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Le wiki sur les plantes utiles et les usages des plantes

Livres

Domestication des plantes, 2018, Errance / Actes Sud

Cet ouvrage est une référence sur les débuts de l'agriculture dans le Croissant fertile, d'où viennent nombre de plantes cultivées en Europe. La première édition en est parue en 1988 en anglais. C'est la quatrième édition de 2012 que nous offrons au lecteur francophone.

Les auteurs combinent brillamment les données archéobotaniques, botaniques et génétiques pour reconstituer l'origine des plantes cultivées. Ces disciplines sont les seules utilisables pour documenter une époque bien antérieure à l'invention de l'écriture et à l'émergence de l'iconographie. Ce livre est devenu une référence culte tant pour les archéologues que pour les généticiens. Il offre en effet ce que j'appellerai une synthèse de premier niveau, qui s'appuie de façon critique sur les publications scientifiques primaires. Comme on peut le voir dans la bibliographie, celles-ci sont très nombreuses, portent sur des points très précis, demandent à être analysées de façon critique et sont de plus largement inaccessibles au grand public.

Plus tard, avec les tablettes mésopotamiennes puis les illustrations et les hiéroglyphes égyptiens et les écrits bibliques, grecs et romains, on entre dans le domaine des historiens et des linguistes. Malheureusement, les synthèses sont anciennes ou lacunaires dans ces domaines. Les spécialistes ont donc du travail à faire. Cela est nécessaire pour que les historiens des plantes puissent écrire des synthèse de second niveau, qui intègrent les données historiques, linguistiques, ethnologiques et culturelles.

Le livre résulte de la collaboration fructueuse entre une archéobotaniste allemande, Maria Hopf, et un généticien-botaniste israélien, Daniel Zohary. La quatrième édition a été menée à bien par un archéobotaniste israélien, Ehud Weiss. Daniel Zohary ne verra pas ce livre, car il est décédé le 16 décembre 2016 à Jérusalem. J'en suis désolé, car j'ai entrepris cette traduction comme un hommage à cette personne si attachante. Je garde le souvenir d'excursions de terrain passionnantes sur les hauteurs de Jérusalem, à la découverte des plantes progénitrices de nos plantes cultivées. J'ai aussi le souvenir de discussions animées sur le même sujet lors d'une série d'ateliers du Conseil de l'Europe.

Aucune autre région du monde ne bénéficie à ce jour d'une telle synthèse. C'est en bonne partie le résultat de l'histoire, car depuis des siècles, les chercheurs ont surtout été des Européens ou des personnes pétries de culture européenne, qui ont vu dans la "Terre sainte" l'origine de leur civilisation, dont les plantes cultivées font intégralement partie. La science s'internationalise heureusement peu à peu, mais on est encore loin de disposer de corpus de données aussi représentatives pour les autres régions du monde que pour l'Asie du Sud-Ouest et l'Europe. Les Amériques bénéficient de l'attention des chercheurs étatsuniens, mais d'autres régions sont bien délaissées ; il est difficile aujourd'hui de retracer l'histoire des relations entre l'Afrique et l'Inde, par exemple.

  • Zohary, Daniel ; Hopf, Maria & Weiss, Ehud, 2018. La domestication des plantes. Traduction, introduction et compléments par Michel Chauvet. Arles, Errance / Actes Sud. 330 p. Titre anglais : Domestication of plants in the Old World: the origin and spread of domesticated plants in South-West Asia, Europe and the Mediterranean Basin.
Michel Chauvet
11 septembre 2018

La plante du mois : la cistanche

Cistanche phelypaea poussant en masse au pied d'un Tamarix aphylla à Khemliya (sud-est du Maroc)

Contrairement à ses cousines les orobanches, qui sont un peu pâlichonnes avec leurs couleurs pastel, la cistanche arbore un jaune vif qui la fait remarquer de loin. De plus, elle est bien plus grande.

De passage en Algarve (Portugal) début avril, j’ai pu en observer dans le sable en limite d’une lagune littorale. Il se trouve que Claude Lemmel, qui participe au forum Afrique du Nord de Tela Botanica, nous a envoyé une "carte postale" du Sahara, prise fin mars, où l’on voit une profusion de cistanches sur fond de dunes et de chameaux. Quand on connaît la biologie de cette plante parasite, on peut identifier facilement l’arbre-hôte, qui est un Tamarix aphylla.

La cistanche Cistanche phelypaea est en fait une ressource alimentaire importante pour les populations sahariennes. Marceau Gast l’a décrite de façon excellente dans son livre Moissons du désert. Les Touaregs en distinguent trois parties : la jeune inflorescence avant sa sortie de terre est consommée en légume comme une asperge ; la partie verticale située en-dessous est broyée, fermentée pour en éliminer l’amertume, séchée et ajoutée à la farine dans le pain ; enfin, la partie horizontale qui relie la plante à l’arbre, bien moins bonne, sert d’aliment de famine.

Cette plante est commune dans le Sahara, et se retrouve dans les sables du littoral du Maroc au Portugal, en Espagne et occasionnellement dans la Var.

Vous trouverez le résultat de ma recherche à la page Cistanche phelypaea.


3 mai 2018

Curiosa

Pourquoi seringat est-il le nom de Philadelphus coronarius, alors que c'est le lilas qui s'appelle Syringa ? Ma perplexité a été redoublée quand j'ai lu que ce nom venait de l'utilisation des rameaux creux pour faire… des seringues ! Cela a été le début d'une longue quête étymologique, dont nous rendons compte dans notre Dictionnaire étymologique. Mais cette quête se termine en énigme.

Les botanistes de la Renaissance groupaient plusieurs plantes à fleurs odorantes sous le nom de Syringa. Ainsi, Bauhin dans son Pinax (1623) distingue Syringa cærulea, qui est le lilas Syringa vulgaris ; Syringa alba, qui est le seringat Philadelphus coronarius ; et Syringa Arabica foliis mali arantii, qui est le sambac, Jasminum sambac. Il semble en fait que le nom Syringa se soit d'abord appliqué au seringat, mais Linné en a décidé autrement. Cela répond à la première question.

fleurs de seringat

Quant à la deuxième, il faut savoir que l'étymon du latin médiéval syringa est le grec σῦριγξ, -ιγγος - surinx, - ingos, qui signifiait en grec ancien "flûte" ou "fistule". En latin médiéval, cette "flûte" ou "tuyau" a fini par désigner une "seringue". Mais en fait, il ne faut pas comprendre par là nos seringues hypodermiques ou intraveineuses. On appelait syringa tout tuyau dans lequel on pousse un liquide, ce qui s'applique aux seringues de lavement pour le rectum ou l'urètre !

La taille de l'objet convient mieux, mais ce n'est apparemment pas ce sens qu'il faut retenir. Il se pourrait que Tabernaemontanus nous donne la bonne explication en 1625 dans son Neuw Vollkommentlich Kreuterbuch : "on peut utiliser les rameaux comme sifflet, en en enlevant la moelle". Cette explication est bien plus plausible. Il reste à la vérifier expérimentalement. Si vous avez un lilas ou un seringat dans votre jardin, coupez-en un rameau, évidez-en le cœur moelleux, et soufflez dedans pour voir (ou entendre) le résultat. Dites-nous ensuite le résultat sur le forum ethnobotanique de Tela Botanica.

Michel Chauvet

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