Anagyre (Fournier 1947-1948)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher

[I, 81]

Nom accepté : Anagyris foetida


ANAGYRE. Anagyris (Tourn.) L.


ANAGYRE FÉTIDE. Anagyris fœtida L.

Cet arbrisseau de 2 à 4 m ressemble beaucoup à un cytise. Il fleurit dès février-mars et donne de grosses gousses longues de 15 à 20 cm contenant 3 à 8 graines violacées, assez grosses, en forme de Haricots. On le rencontre sur les rochers et les coteaux arides du pourtour de la Méditerranée, assez rare cependant en France méditerranéenne. Il se rencontre parfois dans les parcs et les jardins en raison de sa floraison printanière ; mais sa présence n'est pas sans danger eu égard à sa toxicité. — Il fournit, Matthiole le remarquait déjà, du nectar aux Abeilles.

Toxicité. — Il ne faut employer les diverses parties de la plante qu'avec précaution ; les graines sont nettement toxiques et leur danger vient surtout de ce que les enfants peuvent les confondre avec les Haricots. Matthiole (1554) leur a vu produire de violents vomissements allant jusqu'au sang. L'anagyrine qu'elles contiennent produit, chez les animaux à sang chaud, le ralentissement, puis l'arrêt


[82]

de la respiration et du cœur. — La fétidité de la plante se transmet au lait des animaux qui, par exception, l'ont broutée ; habituellement ils s'en éloignent. Cazin rapporte que du fromage fait avec le lait de Chèvres ou de Brebis qui, pressées par la faim, s'en étaient nourries, a produit de violents vomissements et même l'empoisonnement.

Les soins à donner dans ce dernier cas sont les mêmes que pour l'empoisonnement par le Cytise (voir ce mot).

Propriétés. — Les feuilles, la tige et la racne, à dose convenable, sont doucement purgatives (Wauters, 1810 ; Loiseleur-Deslongchamps, 1819 ; Biett) et vermifuges (Bocquillon-Limousin). D'après Desportes la racine est plus spécialment apéritive et antisyphilitique. A dose plus élevée, ces mêmes parties de la plante deviennent émétiques et emménagogues. Les graines agissent beaucoup plus énergiquement encore. Torréfiées en infusion théiforme, on les emploie contre les maux de tête. Dragendorff mentionne également l'emploi de l'Anagyre pour accélérer la délivrance et les lochies.

A l'extérieur, on applique les feuilles pilées en topique contre les migraines, les tumeurs, les œdèmes, les manifstations scrofuleuses, les ulcères.

Mode d'emploi. — Infusion purgative des feuilles, tige ou racine : 8 à 16 gr. pour 150 à 200 gr. d'eau bouillante, édulcorée au miel ou au sirop.

Principes chimiques. — L'Anagyre contient deux alcaloïdes toxiques, la cytisine (voir à Cytise) et l'anagyrine isolée par E. Hardy et N. Gallois (1885). Cette dernière est une substance amorphe, jaunâtre, soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. A l'air libre, elle se ramollit et prend une consitance visqueuse. L'empoisonnement par l'anagyrine se manifeste de la même façon que celui par l'Anagyre. On trouve en outre dans les graines de l'huile fixe, des matières résineuses et pectiques.