hane, crochet. Ce nom aurait été donné à la plante à cause de la forme de ses fleurs ou de ses feuilles.

P. 451. Herbe au char[penti]er. — Lancerlata (l. lanceolata). — Plantago lanceolata L. Plantain, oreille-de-lièvre.

P. 238. Herbe saint Jehan. — Peonia. — Pæonia officinalis Retz. — Pivoine officinale. — Jussieu dit « Pivoine male ».

P. 369. — Hobelon. — Luppulus. — Humulus lupulus L. Houblon.

P. 398. — Homeau. — Ulmus. — Ulmus campestris Sm. Orme, que Jussieu écrit « horme ».

P. 133. Horvalle. — Aurum valet. — Scrofularia nodosa L. Grande scrofulaire.


[367]

P. 248. du Houst. — Viscus agrifolium. — Ilex aquifolium L. Fruits du houx. — On tirait déjà la glu de cette plante ; de là le nom de Viscus.

P. 35. Huillet. — Species tunici. — Dianthus caryophyllus L. flore pleno. Œillet giroflée à fleurs doubles.

P. 134. Huilletz blanc. — Species tunici. — Dianthus caryophyllus L. fl. albo pleno. — Œillet blanc à fleurs doubles.

P. 71. Jalousie. — Zelotipie. — Delphinium Consolida L. Pied d'alouette. — Généralement c'est à l'Amarantus tricolor que l'on donnait jadis le nom de jalousie ou gelesie (dans le latin du moyen âge gelesia, gelosia, d'où le nom générique moderne celosia. Cfr. « Circa instans et Gr. Herbier » n° 213).

P. 126. Janetee (l. Janetes). — Saponaria. — Saponaria officinalis L. Saponaire.

P. 79. Janettes. — Species behen albi. — Lychnis dioica DC. Floquet.

P. 159. Jarveau (l. Jarreau ?). — Species orobi. — Probablement le Lathyrus Cicera L., jarrose, jarrat, petite gesse. — Pour Jussieu, c'est la Vicia sativa, et pour Decaisne l'Orobus tuberosus L.

P. 173. Jasmin. — Sambacus. — Jasminum officinale L. Jasmin commun.

P. 282. Jaulnete. — Lactuca. — Peut-être le Senecio paludosus L. Seneçon des marais. — Jussieu croît y reconnaître la Lactuca sativa, et Decaisne une espèce de Senecio.

P. 175. Jobarde. — Barba Jovis. — Sempervivum tectorum L. Joubarbe ; et non S. arachnoideum L. comme le dit Decaisne.

P. 258. Jomarin. — Joncus marinus. — Ulex europæus L. Ajonc, jonc marin. — Jussieu a fait erreur en donnant pour l'identification le Genista Spartium (= Spartium junceum L.).

P. 139. Langue de beuf. — Species buglossa. — Lycopsis arvensis L. Grippe des champs. — La plante est si bien figurée que je m'étonne de voir Decaisne proposer l’Anchusa italica Retz, d'autant plus que cette dernière espèce est très bien peinte sous le nom de bugleuse, p. 180.

P. 269. Langue de vache. — Species buglosse. — Anchusa officinalis L. Buglosse officinale. Ni l'identification « orcanette » (Alkanna tinctoria DC.), que donne Jussieu, ni celle de Cynoglossum officinale proposée par Decaisne, n'est admissible.

P. 429. Leaune. — Bealna. — Plante mal dessinée, difficile à déterminer. Probablement le Stachys palustris L., ainsi que l'a pensé Decaisne.


[368]

P. 307. Lestus (l. lestue). — Lactica. — Lactuca sativa L. Laitue.

P. 272. Letrons. — Rostrum porci. — Sonchus oleraceus L. Laiteron, laceron.

P. 149. du Lin. — Linum. — Linum usitatissimum L. Lin cultivé.

P. 257. Lis bastard. — Lilium silvestrum. — Liliacée difficile à identifier. D'après Jussieu, ce serait l'Ornithogalum umbellatum, et selon Decaisne, le Phalangium Liliago Schreb.

P. 127. menu Lys. — Centaurea maior. — Lysimachia vulgaris L. Grande lysimaque, corneille.

P. 55. Lys blanc. — Lilium. — Lilium candidum L. Lys commun.

P. 235. Lys oust. — Species lilii. — Le dessin indiquerait une caryophyllée, mais les fleurs sont de couleur orange. — Lys oust est peut-être l'abrévation de Lys oustremer.

P. 353. Lys rouge. — Lilium rubeum. — Lilium croceum Chaix. Lis jaune orange.

P. 259. Mactrax. — Papirus. — Typha angustifolia L. Matelas, massette, et selon Jussieu « masse ». — Le mot mactrax [= matras, matelas) signifiait dans l'ancienne langue un gros trait lancé par l'arbalète, et c'est à cette sorte de flèche que l'on a comparé les épis de la massette. D'ailleurs les termes de masse, massette, représentent ici la masse d'armes du moyen âge. Ces genres de rapprochements étaient jadis très fréquents. De là sont venus dans la nomenclature des plantes les noms de rumex, tribulus, chausse-trape, barbelée, comme aussi celui de macre appliqué au Trapa natans à cause de la forme de ses fruits, qui rappelaient les boules avec pointes de fer dont étaient garnies certaines maques (masse d'armes. Voy. Godefroy, Dict.). Il est curieux que personne, pas même Littré, n'ait pensé à cette explication pour l'historique des mots macre, macle, ni pour celui de macque, masse servant à broyer le chanvre ou le lin.

P. 267. Mante. — Mentastrum. — Mentha aquatica L. Menthe à grenouille.

P. 317. Marest. — Muguetum palustre. — Cardamine pratensis L. Cressonnette.

P. 90. Margarites. — Consolida minor. — Bellis perennis L. Pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches bordées de carmin.

P. 202. Marjolaine sauvage. — Origanum. — Origanum vulgare L. Origan, marjolaine bâtarde.

P. 115. Marjolene grenee. — Sansucus. — Origanum Maiorana L. Marjolaine.


[369]

P. 143. Mauves. — Malva. — Malva sylvestris L. Mauve sauvage.

P. 304. Melice. — Melissa. — Melissa officinalis L. Mélisse, citronnelle. — Le dessin est exact, mais le miniaturiste a donné aux fleurs une teinte violacée qui n'appartient pas à cette plante.

P. 464. Melinot. — Melliloti. — Melilotus officinalis Lam. Melilot.

P. 228. Mental. — Mentastrum. — Mentha rotundifolia L. Baume sauvage. — Mental est probablement une fausse lecture de mentas. (Cfr. plus haut Arolle pour Arosse.)

P. 271. Mentillon. — Matricarie. — Veronica Beccabunga L. Cressonnière.

P. 144. Menuettes. — Minuta. — Polygala vulgaris L. Laitier commun.

P. 166. Mere martyr. — Species camamille. — Leucanthemum parthenium G. G. Matricaire.

P. 233. Mesles. — Nespulum. — Mespilus germanica L. Nèfles.

P. 32. Meurdre. — Muleta. — Myrtus communis L. Myrte.

P. 276. Meures. — Mora celsi. — Morus nigra L. Fruits du mûrier noir.

P. 193. Mil. — Milium. — Setaria italica PB. Millet.

P. 273. Millart. — Panicum. — Panicum miliaceum L. Millet des oiseaux. — Jussieu dit « Panis ».

P. 245. Mil rouge. — Milastea. — Setaria italica PB. Mille (variété à grains rougeâtres).

P. 295. Millez feulles. — Millefolium. — Achillea Millefolium L. Millefeuille.

P. 120. Milles pertuys. — Mille foramina. — Hypericum perforatum L. Mille-pertuis, herbe de la Saint-Jean.

P. 270. Mire soleil. — Testicolos sacerdoti. — Ficaria ranunculoides Mch. Petite chélidoine, éclairette.

P. 302. Mitons de saule. — Mellilotum. — Salix capræa L. Chatons mâles de saule. (Cfr. Chatons 324.)

P. 469. Molaine. — Molanie. — Verbascum Thapsus L. Molène, bouillon blanc.

P. 465. Morelle. — Morella. — Solanum nigrum L. Morelle (fleurs).

P. 285. Moron blanc. — Morsus galine. — Stellaria media Vill. Morgeline, mouron des oiseaux.

P. 354. Moron rouge. — Morsus galine. — Anagallis arvensis L. Mouron rouge.


[370]

P. 218. la Mossue. — Moussata. — Très probablement une algue, une Conferva, comme l'a fort bien vu Jussieu qui la nomme « mousse d'eau ». L'artiste lui a donné une forme décorative dont les contours rappelleraient vaguement la silhouette de trois œillets doubles superposés, et c'est ce qui fait que Decaisne a été tenté de voir dans cette miniature « une chloranthie prolifère de l'œillet ». Il aurait pu ajouter « de l'œillet double », ce qui aurait compliqué l'anomalie.

P. 138. Moustarde. — Sinapis. — Sinapis nigra L. Moutarde noire. — Jussieu indique la « sanve », c'est-à-dire le Sinapis arvensis L., car il ajoute « Sinapi arvense præcox, semine nigro ». Quant à Decaisne, il croit reconnaître ici le Sisymbrium amphibium de Linné (Roripa amphibia Bess.), qu'il appelle « raifort d'eau ».

P. 72. Muguet des prez. — Species trifolii. — Lotus corniculatus L. Lotier.

P. 65. franc Muguet. — Croseta lilialis. — Asperula odorata L. Aspérule odorante.

P. 322. Myeulx que or. — Species melliloti. — Crucifère difficile à déterminer. Jussieu a proposé le « Bunia » ou le Napus sylvaticus de C. Bauhin ; Decaisne, un Nasturtium.

P. 385. Nantilles. — Species pisei. — Lathyrus sylvestris L. ou L. latifolius L. Gesse bleue.

P. 401. Naveaulx sauvages. — Napus silvestris. — Bryonia dioica Jq. Vigne blanche, navet du diable, et d'après Jussieu « Couluvrée ».

P. 349. Nefflier. — Florum mespule. — Mespilus germanica L. Fleurs de néflier.

P. 56. Ne me obliez mie. — Camepiteos. — Veronica Chamædrys L. Véronique des bois.

P. 457. Neole. — Enulla campana. — Inula Helenium L. Aunée.

P. 425. (Nom effacé.) — Nucariis. — Juglans regia L. Noix.

P. 69. Norilles franches. — Corulus. — Corylus maxima Miller. Noisettes franches, cultivées.

P. 185. Nourilles de boys. — Avalena silvestris. — Corylus Avellana L. Noisettes des bois.

P. 77. Nyelle. — Nygena. — Agrostemma Githago L. Nielle des champs. — Cfr. Negella (Coquelourdes).

P. 287. Ongnons. — Cepe. — Allium Cepa L. Oignon.

P. 337. (Le nom français manque.) — Citrangulus. — Citrus Aurantium Risso. Oranges.

P. 189. Orge. — Ordeum. — Hordeum vulgare L. Orge, escourgeon.


[371]

P. 443. Orpin.— Faba subersa. — Sedum Telephium L. Reprise, grassette. — Faba subersa est une erreur de lecture ; il faut certainement corriger par Faba inversa.

P. 277. jeune Palme. — Palma. — Chamærops humilis L. — Palmier-éventail. — L'artiste a tellement allongé et serré les feuilles pour les faire tenir dans la marge, que Jussieu les a prises pour celles d'un dattier.

P. 76. Pansée jaulne. — Species tassus barbatus. — Verbascum Blattaria L. Molène ; selon Jussieu « herbe aux mites ».

P. 125. Pansées. — Menuta penseta. — Viola tricolor L. — Pensée.

P. 230. Panserolle. — Satyrion. — « Orchis militaris major C. B, male picta », dit Jussieu. Le dessin est, en effet, fort médiocre, et l'espèce représentée est difficile à reconnaître. Cependant c'est bien un Orchis, et non la Stachys sylvatica comme l'a cru Decaisne.

P. 158. Paqueretes. — Consolida minor. — Bellis perennis L. Petite marguerite, pâquerette cultivée. (Fleurs doubles entièrement blanches.)

P. 87. Paqueretes jaulnes. — Consolida. — Ranunculus acris L. Bassinet. La miniature offre l'espèce à fleurs doubles, cultivée dans les jardins sous le nom de « Bouton d'or ».

P. 35. Paqueretez d'eau. — Consolida media. — Pulicaria dysenterica Gærtn. Pulicaire dysentérique.

P. 59. Passe rose. — Nigella. — Lychnis coronaria DC. Coquelourde.

P. 68. Passeveloux. — Passivelocm (l. Passivelotum). — Celosia cristata L. Amarante crête de coq.

P. 136. Pastonnades. — Pascinaca (l. Pastinaca) domestica. — Daucus Carota L. Carotte. Dans la miniature, les fleurs sont rosées, comme c'est le cas lorsque l'ombelle de cette plante n'est pas entièrement épanouie.

P. 296. Pate de lyon. — Marsilium. — Helleborus fœtidus L. Ellébore. — Pour Jussieu c'est le H. niger, « pied-de-griffon ».

P. 105. Pavot. — Papaver album. — Papaver somniferum L. Pavot blanc cultivé.

P. 45. Pavot rouge. — Papaver rubeum. — Papaver Rhœas L. Coquelicot.

P. 30. Peisars. — Specie pisei. — Astragalus glycyphyllos L. Reglisse bastarde. — Jussieu dit « Pois sauvages »,

P. 316. grosses Penscees. — Grossa pensate. — Viola tricolor L. var. hortensis. Grandes pensées violettes, cultivées.


[372]

P. 294. Penserol. — Panseolum. — Ajuga reptans L. Bugle.

P. 243. Percillee. — Serfolii. — Helosciadum nodifiorum K. Helosciadie. — Diverses ombellifères aquatiques ont été, comme celle-ci, comparées au « persil » ; nous avons par exemple le « persil des marais » (Sium angustifolium Lam.), le « persil de l'eau » (Œnanthe Phellandrium Lam.), etc.

P. 86. Pescher. — Flores persici. — Persica vulgaris DC. Fleurs de pêcher.

P. 361. (Les noms français et latin étaient déjà effacés dans le manuscrit, du temps de Jussieu.) La miniature représente des pêches (Persica vulgaris DC.).

P. 82. Peterolle. — Species behen albi. — Silene inflata DC. Silène gonflée. — Comme l'on sait, c'est un jeu ordinaire pour les enfants de faire éclater le calice de cette fleur sur le front ou sur le dos de la main, en produisant un certain bruit qui les amuse beaucoup. De là est venu, sans aucun doute, le nom vulgaire de peterolle donné ici à cette espèce ; dénomination analogue à celles de craquette, claquet, claquoire, etc., en usage dans quelques régions de la Normandie (voy. Joret, Fl. n., p. 30).

P. 70. Picot. — Pes corvi. — Ranunculus bulbosus L. ou R. acris L. Renoncule des prés. — Selon M. E. Rolland (Fl. pop. variétés bibl., p. 17) le terme de picot (= pied de coq) s'applique encore à ces espèces, dans les environs d'Amboise. D'après Desvaux (Flore de l'Anjou), ce serait aussi le nom du Ranunculus parviflorus L.

P. 237. Pié de pigeon. — Pes columbini. — Ranunculus repens L. Renoncule pied de poule.

P. 460. Pinpenelle. — Pimpenella. — Poterium Sanguisorba L. Pimprenelle.

P. 222. Piquerolle. — Yringi. — Centaurea Calcitrapa L. Centaurée chausse-trape, chardon étoilé. — Decaisne a fait erreur en proposant ici l’Onopordon Acanthium L.

P. 251. Pironnée. — Species satirionis. — Muscari racemosum L. Muscari à grappe. — Jussieu y voyait la « fritillaire ».

P. 265. Plantain. — Plantago. — Plantago major L. Grand plantain.

P. 22. Polioust. — Pulegium. — Mentha Pulegium L. Pouliot.

P. 473. Politrice. — Politrici. — Asplenum Trichomanes L. Polytric officinal.

P. 131. Pommes de paradis. — Poma paradisi. — Malus communis Lam. Pommes de paradis encore vertes.

P. 377. Pommes de pin.— Pomas pin. — Pinus pine L. Pin pignon.


[373]

P. 365. Ponmes de roueau. — Pommas. — Malus communis Lam. Variété qui est peut-être la pomme de rouelle indiquée dans la Fl. pop. norm., p. 261, de C. Joret, ou le rouvezeau mentionné dans le Dict. de Littré. Je trouve, au XVIe siècle, dans le « Nomenclator » de Junius, l'appellation pommes de rouueau appliquée à la mala rubelliana de Ruellius, Jussieu donne pommes de raveau.

P. 198. Ponceau. — Papaver rubeum. — Papaver Rhœas L., Coquelicot.

P. 61. Ponmier. — Florum pomy. — Malus communis Lam. Fleurs rosées de pommier.

P. 214. Popier. — Portulaca. — Portulaca oleracea L. Pourpier. — On rencontre aussi, au XVIe siècle, la graphie pourpied, qui laisse mieux voir l'origine du latin pulli pes.

P. 281. Pourpree. — Purpurea. — Fleurs violettes difficiles à déterminer. Decaisne serait porté à y voir une variété de Helianthemum (!).

P. 466. — Pourreaulx. — Porrum. — Allium Porrum L. Poireaux.

P. 345. Poyrier de fin or. — Pirus. — Pyrus communis L. Variété de poires.

P. 97. Poys en gousse et en fleur. — Cicer album. — Pisum arvense L. Pois pigeon.

P. 300. Poys platz. — Lupini. — Lupinus albus L. Lupin cultivé (gousses, sans fleurs).

P. 439. de la Poyvrade. — Ges. — Nigella sativa L. Nigelle. — Le mot ges est dû apparemment à une faute du copiste, qui avait à écrire git, jadis le nom latin de la nigelle.

P. 397. Poyvre. — Piperi rotondi (1). — Ribes nigrum L. Fruits du groseillier noir, cassis.

P. 306. Poyvrier. — Flores piperi. — Ribes nigrum L. Fleurs du groseillier noir. — Ces deux dernières miniatures constituent, si je ne me trompe, le plus ancien document qui nous soit parvenu sur la culture du groseillier noir, non seulement en France, mais en Europe. En effet, cet arbuste inconnu aux anciens, n'est mentionné, ni dans les herbollaires du moyen âge, ni dans les traités des premiers botanistes de la Renaissance. Il faut arriver à la seconde moitié du XVIe siècle pour trouver quelque auteur, tel que J. Bauhin, qui en parle en nous faisant savoir qu'on la cultivait alors en Italie et en France.

Dans son Mémoire présenté à l'Académie des sciences, en 1722,

_________________________

1. « Grossularia nigra, est aliis Pipirella a baccis magnitudine, coloreque piperi similibus, officinis Ribes niger, Gallis Poivrier et groselier noir dicitur. » (J. Dalechamp, Hist. gen. plantarum, I, 132.)


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A. de Jussieu nous apprend que les noms de cassis et de poivrier étaient propres au Poitou, tandis qu'à Paris, on ne se servait que du terme groseillier noir. Toutefois le mot cassis tendait alors à se répandre, car il avait été publié, en 1712, un opuscule intitulé : « Propriété admirable du cassis, plante de la Tourraine, du Poitou, etc. (1) ». Ce nom de cassis vient, selon toute probabilité, de ce qu'on employait dans les officines le Ribes nigrum à la place de la cassia lignea ou de la cassia fistula. A l'appui de cette hypothèse, je puis citer le passage suivant de la « Pharmacopœa helvetica » publiée à Bâle, en 1771 : « Cassis, Groseiller noir, Poivrier ; Ribes nigrum L. Baccae diureticae audiunt, sic etiam interior cortex Gallis cassis dicitur » . Ainsi ce vocable serait tout simplement une forme altérée de cassie (caissie, ap. Godefroy), traduction du latin cassia ou casia. L'altération pourrait être due à l'influence de la première syllable de fistula ; du moins c'est ainsi que je m'explique la graphie caissis fistula, que j'ai rencontrée dernièrement dans un manuscrit du XVe siècle (Bibl. nat. de Turin, M, IV, II, fol. 2201°) .

P. 225. Preunes damars. — Prunas. — Prunus domestica L. Prunes de Damas, rondes et violettes. — Le « Circa instans » de Modène a déjà la dénomination Pruna damascena, et la traduction du même ouvrage (n° 389) : Prunes de Damas ou damascenes. Or dans ces deux exemples, Damas nous semble bien être le nom de la ville et non celui de l'étoffe, comme le voudrait Littré.

P. 62. Prevanche. — Provinca. — Vinca minor L. Pervenche.

P. 45. Primeveize. — Species primula verum. — Galanthus nivalis L. Perce-neige. — L'artiste s'est pris la fantaisie de peindre quelques-unes de ces fleurs en bleu.

P. 94. Prunier. — Florum prunorum. — Prunus domestica L. Fleurs de prunier.

P. 381. du Pullan. — Catolleria arbor. — Le dessin de la figure laisse à désirer, mais il est probable qu'il s'agit ici des fleurs de l'alisier, Sorbus aria Crantz, ou, comme le croyait Jussieu, de celles du « Buisson ardent » (Cotoneaster pyracantha Spach). Selon Decaisne, ce serait le Cratægus Amelanchier. Si l'on s'en tenait seulement au nom français, on serait porté naturellement à identifier ces fleurs avec celles du Cerasus Padus DC. , c'est-à-dire du « bois puant » ou « putiet » , car le mot pullan n'est autre qu'une des nombreuses formes de l'ancien adjectif pulent, signifiant infect, puant, etc., et provenant de *putu-

1. Voy. A. de Candolle, L'origine des plantes cultivées, p. 222 et 377. Paris, 1886. — M. de Candolle s'était d'abord demandé si la ville de Cassis, en Provence, n'aurait pas donné origine au nom de cassis pour le groseillier noir. Mais ensuite, dans les Additions de sa 3e édition, l'auteur a admis la dérivation de cassia que j'avais proposée dans la Revue de Botanique, t. III, p. 127 (Toulouse, 1884).


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lentum ou de *purulentum (voy. A. Bos, Gloss. de la langue d'oïl. Quant au terme Catolleria, il doit dériver de catus, comme les noms que l'on a vus plus haut, Catula (Gripaume) et Catoleri (Blanche futaine).

P. 92. Que Dieu march[and]a. — Edera terrestris. — Glechoma hederacea L. Lierre terrestre. Jussieu l'appelle aussi « Terrette ».

P. 163. Quegourdes. — Cucurbita. — Lagenaria vulgaris Ser. Calebasse.

P. 323. Quegourdes de Turquie. — Colloquintida. — Jussieu voyait dans cette miniature la coloquinte (Citrullus Colocynthis L.), et Decaisne la citrouille (Cucurbita Pepo L.). Mais, ainsi que me l'a fait observer M. le Dr Bonnet, il est plus probable que c'est le Cucurbita moschata Duch., appelé « Courge d'Afrique, Barbarine, Courge des Bédouins ».

(A suivre.)

Quatrième partie (pp. 396-401)

[396]

(Fin.)

P. 421. du Querson. — Nasturci aquatici. — Très probablement le cresson de fontaine (Nasturtium officinale R. Br.), d'après le dessin ; mais les fleurs ont été peintes en bleu pâle. C'était aussi l'opinion de Jussieu. Pour Decaisne, il n'a vu ici qu'une plante imaginaire.

P. 197. Querson alenoys. — Eruca. — Lepidium sativum L. Cresson alénois. — On a relevé dans des textes du XIIIe et du XIVe siècle, les formes orleneis, orlenois, aulenoys, qui, selon Littré, proviendraient de l'adjectif « orlenois » (Aurelianensis, orléanais, d'Orléans). Ainsi que je l'ai déjà fait remarquer ailleurs, cette étymologie n'est guère satisfaisante. En effet, le Lepidium sativum, originaire de l'Orient, était jadis cultivé partout, à cause des nombreuses propriétés


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médicales qu'on lui reconnaissait. On le nommait ordinairement cresson de jardin pour le distinguer du cresson de fontaine. Ainsi il est dit dans le curieux glossaire du XIIIe siècle, connu sous le nom de « Alphita » : « Nasturtium aquaticum est, et ortolanum ; sed quando simpliciter politur, ortolanum intelligitur ». En conséquence je croirais plutôt que l'ancienne forme orlenois est dérivée de quelque barbarisme du moyen âge, tel que *hortulanense, intermédiaire entre hortulanum et hortense.

P. 201. Ramberge. — Mercurialis. — Mercurialis annua L. Foirasse, vignette. — Le nom de ramberge s'est conservé en Normandie pour la même espèce.

P. 313. Raisins noirs. — Uva nigra. — Vitis vinifera L. Grappes de raisin noir. Jussieu dit « Morillon noir ».

P. 274. Reguelisse sauvage. — Aristologia longa. — Aristolochia Clematitis L. Aristoloche, sarrasine.

P. 221. Remanbrance. — Lunaria minor. — Heliotropium europæum L. Herbe aux verrues.

P. 64. Responces. — Mella. — Campanula Rapunculus L. Raiponce.

P. 147. Reveille matin. — Linaria. — Linaria vulgaris Mch. Linaire commune, — Le nom français indique qu'il y a eu confusion entre cette linaire et l'Euphorbia Lathyris L. ; en effet les deux espèces ont entre elles une certaine ressemblance par les feuilles.

P. 234. Riffors. — Raffanus domesticus. — Raphanus sativus L. Radis, ou raifort, comme le dit Jussieu.

P. 290. Rigault. — Species me[n]tastrum. — Mentha sp. Menthe presque semblable à celle qui est appelée ci-après « Rigueloux » ; peut-être la M. aquatica L.

P. 170. Rigolet. — Pulegium regale. — Mentha Pulegium L. Pouliot. — Le mot rigolet semble être venu de l'ancien nom latin regale, prononcé avec l'accentuation française ; mais il est probable que cette dérivation s'est faite sous l'influence du mot rigole, à cause de l'habitat ordinaire de la plante. — Les termes de rigault, rigueloux, donnés dans ce manuscrit à d'autres espèces de menthe ont certainement la même origine.

P. 288. Rigueloux. — Species balsamite. — Probablement la Mentha citrata Ehrb. Menthe citronnée, cultivée.

P. 299. Romarin. — Ros marinus. — Rosmarinus officinalis L. Romarin.

P. 413. Ronsces. — Arbustum rubri. — Rubus fruticosus L, Ronce. — Le célèbre philologue Diez, avait, avec sa clairvoyance habituelle, tiré « ronce » de rumicem, comme « ponce » de pumicem. Cepen-


[398]

dant, comme on ne connaissait pour le latin rumex que les sens de dard et d'oseille, Littré s'était montré peu satisfait de cette étymologie et en avait proposé une autre basée sur la signification du verbe runcare cité par Du Cange. Or je vais signaler deux exemples décisifs qui prouvent qu'au moyen-âge le mot rumex s'est employé avec le sens de ronce. Le plus ancien est emprunté à Marcellus Empiricus (cap. XVI), le voici : « Radices rumicis minutæ ejusque par campum se sternit et mora fert parvula ». L'autre, du XIIIe siècle, est tiré du glossaire « Alphita » : « Rumex, hujus duo sunt genera, scilicet ferens mora, et sterilis ; quando simpliciter ponitur, ferens mora vel batus intelligitur ».

P. 435. Roquete. — Eruca. — Eruca sativa Lam. Roquette.

P. 75. Roses de la marque d'Ancousne. — Species rosarum. — Rosa sp. — Jussieu le nomme « Rosier de tous les mois ». — La miniature, qui occupe tout l'encadrement du texte, offre deux rameaux de rosier, l'un à fleurs blanches, l'autre à fleurs roses.

P. 105. Roses d'oustre mer. — Species malve. — Althæa rosea L. Rose trémière. — Ainsi qu'on l'a déjà fait observer, le mot tremière n'est probablement qu'une altération d'outremer, et par conséquent le nom de « Rose de Tremier » , rapporté par Jussieu, est erroné. Dans le « Nomenclator » de Junius Hadrianus, et dans le traité de Dalechamp cette althée est encore appelée « Rose d'outremer » .

P. 55. Roses roges. — Rosa rubea. — Rosa gallica L. Roses de Provins.

P. 227. Roses sauvages. — Bedgaris arbor. — Rosa canina L. Fleurs d'églantier.

P. 84. Rubitz. — Species amarice. — Adonis æstivalis L. Goutte de sang.

P. 186. Rue. — Rutarum. — Ruta graveolens L. Rue des jardins.

P. 210. Saffran. — Crocus. — Crocus sativus L. Safran cultivé.

P. 278. Saffran bastard. — Cartamus. — Carthamus tinctorius L. Carthame des teinturiers.

P. 190. Saigle. — Siligo. — Secale cereale L. Seigle.

P. 113. Sarrarine. — Species amarusta. — Chrysanthemum segetum L. Chrysanthème des blés.

P. 427. Sarriete. — Saturagia. — Satureia hortensis L. Sarriette des jardins.

P. 199. Sauge menue. — Salva menuta. — Salvia officinalis L. Sauge officinale. Jussieu dit : « petite sauge ».

P. 145. Scabieuse. — Scabiosa. — Scabiosa columbaria L. Scabieuse colombaire.

P. 206. Senelles. — Spina albaCratægus oxyacantha L. Cenelles, fruits de l'aubépine.


[399]

P. 433. du Senexon. — Cardumoen. — Senecio sylvaticus L. Seneçon des bois. — Le mot cardumoen me semble être une erreur de copiste ; il faut lire apparemment carduniceri.

P. 171. Serires. — Cerasium. — Cerasus vulgaris G. G. Cerises, griottes.

P. 161. Serpentine. — Gersa serpentaria. — Arum Dracunculus L. Grande serpentaire. — Gersa doit être de nouveau une faute du scribe ; peut-être avait-il à copier grossa.

P. 308. Sicamour. — Siccamor. — Acer Pseudo-Platanus L. Sycomore, faux platane.

P. 63. Siccoree. — Cicorea. — Cichorium Intybus L. Chicorée sauvage.

P. 219. Sireaulx. — Papirus. — Carex riparia Curt. Laiche des rives. Jussieu écrit « lèche ».

P. 18. Sousperantvin. — Species tripholium. — Trifolium rubens L. Trèfle rouge. — Qu'est-ce que sousperantvin ? Je serais porté à l'interpréter par souspire en vain.

P. 67. Soussicle. — Calandula. — Calendula arvensis L. Souci.

P. 305. franche Souscicle. — Species calandula. — Calendula offîcinalis L. Souci cultivé.

P. 60. Souvienne vous de moy. — Amicalis subventio. — Myosotis palustris With. Ne m'oubliez pas.

P. 36. Symballes. — Species prima veri. — Narcissus Pseudo-Narcissus L. Narcisse jaune.

P. 232. Tartarie. — Tartaria. — Pedicularis sylvatica L. Pédiculaire.

P. 325. Tavellee. — Species satyrion. — Orchis mascula L. Orchis mâle. — Cette espèce est dite tavellée à cause des taches que présente son labelle. Le verbe taveler de l'ancien français provenait de *tavellare, paver, est-il dit dans les dictionnaires étymologiques ; mais alors il faut entendre dans ce cas un pavement à la vénitienne, le terrazzo, que Théophile Gautier comparait aux tranches de mortadelle.

P. 470. Tavellee. — Pelmoneria. — Pulmonaria offîcinalis L. Pulmonaire officinale. — Le nom de tavelée est resté dans le patois normand pour une autre borraginée, l’Echium vulgare L.

P. 122. de la Tenaisie. — Athanasia. — Tanacetum vulgare L. Tanaisie, barbotine.

P. 301. Testesorix. — Crassula minor. — Sedum acre L. Orpin, vermiculaire. — Teste sorix au lieu de tette de souris est une erreur fort ancienne, car nous avons déjà teste de souris au XVe siècle, dans la traduction du « Circa instans », de Modène (n° 492). M. Joret


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(op. cit., 79) signale le nom de tétin-de-sou(o)ris pour le Sedum album L. , comme usuel de nos jours dans différentes régions de la Normandie.

P. 148. Tierce feulle. — Tercifolium. — Plante fantaisiste, indéterminable.

P. 264. Titimali grand. — Titimali maior. — Euphorbia helioscopia L. Réveille-matin.

P. 101. Treifles. — Trifolium maculatum. — Trifolium pratense L. Trèfle, triolet.

P. 461. Tremblant. — Fenum vulgatum. — Briza media L. Tremblette, amourette.

P. 140. Treuffle menu. — Species triffolium. — Trifolium arvense L. Trèfle, pied-de-lièvre.

P. 436. la Trible. — Triphlorale. — Alisma Plantago L. Plantain d'eau. — Cette plante est appelée trible, c'est-à-dire triple, à cause des trois folioles pétaloïdes de son périgone.

P. 428. Veixre. — Primula veris. — Primula elatior L. Primevère.

P. 373. de la Vesse. — Species lupinus. — Vicia sepium L. Vesce sauvage.

P. 93. Vessereau. — Species ciceris L. — Vicia Cracca L. Vesce sauvage.

P. 10. Vingnetier. — Alius agrifolium. — Berberis vulgaris L. Epine-vinette.

P. 426. Vinnete. — Acetoza. — Rumex acetosa L. ou R. acetosella L. Oseille, vinette, surelle.

P. 178. Violectes men[ues]. — Centaurea minor. — Erythræa pulchella Horn. Centaurée élégante.

P. 88. Violete a trochetz. — Species tunici. — Dianthus barbatus L. Œillet de poète. — Les fleurs en capitules denses (trochets) de cette espèce portent le nom caractéristique de compagnons, dans le Vexin, à Magny et dans les environs.

P. 196. Violete cramoisie. — Species keyri. — Matthiola incana R. Br. Giroflée des jardins (fleurs simples d'un carmin vif). Jussieu la nomme « Quarantain » .

P. 231. Violete de marz. — Violla alba. — Viola odorata L. Violettes à fleurs blanches.

P. 156. Violette guiroflee. — Species keyri. — Matthiola incana R. Br. Giroflée des jardins à fleurs violettes.

P. 128. Viollecte blanche. — Tunici albi. — Dianthus caryophyllus L. Œillet simple, blanc.

P. 121. Viollete de mars. — Viola. — Viola odorata L. Violettes.


[401]

P. 106. Violletee (l. violletes ?). — Hasta regia. — Lythrum Salicaria L. Salicaire commune.

P. 393. Viorne. — Citisus. — Clematis Vitalba L. Clématite des haies.

P. 260. Ysopart. — Ysopi agrescie. — Hyssopus officinalis L. (?) Hysope (feuilles plus larges et fleurs moins nombreuses que chez le suivant).

P. 123. Ysope. — Ysopus. — Hyssopus officinalis L. Hysope.

P. 291. Yvroye. — Lolium. — Lolium temulentum L. Ivraie.

P. 440. (Le nom français manque.) — De aspula. — Plante indéterminable. Decaisne y voyait un rameau de Tamarix ou de Myricaria.

FIN